Présentation

    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclarations, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

Recherche

13 août 2015 4 13 /08 /août /2015 16:07
Crise des migrants/Allemagne : « Il n’y a pas de place pour toute l’Humanité en Allemagne » (Gregor Gysi, leader de la gauche « radicale », die Linke)

ML pour Solidarité internationale PCF, 13 août 2015

« La France ne peut héberger toute la misère du monde » : la formule du premier ministre socialiste Michel Rocard en 1989 est toujours régulièrement reprise, notamment à droite.

« Il n’y a pas de place pour toute l’Humanité en Allemagne » : 16 ans plus tard, un politicien allemand semble avoir puisé à la même source (intarissable) d’inspiration. La différence, c’est que ce n’est pas un socio-démocrate en place qui, cette fois en Allemagne, a sorti cette apparente lapalissade, mais le leader historique de la gauche « radicale » (die Linke), Gregor Gysy sur la 2ème chaîne de télévision ZDF le 9 août dernier. La traduction littérale de sa sortie est encore plus parlante : « Pas toute l’Humanité n’a de place en Allemagne ».

En pleine crise dramatique des migrants, en pleine surenchère de propos politiques contre l’immigration et les immigrés, Gregor Gysi choisit d’accompagner la dérive de l’idéologie dominante, de se montrer politiquement correct. Sa « petite phrase de bon sens » n’a pas manqué d’être reprise et saluée largement par la presse bourgeoise. Gysi, avec son positionnement à la « gauche de la gauche », contribue à minimiser les responsabilités de l’impérialisme allemand et de l’OTAN dans les guerres et les dictatures qui ravagent les pays d’origine des nouveaux migrants. Il accompagne de fait le cynisme du capitalisme allemand qui a besoin d’importer une main-d’œuvre sélectionnée suivant ses besoins de qualification et disposée à être sous-payée en Allemagne.

M. Gysi est décidément digne d’être un homme de consensus et de gouvernement en Allemagne, malgré son origine « communiste ».

D’autant que dans la même interview, Gysi a « brisé un autre tabou ». Il s’est prononcé pour les interventions de la marine de guerre allemande en Méditerranée pour « sauver des vies » de migrants. Entravé par le souvenir du nazisme, l’impérialisme allemand s’efforce de trouver tous les prétextes pour légitimer des interventions militaires directes à l’étranger. Dans ce processus, Gysi lui apporte sa petite contribution, quitte à, pour le plus grand plaisir des journalistes, contredire une position fondamentale de son parti, Die Linke (qu’il n’est pas encore arrivé à supprimer en congrès). A l’interrogation des journalistes, il a répondu roublard et cynique : « La Méditerranée, ce n’est pas l’étranger, mais la mer ».

Communistes français, le cas de Gysi nous intéresse particulièrement. C’est l’un des concepteurs du PGE, parti de la gauche européenne. Historiquement, ancien apparatchik « contestataire », il a conduit le processus de dé-communisation des parti et organisations issus de la RDA après 1989. Sa perspective politique pour Die Linke ne cesse de se révéler. D’un côté tenir verbalement, en s’appuyant sur les médias, une posture « radicale », de l’autre, travailler à devenir un parti de gouvernement socio-démocrate « de gauche », partenaire des Verts et de la social-démocratie traditionnelle (SPD). Pour servir loyalement les intérêts du capital et de l’UE.

En 2014, pour la première fois, un membre de Die Linke a accédé à la présidence d’une région, Bodo Ramelow en Thuringe, dans ce type de coalition, avec comme promesse notamment d’accorder des aides publiques plus généreuses que la droite aux entreprises…

Dans sa stratégie rusée de reniement, Gregor Gysi s’est retrouvé piégé une fois de façon éclatante lorsque dans le scandale Wikileaks ont été révélés en 2010 ses propos à l’ambassadeur des USA destinés à le rassurer sur l’inefficacité délibérée de la campagne de Linke contre l’OTAN… (voir en lien).

Le petit coup de pousse à la droite allemande sur la question dramatique des migrants est du même acabit.

Die Linke, le PGE : des contre-modèles, des repoussoirs pour l’avenir du PCF !

Partager cet article

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Allemagne
commenter cet article

commentaires