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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 07:02

EU-Monopoly-MF.jpgLes pan-européens



Article de Mauricio Miguel, membre du secrétariat de la délégation du Parti communiste portugais (PCP) au Parlement européen pour Avante, organe du PCP



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les contradictions entre les principales puissances de l'UE s'aiguisent. Le bras de fer s'accentue. Dans cette phase d'approfondissement de la crise dans et de l'UE, le processus de collaboration et de rivalité entre elles s'élèvent à un niveau supérieur. Les toutes dernières évolutions dans la zone euro, le plan de « renforcement » de l'Union économique et monétaire (UEM) et le débat sur le cadre financier pour 2014-2020 traduisent cette situation. La Grande-Bretagne menace de réaliser un référendum sur les conditions de son maintien dans l'UE, ou même de sa sortie. En même temps son premier ministre, David Cameron, affirme que « quitter l'UE n'est pas dans l'intérêt de la Grande-Bretagne » puisque, la Grande-Bretagne en tant que pays commercial (plus de 50% de son commerce se fait avec l'UE) aurait tout intérêt à garder accès au marché interne de l'UE. L'Allemagne est venue calmer les esprits échauffés. Après les « menaces » britanniques de sortie de l'UE, l'Allemagne a déclaré que la « Grande-Bretagne est un important partenaire de l'UE ». Les États-Unis jugent qu'il faut « une Grande-Bretagne avec une voix forte dans l'UE » pour continuer à être leur porte d'entrée dans l'UE.



La matérialisation de ce « renforcement » de l'UEM, sous la forme qui vient d'être annoncée, pourrait placer la City de Londres face à la menace de perdre ses conditions d'accès et de domination sur le marché intérieur des services financiers (spéculation) de l'UE qu'elle possède actuellement. Dominée par trois ou quatre grandes banques d'investissement américains, la City de Londres est utilisée comme portée d'entrée du grand capital américain dans l'UE. Certaines des plus grandes entreprises qui opèrent à la City attirèrent l'attention sur les coûts de sortie de l'UE et d'une porte refermée sur son marché intérieur, de la fuite des capitaux et des investissements. Malgré ses contradictions, le grand capital navigue toujours à vue et les coûts d'une sortie de la Grande-Bretagne de l'UE semblent rendre cette option impossible dans l'immédiat. Il existe un bras de fer réel entre la Grande-Bretagne et les puissances de la zone euro, mais il ne pourra pas se résoudre ainsi.



Bien qu'elle ait annoncée qu'elle n'entrerait pas dans l'union bancaire (transfert du contrôle des banques des autorités nationales vers la Banque centrale européenne), la Grande-Bretagne voit grandir la menace pesant sur son hégémonie dans le secteur par un processus de concentration et de centralisation du capital qui est l'objectif de l'union bancaire dans la zone euro – dont la Grande-Bretagne ne fait pas partie.



Le grand capital parle par l’intermédiaire de Cameron, Merkel, Hollande et compagnie. L'union bancaire, avec un rôle central pour la Banque centrale européenne (BCE), est un outil important pour l'Allemagne et pour le grand capital de la zone euro et hors de celle-ci. Il faut observer les déclarations du président de la Deutsche Bank, Jurgen Fitschen, qui a défendu la création de « banques pan-européennes » pour rivaliser avec les puissances émergentes comme la Chine, l'Inde, le Brésil et la Russie, à travers la réduction du coût du travail (bien sûr!), poussant vers la concentration en de grands groupes bancaires.



Dans un autre secteur, les grandes entreprises de télécommunications de l'UE (Deutsche Telekom, France Télécom, Telecom Italia, Telefonica) défendent la création d'un « réseau d'infrastructures pan-européen et l'union des marchés nationaux »dans ce secteur, défendant l'idée qu'une telle perspective doterait le marché européen d'une dimension équivalente à celle des États-Unis et de la Chine. Dans un autre secteur, la Commission européenne a annoncé qu'elle voulait « en finir avec les monopoles du secteur ferroviaire » (il faut entendre transport public ferroviaire) et qu'elle présenterait une proposition pour libéraliser un secteur de 60 milliards d'euros d'ici 2019. Pour pouvoir être compétitif dans l'UE et à l'échelle internationale, les monopoles ont besoin d'être toujours plus gros. Créer une poignée de grands monopoles, cela pourrait impliquer en faire disparaître certains autres. Voilà une des contradictions entre les grandes puissances de l'UE.



De l'ambition à la réalité, il existe une voie qui peut être assez longue, laborieuse ou même insurmontable. Pour les travailleurs et les peuples, la question centrale derrière ces processus, c'est l'augmentation de l'exploitation et le recul dans leurs droits, avec licenciements, diminution des salaires, des droits des travailleurs, droits sociaux et en termes de pouvoir d'achat. Pour que de tels processus deviennent réalité, le grand capital doit procéder à une énorme destruction des forces productives et approfondir un processus politique de casse des droits démocratiques et de réduction de la souveraineté des États. Il ne s'agit pas de processus simples où les travailleurs et les peuples dresseraient le tapis rouge au grand capital. Au contraire, ce sont des processus complexes sur le plan économique, politique et social, puisque ces forces vont devoir faire face à la lutte des travailleurs et des peuples.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Non à l'UE du Capital
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