trav-lutte-copie-1.jpgEn Grèce, le gouvernement use de la « loi d'exception » héritée de la dictature pour interdire la grève des enseignants

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Dans l'éducation comme dans les autres secteurs en Grèce, le mouvement s'amplifie contre des mesures d'austérité de plus en plus insupportables. Face à ce mouvement, le gouvernement doit en recourir à des « lois d'exception », héritages de la dictature.



Dans la politique du gouvernement, concertée avec la Troïka (BCE-UE-FMI), au service du capital, la casse de l'éducation publique est une priorité non seulement pour briser un foyer de résistance mais aussi pour déconstruire toute ambition à la démocratisation du savoir, de l'esprit critique.



Une semaine de grève pour lutter contre la casse de l'éducation publique



Au programme du dernier plan du gouvernement : la poursuite des fusions-fermeture d'école, le licenciement de 10 000 professeurs du secondaire à temps partiel, l'augmentation du temps de travail hebdomadaire de 2 heures et enfin les mutations forcées pour 4 000 professeurs.



Face à cette offensive du gouvernement, le syndicat des enseignants OLME a décidé d'une semaine de grève qui débutait ce vendredi par une première journée d'arrêt de travail, coïncidant avec le début des examens nationaux, compris entre le 17 et le 31 mai.



Violant les principes constitutionnels, le gouvernement a eu recours pour la troisième fois de l'année – après les transports, et les dockers – à la « mobilisation civile », une loi d'exception héritée de la dictature, prévoyant l'interdiction d'une grève et la réquisition civile pour remplacer les grévistes.



Le syndicat des enseignants a dénoncé cette mesure « extrême et anti-démocratique » et exigé la convocation d'une grève de solidarité de la part de sa centrale confédérale, l'ADEDY, regroupant les salariés du public.



La centrale syndicale ADEDY dénonce d'abord … la grève !



La réaction de l'ADEDY a plus que déçu les professeurs du secondaire. En effet, la centrale syndicale a dénoncé le mouvement de grève, arguant notamment de la perturbation du bon fonctionnement des examens nationaux.



Un argumentaire proche de celui du porte-parole du gouvernement Simos Kedikoglou qui dit que « nous faisons face à une menace à l'intérêt national ».



Néanmoins, confrontée à la pression de ses bases face à une telle mesure policière, l'ADEDY a appelé à une manifestation de solidarité devant le Parlement, ce mardi boycottée par les syndicats du secondaire.



L'ADEDY a annoncé depuis qu'elle organiserait un débrayage de 4 heures dans la journée de jeudi en solidarité avec les travailleurs de l'éducation, sans pour autant appeler à des grèves de solidarité exigées par les syndicats de l'éducation.



Les syndicats de classe, les communistes soutiennent sans réserves la lutte des enseignants



De son côté, le cortège du PAME (Front militant des travailleurs), syndicat lié au Parti communiste, a été le plus massif ce mardi, mobilisant des milliers de travailleurs de la santé, de l'éducation, mais aussi de l'ensemble du secteur public, insistant sur la convergence des luttes.



Le Parti communiste grec (KKE) a apporté son soutien entier et sans réserves aux enseignants :



« Le gouvernement porte une grande responsabilité dans les mesures impopulaire adoptées et conduisant à des licenciements massifs d'enseignants et des fusions d'écoles, niant le droit à l'éducation de la jeunesse. Cet autoritarisme, ces mesures anti-populaires atteignent de sommets dans la mobilisation civile.



Le KKE insiste sur le fait que le mouvement syndical a ses propres procédures, le gouvernement n'a pas à s'y ingérer. Le mouvement syndical doit pouvoir choisir les formes adéquates de lutte tout comme le contenu en mesure d'assurer une action massive, effective, unitaire.



C'est celle qu'a portée le PAME dans l'OLME, sans se confondre avec les stratégies aventureuses, aux basses considérations partisanes, comme le font certaines autres forces. Dans le débat, surtout pour l'école, c'est le problème de l'éducation qui doit seul entrer en ligne de compte. L'avenir de nos enfants.



Nous condamnons fermement l'autoritarisme, la mobilisation civile. Nous appelons aujourd'hui à être présents aux rassemblements du PAME, comme ici à Athènes, ou dans les autres villes du pays, avec les étudiants, employés, professeurs, instituteurs, parents, tous ceux inquiets de l'avenir de l'éducation et celui de notre jeunesse ».

Retour à l'accueil