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Amérique Latine

logo PCMLe Parti communiste mexicain sur les élections du 1er juillet

« L'alternative, la rupture avec le pouvoir des monopoles, viendra des luttes, pas des élections »



Analyses du PCM, présentées par le camarade Pavel Blanco, premier secrétaire du Comité central, sur les élections, pour les lecteurs d'Unsere Zeit, journal du DKP



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Q: Le 1er juillet, on élit un nouveau président au Mexique. Comment le Parti communiste participe à ces élections?



Depuis plusieurs années, il a été décidé que pour ces élections nationales, cela se passerait avec les partis enregistrés qui ont déjà participé en 2009, qu'il n'y aurait pas de nouveaux registres électoraux avant la fin 2012, cela signifie que les communistes ne peuvent pas légalement se présenter sous leur nom, ni avec leur programme ni avec leurs candidats. Les partis enregistrés à ce jour expriment une seule option électorale, au-delà de petites nuances, au fond c'est la gestion du capitalisme, du système, ce qui vient à l'appui de l'appréciation de notre Conférence nationale d'Avril qui est qu'au Mexique ce qu'on appelle démocratie et processus électoral ne sont rien d'autre que la façade du pouvoir des monopoles.



Il ne se trouve aucune plate-forme qui nous permette de soutenir Andrés Manuel López Obrador, supposé candidat des « gauches », et la base de notre analyse c'est autant son programme que son passé de gouvernement pendant six années à la tête de la ville de Mexico, et le passé de son parti et de ceux qui le soutiennent. Économiquement, il représente les monopoles comme celui de Carlos Slim, la bourgeoisie de Monterrey (la plus anti-ouvrière), Casas Geo qui dépossède les paysans de leurs terres et fait du profit sur les besoins de logement des travailleurs, entre autres. Désormais c'est encore plus clair avec les rivalités inter-monopolistes entre Slim contre Televisa, TV Azteca, Iusacell et Telefonica pour la téléphonie mobile et la troisième chaîne de télévision, des secteurs de l'économie en croissance, en expansion et qui génèrent des super-profits. Ce n'est pas un hasard si un groupe aussi réactionnaire comme celui qui édite un journal, qui est la voix de la bourgeoisie de Monterrey, penche désormais en sa faveur.



Il n'y a pas de différence avec le candidat du PRI, ni du PAN quant aux grandes questions qui concernent les travailleurs. Tous les candidats resteront dans l'ALENA, renforceront le Traité de libre-commerce avec l'Union européenne, les engagements avec le FMI, la Banque mondiale ; les politiques de la crise capitaliste pour sauver les monopoles de la banqueroute, en en faisant payer le prix aux travailleurs, des mesures pour dévaloriser le travail, pour couper dans les droits sociaux, syndicaux et du travail.



De plus, nous voyons les mêmes mesures répressives que celles du PRI et du PAN, par exemple à Guerrero, géré par le PRD, où on assassine les étudiants d'Ayotzinapa, au Chiapas on finance les para-militaires contre l'EZLN, à Mexico on réprime le mouvement social. Il y a six ans, la répression à Atenco fut l'oeuvre d'un consensus PRI-PAN-PRD.



Obrador annonce son Cabinet. On y trouve des gens comme Juan Ramón de la Fuente, qui a réprimé le mouvement étudiant et a tenté de privatiser l'UNAM ; Marcelo Ebrard, un homme de Carlos Salinas de Gortari [NdT : président PRI du Mexique de 1988 à 1994, privatiseur et promoteur de l'ALENA], et interlocuteur du patronat ; les hommes de la bourgeoisie de Monterrey. Comment peut-on l'imaginer candidat de gauche ? C'est homme du capital qui présente l'option de gestion keynésienne.



Les différences entre le PRI et le PAN sont assez ténues désormais, mais l'accession de Peña Nieto à la Présidence serait quelque chose de très négatif ; par exemple, il a déjà annoncé le recrutement comme conseiller aux services de Sécurité du général colombien Naranjo, le bras droit d'Alvaro Uribe, faisant comprendre que l'heure est venue des para-militaires, de l'escalade de la violence contre le mouvement social et contre les communistes. Peña Nieto représente aussi de nombreux monopoles, des télécoms, des transports, de plusieurs branches de l'industrie, de groupes mafieux du syndicalisme, de fractions de l'oligarchie, c'est la face de la corruption et de la répression, de l'autoritarisme, de la force.



Autant Obrador que Peña Nieto se disputent dans les débats le rôle de stabiliseur, de garant de la « paix sociale » pour que les monopoles, ceux du Mexique et d'autres pays puissent continuer à investir au Mexique.



C'est vrai qu'il y a une lutte inter-monopoliste, mais de celle-ci la classe ouvrière, ou les autres couches opprimées de la population, les peuples indiens, les femmes, n'en tireront aucun bénéfice ; peu importe celui qui gagnera, un avenir sombre s'ouvrira pour les travailleurs et leurs familles.



Le PCM qui suivant les leçons du mouvement communiste international« n'est pas abstentionniste par principe, ni partisan des élections en toutes circonstances », considère qu'il faudrait dire ces vérités à notre classe et notre peuple, en démasquant cette fausse démocratie et en mettant en avant la question de la rupture et du pouvoir populaire, et en même temps en défendant une alliance sociale, un front anti-monopoliste, anti-impérialiste, anti-capitaliste et notre proposition pour un pouvoir ouvrier et populaire. Nous la concevons avec les syndicats, organisations, secteurs, qu'ils s'abstiennent ou qu'ils votent, mais nous insistons, d'où que vienne l'offensive contre les travailleurs après le 1er juillet, et qui a déjà commencé contre les travailleurs de l'éducation, la lutte de classe ne doit pas être interrompue par les processus électoraux.



Certains défendent le vote nul, ou l'abstention ; nous tentons de nous placer sur le plan de l'alternative, du pouvoir populaire, de la rupture avec le pouvoir des monopoles ; d'autres forces socialistes soutiennent Obrador, pour des raisons tactiques, sur la bases de notions très vagues comme celle de droite, ultra-droite, et ellesabandonnent tout du moins temporairement les notions de classe, la contradiction capital-travail, le conflit socio-classiste.



Le mouvement #132 [NdT : variante mexicaine du mouvement des Indignés]est une expression des couches moyennes qui aspirent à une autre gestion du capitalisme, qui a des effets positifs et aussi négatifs. C'est un produit de la crise, qui met en avant des mots d'ordres démocratiques, qui sont illusoires si ils ne s'intègrent pas dans le cadre d'une lutte générale anti-capitaliste, comme celui de la démocratisation des médias, qui objectivement, si ils ne s'inscrivent pas dans le contexte du pouvoir populaire, favorisent la lutte inter-monopoliste pour une troisième chaîne télévisée.



Q: Parlons un peu de la guerre contre la drogue.



Le retour du PRI ou l'avènement d'Obrador signifieraient une réorganisation des cartels de la drogue. Pendant les gestions du PAN, certains ont été favorisés et cela a déclenché la lutte sanglante pour le marché, avec plus de 60 000 morts. Tous les candidats parlent de maintenir l'armée dans les rues. Les États-Unis sont les grands bénéficiaires de cette guerre contre le narco-trafic : ils ont renforcé la présence de leurs organismes de police au Mexique, ils font du commerce avec la vente d'armes (Obama a classé secret d'Etat l'affaire « Fast and Furious », une scandaleuse vente d'armes à des groupes criminels Mexicains par des organismes américains).



Tout cela fait partie de la guerre sociale contre le peuple du Mexique. Cela produit des déplacements de population, des villages fantômes, une grande insécurité, la corruption des forces de police et de l'armée, l'assassinat massif de journalistes ; la jeunesse Mexicaine en est la grande victime.



Q: Quelles luttes syndicales, du côté des travailleurs sont menées actuellement ?



On est en pleine offensive contre les travailleurs de l'éducation (un million et demi de travailleurs dans l'éducation publique), celle-ci exécutée par le Gouvernement fédéral, avalisée et sollicitée par les milieux patronaux, le charrisme [NdT : syndicalisme mexicain caractérisé par la collusion avec les milieux de pouvoir]mafieux que représente Elba Esther Gordillo, le Groupe Millénium, c'est-à-dire les thinks tanksde la réaction, les chaînes de télévision, contre l'insurrection que représentent tant la CNTE que le CEND-SNTE et d'autres courants de classe du Syndicat des enseignants, comme celui des professeurs communistes. Il y a déjà plus de 110 licenciés à Puebla, San Luis Potosí et dans d'autres villes du pays. Et cela va s'amplifier juste après les élections.



Les électriciens continuent la lutte, mais le gouvernement fait la sourde oreille.



Il y a de multiples efforts pour un syndicalisme de classe, militant et de masse. Nous travaillons pour un syndicalisme rouge, indépendant, autonome, de base, via la Coordination syndicale unitaire de Mexique, mais il faudra attendre encore des années avant d'avoir des résultats visibles.



Les mineurs ont obtenu une victoire contre la persécution gouvernementale visant son leader, mais il n'y a pas de quoi de réjouir, c'est un représentant de la collaboration de classe; et comme par hasard il y a un rapport entre son séjour au Canada et l'augmentation des investissements des monopoles des mines de ce pays au Mexique, surtout dans les mines à ciel ouvert.



Il faut continuer avec le travail ouvrier et syndical, et le faire à partir des centres de travail, c'est la clé, comme nous l'enseigne le prolétariat de Grèce.



Les groupes guérilleros maintiennent leur présence, car les causes qui sont à l'origine de cette lutte sont toujours d'actualité, en respectant le fait que la lutte contre l'oppression du capital puisse prendre différentes formes.



Dimanche 1 juillet 2012 7 01 /07 /Juil /2012 10:29
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pcplogo.jpgLe coup fasciste est consommé

 

 

Communiqué du Parti communiste paraguayen (PCP)

 

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

Toute cette mise en scène malsaine s'est conclu par un coup grossier, consommé sous des traits forcés institutionnels, avec la mal-nommée procédure de destitution politique envers Lugo.

 

A peine une semaine après le premier chapitre de cette mort annoncée à Curuguaty, avec son cortège de deuil et de sang, la communauté internationale fut témoin d'une grotesque farce qui place notre pays dans la pire des situations dans le concert international, seule comparable avec celle de la dictature de Stroessner.

 

Même en partant de la logique la plus conservatrice, il n'était pas possible de concevoir un tel procédé sommaire pour destituer le président constitutionnellement élu.

 

On a foulé aux pieds l’État de droit, adopté comme un paradigme dans la communauté internationale, avec des arguments précipités exprimés dans un libelle accusateur honteux, violant les principes de base présidant ce type de procédure.

 

Ce coup d’État se produit dans un contexte d'une Amérique latine qui avance dans des projets d'intégration articulés à la revendication de son autonomie, pour sa libération de tout joug impérial.

 

Si il subsistait quelques doutes sur le fait que les puissances factieuses, sous les bons auspices de l'impérialisme nord-américain, par le biais de leurs représentants politiques au parlement étaient prêts à adopter une stratégie de sabotage des projets d'intégration, avec ce coup d’État, ceux-ci se sont dissipés.

 

Le 23 juin, jour où s'est consommé cette attaque contre l'ordre institutionnel démocratique, restera comme la date de la revanche.

 

Le Parti communiste récuse catégoriquement toute légitimité à un gouvernement qui se place à la marge de l’État de droit.

 

Le Parti communiste a adopté depuis quelque temps une posture critique vis-à-vis du gouvernement de Lugo, mais ne peut pas accepter cette agression politique d'orientation clairement fasciste.

 

Et partant de ce présupposé, respectueux de notre Grande charte, nous considérons important de se mettre en conformité avec le droit consacré dans les articles 137 et 138 de celle-ci qui affirment : « La loi suprême de la République est la Constitution (…) Qui désire tenter de changer cet ordre, à la marge des procédures prévues par cette Constitution, sera sous le coup des crimes et délits identifiés et punis par la loi ».

 

Cette Constitution ne perdra pas sa validité à moins qu'on ne cesse de la suivre par des actes de force ou qu'elle soit dérogé par tout autre moyen que celui qu'elle prévoit.

 

Perdent toute validité toutes les dispositions ou actes d'autorité opposés à ce qui est établi dans cette Constitution, à l'article 137. Et l'article suivant est rédigé ainsi : « Il est permis aux citoyens de résister à de tels usurpateurs par tous les moyens à leur disposition. Dans l'hypothèse qu'une personne ou un groupe de personnes, invoquant quelque principe ou représentation contraire à cette Constitution, usurpent le pouvoir politique, leurs actes seront nuls et sans aucune valeur, non-contraignants et, par conséquent, le peuple dans l'exercice de son droit de résistance à l'oppression, est dispensé de lui obéir » (article 138)

 

Partant de cet impératif citoyen, nous appelons tous les citoyens à rejoindre cette mission, qui a comme principe moteur le rétablissement des institutions, au-delà de toute considération sur la gestion du président Lugo. Car si l'on ne respecte pas l'ordre institutionnel, comme société, nous serions condamnés par l'histoire.

 

Vive la démocratie !


Vive la volonté populaire !


Vive le Paraguay libéré des dictatures !

Mercredi 27 juin 2012 3 27 /06 /Juin /2012 13:14
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carlos_lozano_g-jpgSolidarité avec le dirigeant communiste colombien Carlos Lozano, dont la tête est mise à prix par l'extrême-droite para-militaire!



 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Cf aussi son interview en avril dernier : Entretien avec le dirigeant communiste colombien Carlos Lozano : « Où sont les efforts de paix du gouvernement colombien ? »



L'oligarchie colombienne n'est pas seulement la plus fidèle alliée de l'impérialisme américain dans la région, elle est aussi une force prête à tout pour faire taire ses opposants, usant de ses liens étroits avec la multitude de groupes para-militaires et mafieux que compte le pays.



Les cibles ne manquent pas en Colombie.



En premier lieu, les syndicalistes.2 700 d'entre eux ont été assassinés depuis 1986, tandis que 4 500 autres ont été la cible d'attentats ratés. Un syndicaliste meurt tous les trois jours depuis 25 ans en Colombie.



Ensuite, les progressistes qui dénoncent la corruption généralisée, la terreur banalisée, les inégalités criantes tolérées. Au cours des dernières semaines, le maire de Bogota, Gustavo Petro, le maire de Medellin, Sergio Fajardo, et surtout l'ancienne sénatrice et figure de la paix, Piedad Cordoba, ont été successivement menacés de mort par des groupes para-militaires.



Enfin, les communistes, fer de lance de l'opposition progressiste à la politique, libérale et pro-impéraliste, de l'oligarchie colombienne. Depuis le massacre de plus de 5 000 partisans de l'Union patriotique (UP), cette coalition progressiste mené par les communistes qui visaient à offrir une solution pacifique au conflit armé, dans les années 1980, les communistes sont les premières victimes de la terreur cautionnée par l’État colombien.



Dernière cible en date, Carlos Lozano, membre de la direction du Parti communiste colombien (PCC), rédacteur en chef de son hebdomadaire Voz, mais aussi avocat et figure publique à la fois de l'association « Colombiens et Colombiennes pour la paix » et de la « Marche patriotique », ce grand front populaire visant à unir tous les progressistes pour proposer une alternative démocratique et sociale en Colombie.



La tête de Carlos Lozano a été mise à prix par un groupe para-militaire « Les Urabenos » qui, pour la somme de 200 000 $, a engagé des hommes de main pour liquider le dirigeant communiste.



Cette bande criminelle est issue du fameux groupe para-militaire fascisant Auto-défenses unies de Colombie (AUC), officiellement dissoutes en 2006.



Le leader communiste a réagi avec sang-froid, dénonçant ces menaces comme une preuve de faiblesse de la réaction : « La paix redevient une question fondamentale de l'agenda politique, et les guerriers de toujours, les militaristes, la droite, veulent saboter tout pas dans cette direction. »



Carlos Lozano a aussi partagé le danger que l'histoire du massacre de l'UP se répète :



« Ce sont des moments différents, bien que l'extrême-droite cherche à plonger le pays dans un nouveau bain de sang, une guerre sale, d'extermination de la gauche. La classe dominante a toujours défendu son pouvoir par la violence ».



Les communistes colombiens ont lancé un appel de solidarité avec leur dirigeant national, les communistes français et d'ailleurs ne peuvent que s'y associer.



Solidarité avec Carlos Lozano, voix de la paix, de la démocratie et du changement social en Colombie. Résistance aux menaces de l'extrême-droite para-militaire colombienne, à la solde de l'oligarchie nationale et de l'impérialisme états-unien !





Jeudi 14 juin 2012 4 14 /06 /Juin /2012 10:15
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greve_universidades_federais_ifes_thumb-3-.jpgAprès le Québec et le Chili, la lutte pour une éducation publique, gratuite et universelle touche l'ensemble du continent Américain





Traduction AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Au-delà des gigantesques mobilisations de masses étudiantes au Canada (cf notre dernier article: « Printemps érable » dans les universités québécoises : cent jours d'une lutte qui met en échec le projet d'augmentation des frais de scolarité du gouvernement libéral) et du nouvel élan du mouvement au Chili (cf notre dernier article : Convergence des luttes entre mineurs et étudiants au Chili : des centaines de milliers de manifestants dans la rue contre des reculs sociaux qui ramènent le pays à l'ère Pinochet ), des mobilisations qui ont touché d'autres secteurs et couches populaires dans ces pays, la lutte pour la défense de l'école publique et des droits économiques des agents de l'éducation touche l'ensemble du continent américain.



Au Panama, les manifestations ont commencé le 24 mai avec une grève nationale et une marche des professeurs dans la capitale du pays, Ciudad de Panama. Selon les structures syndicales, l'initiative a pu compter sur la participation de près de 60% des professionnels du secteur. Les enseignants ont été reçus dans la rue par le vice-ministre de l'Education, José Kivers, et n'ont obtenu aucune réponse positive sur leurs revendications.



Parmi leurs demandes, des revalorisations salariales décentes – le gouvernement a décrété une augmentation de 40 $ par an entre 2011 et 2013, mais les professeurs argumentent que le renchérissement du coût de la vie dépasse déjà de loin les augmentations – des mesures effectives pour lutter contre la précarité des contrats de travail, une modification du système des concours et trois mois de dialogue sur des questions spécifiques, convenus l'an passé avec l'exécutif, mais qui tardent à se concrétiser.



Le gouvernement mené par Ricardo Martinelli a déclaré par la suite qu'il avait d'autres priorités à satisfaire, faisant allusion à la paralysie dans les secteurs de la Santé et de la Sécurité sociale, les fonctionnaires étant en grève depuis deux semaines, mais les fonctionnaires n'ont pas accepté cette réponse et ont menacé eux aussi de convoquer une grève illimitée à partir du 4 juin prochain.



Au Honduras, le 28 mai, les professeurs ont réalisé une grève nationale pour réclamer le paiement d'arriérés de salaires remontant à 2010. Le président, Porfirio Lobo, avait promis de résoudre la situation à partir du 20 mai, mais il n'a toujours pas agi en ce sens.



Ce mardi également, mais au Brésil, la grève des enseignants de l'Enseignement supérieur des universités fédérales est entré dans son 11ème jour avec un record de 52 institutions fédérales sur un total de 59, et un demi-million d'étudiants sans cours.



La principale revendication des professeurs et de la structures qui a convoqué la mobilisation, le Syndicat national des enseignants de l'institution de l'Enseignement supérieur (ANDES), concerne la restructuration de la carrière des enseignants.



ANDES a qualifié la grève d’historique et rappelle que le gouvernement avait reconnu la force de la lutte, mais continue à retarder la traduction pratique de l'accord qui, en août 2010, a lancé un processus de négociation, lequel prévoyait que d'ici mars 2012 la question des carrières soit réglée.



L'exécutif brésilien, de son côté, qualifie la grève lancée le 17 mai de prématurée. Aloizio Mercadante, ministre de l’Éducation, défend l'idée que la principale revendication des professeurs ne pourra être entendue que dans le budget de 2013, et que d'ici la fin août, mois au cours duquel la proposition budgétaire doit être bouclée, il reste beaucoup de temps pour discuter.



Les professeurs universitaires brésiliens revendiquent, également, de meilleures conditions de travail et soulignent que les campuscréés ces dernières années dans le cadre du Programme de soutien aux plans de restrucuturation et d'expansion des universités fédérales, ne furent pas accompagnés des moyens financiers respectifs pour les faire vivre.



Au Nicaragua, mercredi 23 mai, la marche des professeurs et des élèves s'est réalisé avec le soutien du président Daniel Ortega, qui, selon eux, est sous pression du Fonds monétaire international pour réaliser des coupes dans le financement de l'éducation, tandis qu'au Mexique, ce lundi 28 mai, des milliers de professeurs des Etats d'Oaxaca, Michoacán et Guerrero ont manifesté contre le projet gouvernemental dénommé Alliance pour la Qualité, proposition qu'ils accusent d'être l'antichambre de la privatisation de l'école publique.



La journée de mobilisation dans la Cité de Mexico, fut précédée par une paralysie générale du secteur à Oaxaca, touchant 13 500 écoles et plus d'un 1,3 millions d'élèves. Depuis le 21 mai, 74 000 professeurs sont en grève pour défendre le principe d'une éducation universelle, gratuite et de qualité, de l'amélioration des conditions économiques et sociales du peuple et pour demander la responsabilisaton des massacres perpétrés en 2006, précisément durant les luttes dans le secteur de l'Enseignement et de celles qui ont suivi, impulsées par l'Assemblée des peuples d'Oaxaca.



Source: article d'Avante, organe du Parti communiste portugais (PCP)

Mercredi 6 juin 2012 3 06 /06 /Juin /2012 12:41
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16 mai chili Convergence des luttes entre mineurs et étudiants au Chili : des centaines de milliers de manifestants dans la rue contre des reculs sociaux qui ramènent le pays à l'ère Pinochet

 

 

Traduction AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ et

 

 

Article publié originellement sur Avante, quotidien du Parti communiste portugais (PCP)

 

 

Des milliers de chiliens ont protesté la semaine passée contre les politiques anti-populaires et anti-ouvrières du gouvernement et ont revendiqué un nouveau modèle socio-économique pour le pays.

 

Les actions revendicatives ont commencé mercredi 16 mai avec une manifestation qui a réuni plus de 100 000 étudiants dans la capitale Santiago. La seconde mobilisation convoquée cette année par les élèves du Supérieur et du Secondaire a dépassé l'initiative réalisée au cours du mois d'avril – dans laquelle s'étaient retrouvés 80 000 étudiants – et qui a eu comme revendication centrale la mise en place d'un système d'enseignement public, gratuit et de qualité, la même qui, en 2011, a conduit l'ensemble des agents de l'éducation à des mobilisations sans précédent depuis plus d'une décennie.

 

« Lycéens, étudiants et professeurs sont unis dans la lutte pour liquider l'héritage de la dictature, un système éducatif ségrégatif qui discrimine les pauvres », a souligné Gabriel Boric, de la Confédération des étudiants du Chili.

 

L'accès à l'université au Chili est considéré comme un des plus onéreux u monde. Le Centre d'études pour un développement alternatif (CEDA) estime à 4 000 $ annuels le prix minimum pour accéder à l'enseignement supérieur.

 

Aujourd'hui, cette somme équivaut au revenu mensuel moyen d'une famille chilienne aisée, en revanche, un ménage à faible revenu a besoin d'à peu près 20 salaires pour payer un an à l'université pour un de ses enfants.

 

Le programme de Prêts garantis par l’État, en vigueur, couvre jusqu'à 100% du coût des frais universitaires à un taux d'intérêt de 6%. Le problème, c'est que les élèves et leurs familles respectives s'endettent sur une ou deux décennies, ce qui, dans la conjoncture actuelle, est inaccessible pour des milliers de travailleurs licenciés et de familles chiliennes modestes, un fait qui montre crûment toute la fausseté de la prétention à l'universalité du système et sa soumission à la logique du profit.

 

Ceux qui ont profité de la situation, ce sont les entités bancaires qui, depuis 2006, ont déjà engrangé près de 550 milliards de dollars avec le « financement » des études de milliers de jeunes, révèlent les données recueillies par la Red Diario Digital do Chile.

 

Les mineurs rejoignent la lutte des étudiants chiliens

 

Dans la lutte se trouvent également les mineurs chiliens qui, mercredi 17 mai, ont réalisé une manifestation nationale contre le régime d'authentique esclavage auquel sont sujets les travailleurs du secteur dans les entreprises publiques et privées, a souligné le président de la Confédération des travailleurs du cuivre (CTC), Cristian Cuevas.



Pour Cuevas, la situation des mineurs confirme un recul de plusieurs décennies pour ce qui est de leurs droits, rémunérations, horaires, liberté d'action et organisation syndicale, et enfin sécurité au travail, fruit non seulement d'une dégradation imposée dans les entreprises déjà existantes mais, aussi de l’aggravation de l'exploitation des travailleurs dans les nouvelles concessions minières.



La Confédération minière du Chili et la Fédération de la Mina Escondida, la plus grande mine de cuivre du monde, ont également adhéré à la journée convoquée par la CTC. Au total, selon les organisations syndicales, 35 000 mineurs sont entrés en lutte, dans les entreprises publiques comme privées, travailleurs en CDI et précaires puisque plus rien ne les différencie.



Vendredi 18 mai, les populations du Nord du Chili ont pris le relais des manifestations de la puissante force sociale que représentent les mineurs, mais, cette fois, pour défendre une plus juste redistribution de l'exploitation du sous-sol pour les municipalités.



Le gouvernement chilien propose la création d'un fonds (Fondenor), qui, d'ici 2025, partagera 225 millions de $ entre 40 communes, mais l'immense majorité de la population et certains élus locaux contestent le projet.



Esteban Velásquez, le président de l'Assemblée de Calama, la plus importante ville minière du Chili, située dans la région d'Antofagasta, rappelle que l'argent ne suffit même pas pour construire un hôpital décent.



Dans les cinq dernières annés, seulement dans la province d'El Loa, où se trouve Calama, fut extraits des matières premières d'une valeur de plus de 15 milliards de $ mais le peuple n'en a que peu ou pas du tout bénéficié. La même chose se passe dans les autres villes et provinces minières chiliennes, c'est pour cette raison qu'ont été réalisées des manifestations, défilés, blocages de routes contre le Fondenor dans 30 localités du nord du pays.

Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 09:56
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moralesLes nationalisations à l'ordre du jour en Amérique latine


Après le pétrole en Argentine, la Bolivie d'Evo Morales nationalise le réseau électrique national




Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Après l'annonce par la présidente argentine de la nationalisation de la filiale argentine YPF du géant pétrolier Repsol, c'est au tour de la Bolivie, et du gouvernement d'Evo Morales, de s'attaquer au grand capital trans-national en nationalisant un secteur-clé de son économie.



En ce 1er mai, journée internationale des travailleurs, Evo Morales a livré une nouvelle particulière aux travailleurs boliviens :



« En ce jour, encore une fois, comme juste hommage aux travailleurs et au peuple bolivien qui ont lutté pour récupérer leurs ressources naturelles et leurs services fondamentaux, nous nationalisons l'entreprise chargée du Transport de l'électricité », a déclaré Morales lors d'une commémoration du 1er mai au palais gouvernemental de La Paz.



Le décret adopté acte la « nationalisation » de la « totalité des actions possédées par la société Red Eléctrica Internacional, filiale de l'entreprise espagnole Red Eléctrica de Espana (REE) », actions qui sont désormais récupérées par l'entreprise publique Empresa Nacional de Electricidad (ENDE).



Evo Morales a justifié l'expropriation par la faiblesse des investissements de la REE en Bolivie : « cette entreprise multi-nationale espagnole n'a investi que 81 millions de dollars en 16 ans, soit un investissement annuel moyen de 5 millions par an ».



Comme dans la plupart des pays déjà soumis aux plans d'ajustement du FMI, en parallèle avec les processus de libéralisation-privatisation impulsés dans l'UE, la chaîne électrique est divisée en Bolivie entre production, transmission et distribution.



Le gouvernement bolivien avait déjà repris possession de l'essentiel de l'aspect productif. L'entreprise nationalisée possède à ce jour 2 772 km de lignes électriques et contrôle 74% du réseau.



L'unité du secteur électrique avait été cassée en 1994 par le gouvernement libéral de Sanchez de Lozada, le transport de l'électricité avait ensuite été privatisé en 1997 et confié d'abord à l'entreprise espagnole Unión Fenosa de España puis en 2002 à Red Eléctrica de España.



La confédération syndicale unitaire bolivienne, la Centrale ouvrière bolivienne (COB), a apporté son soutien total à l'action du président socialiste bolivien:



« Tout ce qui va dans le sens des intérêts des travailleurs, de l’État, et en premier lieu la nationalisation, nous le soutenons », a déclaré le secrétaire exécutif de la COB, Juan Carlos Trujillo qui a ajouté que le programme de la COB exige « la nationalisation de toutes les entreprises productives du pays ».



Un soutien qui place cette mesure comme une étape dans un processus encore inachevé, celui vers le socialisme.



Un processus qui n'est pas exempt de luttes : lutte pour un véritable salaire minimum menée par la COB, lutte des travailleurs de la santé contre la dégradation de leurs conditions de travail, lutte encore de peuples indigènes pour le respect de leurs terres.



Si il n'est pas à exclure que certains de ces mouvements soient encouragées par les puissances impérialistes, ils expriment pour l'essentiel une volonté de conquérir de nouveaux droits sociaux, de rupture avec les logiques capitalistes.



Les six années de gouvernement d'Evo Morales ont permis aux travailleurs d'inverser le rapport de force avec le patronat, au peuple bolivien de reprendre possession de certaines de ses richesses naturelles, comme la nationalisation de quatre entreprises productrices d'électricité en 2010 en est une nette illustration.



L'économie reste pourtant encore largement entre les mains du privé et les rapports de production capitalistes sont toujours prédominants en Bolivie.



Les mesures prises par le gouvernement Morales, sous pression et avec le soutien intégral du peuple bolivien, vont néanmoins dans le bon sens et contribuent à poser les bases d'une véritable démocratie sociale, condition préalable de la transition vers le socialisme



En Bolivie, comme ailleurs en Amérique latine, la lutte continue pour la rupture avec le système capitaliste, pour le socialisme.

Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 08:52
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foto-TomasBorge Décès du commandant historique de la révolution sandiniste, Tomás Borge : un exemple salué dans toute l'Amérique latine



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le commandant historique de la révolution nicaraguayenne Tomas Borge est décédé ce lundi 30 avril, à l'âge de 83 ans des suites d'une affection pulmonaire pour lequel il était hospitalisé depuis le début du mois d'avril.

 

 

Tomas Borge était le dernier des fondateurs du Front sandinistre de libération nationale (FSLN), organisation marxiste-léniniste constituée en 1961 et qui fut à l'origine de la révolution nicaraguayenne de 1979 et du renversement de la dictature de Somoza.



Combattant révolutionnaire, intellectuel marxiste, dirigeant sandiniste, Borge fut un militant révolutionnaire intégral.



Ministre de l'intérieur sous le gouvernement sandiniste dans les années 1980, il fut un des rares à ne pas choisir la voie de la liquidation après la contre-révolution de 1990, un des seuls à être resté fidèle au message originel du FSLN.



Borge était un des soutiens les plus résolus de Cuba socialiste, modèle de résistance à l'impérialisme et preuve qu'une autre société que le capitalisme était possible sur le continent américain.



Fidélité indéfectible à Cuba socialiste qui est devenue amitié entre deux dirigeants historiques de deux grandes révolutions du XX ème siècle. De ses échanges avec Fidel Castro, un ouvrage fut publié, « Un grain de maïs », traduit en français.



Sa fidélité à l'héritage de la révolution sandiniste, balayée après 1990, a trouvé récompense avec le retour au pouvoir de Daniel Ortega en 2007, alors que la gauche révolutionnaire latino-américaine, isolée en 1990, se trouvait alors à la tête de la majorité des États du continent.



Le gouvernement de Daniel Ortega a décrété trois jours de deuil national, annulé les festivités du 1er mai et a organisé une cérémonie avec les dirigeants sandinistes au Palais national pour rendre hommage à Borge.



L'ensemble des présidents latino-américains, représentants de la gauche révolutionnaire, a rendu hommage au commandant historique de la révolution sandiniste.



Le chef de l'Etat cubain, Raul Castro, a salué un « inlassable lutteur révolutionnaire pour la liberté et l'indépendance du Nicaragua et l'unité de Notre Amérique ».



Pour le président vénézuelien Hugo Chavez, « le commandant Borge a apporté l'exemple d'une vie de lutte inlassable pour la cause de l'humanité, pour le socialisme ».



« Il a prêché par l'exemple qu'un révolutionnaire doit rester fidèle à ses principes et défendre toujours la vérité et la fraternité ».



Evo Morales, président bolivien, a lui rappelé que « comme commandant guérillero et leader de la Révolution sandiniste, le camarade Tomas Borge fut un homme qui a consacré sa vie à la lutte contre l'impérialisme et pour l'émancipation des peuples ».



Enfin, le chef de l’État équatorien Rafael Correa a fait de la pensée de Borge une « des sources d'inspirations du gouvernement de la Révolution citoyenne ».



« Pour l'Equateur, il fut un ami proche, en tant qu'ambassadeur, et un symbole de la lutte indéfectible d'une quête de justice, d'égalité et de solidarité dans toute l'Amérique latine », a souligné Correa.



La mort de Tomas Borge laisse l'Amérique latine orpheline d'une des figures de la résistance à l'impérialisme et des épopées révolutionnaires du XXème siècle. Mais son héritage politique est plus vivant que jamais dans l'Amérique latine des révolutions.



Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 08:23
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chili 25 avrilLa lutte continue contre la privatisation de l'éducation au Chili

 

100 000 étudiants et lycéens dans les rues de Santiago protestent contre le règne de l'argent à l'université

 

Article AC pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/ et pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ce sont plusieurs dizaines de milliers d'étudiants et de lycéens qui sont à nouveau descendus dans la rue au Chili, ce mercredi 25 avril, pour exiger une éducation gratuite, publique et de qualité.

 

Le cortège principal a réuni plus de 100 000 manifestants à Santiago du Chili, et s'est accompagné de vingt autres rassemblements dans tout le pays. On trouvait ainsi 10 000 manifestants à Valparaiso, et plusieurs milliers d'autres à Concepción, La Serena, Osorno, Talca ou encore Chillán.

 

Parmi les mots d'ordre scandés par les étudiants: « Elle va tomber, elle va tomber, l'éducation de Pinochet », « Dans la rue de nouveau, l'éducation chilienne ne se vend pas, elle se défend ! ».

 

En cause, la poursuite de la politique de privatisation de l'éducation, héritée de l'ère Pinochet et laissée intacte par la 'gauche' socialiste dans les années 1990-2000.

 

Le gouvernement du richissime Sebastian Pinera prévoit notamment de concéder une autonomie plus large aux universités, accentuant les inégalités entre établissements ainsi que les difficultés d'accès des couches populaires à l'université.

 

Le gouvernement comptait sur les vacances d'été en janvier-février pour tuer le mouvement. Il avait également concédé quelques miettes, l’élargissement de l'accès aux bourses ainsi que la baisse des taux d'intérêts pour les prêts étudiants, mais la manœuvre de diversion ne prend pas.

 

Car le problème est plus profond au Chili. Le pays sud-américain fut le laboratoire de la privatisation de l'éducation, et est aujourd'hui un des pays les plus inégalitaires au monde pour ce qui est de l'accès à l'éducation.

 

Ainsi, les frais de scolarité à l'université vont de 300 jusqu'à 1 800 euros par mois. En moyenne, chaque étudiant chilien doit emprunter 30 000 euros au cours de sa scolarité pour couvrir ses frais.

 

Une éducation largement privatisée et pourtant inférieur au système public et gratuit Cubain qui reste, selon l'ONU, le meilleur système éducatif du continent latino-américain.

 

Le succès de la manifestation a poussé la vice-présidente de la Fédération des étudiants de l'Université du Chili (FECH), la jeune communiste Camila Vallejo à déclarer que « le peuple du Chili continue à se battre pour le droit à l'éducation ».

 

La figure de lutte estudiantine de l'an passé a insisté sur « l'impact de la mobilisation étudiante chilienne » qui a inspiré « des luttes qui se développent aujourd'hui en Amérique latine, au Canada ou encore en Europe ».

 

Le président des élèves de l'Université du Chili, Gabriel Boric, a répondu aux manœuvres du gouvernement que « l'éducation Chilienne continue à créer de l'inégalité ».

 

« M.Pinera a déclaré que l'éducation est un bien de consommation, mais nous, nous la concevons comme un droit universel et nous ne voulons pas aménager l'endettement des étudiants, voilà ce que propose le Ministère de l'Education ».

 

« Ce que nous revendiquons, c'est la gratuité, car l'argent ne devrait pas être un frein à l'accès à une éducation de qualité », a-t-il ajouté.

 

La jeune communiste Camila Vallejo a conclu sur la nécessité de continuer la lutte : « Il y en a qui disaient que cela ne valait pas la peine de se mobiliser, que cela n'avait pas de sens, que les citoyens étaient las des manifestations, que les étudiants étaient fatigués, et aujourd'hui les faits démontrent tout le contraire ».

 

La mobilisation n'est pas éteinte au Chili, il faut rappeler qu'en août dernier les jeunes étudiants parvenaient à réunir jusqu'à 500 000 manifestants dans les rues chiliennes. La lutte continue contre la poursuite d'une politique de privatisation, héritée de la dictature de Pinochet, et qui a transformé le Chili en un des pays les plus inégalitaires au monde.

Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 08:47
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ypfLa nationalisation des hydocarbures par l'Argentine fait naître une sainte alliance réformiste, PSOE et syndicats en tête, derrière Repsol en Espagne

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le gouvernement argentin a proposé ce lundi un projet de loi au Congrès visant à une prise de contrôle publique de la filière argentine de la multi-nationale pétrolière espagnole Repsol, YPF, par lequel 51% des actions de l'entreprise passeraient entre les mains de l’État argentin.



La présidente Cristina Kirchner a affirmé que « poursuivre cette politique d'évidement, de non-production, de non-exploitation, ce serait faire de nous un pays non viable, en raison de la politique de certaines entreprises et non par les ressources que nous avons » et elle a ajouté que « pour la première fois depuis 17 ans, l'Argentine a dû importer du gaz et du pétrole ».



La présidente argentine a défendu le projet de nationalisation des hydrocarbures car « nous sommes quasiment le seul pays qui ne gère pas ses ressources naturelles », et a dénoncé le scandale de la privatisation puisque entre 1999 et 2011 « les profits net de YPF furent de 16 450 millions de dollars » et l'entreprise a distribué pour 13 246 millions de dollars de dividendes. « Le problème fut celui de la dé-nationalisation », a-t-elle ajouté.



Cristina Kirchner a affirmé que le modèle choisi pour l'avenir de YPF « ne serait pas celui de l'étatisation » mais celui d'une « récupération de souveraineté et de contrôle » des hydrocarbures. « Pendant de nombreuses années, dans divers secteurs de l'économie gérés par l’État, on a défendu une politique partisane, qui s'est perpétuée en avançant l'idée que l’État était inutile et que seul le privé pouvait gérer les ressources de l’État ».



La fin d'une politique de privatisation entamée au début des années 1990



Le projet gouvernement revient sur une politique de privatisation progressif entamé sous le gouvernement libéral de Carlos Menem au début des années 1990 avec le passage d'une société étatique qu'était la YPF (Gisements pétrolifères fiscaux) pour devenir une Société anonyme. En 1993, l’État conservait 20% des actions ainsi que les « golden shares » tandis que 12% du capital était détenu par les États provinciaux. Le secteur privé, avec des banques et fonds d'investissements de divers pays, était propriétaire de 46% du capital.



En 1998, le secteur privé possédait près de 75% des actions, bien que l’État conservait encore les « golden shares ». Finalement, la privatisation s'est achevé par la vente des 25 derniers pour cent des actions étatiques et provinciales à l'entreprise espagnole Repsol en 1999 pour une valeur de 15 milliards de dollars. Repsol a acheté la même année les 73% restants qui appartenaient au secteur privé.



Une sainte alliance entre patronat et syndicats réformistes, Union européenne et partis du consensus européiste, PS en tête pour défendre Repsol !



Face à cette nationalisation de la principale entreprise argentine d'hydrocarbures, les réactions ne se sont pas faits entendre en Espagne. L'opposition résolue du patronat espagnol ainsi que du gouvernement de droite de Mariano Rajoy est tout sauf une surprise.



Toutefois, parmi les premiers soutiens publics de la multi-nationale se trouve aussi le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). Son secrétaire-général Alfredo Perez Rubalcaba s'est empressé d'accorder au président de Repsol « son soutien total » dans le contentieux qui l'oppose à l’État argentin. Il a ajouté qu'il « soutiendra le gouvernement dans les mesures qu'il pourra prendre pour défendre les intérêts des entreprises espagnoles ».



Autre soutien surprenant mais éclairant, celui des deux principaux syndicats espagnols, les Commissions ouvrières (CC.OO) et l'UGT adeptes de la ligne du « dialogue social » et partisans du consensus européiste.



Le secrétaire-général de la Fédération de la Chimie des CC.OO, Joaquim González Muntadas, a ainsi assuré que « les travailleurs de Repsol Espagne ont conscience de faire partie d'un groupe industriel mondialisé et que les tensions à des milliers de kilomètres de leur poste de travail affectent directement leurs conditions de travail ».



Pour Gonzalez, l'Argentine « est dans l'erreur » en « ne profitant pas au mieux de la volonté d'investissement de Repsol », ainsi que « ses capacités technologiques déjà démontrées » et sa velléité à « créer des consortium » dans le cadre du « colossal » projet d'exploitation de Vaca Muerta.



Le syndicaliste ajoute que l'Argentine doit se conformer au droit international dans ses relations à Repsol, jugeant comme une « très mauvaise nouvelle » les derniers événements en Argentine, mettant en péril « la nécessaire stabilité et sécurité des entreprises espagnoles dans la zone ».



Il conclut en apportant son soutien à « la gestion ainsi qu'aux efforts » réalisés par le gouvernement pour résoudre le conflit dans le sens de la défense des intérêts des entreprises espagnoles.



La crise a pris enfin une dimension européenne avec le relais apporté aux récriminations espagnoles par les institutions européennnes. La Commission a boycotté ce mardi une rencontre avec des responsables argentines pour protester contre la décision de re-nationaliser YPF.



La porte-parole de la Commission européenne Pia Ahrenkilde Hansen a exprimé son soutien à la multi-nationale Repsol ainsi qu'au gouvernement espagnol: « Nous accordons à l'heure actuelle un soutien politique à l'Espagne, tout en envisageant toutes les options. Cela crée de l'incertitude, ce qui ne va pas dans le sens d'une amélioration des relations économiques, et de l'économie dans son ensemble. » Le président de la Commission José Manuel Barroso a lui exprimé sa « profonde déception » face à la décision de l’État Argentin de reprendre le contrôle de ses hydrocarbures.



Jeudi 19 avril 2012 4 19 /04 /Avr /2012 08:47
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lozano « Où sont les efforts de paix du gouvernement colombien ? »


Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


Entretien réalisé par l'Agenda Colombie-Brésil avec Carlos Lozano, avocat et journaliste, directeur du journal communiste Voz, membre du Comité central du Parti communiste colombien et de « Colombiennes et Colombiens pour la paix



Il a fait partie d'une équipe de conseillers, dans le cadre du processus de paix de « Caguan », entre la guérilla des FARC et le gouvernement de Colombie entre 1998 et 2002



Comment analyses-tu les potentialités d'un processus de paix en Colombie ?



Carlos Lozano : Bon, ce qui est clair, c'est que résoudre ce conflit social et armé en Colombie, qui existe depuis plus de cinq décennies, ne passera que par la voie politique, la voie du dialogue, sur la base de solutions démocratiques, d'une ouverture sociale, progressiste, qui éradiquent les racines du conflit, racines historiques et les racines les plus récentes qui touchent au tissu social et à la précarité de la démocratie en Colombie. Historiquement, de nombreux efforts ont été faits au sein de la guérilla et de la gauche pour ouvrir la porte au dialogue, à la résolution démocratique du conflit. Mais, la classe dominante y a toujours fait obstacle, opposant ses résistances à ses transformations de fond. Ce qu'elle veut, c'est une paix qui tombe du ciel, ils veulent la démobilisation de la guérilla, mais sans produire les transformations nécessaires au renforcement de la démocratie et de la justice sociale.



L'oligarchie colombienne continue à opposer ses résistances à un dialogue qui suppose une paix avec justice sociale ?



Carlos Lozano: De ce point de vue, les choses n'ont pas beaucoup changé en Colombie, c'est comme si l'histoire s'était arrêtée. L'oligarchie colombienne continue à résister à l'idée d'un dialogue qui supposerait une paix constructive, une paix avec démocratie et justice sociale. Mais je n'ai pas le moindre doute sur le fait qu'à moyen-terme va s'imposer une sortie par la voie du dialogue, va se dégager un espace pour le dialogue. C'est le scénario prévisible des prochains mois, car, il ne fait pas de doute, après plus d'un demi-siècle de conflit, que cette guerre qui a dégénéré ne laisse plus d'autre alternative au gouvernement comme à l'insurrection que la recherche d'une possibilité de rapprochement, de dépassement des réticences réciproques pour que, avec le travail d'accompagnement de la société colombienne, et pourquoi pas, de la communauté internationale, puisse s'ouvrir un dialogue sur la base d'un agenda politique et social de transformations concrètes.



La classe dominante a-t-elle intérêt à la paix...



Carlos Lozano : La classe dominante colombienne, l'oligarchie colombienne a intérêt à la paix car l'essentiel des ressources publiques, des ressources de l’État, au-delà de l'aide apportée par les États-Unis et plusieurs autres pays, sont consacrées à la guerre. Il s'agit de près de 8% du PIB, l'équivalent de ce que le pays investit dans le cadre de son propre budget pour les secteurs sociaux, des ressources qui pourraient donc être mieux utilisées dans la satisfaction des besoins sociaux fixes, dans un pays qui enregistre le triste « record » d'être le pays du tiers-monde avec les inégalités les plus fortes, un pays dans lequel existent les indices les plus élevés de concentration terrienne et où il existe une poignée de groupes économiques, cinq ou six groupes qui monopolisent toute la production industrielle et qui réalisent des profits colossaux dans le secteur financier. Il s'agit d'une situation intenable. Une telle situation, même pour ces groupes dominants, devient une sorte d'entrave à la croissance de l'économie. Voilà pourquoi il faut la paix, mais la paix avec la démocratie, avec la justice sociale. On ne peut pas penser qu'il faut la paix pour maintenir le statu quo. Je crois que nous sommes au seuil d'une atmosphère plus favorable. Tant que le conflit persistera, nous serons devant des situations tragiques, des affrontements, des situations regrettables au niveau national et international. Mais, de toutes les manières, j’estime que nous agissons dans un nouveau cadre, dans une nouvelle époque de la vie politique nationale, où la question de la paix et de la guerre va occuper le premier plan de l'agenda du gouvernement, des partis politiques, des organisations sociales et également de la communauté internationale qui sera attentive au processus colombien.



Désormais, avec la libération unilatérale des prisonniers de guerre, la question des prisonniers politiques et d'opinion est revenue sur le devant de la scène. Où en est-on ?



C.L: C'est curieux que le gouvernement colombien reconnaisse juste maintenant l'existence du conflit après sa non-reconnaissance par le gouvernement Uribe, Santos a fait un pas audacieux en apparence en reconnaissant qu'il existait un conflit en Colombie. Mais, la reconnaissance du conflit a aussi ses implications : il y a des combattants, d'autres ne sont pas combattants ; il est nécessaire d'établir un principe de distinction entre les uns et les autres. Il faut appliquer le droit international humanitaire et il faut reconnaître que la seule voie de résolution du conflit, c'est la voie politique du dialogue et non celle de l'affrontement armé. Mais, le gouvernement, même s'il reconnaît le conflit, ne franchit pas ce pas. Et ce que nous voyons ici, c'est que le gouvernement ne reconnaît pas l'existence de prisonniers politiques, de prisonniers de guerre. Qu'ils existent, cela nous le savons, car il y a des combattants, il y a des prisonniers politiques qui sont des prisonniers de conscience, des prisonniers d'opinion, des camarades arrêtés dans le cadre de leurs activités syndicales, sociales ; adhérents de partis de gauche qui sont portés devant les tribunaux, accusés en tant que sympathisants et collaborateurs de la guérilla. On les poursuit pour rébellion, ce qui est un délit typiquement politique, quand on ne les étend pas à d'autres types de délits, des accusations bricolées pour donner plus de force à ces procès montés de toute pièce. C'est une question que le gouvernement ne peut pas éluder, surtout en ce moment que la guérilla a fait des gestes humanitaires.



Les gestes de paix de la guérilla des FARC...



La guérilla des FARC a dérogé à la « Loi 002 », qui instaurait des réquisitions économiques. Elle a libéré 10 membres des forces de l'ordre qui étaient les dernières à être sous son emprise, tandis que, au cours de ces dernières années, de ces dernières décennies, elles en avaient gardé en qualité de prisonniers de guerre. Il s'agit donc bien de gestes de paix qui aident à diminuer l'intensité du conflit.



Et les gestes de paix du gouvernement ?



Où sont les gestes de paix du gouvernement, quand on ne veut même pas reconnaître l'existence de prisonniers politiques, pendant qu'on persévère avec la même politique néo-libérale de liquidation des acquis des travailleurs, du peuple et de dégradation des conditions de vie. Pendant que se poursuivent les privatisations, les offensives contre la gauche, les violations des droits de l'Homme, les exécutions que les Nations Unies qualifient d'extra-judiciaires, qui ne sont rien d'autre que ce que nous appelons des « faux positifs ». Alors, ils sont où les gestes de paix du gouvernement ? Voilà ce que nous disons. C'est pour cela, qu'en tant que Colombiens et Colombiennes pour la Paix, nous avons dit au gouvernement que la moindre des choses, une fois les libérations acquises, est de permettre les visites de missions humanitaires internationales dans les prisons. Elles pourront ainsi vérifier sur place quel est l'état des prisonniers politiques et des prisonniers de guerre en Colombie. C'est très important que le pays et la communauté internationale en prennent connaissance, pas seulement comme un problème d'agitation et de publicité mais bien pour que le gouvernement soit contraint de faire changer les choses en prison. Il faut humaniser les prisons colombiennes, que les personnes incarcérées puissent avoir le minimum de dignité, et ce n'est pas seulement le cas pour les prisonniers politiques mais aussi pour tous les autres. Les prisons sont des cachots qui deviennent des espaces où les droits de l'Homme sont violés. Ce sont les Nations Unies et le Procureur de la République qui le disent, ce n'est donc pas seulement un discours gauchiste. Il est temps que le gouvernement affronte cette question et fasse preuve de gestes de paix. Santos dit qu'il tient dans ses mains les clés de la paix, mais celles-ci ne marchent pas, il ne semble pas à disposer à faire des gestes identiques à ceux que réalise en ce moment la guérilla colombienne.



Pour ce qui est de la solidarité politique internationale, quel rôle pensez-vous que pourrait remplir le Brésil par exemple pour contribuer à un processus de paix et à résoudre la situation que l'on connaît en Colombie ?



Fondamentalement, je dirais que les contributions peuvent être de trois types : soutien aux organisations sociales colombiennes qui défendent la paix, pas seulement « Colombiens et Colombiennes pour la paix » qui est, peut-être, la plus connue, mais il y en a d'autres, une multitude d'organisations qui œuvrent en ce sens et il faut les soutenir. La communauté internationale doit les soutenir et faire entendre leurs voix, celle de l'exigence de mettre un terme à la guerre en Colombie et d'ouvrir un scénario de paix, de dialogue, d'issue politique à la crise colombienne. En second lieu, la question des droits de l'Homme, en Colombie, il continue à y avoir des violations de droits de l'Homme avec des personnes déplacées par la force, la question des dirigeants de gauche, dirigeants syndicaux menacés, qui subissent les attentats et les persécutions de la part des services secrets étatiques. Troisièmement, la question des prisonniers politiques en Colombie. Il y a près de 9 000 prisonniers politiques en Colombie, selon les organisations de solidarité et qui sont cachés aux yeux du monde, car personne ne parle de leur situation, et c'est comme si ils n'existaient pas, mais il se trouve vraiment dans des situations de grande précarité. Ils sont en ce moment en grève de la faim, attirant l'attention du pays et de l'étranger sur leur situation, appelant de leurs vœux la mise en place de visites humanitaires.

Dimanche 15 avril 2012 7 15 /04 /Avr /2012 10:52
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2009081024correaeleccionesLe président équatorien Rafael Correa ne participera pas au Sommet des Amériques tant que Cuba socialiste en sera exclue

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Le président de l'Equateur, Rafael Correa, a dissipé les doutes sur son éventuelle participation au sixième sommet des Amériques qui se tiendra à Carthagène. Par une lettre envoyée au président hôte, Juan Manuel Santos, Correa confirme qu'il ne participera pas à la réunion des chefs d’État prévue pour le mois d'avril.

Dans la lettre envoyée lundi après-midi, le chef d’État équatorien a déclaré qu’après avoir mûrement réfléchi il a décidé que tant qu'il serait président de la République d’Équateur, il ne participerait à « aucun Sommet des Amériques tant que ne seront pas prises les décisions exigées par notre Patrie ».

Il a insisté sur le fait qu'il était « inacceptable que lors de ces sommets, il soit éludé des questions aussi fondamentales que le blocus inhumain imposé à Cuba ou l'aberrante colonisation des Malouines, qui ont été condamné par la quasi-unanimité des nations du monde entier ».

Quant au « Sommet des Amériques », il a défendu l'idée que, par définition, ne peut s'appeler ainsi une réunion dont un pays américain est intentionnellement et de manière totalement injustifié banni. On a parlé d'une « absence de consensus », mais nous savons tous qu'il s'agit du veto des pays hégémoniques, situation intolérable dans notre Amérique du XXIème siècle.

« Jamais nous ne chercherions le moindre problème ni à votre gouvernement ni à notre chère Colombie. Il s'agit, comme le disait Bolivar, de sentir vraiment que la Patrie, c'est l'Amérique, et commencer à un certain moment à dénoncer et affronter avec forces ces, je répète, situations intolérables et aberrantes ».

Selon le président de l’Équateur, « nos peuples peuvent commencer à s'agacer de ces réunions de présidents, tandis que dans le même temps des problèmes abyssaux restent à résoudre, comme la pauvreté et l'inégalité qui font toujours de l'Amérique latine la région la plus inégale au monde ; l'inefficacité stratégique de la lutte contre le problème mondial des drogues ; la profonde transformation du Système inter-américain des droits de l'Homme, désormais défenseur d'intérêts bien loin de ses principes fondateurs ; l'actualité d'une véritable liberté d'expression qui ne se trouve réduite aux intérêts des grands groupes médiatiques ; ou, la domination totale du capital sur les êtres humains, comme le démontre la crise des prêts immobiliers en Espagne, qui touche des centaines de milliers de citoyens, dont de nombreux migrants latino-américains. »

Correa a réaffirmé son espoir que l'absence de l’Équateur soit une invitation cordiale à « débattre sur le fond et à agir en conséquence, réaffirmant l'estime et le respect que nous ressentons pour tous nos collègues, chefs d’État du continent, de chers amis avec qui nous partageons le rêve de jours meilleurs pour nos peuples. »

« Nous souhaitons, pour le bien de la région et du monde, que le Sommet de Carthagène soit un succès. Le désir d'y participer est fort, dépassé seulement par la fermeté de nos convictions », a-t-il conclu.

Le président équatorien avait proposé en février, lors d'un sommet de l'ALBA (Alternative bolivarienne des peuples de Notre Amérique) à Caracas, que les huit gouvernants de ce groupe n'assistent pas au Sommet des Amériques tant que Cuba ne serait pas invitée. Le chef d’État a réaffirmé à de nombreuses occasions sa position qui est « de tenir compte du ressenti de nos peuples lassés de ses réunions de présidents tandis qu'ils restent plongés dans des abîmes sociales ». La ministre des Affaires étrangères, María Ángela Holguín, a indiqué que les présidents du continent ont confirmé leur présidente au rendez-vous de Carthagène. Les Sommets des Amériques ont commencé en 1994 à Miami et Cuba n'a jamais été invitée. L'île fut suspendue de l'Organisation des États Américains (OEA) en 1962. Cette mesure fut annulée en 2009, mais Cuba n'a jamais fait son retour à l'OEA, ce qui l'obligerait à signer la Charte Démocratique de l'organisme.

Source : Telesur

Vendredi 6 avril 2012 5 06 /04 /Avr /2012 12:03
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logo PCMEntretien avec le secrétaire-général du PC du Mexique Pavel Blanco

 

« Notre erreur a été de subordonner la reconstruction du Parti communiste à l’unité de la gauche »


 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Quelle a été, pour la résumer, l'évolution politique récente du Parti communiste du Mexique ?

 

Pavel Blanco – Le Parti communiste du Mexique a été fondé en 1994 sous le nom de Parti des communistes mexicains, un projet encore vague qui se voulait être une réponse à la crise du capitalisme, à la contre-révolution qui avait frappé le monde socialiste et à la crise idéologique de la Révolution mexicaine. En 1994, treize ans s'étaient écoulés sans parti marxiste-léniniste, le PCM avait été dissous en 1981 sous la pression des idées euro-communistes pour construire une formation de gauche plus large. Nous aussi, après 1994 nous avons commis l'erreur de penser que les prémices à la construction du parti de la classe ouvrière devaient passer par l'unité de la gauche socialiste dispersée, nous nous sommes engagés dans cette direction et nous avons perdu beaucoup de temps. En 2003, nous nous sommes retrouvés pris dans une tentative unité organique avec le Parti de la révolution socialiste (PRS), qui se solda par un échec en 2009.

 

Il devient alors clair qu'il était nécessaire de dépasser cette crise non seulement sur le plan organisationnel mais surtout sur le plan idéologique, avec le début d'une phase de réflexion qui nous a emmené à définir l'identité du Parti communiste, ses thèses, un nouveau Programme et à la conviction que le Parti peut seulement se fonder sur l'unité idéologique, organisationnelle et d'action.

 

Le plus important a été de dépasser l'idée que l'économie Mexicaine était dépendante et subordonnée aux Etats-unis, car de là découlait la position programmatique qui plaçait comme priorité la lutte pour l'indépendance et l'alliance avec tous ceux qui la désiraient, y copris des franges de la bourgeoisie. Une position qui était défendue depuis les années 1940 lorsque sous l'influence des conceptions du browderisme (1), le PCM adopta la ligne de l' « unité nationale ».

 

Si on étudie le capitalisme au Mexique avec la science marxiste-léniniste, on découvre que l'on est en plein essor et qu'on occupe une place intermédiaire dans le système impérialiste, que les conditions sont mûres pour le socialisme, et qu'il ne convient pas aux communistes de poser d'étapes intermédiaires. En étudiant les monopoles mexicains, nous découvrons qu'ils sont pareils que les autres, disons ceux nord-américains, qui exportent des capitaux, et oppriment les travailleurs d'autres pays, en Amérique latine et même aux États-Unis, comme le fait le Grupo Mexico, monopole minier, Slim ou CEMEX pour n'en citer que quelques-uns.

 

Voilà pourquoi notre programme pose la nécessité de constituer un front anti-capitaliste, anti-impérialiste et anti-monopoliste, ainsi que l'objectif du socialisme, car les conditions sont déjà réunies.

 

Le IVème Congrès a adopté les Thèses sur le socialisme (Résolution politique du XVIIIème Congrès du KKE). Il est important de le dire, nous sommes internationalistes, nous n'avons pas de complexes, si un parti frère réalise une contribution scientifique, s'il exprime des conceptions universelles, nous devons pas le considérer comme une contribution exclusive, car il s'agit d'une contribution à la lutte de classes mondiale.

 

Nous l'avons adopté à l'unanimité. Il s'agit d'une réponse qui s'appuie sur la théorie communiste, une réponse qui est autant nécessaire qu'elle l'était il y a 20 ans, et même plus urgente. S'achève ainsi une période de confusion, de clarification qui ne traitait qu'un côté de la chose. Certes, Gorbatchev, Eltsine et les autres sont des traîtres, mais l'explication de la trahison en soi n'est pas suffisante.

 

Nous insistions beaucoup sur les questions de théorie révolutionnaire, ainsi que sur l'expérience de la construction socialiste au XXème siècle, du pouvoir soviétique, qui fut un véritable pouvoir des travailleurs.

 

Très important est ce qui a trait à la transition. Le socialisme-communisme, comme un seul et unique mode de production, le premier dans sa forme pas encore mûre, incomplète, et non comme des formations séparées.

 

Le rapport indissociable entre économie et politique : question débattue dans les années 1950 en URSS sur les rapports marchands et leur incompatibilité avec la construction socialiste. En somme, diverses questions qui nous ont munies d'un arsenal dans la lutte de classes concrète pour lier l'affrontement capital-travail au quotidien avec l'objectif socialiste-communiste. Et aussi pour étudier d'autres expériences de construction socialiste ; la conclusion pour nous est évidente : les rapports marchands sont incompatibles avec la construction socialiste.

 

Une autre décision importante du IVème Congrès fut d'adopter le nom sous lequel fut fondée la Section mexicaine de l'Internationale communiste : Parti communiste du Mexique, comme nous le disons dans la Résolution, ce n'est pas seulement un hommage, mais une perspective d'avenir.

 

Aujourd'hui, le PCM cherche surtout à s'enraciner dans la classe ouvrière. Nous impulsons une coordination syndicale unitaire du Mexique qui rassemble syndicats, courants syndicaux, travailleurs à titre individuel, qui recherche l'adhésion de nouveaux syndicats, de nouvelles branches, mais qui parte de l'organisation sur les lieux de travail ; qui soit de classe, un syndicalisme rouge en somme ; nous nous réjouissons vivement des résultats du XVIème Congrès de la FSM, voilà la voie à suivre.

 

Nous participons également à l'effort de la Revue communiste internationale ; nous nous fixons comme priorité le travail international sur une base idéologique commune, tout en participant à la Rencontre des Partis communistes et ouvriers qui se tient chaque année.

 

Au Mexique, quelles sont, aujourd'hui, les forces organisées qui luttent contre le capitalisme au Mexique ? Et quelles sont les différences idéologiques entre elles ?

 

Aujourd'hui, il y a une grande dispersion mais on peut les regrouper en deux camps. Ceux qui pensent qu'il suffit d'aménager le néo-libéralisme, qui s'oppose à une lutte plus aigue, ils s'expriment dans diverses organisations, mais ils se rassemblent surtout autour du mouvement de Lopez Obrador, un ancien du PRI (Parti révolutionnaire institutionnel), qui a géré Mexico comme n'importe quel néo-libéral et qui propose un programme trompeur, des mesures qui ne peuvent même pas être qualifiées de réformes, une sorte de retour à l’État-providence posé comme le meilleur mode de gestion qui permettre au capital de sortir de la crise. Le discours d'Obrador s'appuie sur le fait qu'il existe de bons capitalistes et de très mauvais qui s'en mettent plein les poches : une véritable tromperie.

 

Avec la proposition de l'EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) en 2005 de la VIème Déclaration de la Selva Lacandona, un mouvement anti-capitaliste de masse s'est rendu visible, fort divers dans ses formes organisationnelles et dans ses objectifs, mais conscient du fait que le mode de production est responsable de ce désastre social. Il est évident que ces divergences traversent le camp même des partisans du socialisme. Selon une étude journalistique, il existe 40 organisations qui se réclament de la lutte pour le socialisme, mais non du parti de la classe ouvrière comme force d'avant-garde qui se situe au centre de cet objectif.

 

Mais le problème pour nous est que tous vont à la pêche à ceux à qu'on appelle les « sujets émergents », que ce soient les paysans, les étudiants, les écologistes, mais tous négligent l'action auprès de la classe ouvrière, nous voulons nous y immerger, « revenir vers le prolétariat ».

 

Un autre problème est l'insuffisance théorique, il y a beaucoup de pragmatisme et même de présomption. Il faut être fermes sur le principe que « sans théorie révolutionnaire, pas de mouvement révolutionnaire ». A mesure que le PCM se renforcera, nous verrons comment affronter ce problème.

 

Le département d’État des États-Unis a travaillé activement pour manipuler la jeunesse Mexicaine au Forum de l'Alliance des mouvements de jeunesse, ils font la même chose au Vénézuela avec le groupe de la Jeunesse active du Vénézuela unifié, groupe explicitement lié à OTPOR. Quels sont les rapports du Parti communiste du Mexique avec la jeunesse et les mouvements estudiantins mexicains ?

 

 

On trouve beaucoup de jeunes dans le parti ; après la crise interne, nous les organisons dans la Ligue de la jeunesse communiste, avec une implantation dans les universités et parmi les jeunes travailleurs ; nous voulons que nos jeunes communistes participent à des luttes concrètes, et même qu'ils en soient à la tête, un mouvement de jeunesse et étudiant réels, pas seulement des groupes de Facebook, des réseaux sociaux, car cela n'est que purement virtuel. Nous prêtons une grande attention à leur formation politique et idéologique, à leur connaissance profonde du marxisme-léninisme ; nous voyons notre jeunesse comme un réservoir de cadres potentiels pour le parti. En 1999, nous avons soutenu le CGH (2), aujourd'hui nombre de ses cadres se trouvent à la direction du PCM.

 

1968, 1971, 1999 sont des années emblématiques de l'irruption des mouvements étudiants qui nous démontrent que l'étudiant est capable de former une force combative et que nous devons rechercher la convergence avec le mouvement de la classe ouvrière.

 

Au sein de nos jeunes, il y a un grand respect pour Arturo Gamiz, jeune communiste qui avec ses camarades dans les années 1960 entame une profonde réflexion théorique sur la révolution socialiste face à l'idéologie bourgeoise de la révolution mexicaine, et il passe à l'action en lançant la lutte armée pour le socialisme le 23 septembre 1965. Cela vaut également pour Lucio Cabañas, autre jeune communiste qui fit la même chose dans les montagnes de Guerrero.

 

La majorité des habitants de Mexico sont jeunes, souvent issus également de la classe ouvrière. Nous avons besoin d'une Ligue de la jeunesse communiste forte et nous y travaillons.

 

Dans les pays où les Partis communistes n'ont pas pris la voie du révisionnisme, les communistes se renforcent. C'est le cas au Mexique ?

 

L'équation est juste. Nous le voyons en Grèce avec le KKE, un fort mouvement ouvrier et syndical, le PAME, et d'autres forces de masses suivant une orientation de classe. Nous voyons d'autres partis où dominent les idées opportunistes, réformistes, révisionnistes qui commencent par faire des concessions idéologiques profondes pour augmenter leurs scores électoraux, et en fin de compte ceux-ci s'effondrent.

 

Les Partis communistes et ouvriers doivent défendre leur identité et être conséquents ; et nous disons que c'est notre devoir à tous, non seulement lutter contre les réformistes dans nos propres rangs mais en général dans le mouvement communiste international.

 

Aujourd'hui, nous voyons par exemple qu'en Turquie avec le TKP, en Espagne avec le PCPE, en Vénézuela avec le PCV, etc., il y a renforcement du Parti communiste, du parti révolutionnaire.

 

Un autre exemple, c'est le Mexique. Avant la perestroïka et la contre-révolution, il fut le premier parti communiste à se dissoudre, en 1981, qui doit être directement mis en relation avec la situation de la lutte de classe au Mexique aujourd'hui : de défaites en défaites, avec un faible taux de syndicalisation, des syndicats collaborant avec le gouvernement, corporatistes.

 

Mais nous sommes optimistes sur la base de l'équation posée dans la question : un Parti communiste ferme sur les positions marxistes-léninistes, qui travaille sérieusement, enraciné dans la classe ouvrière est capable de renverser le capitalisme et de construire du socialisme-communisme.

 

A côté de la contradiction historique capital-travail, dans les dernières décennies s'est ajouté une contradiction de plus en plus importante, celle entre capital et environnement. Comment la vit-on au Mexique ?

 

Le Golfe du Mexique pollué par la British Petroleum, toutes les rivières du pays polluées par les monopoles, la destruction des bois, forêts, montagnes, le changement climatique : le socialisme est une urgence pour le genre humain, c'est seulement ainsi que nous ferons échec à la capacité destructrice du capitalisme et de l'impérialisme. Un problème lié est la privatisation des ressources naturelles, surtout de l'eau, de la terre, du sous-sol, de la mer.

 

La soif de profits des monopoles, mexicains ou trans-nationaux, pille la nature, l'environnement, appauvrit la vie, la bio-diversité.

 

En 2000, vous avez participé à la mobilisation risquée et inédite pour la campagne électorale impulsée par le mouvement zapatiste – l'autre campagne – qui avait l'intention d'offrir à toutes les organisations anti-capitalistes mexicaines un programme politique nouveau, à partir de la VIème déclaration de la Selva Lacandona. Quel héritage de cette expérience et quelles perspectives ?

 

Nous l'avons impulsé dès le départ, toutefois comme un parti intégré à un processus unitaire. Nous avons dû vaincre les résistances internes, rédiger le document d'adhésion à la VIème déclaration, et convaincre les camarades d'intégrer une brigade qui accompagne dans tout le pays le Délégué zéro. Nous avons été surpris de voir l'enthousiasme suscité par la campagne, l'unité qu'elle a réveillée, la profondeur des analyses exprimées par le peuple, les communautés, les paysans, les femmes, les jeunes, les indigènes et la radicalité de la proposition anti-capitaliste. Un anti-capitalisme profond centré sur l'appropriation des moyens de production entre les mains d'une poignée de capitalistes.

 

Puis il y eut la répression à San Salvador Atenco, à Oaxaca, l'hostilité envers les communautés zapatistes et l'EZLN.

 

L'héritage est clair, dans cet immense pays, il y a des résistances partout. La perspective : sans la classe ouvrière comme colonne vertébrale du processus anti-capitaliste, avec un programme clair pour renverser le capitalisme et construire le socialisme et le communisme, il n'y aura aucune émancipation possible.

 

 

Quelles perspectives apportent au travail politique du Parti communiste mexicain les problèmes croissants du pays entre corruption, police, armée et narco-trafic ?

 

La militarisation du pays se nourrit de l'alibi de la lutte contre le narco-trafic. On en tire profit pour former des groupes para-militaires et para-policiers. L'armée et la police sont préparées pour la répression du peuple et des organisations syndicales et politiques insoumises.

 

Mais il y a des symptômes clairs de la décomposition de l’État capitaliste. Le problème est que le rôle de la classe ouvrière est indispensable pour faire émerger une alternative.

 

Le Parti communiste du Mexique fait le maximum pour que son instinct, ses réflexions, sa capacité d'intervention, son courage soient à la hauteur de cette tâche, et pour que l'approche de classe de ces questions donne une impulsion aux luttes.

 

La question de la libération nationale du colonialisme yankee a donné, et continue à donner, une forte impulsion à de nombreux mouvements communistes et progressistes d'Amérique latine, pour vous, il s'agit d'une question stratégique ?

 

Il s'agit de ce que nous expliquions sur notre nouveau Programme. Un article de Stefanos Loukas du KKE sur l'interdépendance a éclaire ce débat. Cette question est traitée dans le manifeste du Parti communiste, dans le Capital, dans le Développement du capitalisme en Russie et dans les cahiers sur l'Impérialisme, dans divers textes de Marx, Engels et Lénine.

 

Nous luttons contre l'impérialisme, et les monopoles nord-américains en font partie mais il ne sont pas les seuls. La présence des monopoles européens en Amérique latine et au Mexique même est de plus en plus importante, et cela vaut aussi pour les chinois sans oublier les mexicains : CEMEX qui avait auparavant une présence au Vénézuela et qui a participé à la déstabilisation du processus bolivarien ; ou Slim qui dans la téléphonie exploite la classe ouvrière en Amérique centrale, au Brésil mais aussi des nord-américains ; ou le Groupe industriel minier Mexico qui exploite des péruviens, des états-uniens ; car on entend des analyses selon lesquelles pour affronter l'impérialisme nord-américain, d'autres monopoles doivent prendre sa place sur les marchés, et voilà comment sont arrivées une armée d'ONG financées par l'Union européenne pour nous vanter les mérites de l'UE. Nous sommes anti-impérialistes, peu importe la nationalité qui contrôle le monopole.

 

C'est sûr, les États-Unis ont des bases militaires dans toute l'Amérique, des accords de libre-échange comme le TLCAN ; ils sont la force dominante dans les échanges commerciaux, son histoire et ses agissements dans le monde actuel prouvent son expansionnisme agressif : N'oublions pas qu'en 1847-1848, dans une guerre injuste, ils ont arraché au Mexique la moitié de son territoire, n'oublions pas son soutien aux coups d’État et aux dictatures, la guerre criminelle en Irak, Afghanistan, Libye, les conspirations contre le Honduras.

 

Mais être anti-nord-américains serait une erreur ; l'anti-impérialisme profond est le socialisme, l'expropriation des monopoles.

 

La souveraineté, l'auto-détermination sont inconcevables sans la rupture avec les rapports capitalistes, il n'y a pas de position intermédiaire.

 

De quelle façon le Parti communiste du Mexique pense assurer à son peuple un avenir meilleur, libre, participatif et solidaire avec les communautés indigènes, dans le cadre d'une organisation socialiste ?

 

Oui, ce sera seulement de cette façon. La bourgeoisie a affiché son opposition aux Accords de San Andrés Larrainzar ; elle a serré les rangs via ses partis : PRI, PAN, PRD, PT, PVEM, etc. En ce moment, ils organisent des groupes para-militaires contre les zapatistes au Chiapas et contre d'autres communautés indigènes à Oaxaca, Guerrero, Michoacan.

 

La socialisation de la terre et sa restitution aux paysans indigènes ; le respect de leur langue, de leurs coutumes, de leur histoire. Les peuples indiens se sont soulevés en occupant un territoire que personne ne peut leur enlever.

 

Comment le Parti communiste du Mexique considère le processus d'intégration latino-américaine et caribéenne (ALBA) et la création du SUCRE ? Est-ce que le projet de l'ALBA peut-être une façon définitive de sortir de la colonisation nord-américaine (ALCA) et finalement de tenter de réaliser les projets de nombreux révolutionnaires latino-américains ?

 

 

Cependant, il s'agit d'un accord dans lequel prédominent encore les rapports capitalistes. Il a suscité beaucoup d'espoirs, mais on parle de moins en moins de l'ALBA. Mais quelles différences par rapport, disons, au Mercosur ? Pas seulement dans le discours mais objectivement.

 

Nous soutenons le processus bolivarien du Vénézuela, l’Équateur et la Bolivie et nous ne sommes pas a-critiques. Ce qui s'est passé vis-à-vis du journaliste Joaquin Pérez Becerra nous a choqué, le fait de le livrer entre les griffes du gouvernement criminel de la Colombie, et encore d'autres événements.

 

Soutenir ces processus, son cours anti-impérialiste ne doit pas nous conduire à perdre notre objectivité sur la réalité, si nous ne voulons pas nous mentir à nous-mêmes. Nous le disons clairement, le socialisme du XXIème siècle est quelque chose de fumeux et nous ne soutenons pas cette conception. Nous soutenons en revanche le mouvement réel de la lutte de classes dans ces pays et la possibilité que la classe ouvrière, et son parti d'avant-garde, prenne la direction du mouvement.

 

Le projet des révolutionnaires les plus conséquents d'Amérique latine est un monde socialiste.

 

Merci camarade Pavel

 

Source: Resistenze.org

 

Notes :

 

1 – Le terme browderisme vient du nom d'Earl Browder, secrétaire-général du PC états-unien de 1932 à 1945. En 1944, il a élaboré une théorie selon laquelle communisme et capitalisme pouvaient coexister, théorie qui prit justement le nom de browderisme. En 1945, Jacques Duclos publia un article qui lança la lutte contre le browderisme. Browder fut remplacé en 1945 par Eugene Dennis et fut expulsé en 1946. La seule tentative de le faire revenir au CPUSA eut lien après le XXème Congrès du PCUS, lorsque Browder était alors très proche des milieux trotskistes.

 

2. En 1999, à Mexico, les étudiants de l'UNAM (Université nationale autonome de Mexico), coordonnés dans le Conseil général de grève (CGH) entament une longue lutte pour la défense de la gratuité de l'éducation.

Jeudi 5 avril 2012 4 05 /04 /Avr /2012 06:34
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0125evo articleLe président bolivien Evo Morales se revendique du communisme et remet en cause l'exclusion de Cuba de l'Organisation des Etats Américains (OEA)



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le président Evo Morales a remis en cause ce lundi à Vienne, l'exclusion de Cuba de la Chambre des Amériques de la part des États-Unis et du Canada, pour la simple raison qu'il s'agit d'un pays socialiste marxiste-léniniste, il a objecté qu'il partageait cette tendance politique et a alors demandé à ce qu'on l'expulse de l'Organisation des États américains (OEA).



En conférence de presse, face aux médias internationaux, le chef de l’État a suggéré de démocratiser les Nations unies, accusant cet organisme de permettre les « coups d’État » dans des pays d'Amérique latine avec l'aval des États-Unis.



« Aujourd’hui, il y a beaucoup de présidents de tendance communiste marxiste-léniniste, j'en fais partie et je demande qu'on m'expulse de l'OEA, puisque c'est sous ce prétexte qu'ils ont expulsé auparavant l'OEA (…) c'est regrettable que tous les pays d'Amérique latine soient soumis à une position aussi autoritaire des États-Unis et du Canada, refusant catégoriquement la participation de Cuba », soutient Morales.



« Les pays anti-impérialistes d'Amérique latine, nous sommes accusés d'être des terroristes, autoritaires, des narco-traficants, et l'histoire se répète (…) je reste convaincu qu'il n'y a pas de conseil de sécurité aux Nations unies, je crois qu'il s'agit d'un conseil d'insécurité, voilà pourquoi il faut commencer à démocratiser les Nations unies, j'ai de profondes divergences pour ce qui est de son fonctionnement actuel », exprime-t-il.



Le président soutient que la Bolivie a le droit de maintenir des relations diplomatiques avec le monde entier, il a rappelé que lorsqu'il est arrivé à la présidence en 2006, l'Ambassade des États-Unis lui a demandé qu'il n'ait aucune relation bi-latérale avec Cuba, le Vénézuela et l'Iran, c'est pourquoi il a expulsé deux ans plus tard l'ambassadeur états-unien, Philip Goldberg, qu'il a accusé d'ingérence et d'immixtion dans les politiques intérieures du pays.



La VIème Chambre des Amériques se tiendra à Carthagène, en Colombie, les 14 et 15 avril 2012, avec présence de 34 chefs d’État.



Les Chambres des Amériques réunissent tous les trois les chefs d’État et de gouvernement des pays membres de l'OEA, pour débattre sur divers aspects politiques, affirmant des valeurs communes et s'engageant sur des actions communes à l'échelle nationale et régionale, afin de faire face aux défis présents et futurs, c'est le discours officiel du Secrétariat de la Chambre.



Le thème central de l'initiative de cette année est « Connecter les Amériques : partenaires pour la prospérité », qui se concentre sur le rôle de l'intégration et de la coopération régionale comme moyen de parvenir à de meilleurs niveaux de développement et combattre la pauvreté, les inégalités, garantir la sécurité des citoyens et l'accès aux technologies.

 

Source: Prensa latina

Samedi 17 mars 2012 6 17 /03 /Mars /2012 08:31
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