Italie : décès du dirigeant communiste historique Armando Cossutta

Brève, ML pour Solidarité internationale PCF, 15 décembre 2015

On a appris le décès le 14 décembre 2015, à l’âge de 89 ans, du dirigeant communiste italien Armando Cossutta.

Cossutta aura été un des acteurs les plus connus du mouvement communiste italien des cinquante dernières années. Il entre dans la résistance, est intégré à la brigade Garibaldi, et adhère au Parti communiste italien à 17 ans, en 1943. A partir des années 50, il est responsable du PCI à Milan et en Lombardie. Il a été député de 1972 à 2006 (également député européen un temps et sénateur).

Notamment à partir des années 70, Cossutta a revendiqué et incarné un positionnement prosoviétique face à la mutation eurocommuniste engagée par le secrétaire général Enrico Berlinguer. Il a défendu à la fois l’idée de la fécondité toujours actuelle de la Révolution d’Octobre et la nécessité du soutien indéfectible à l’URSS.

Aujourd’hui, certains de nos camarades italiens jugent que sa position de courroie de transmission du PCUS, une position d’appareil ossifiée, constante quelle que soit l’évolution du cours de la politique soviétique, a fait le jeu, consciemment ou non, du processus de transformation réformiste-opportuniste du PCI, en stérilisant l’opposition de classe à ce processus dans le Parti.

Après 1990 et l’abandon, sous le secrétariat général d’Achille Ochetto, du nom et des symboles du parti, Armando Cossutta fait partie de ceux qui refusent cette rupture historique. Il participe à la création du Parti de la refondation communiste (PRC) qui inclut, dès sa naissance, des groupes trotskystes et gaucho-mouvementistes. En 1998, il rompt avec le PRC mais c’est quand la direction de celui-ci décide de suspendre son soutien au gouvernement social-libéral de Prodi.

Cossuta, avec ceux qui veulent continuer à soutenir Prodi, fonde alors le Parti des communistes italiens, PdCI, a priori plus homogène et assimilable à la forme Parti communiste que le PRC. L’un et l’autre sont progressivement marginalisés et éliminés du Parlement, d’hésitations en hésitations, de compromissions en compromissions avec le « Parti des démocrates de gauche », PDS, issu du PCI.

En 2006, Cossutta s’éloigne, pour désaccord, du PdCI qu’il a créé et qu’il quitte en 2007. En 2008, il rend public son vote pour le Parti démocrate (actuellement au pouvoir, issue de la fusion du PDS et d’éléments issus de la social-démocratie et de la Démocratie chrétienne).

Quoi qu’on en pense, cette trajectoire d’un dirigeant communiste d’un des plus puissants partis communistes dans un pays capitaliste est à étudier.

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