belgique-21-fevr.jpeg40 000 manifestants dans les rues de Bruxelles contre le gel des salaires

Les ouvriers d'Arcelor et Ford en tête de cortège poussent pour la grève générale

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Plus de 40 000 travailleurs ont manifesté jeudi dans les rues de Bruxelles, avec en tête de cortège les ouvriers d'Arcelor et de Ford-Genk, pour protester contre les licenciements, le gel des salaires et les projets de contre-réformes du marché du travail.



Les syndicats attendaient 15 à 20 000 manifestants. Sans appel à la grève, la manifestation de jeudi est révélatrice du potentiel inédit de lutte en Belgique, qu'avait déjà illustré la grève générale de janvier 2012, la plus importante depuis vingt ans.



Les métallurgistes menacés par les plans sociaux avaient pris la tête du cortège : sidérurgistes d'Arcelor du pays Liégeois, métallos de Ford-Genk pour défendre l'emploi en Belgique, refuser le chantage patronal au nom de la compétivité



Les enseignants, cheminots, salariés de la STIB (transports urbains bruxellois) avaient également grossi les rangs du cortège bruxellois.



Cible numéro un des manifestants : l'Arrêté royal prévoyant le gel des salaires pour les deux prochaines années ainsi que la proposition corollaire de désindexation des salaires sur l'inflation.



Des mesures qui constituent un ballon d'essai pour le gouvernement d'union nationale menée par le Parti socialiste.



La prochaine étape sera la contre-réforme du marché du travail, avec facilitation des licenciements et encouragement heures supplémentaires au nom de la compétitivité, ainsi que la remise en cause du statut de fonctionnaire.



A quand la grève générale ? Des appels locaux massivement suivis dans les transports et l'industrie lourde...



La mobilisation est d'autant plus exceptionnelle que les principaux syndicats réformistes, membres de la CES, en premier lieu le socialiste FGTB et le démocrate-chrétien CSC avaient pris soin de ne pas lancer d'appel national à la grève.



Toutefois, cela n'a pas empêché les bases syndicales les plus combatives de lancer des appels sectoriels. Le métro bruxellois a fonctionné au ralenti, tandis que le tramway et les bus ont également été perturbés.



Dans l'industrie, des appels locaux à la grève ont été massivement suivis : ce fut le cas de la Fabrique nationale en région liégeoise, ou dans l'aéronautique avec la SONACA à Charleroi et Techspace aero à Liège.



Un mouvement social qui a remporté une adhésion massive également dans l'automobile et dans l'industrie mécanique : les usines de Mecamold-Bridgestone à Herstal, Bosch à Tirlemont (Flandres) ou Ensival-Moret en région liégeoise ont toutes connu un arrêt total du travail, Audi-Bruxelles un arrêt partiel.



mais des directions syndicales qui freinent au nom de la « concertation sociale »



Le succès de la mobilisation, les taux d'adhésion élevés dans les bastions de l'industrie sidérurgie et des transports posent la question de la convocation d'une grève générale. Le discours de Claude Rolin, secrétaire de la CSC, ouvre une autre perspective, celle du dialogue social :



« Combien de Ford Genk, combien d'Arcelor Mittal, de restructurations et fermetures, de chômeurs, de travaileurs pauvres leur faudra-t-il [au gouvernement, au patronat] pour comprendre l'absolue nécessité d'une autre politique », s'indigne le dirigeant syndical.



« L'austérité ne marche pas, elle est injuste et contre-productive », ajoute-t-il avant de lancer une main tendue au patronat :« faites votre job et de notre côté nous ferons le nôtre en utilisant, avec intelligence et fermeté les voies de la concertation sociale ».



« Cette concertation peut être productive à condition de lui laisser un réel espace, de la respecter, à condition de pouvoir conclure des accords gagnant-gagnant ».



Pour les dirigeants de la FGTB et de la CSC, il s'agit avant tout de canaliser la colère immense des travailleurs belges vers, non pas le retrait des projets de loi gouvernementaux mais bien leur amendement pour aboutir au moindre mal.



Ce n'est pas la position des marxistes du Parti du travail de Belgique (PTB) qui réclame tout d'abord « le retrait du projet d'arrêté royal qui bloque les salaires pour les deux ans à venir », et propose une politique alternative qui ferait payer les riches, avec en particulier une taxe sur les millionnaires, selon la déclaration après la grève de Raoul Houdebouw, porte-parole du PTB.



Selon Joris van Gorp, dirigeant local du PTB d'Anvers : « le mouvement de lutte doit se poursuivre au-delà du 21 février et déboucher sur un grève générale ».



(Sources : presse quotidienne belge et française ; Solidaire, journal du PTB)

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