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9 juillet 2015 4 09 /07 /juillet /2015 19:47
Etat d’urgence en Tunisie : au nom de la lutte contre le « terrorisme », mater le mouvement social ? + Communiqué de l’UGTT

Etat d’urgence en Tunisie : au nom de la lutte contre le « terrorisme », mater le mouvement social ? + Communiqué de l’UGTT

Introduction de MlN pour Solidarité internationale PCF, 9 juillet 2015, et communiqué de l’UGTT

Quelques jours après l’horrible attentat dans un complexe touristique de Sousse, le Président tunisien, Béji Caïd Essebsi, a annoncé le rétablissement de « l’état d’urgence » pour une durée de trente jours, renouvelable.

Des pouvoirs spéciaux sont attribués aux forces de l’ordre, des libertés sont restreintes.

La raison invoquée est la lutte contre le terrorisme, notamment la surveillance de la frontière avec la Libye. Mais dans son intervention à la Nation, Essebsi n’a pas cherché à cacher ses autres cibles, voire ses cibles principales réelles. Il a mis sur le même plan les difficultés « sécuritaires, sociales et économiques ». Il a visé en particulier les « retombées néfastes des grèves » et assimilé les appels à la grève des syndicats à des actes de « désobéissance civile ». Tant que durera l’état d’urgence, elles seront interdites comme « les réunions de nature à provoquer ou entretenir le désordre". Les "salles de spectacle et débits de boissons" pourront être fermés. « Toute mesure pour assurer le contrôle de la presse et des publications" pourra être prise.

L’impact de l’état d’urgence contre le terrorisme est douteux. La volonté de réprimer le mouvement social et les libertés civiques est manifeste. Dans des termes mesurés, le secrétaire général de l’Union générale des travailleurs tunisiens, l’UGTT, Houcine Abassi, juge l’établissement de l’état d’urgence « prématuré » et condamne toute remise en cause des droits constitutionnels, notamment du droit de grève. Nous reproduisons le texte de son communiqué ci-dessous.

Dans les mêmes jours que l’annonce sécuritaire du Président Essebsi, un jeune homme a été arrêté par la police puis condamné en comparution immédiate à trois mois de prison avec sursis pour détention de canettes de bière dans le coffre de son auto pendant le Ramadan, délit qui n’existe pas en Tunisie et ne correspond guère à l’« outrage à la pudeur » invoqué par les juges. Une manifestation a réuni, le 6 juillet, 2500 travailleurs du tourisme de Sousse, où a eu lieu l’attentat, menacés dans leur emploi. Ils dénoncent les licenciements abusifs après l’attentat et demandent au gouvernement une intervention envers les salariés au moins équivalente aux indemnités servies aux propriétaires d’hôtels. Le secteur minier, notamment vers Gafsa, vient de connaître également de forts mouvements de grève.

Que recherche vraiment le pouvoir en Tunisie ? Quel jeu dangereux joue-t-il ?

 

Déclaration du secrétaire général de l’UGTT, Houcine Abassi, 7 juillet 2015 (traduction reprise de Business News Tunis)

« Le bureau exécutif de l’UGTT, qui s'est réuni aujourd'hui, exprime ainsi son soutien aux mesures prises pour lutter contre le terrorisme, appeler à la mobilisation générale et mettre en alerte des forces nationales, dans le cadre d’une stratégie globale qui concerne tous les domaines. Il appelle à ne pas sous-estimer le danger imminent et souligne que la défense la Tunisie passe au premier plan des priorités nationales.

Cependant, l’UGTT pense que la déclaration de l’état d’urgence est prématurée compte tenu du fait que la guerre contre le terrorisme est de longue haleine et que les groupes terroristes sont généralement cachés et perfides. Elle appelle à éviter tout discours qui pourrait donner, devant ces groupes terroristes, une impression de la faiblesse des institutions sécuritaire et militaire. La centrale syndicale appelle à remédier aux messages négatifs qui résulteront à cause de la déclaration de l’Etat d’urgence, pour que la Tunisie puisse retrouver la confiance des investisseurs dans sa stabilité et dans sa capacité à fournir un climat adéquat pour l’investissement.

L’UGTT renouvelle aussi sa condamnation de ce qu’elle appelle les tentatives de certains de semer la confusion entre le terrorisme et l'exercice des droits constitutionnels tels que le droit de grève, la liberté d'expression et d'information ainsi que le droit d'accès à l'information, etc. Elle exprime ses craintes face aux tentatives de certaines parties de porter atteinte aux droits économiques et sociaux tout en exploitant cette circonstance pour la violation des libertés, la privation des droits et l’encouragement à des intérêts partisans au détriment ce ceux du pays.

La centrale syndicale souligne l’importance d’unir les efforts nationaux pour prendre part à la guerre contre le terrorisme via le partage des charges et des sacrifices, chacun selon sa capacité, tout en refusant que seuls les salariés supportent le poids des répercussions de la situation actuelle du pays. Elle estime que faire participer les composantes des sociétés civile et politique à la prise des décisions stratégiques est une question urgente qui permettra d’unir tout le monde autour de la guerre contre le terrorisme. »

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Tunisie
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