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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 11:47
Déclaration du secrétaire général du CC du KKE, Dimitris Koutsoumbas, sur le résultat du référendum du 5 juillet 2015

Déclaration du secrétaire général du CC du KKE, Dimitris Koutsoumbas, sur le résultat du référendum du 5 juillet 2015

Traduction ML (depuis la version allemande du KKE) pour Solidarité internationale PCF, 6 juillet 2015

 

Nous saluons les milliers de personnes qui ont suivi l’appel du KKE à ne pas céder au chantage. Nous saluons en particulier les électrices et électeurs qui ont inséré le bulletin du KKE reprenant sa proposition de formulation de la question pour le référendum faite au Parlement mais bloquée par le gouvernement. Comme cela, le peuple a été privé du droit de voter sur cette proposition, la possibilité lui a été ôtée de pouvoir choisir entre plusieurs propositions.

Face à la question parcellaire et contradictoire du référendum-éclair, une partie de la population a pu déjouer la confusion, donner une première réponse avec des bulletins nuls ou blancs, alors qu’un grand nombre de personnes sont restées à l’écart de ce vote, ne serait-ce qu’à cause de difficultés financières et des coûts trop élevés des transports pour se rendre sur les lieux de vote.

Dès la décision prise d’organiser le référendum, nous avons constaté, à juste titre, qu’indépendamment de l’issue du vote, il ne peut y avoir de solutions alternatives, véritablement positives pour le peuple, dans le cadre de l’UE, des voies capitalistes, de la reconnaissance des dettes. Toutes les autres forces politiques, aussi bien dans le camp du NON que dans celui du OUI portent des solutions incluses dans ce cadre. Elles se retrouvent toutes à défendre la nécessité de se conformer aux règles de l’UE, à défendre les intérêts des parties du capital qu’elles représentent respectivement.

Nous nous adressons particulièrement aux électrices et électeurs qui ont voté aujourd’hui pour le NON et ont cru qu’il pourrait ainsi être mis fin à la politique d’austérité, qu’ils pourraient résister efficacement aux mesures les plus dures et au mémorandum. Nous appelons tous ceux qui se sentent aujourd’hui renforcés par la victoire du NON, à ne pas rester passifs et à ne pas valider la tentative du gouvernement de transformer ce NON en un OUI à de nouveaux accords antipopulaires. Nous leur tendons la main pour les combats à venir contre l’aggravation de leurs conditions de vie.


Parallèlement, nous nous adressons aussi aux électrices et aux électeurs qui ont voté OUI sous la pression de leur employeur, dans la peur de la fermeture des banques, dans l’idée de protéger leur salaire, pension et quelques économies. Nous les appelons à réfléchir à nouveau à leur vote, à résister à partir d’aujourd’hui aux chantages, à ne pas glisser dans des directions conservatrices et réactionnaires, à ne pas apporter de l’eau au moulin des partis précédemment au gouvernement.

Le gouvernement de collation SYRIZA-ANEL ne doit pas pouvoir oser utiliser le résultat du référendum pour infliger à notre peuple de nouveaux et lourds sacrifices, de nouveaux mémorandums valables dans la durée. Les accords que M. Tsipras a promis de signer, sur la base de sa proposition d’il y a trois jours aux « trois institutions », c’est-à-dire à la Troïka, conduisent, avec une précision mathématique, à un nouveau mémorandum encore pire. Il légitime ainsi les mémorandums précédents, y compris les lois qui les ont mis en œuvre, et, encore plus grave : il n’hésite pas à conduire le peuple à une véritable faillite. L’autre alternative possible, dont la Troïka a parlé, c’est-à-dire une voie de sortie de l’euro, représente également une option qui frapperait seulement la classe ouvrière et les autres couches populaires.

Il n’en est que plus urgent et nécessaire que le mouvement et le peuple reprennent massivement la proposition du KKE de sortie de la crise. Les conditions préalables en sont : la socialisation des monopoles, le détachement de l’UE, la dénonciation unilatérale de la dette, l’établissement d’une planification centrale scientifique pour le développement de la société, pour le peuple, avec le peuple réellement au pouvoir. Le KKE se tiendra au premier rang de tous les combats de notre peuple dans la période à venir. Nous continuerons à renforcer le caractère antimonopoliste et anticapitaliste de la lutte, sa jonction avec le KKE.

Nous organisons et préparons la résistance, la disposition à résister dans l’éventualité de nouveaux développements négatifs. Nous soutenons les plus faibles, les méprisés. Nous organisons des initiatives pour aider les familles des couches populaires à survivre, avec des comités d’action sur les lieux de travail, dans les entreprises, les hôpitaux, les supermarchés, dans les bureaux, avec des comités populaires dans les quartiers, avec des groupes de solidarité et d’entraide, avec des groupes et comités de contrôle.

Notre réponse à la tentative de polarisation et de division du people réside dans l’unité de la classe ouvrière, la diffusion des positions de classe dans le mouvement, dans le renforcement du rassemblement populaire. La proposition du KKE réunit la majorité du peuple dans le présent et pour l’avenir, contre l’ennemi véritable, l’UE, le capital et sa domination.

Athènes, 5 juillet 2015

 

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Grèce et Chypre
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commentaires

jack Freychet 09/07/2015 10:18

Le Parti communiste grec fait une relance en se situant dans le prolongement de Syriza et e ses insuffisances mais la déclaration mériterait quelques ajustements.

Pour tout pays, membre de l'UE, la sortie de la zone euro, son remplacement par une monnaie monnaie nationale, est le préalable au retour de la croissance. Il est incontestable que des difficultés s'ensuivraient temporairement surmontées par les mesures d'accompagnement préconisées par le KKE qui dispose en outre d'un joker, les BRICS que ne semble pas vouloir utiliser Tsipras.

Dom 08/07/2015 00:43

Il y a tactique et stratégie... Il me semble qu'en ayant osé un audit de la dette, montré devant tous les peuples d'Europe qu'une discussion avec la troïka était impossible, que l'Allemagne menait la danse, que tous les gouvernements et les médias se sont ligués contre le NON de manière inadmissible vis à vis d'un vote souverain, Syriza a bien manoeuvré. S'il faut faire sauter l'UE de la finance, c'est de l'intérieur, par implosion. En quittant l'UE, ce n'aurait été, pour les peuples européens encore endormis, qu'une affaire de grecs. A présent, c'est l'affaire de tous.

Jalal 07/07/2015 06:32

On voit très bien que la direction du KKE est déboussolée car la majorité du NON semble ne pas lui plaire, alors fallait-il voter OUI?
Je suis Algérien et je ne vis pas en Grèce et de loin je crois comprendre que la situation d'étouffement du peuple grec exigeait un refus, un NON à la finance. On voit que le KKE danse dans le flou, entre deux chaises et pourtant ce parti se dit marxiste-léniniste. Le KKE semble avoir perdu son latin !!!

jany 10/07/2015 00:52

Entièrement d'acord avec Dom et Jalal je trouve cette attitude parfaitement irresponsable dans un moment si crucial