Soda-Stream-Picket-10.11.12---J-Big-Banner.JPGJ-Big – ces Juifs qui soutiennent le boycott d'Israel

 

Article du Morning Star, quotidien communiste britannique

 

 

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Les deux se sont rencontrées à travers Juifs pour la justice pour les palestiniens (JfJfP en anglais), fondé en février 2002 en réponse à la seconde intifada.

 

Fink a rejoint le mouvement en juillet de l'année dernière. Venant d'un milieu conservateur, pro-israélien, elle a été rassuré de pouvoir rencontrer des congénères juifs qui étaient opposés à la politique israélienne en Palestine.

 

Elle perçoit la JfJfP comme une organisation importante.

 

On montre qu'« Israël ne représente pas tous les Juifs »

 

« Elle montre au monde qu’Israël ne représente pas tous les Juifs, qu'ils ne peuvent pas compter sur le soutien de tous les Juifs », dit-elle. « Et dans une certaine mesure, elle protège les critiques non-juifs de la politique israélienne des accusations fallacieuses d'anti-sémitisme ».

 

L'anti-sémitisme est souvent l'accusation lancée à ceux qui osent critiquer Israël, dans le but de les intimider pour mieux les réduire au silence.

 

Fink sentait qu'il fallait être une voix spécifiquement juive pour soutenir la campagne de boycott des biens israéliens, elle a donc fondé avec Wimborne-Idrissi J-Big en 2006.

 

Boycotter les biens israéliens, c'est « kascher » !

 

Elles ont choisi le slogan pince-sans-rire : « il est kascher de boycotter les biens israéliens », soulignant le fait que de nombreux Juifs sont impliqués dans la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), donc qu'il est « kascher » d'y participer.

 

Wimborne-Idrissi vient d'une famille juive de gauche. Son père vendait le prédécesseur du Morning Star, le Daily Worker, donc la solidarité avec les peuples opprimés est quelque chose avec lequel elle a grandi.

 

Elle a découvert JfJfP dans la campagne contre la guerre en Irak, en 2003. Un intervenant lors d'une manifestation « Stop the war » parlait, en tant que Juif, pour les droits des Palestiniens. Wimborne-Idrissi s'est engagée sur-le-champ.

 

Elle a senti que JfJfP, tout en faisant du bon travail dans la communauté juive, n'était pas allé aussi loin qu'elle et d'autres le souhaitaient dans la campagne de boycott. Il fallait aller un peu plus loin.

 

La Campagne de Solidarité avec la Palestine avait monté une campagne pour le boycott des biens israéliens et se montrait intéressé à se voir soutenu par une voix spécifiquement juive.

 

Wimborne-Idrissi et Fink ont rassemblé des personnes partageant leurs convictions et ont créé J-Big. Une déclaration fondatrice était publiée, une banderole avec le slogan « kascher » était produite et J-Big commençait à construire la mobilisation de solidarité.

 

Résister aux accusations fielleuses des extrémistes sionistes

 

Wimborne-Idrissi dit qu'il n'a pas fallu attendre longtemps avant que ne se déchaîne un déluge d'accusations fielleuses.

 

Elles se voyaient stigmatisées comme des « Juifs qui ne s'assumaient pas » (self-hating Jews) et des « traîtres à l’État juif d’Israël ».

 

« Nous n'avions pas d'illusions sur le fait que la campagne puisse faire s'effondrer l'économie israélienne », dit-elle.

 

« Boycotter les avocats et les poivrons qui ont poussé dans les territoires palestiniens occupés, et qui sont vendus ensuite comme israéliens, cela n'allait pas mettre l'économie du pays à genoux, mais pointer l’immoralité sur comment et où ces biens sont produits, c'est un message important à faire passer ».

 

Une participation active au boycott culturel d’Israël

 

J-Big s'est de plus en plus intéressée au boycott d'Israel à un niveau institutionnel – par exemple, en boycottant certains événements culturels tels que les musiciens israéliens venant en Grande-Bretagne sous la bannière israélienne pour se produire ici pendant que des artistes palestiniens subissent l'occupation.

 

Ici, la formation musicale de Fink – elle est diplômée de musique et soprano expérimentée – a fait irruption sur le devant de scène.

 

En travaillant avec d'autres dans le mouvement BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions), Fink a commencé par interrompre le Quartet de Jérusalem au Wigmore Hall en 2010, chantant une parodie de Jerusalem, Holy city.

 

J-Big était aussi impliquée quand la campagne a touché une cible d'un niveau encore supérieur, encourageant le maximum de personnes possible à se joindre aux manifestations quand l'Orchestre philharmonique d’Israël a joué au Royal Albert Hall en 2011.

 

Il y eut de nombreuses perturbations lors de la prestation de l'orchestre, la première impliqua 13 militants dans un chœur dirigé par Fink.

 

Sue Blackwell, membre éminent du Comité britannique pour les Universités de Palestine qui a écrit les paroles de la parodie de Wigmore, écrivit une nouvelle version de l'Hymne à la joie transformé en Hymne au boycott, incluant les paroles « Israel, cesse ton occupation, la Palestine doit désormais être libre, le nettoyage ethnique et l'apartheid doivent être de l'histoire ancienne ! ».

 

Manifestants, qui venaient de loin – d'Edinbourg ou de Brighton – étaient placés de façon stratégique autour de l'auditorium et leurs interventions étaient parfaitement calibrées.

 

Lors d'un intermède musical, les manifestants dans les sièges vides du choeur se sont levés et ont brandi des pancartes qui, toutes mises ensemble, formaient le mot d'ordre : « Free Palestine ».

 

Les manifestants furent finalement escortés hors de la salle de concert, mais l'action a fait le tour du monde.

 

Fink explique que l'action controversée visait à pointer du doigt la façon dont l'orchestre agissait comme un ambassadeur culturel, faisant apparaître Israël comme un pays civilisé.

 

« En tant que musicien, j'ai trouvé cela difficile d'interrompre une si belle musique », dit-elle. « Mais les droits humains fondamentaux sont plus importants ».

 

« Il ne s'agit pas seulement d'influencer le public du concert, mais d'influencer l'opinion monndiale. Vous ne pouvez pas faire cela en distribuant quelques tracts ».

 

Wimborne-Idrissi ajoute que les manifestations étaient prévues pour perturber le moins possible la beauté de la musique.

 

Le concerto de violon de Bruch faisait ainsi partie du programme. Donc, le « Free Palestine ! » devait être crié quand le chef d'orchestre levait sa baguette au début de la pièce, mais pas une fois que le violon avait commencé à jouer.

 

Les perturbations étaient orchestrées de façon à s'harmoniser avec la performance, la transformant en une arme pour les Palestiniens.

 

Le concert ne fut pas annulé. C'est la BBC qui a interrompu le programme – chose qui n'était jamais arrivée auparavant dans l'histoire des représentations de concerts. Ce fut une opération encore plus réussie que l'action précédente à Wigmore Hall.

 

J'ai suggéré que ce que cette bande d'une trentaine de personnes avait fait cette nuit à Albert Hall ne visait pas tant à déranger Beethoven, qui était joué, qu'à être fidèle à son esprit. Fink et Wimborne-Idrissi étaient d'accord : « Beethoven était un révolutionnaire ».

 

Une pierre au mouvement mondial contre le boycott

 

Wimborne-Idrissi souligne que le mouvement mondial pour le boycott, commencé par les Palestiniens eux-mêmes, ne vise pas des Israéliens en tant qu'individus – et certainement pas des Juifs en tant que Juifs.

 

Il cible des institutions et vise à l'égalité pour les Palestiniens vivant en Israel, la liberté pour les Palestiniens vivant en territoires occupés et la justice pour les réfugiés palestiniens, y compris le droit au retour pour tous ceux contraints de fuir leurs maisons depuis la Nakba (« catastrophe ») de 1948.

 

 

Ensemble, ces mouvements espèrent gagner leur bataille pour la justice pour les Palestiniens – quelque chose que l'ONU n'a visiblement pas pu conquérir.

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