dexia3x2_FR_4.jpgDexia, banque renflouée par l’Etat français, continue à collaborer à la colonisation de la Palestine

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le scandale Dexia continue. Renflouée par les Etats français et belges l’an dernier, la banque continue à financer la colonisation israélienne de la Palestine, au mépris du droit international et des droits les plus élémentaires du peuple palestinien.


Le rapport présenté par Richard Falk, rapporteur spécial de l’ONU sur « la situation des droits de l’Homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 », le 29 octobre dernier devant l’Assemblée générale de l’ONU épingle les pratiques de Dexia en Palestine.


Selon Falk, « Dexia Israël » ne respecte pas les droits de l’Homme, bafoue les résolutions de l’ONU sur la libération des territoires occupés. Il brandit la menace de sanctions, voire d’une poursuite de la Cour Pénale Internationale en cas de collaboration à des crimes de guerre.


Dexia, faillite d’une privatisation et renflouement massif


Revenons en arrière, qu’est-ce que Dexia et qui la contrôle ? Née en 1996 de la fusion du Crédit communal de Belgique et du Crédit local de France (CLF), ce dernier issu de la privatisation en 1987 de la Caisse d’aide à l’équipement des collectivités.


Qu’est-ce qui a fait sa fortune ? La spéculation pure. Emprunter à bas taux pour proposer des prêts au prix fort, dans des montages financiers complexes, dépendant de la conjoncture.


Plus de 5 000 communes françaises ont contracté pour 25 milliards d’euros de prêts auprès de Dexia … dont 6 milliards d’actifs « toxiques », et se retrouvent désormais avec un endettement exponentiel.


Dans le même temps, la folie des grandeurs conduit Dexia à racheter ses homologues-concurrents à travers le monde : Italie, Canada, Turquie, Japon et bien sûr Israël, et à se constituer en empire financier international.


Sauf qu’en 2008, ce gigantesque appareil spéculatif s’écroule et ce sont les Etats belges et français qui sont appelés à la rescousse, conduisant à une « quasi-nationalisation ».

 

L’Etat belge contrôle désormais 51% du capital, l’Etat français (via la Banque sociale et la Caisse des dépôt et consignations) 44 %.


Les deux Etats ont renfloué Dexia à hauteur de 6 milliards en 2008 puis à nouveau en 2013 à hauteur de 5,5 milliards dont 2,6 milliards injectés par l’Etat français. Socialisation des pertes, privatisation des profits.


Selon la Cour des comptes, le renflouement de Dexia a donc coûté 6,6 milliards d’euros net à l’Etat (l’équivalent de la hausse de la TVA prévue pour 2014 !). Cela n’empêchera pas Dexia de réaliser un résultat net de 2 milliards d’euros en 2014.


Dexia Israel : la collaboration directe à une dizaine de projets de colonisation


Et sur la question palestinienne ?Dans sa stratégie de constitution d’un empire financier mondial, Dexia SA rachète en 2001 Otzar Hashilton Hamekomi, banque israélienne spécialisée dans les prêts aux collectivités locales. Elle devient « Dexia Israël ».


« Dexia Israël » signe en 2005 un contrat avec l’Etat israélien pour financer les projets de 67 municipalités et colonies, en proie à des difficultés financières.


Un financement de la colonisation israélienne en Palestine nié en Europe … mais reconnu par ses dirigeants devant la Knesset (parlement israélien) en 2007, lorsque le groupe est accusé par une colonie (Emmanuel) de refuser de la financer pour des raisons politiques.


David Kappah, PDG de Dexia Israel riposte alors : « une banque peut choisir ses clients, la solvabilité est l’élément déterminant ».


Des colonies solvables puisque M.Kappah défend ses investissements illégaux : « pour les municipalités situées au-delà de la ligne verte, nous avons octroyé une aide financière ces deux dernières années et demi à Alfei Menasheh, Elkana, Beit El, Ariel, Conseil régional de la Vallée du Jourdain (11 colonies), Giv’at Ze’ev, Har Hevron, Kedumim, Beit Aryeh (…) ».


Le PDG de Dexia Israel de conclure face à l’évocation de ces colonies israéliennes en Cisjordanie occupée : « Oui, c’est nous qui les soutenons financièrement et c’est encore vers nous que l’on vient pour recevoir du crédit ».


En 2010, le PDG de Dexia SA Jean-Luc Dehaene avait certifié que plus aucun accord de financement des colonies israéliennes n’était signé par la banque.


Or, les derniers éléments apportés par l’association « Dexia out of Israel » et la plate-forme « Palestine occupée – Dexia impliquée » révèlent le contraire : Dexia continue à financer la colonisation.


S’appuyant sur les données de la dernière AG du groupe, on apprend premièrement que Dexia a signé un protocole avec la colonie de Kedumim en novembre 2012 pour se porter garant d’un projet auprès du ministre israélien de la Défense.


Deuxièmement, qu’une autre proposition a été faite ave Ariel, plus grande colonie en Cisjordanie occupée, afin de lui accorder un prêt de 500 000 €.


Troisièmement, Dexia Israel a réalisé un audit financier auprès des colonies d’Elkana et Karnai Shomron. L’enquête de solvabilité d’un établissement public est un préalable à l’octroi de nouveaux prêts.


Quatrièmement, Dexia Israel a offert à Ariel et Kedumim la possibilité d’ouvrir de nouveaux comptes auprès de sa banque pour recevoir l’argent public de l’Etat sioniste. Pour Ariel, il s’agit de 1,8 millions d’euros.


Construire la mobilisation contre l’implication des entreprises françaises dans les projets de colonisation !


Les militants belges pour la cause palestinienne d’Intal pointe les responsabilités de l’Etat belge dans le fonctionnement de la banque coloniale. Nous, militants français, devons pointer les responsabilités de l’Etat français, actionnaire à 44% du groupe.


C'est le travail que font le militants de l’Association France-Palestine Solidarité (AFPS), notamment de l’AFPS 59/62. L’Etat français, avec l’aval de la Commission européenne, a renfloué la banque coloniale, en fermant les yeux sur ses activités en territoire occupé.


Cela pose la question de la responsabilité de l’Etat français dans les investissements de multi-nationales françaises en Palestine. Outre Dexia, Veolia, Alstom, Bouygues ou Orange sont impliqués dans les projets de colonisation.


Au moment même où l’Etat sioniste relance les projets de colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, deux semaines avant la visite de François Hollande en Israël, il est temps de faire monter la pression contre la collaboration de ces entreprises.


 

La lutte contre la colonisation en Palestine se construit d’abord par la mobilisation en France, pour le boycott, le retrait des investissements et des sanctions contre les entreprises françaises impliquées dans la colonisation !

 

Voir le dernier communiqué de l'AFPS 59/62 : http://www.france-palestine.org/Dexia-en-ligne-de-mire-a-l-ONU

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