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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 06:51

_79136853_hi024791248.jpgDe Cambridge à Londres, 10 000 étudiants dans la rue pour exiger une université 100 % gratuite. Stop aux 10 000 € par an !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La révolte est partie de l'université d'élite de Cambridge la semaine dernière, elle a été relayée ce mercredi par une manifestations dans les rues de Londres à laquelle ont participé une dizaine de milliers d'étudiants. Leur combat : une éducation gratuite, publique, pour tous.

 

« Free education – no fees, no cuts, no debt » : soit « une éducation publique – pas de frais, pas de coupes, pas de dette », c'est sous ce mot d'ordre que plus de 10 000 étudiants ont manifesté à Londres ce mercredi.

 

En dix ans, les frais qui passent de 1 000 £ à 9 000 £ par an !

 

La manifestation a été pacifique, en dépit de quelques accrochages en fin de parcours. Les slogans « Taxez les riches, une éducation gratuite » ou « des livres, pas des bombes » ont fleuri sur les banderoles, pancartes des manifestants.

 

On est encore loin des grosses manifestations de 2010, lorsque 50 à 100 000 étudiants ont pu défiler à Londres, encercler Westminster. A l'époque, l'enjeu était majeur : empêcher le passage du plafond des frais de scolarité de 3 000 £ par an (4 000 €) à 9 000 £ (10 500 €), un triplement des frais.

 

La droite conservatrice a fait passer son projet, avec le soutien des libéraux-démocrates qui s'étaient fait passer pour le parti de la jeunesse aux élections de 2010.

 

Depuis, le gouvernement a baissé le budget des universités de 40 %, contraignant les universités à adopter toutes le plafond pour les frais. Au moment où le gouvernement supprimait 25 % du montant global des bourses, passant de 358 à 275 milliards de £ entre 2011 et 2015.

 

Il faut rappeler que c'est la gauche travailliste menée par le libéral Tony Blair, en 1998, qui a autorisé la levée de frais de scolarité, supposés modiques et stables. On est passé de 1 000 £ en 1998 (1 500 €), à 3 000 £ en 2006 puis 9 000 £ en 2010 !

 

« Un système qui ne peut pas durer »

 

Aujourd'hui, tout le monde a conscience que ce système ne fonctionne pas. Un étudiant anglais sort en moyenne avec une dette de 50 000 €, qu'il rembourserait intégralement après l'âge de 50 ans, selon les dernières études.

 

Un rapport, tout juste publié par la Haute commission à l'éducation (HEC, en anglais) dénonce un système en échec : « les frais de 9 000 £ par an représentent le pire des deux mondes, pour les étudiants comme pour les contribuables ».

 

« Les étudiants ont l'impression de payer beaucoup plus pour leur éducation supérieure, mais s'attendent à ce qu'une bonne partie de leur dette soit réglée par le gouvernement », peut-on lire dans le rapport parlementaire publié la veille de la manifestation.

 

« Nous avons créé un système où tout le monde a l'impression de se faire avoir. Ce n'est pas durable ».

 

La dette étudiante s’élèverait actuellement à 46 milliards de £ (55 milliards d'€). Ce qui fait tout de même 2 % du PIB du pays, l'équivalent de 5 % de la dette publique nationale.

 

Elle pourrait approcher les 200 milliards de £ (250 milliards de £) en 2040, soit un sixième de la dette totale.

 

En cas de non-remboursement par les étudiants, l'Etat serait garant, faisant payer la collectivité. On estime en 2013 que près de 5 milliards de £ (7 milliards d'euros) sont déjà à risque, pour 370 000 étudiants, forçant l'Etat à régler la somme. La dette étudiante devient un problème national.

 

Occupy Cambridge ? Une université d'élite en révolte !



10683398_898548413503273_1960010974288652482_o.jpgLa révolte est venue d'où on ne l'attendait pas. Cambridge, une des universités les plus prestigieuses au monde, est aussi une des plus élitistes. Dans un pays où seulement 7 % de la population fait ses études secondaires dans le privé, c'est le cas de 37 % des étudiants de Cambridge.

 

The Guardian avait réalisé une enquête en 2010. Si on compte 37 % d'ouvriers dans la population active britannique, 32 % d'enfants d'ouvriers parmi les étudiants, ces chiffres atteignent des minimums dans quelques universités.

 

Sur 131 universités, la plus élitiste reste Oxford avec 11,2 % de fils d'ouvriers, suivi par Cambridge et 12,6 % d'enfants d'ouvriers. Dans le « Big five » des universités élitistes, on trouve Bristol, Bath et la LSE (London school of economics).

 

Le paradoxe, c'est qu'il est désormais aussi cher d'étudier à Cambridge qu'à Northampton : 9 000 £ par an. La différence se fait dans la sélection à l'entrée, largement déterminée par votre classe sociale, votre établissement d'origine, surtout si vous aviez les moins de payer le secteur privé.

 

Pourtant, la rébellion est partie de Cambridge mercredi dernier. Les étudiants ont défié les forces de l'ordre pour occuper la grande pelouse située devant le siège de l'administration de la vénérable institution.

 

Ils y ont organisé une journée « Free Cambridge », « Free the Education », sortant tables et estrades, avec des conférences en plein air, gratuites, accessibles à tous les étudiants, organisées même par certains professeurs d'universités.

 

Les mots d'ordres des manifestants étaient simples. Que l'on « taxe plus les riches » pour payer une « éducation gratuite pour tous ». Le porte-parole du mouvement « Defend Education » à Cambridge, a dénoncé le fait que l' « éducation devenait un privilège, et plus un droit ».

 

Les autorités ont craint un mouvement de l'ampleur de celui de 2010, lorsque les étudiants de Cambridge ont occupé l'université pendant 11 jours consécutifs. Surtout que Cambridge a la réputation de punir sévèrement les activistes. En 2012, elle avait suspendu un étudiant qui avait empêché le Ministre de l'Education supérieure de l'époque de s'exprimer.

 

Le mouvement étudiant se mobilise en Grande-Bretagne. Ce mercredi, si il n'a pas bénéficié du soutien franc du syndicat étudiant NUS – en dépit du soutien de sa branche écossaise –, la présence d'une dizaine de milliers rese plus qu' encourageante pour la suite du mouvement.

 

En France, il est temps de défendre notre éducation gratuite, publique, universelle avant qu'il ne soit trop tard. La Grande-Bretagne est le miroir peu réjouissant de ce que pourrait devenir l'université de demain.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Royaume-Uni
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commentaires

stefano 23/06/2015 05:57

Vive l'education republicaine,gratuite et universel!!!!!!vive l'education socialiste dans la Republique socialiste!!!!