Présentation

    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

Recherche

5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 05:59

studenten_mainimage_sh.jpgEn Belgique, des milliers d'étudiants dans la rue contre les coupes budgétaires et la hausse de 30 % des frais d'inscription

 

Article pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/ *

 

Il n'y a pas qu'en France que les universités publiques sont ravagées par les coupes budgétaires, les étudiants pressurés par la hausse de la coût de la vie. En Belgique, les étudiants mènent la riposte contre le plan de coupes des gouvernements régionaux.

 

Les étudiants belges continuent le combat contre la casse de leur université publique. Ce jeudi 2 octobre, ils étaient des milliers dans les rues de Bruxelles, venus surtout de la capitale, de la communauté flamande, mais grossis de délégations de solidarité francophones.

 

En Flandre et bientôt en Wallonie : - 5 % de budget pour les universités, + 30 % de frais d'inscription pour les étudiants !

 

En effet, à la rentrée 2014, c'est le gouvernement de la communauté flamande qui est à l'offensive contre les étudiants.

 

Ont été décidées des coupes budgétaires dans l'enseignement supérieur de 80 millions d'€ (- 5 %), compensées pour partie par une hausse du « minerval » (les frais d'inscription) de 600 à 950 € (+ 30 %!) ainsi que par des restructurations qui signifient la suppression de cours, fillières, masters.

 

Il faut rappeler qu'en Belgique, l'éducation est régionalisée depuis 1989. Chaque « région » – Flandres, Wallonie, Bruxelles – a charge de mener sa propre politique de l'enseignement supérieur, conduisant à des réformes différentes tant dans la communauté francophone que néerlandophone.

 

Ce n'est pas pour autant que la Fédération Wallonie-Bruxelles est inactive. Non seulement elle a prévu des coupes de 300 millions d'€ pour l'enseignement primaire et secondaire, mais elle envisage une hausse parallèle du « minerval » pour s'harmoniser avec la région flamande.

 

4 000 étudiants dans la rue contre l'austérité, derrière l' « as de pique » :

ne jouez pas avec notre avenir !

 

La manifestation de ce 2 octobre a dépassé toutes les attentes. 1 500 étudiants étaient espérés, ils étaient plus de 4 000 à l'appel de la VVS (Association étudiante flamande), avec le soutien de la FEF (Fédération étudiante francophone).

 

Les mots d'ordre étaient clairs et offensifs : « l'enseignement est un droit, pas un privilège », « Pas d'austérité sur notre avenir ».

 

10711077_10152770553603307_1136712853492851732_n.jpgL'as de pique (comme le carré rouge au Québec) est devenu le symbole du mouvement, il était sur tous les t-shirts, banderoles, bracelets comme pour dire « Ne jouez pas avec notre avenir » (speel niet met onze toekomst)

 

La ministre flamande de l'enseignement, Hilde Crevits (Cd et V/chrétien-démocrate), a réaffirmé qu'elles ne reculeraient pas. Mais les syndicats étudiants ne reculeront pas non plus.

 

Bram Roelant, le président du VVS reste ferme : « Nous sommes ici aujourd’hui pour dire : nous formons un mur. Nous formons une résistance. Nous formons une ligne. Formez cette ligne partout et continuez à répéter : pas d'austérité sur notre avenir ! »

 

Les syndicats francophones étaient là aussi pour affirmer leur solidarité, et lancer un avertissement à leur gouvernement régional : « nous voulons prévenir le gouvernement francophone que suivre son homologue néerlandophone en augmentant le minerval en Fédération Wallonie-Bruxelles n'est pas une option », a déclaré la FEF.

 

Une pétition signée par 20 000 étudiants contre la hausse des frais d'inscription

 

Cette mobilisation fait suite au succès d'une pétition lancée par les syndicats étudiants flamands contre l'augmentation du « minerval ».

 

Cette pétition « N'épargnez pas sur notre avenir, pour une éducation de qualité pour tous » (Bespaar niet op onze toekomst, voor kwaliteitsvol onderwijs voor iedereen) a déjà été signée par 20 000 étudiants, des comité d'action se sont formés dans tous les campus néerlandophones.

 

Le gouvernement de la région flamande (néerlandophone) a promis que le minerval n'excéderait pas les 1 000 € (par an), et serait proche des 950 €. Or, il est actuellement à 600 €, ce qui ferait une hausse de 30 % des frais d'inscription.

 

Le ministre de la région wallone (francophone) Jean-Claude Marcourt a, lui, déclaré que la « hausse ne serait pas importante ». Quand on sait que le « minerval » est déjà à 835 € en Wallonie, on peut s'attendre à un alignement sur les 1 000 € qui seront appliqués en 2015 en Flandres.

 

Coupes dans les universités mais des milliards pour la guerre, les entreprises !

 

10687965_10152522487063768_4713442778967345754_o.jpgLe Parti du travail de Belgique (PTB) – ainsi que son organisation de jeunesse, le COMAC – était présent à la manifestation de jeudi, y compris avec le nouveau député de Liège Raoul Houdebouw.

 

Il dénonce l'hypocrisie de l'austérité en Flandres comme en Wallonie, quand des milliards sont dépensés pour la guerre, les cadeaux aux entreprises et aux plus riches.

 

Aux centaines de millions de coupes dans l'enseignement, le PTB oppose :

 

  • l'achat par le gouvernement fédéral belge d'avions de combat américains F-35 d'une valeur de 4 milliards d'euros. La Belgique vient d'entrer en guerre en Irak et en Syrie en envoyant six bombardiers en Jordanie ;

 

  • l'octroi aux entreprises par le gouvernement régional flamand de cadeaux fiscaux s'élevant à 500 millions d'euros.

 

Le PTB, comme le COMAC, propose un plan d'investissement public ambitieux, le « plan CACTUS » destiné à crever les ballons de l'austérité, qui prévoit une hausse de 300 millions d'€ du budget de l'enseignement supérieur, accompagnant 20 milliards d'€ d'investissements permettant de baisser le prix des médicaments, d'investir dans la santé, d'augmenter les pensions.

 

Ce plan serait financé à hauteur de 8 milliards d'€ par une « taxe des millionnaires » - une taxe progressive de 1 % sur les fortunes de plus d'1 millions d'euros, 2 % sur ceux avec 2 millions d'euros, etc. - une juste imposition des entreprises à 33 % rapporterait aussi 3 milliards d'€, tout comme la lutte contre la fraude fiscale.

 

Les jeunes du COMAC disent non à une université à deux vitesses

 

Le Comac (la jeunesse du Parti du travail de Belgique) insiste aussi sur les plans tendant à faire de l'éducation supérieure en Belgique une « université de classe » au service des grandes entreprises, comme c'est le cas avec la loi LRU puis la Loi Fioraso en France.

 

Ainsi, le décret Marcourt adopté l'an dernier en Wallonie comme le projet Smet en Flandres partageait les mêmes objectifs : introduire la sélection des étudiants, regrouper les universités en « pôles académiques » publics-privés, individualiser les cursus, construire une université à deux vitesses notamment entre les « master recherche » d'excellence mais très limités et « master domaine » professionnalisants, inégaux et au service des entreprises.

 

Le tout est justifié par le gel des budgets (la politique de l' « enveloppe fermée »), donc la nécessité d'un regroupement des facs qui débouche sur une suppression de fillières, masters, cours, et la nécessité de sélectionner les meilleurs étudiants puisque le financement des facultés se fait désormais en Flandres à l' « output », c'est-à-dire en fonction des résultats des étudiants.

 

Les gouvernements belges (fédéral et régionaux) prétendent que la hausse des frais d'inscription sera contre-balancée par un élargissement des bourses.

 

Or, comme le souligne le COMAC, celles-ci ne seront pas revalorisées, et elles s'élèvent au maximum à 350 € par mois. Ainsi, la hausse sera payée par tous, sans que les bourses ne permettent aux étudiants en difficulté d'étudier sans se salarier.

 

Par ailleurs, aux Pays-bas – laboratoire pour les réformes de libéralisation en Belgique –, le système d'élargissement des bourses à l'étude a été récemment abandonné au profit d'un système d'incitation aux prêts étudiants. Et on connaît les effets désastreux de l'endettement étudiant pour les étudiants, les familles en Grande-Bretagne ou aux Etats-unis.

 

Voilà ce qui nous attend en France si nous ne ripostons pas maintenant à la politique de casse de nos universités publiques. Solidarité avec nos camarades de classe belges, résistance, riposte, maintenant !

 

* (repris initialement de http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/)

Partager cet article

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Bénélux
commenter cet article

commentaires