c1bb4f_ssi_8288_novyi-razmer.jpgEn Russie, 50 000 militants, sympathisants communistes dans la rue pour le 97 ème anniversaire de la Révolution d'Octobre

 

Article MA pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr

 

7 novembre 2014, 97 ème anniversaire de la Révolution d'Octobre. Bravant la pluie, la neige ou un froid glacial, des dizaines de milliers de Russes ont célébré la Grande révolution, sans abanadonner l'espoir d'en refaire une nouvelle, dans une crise qui n'épargne pas la Russie.

 

Près de 100 ans avant cette révolution qui a ébranlé le monde, le message de Lénine reste vivant pour des millions de Russes. Ce 7 novembre, ils étaient entre 40 et 50 000 Russes à défier un temps excécrable pour porter le flambeau, un public de militants communistes, sympathisants.

 

Le travail minutieux de compte-rendu du KPRF (Parti communiste de la Fédération de Russie) permet d'avoir une image assez fidèle de la mobilisation, quoiqu'elle pourraît être légèrement sous-estimée, les chiffres reflétant tantôt des chiffres régionaux, tantôt des chiffres limitées à une ville.

 

De Rostov à St-Petersbourg, de plus en plus de jeunes têtes dans les cortèges

 

En tout cas, certaines villes de province ont mobilisé massivement : 1 000 à Samara, Riazan, Toula, Kirov, 1 500 à Tomsk, 2 000 à St-Peteimage20061819 5eb47829a22a1f743a7017ba299f745crsbourg (Léningrad), 4 000 dans la région de Rostov et 5 000 dans celle de Koursk.

 

Les cortèges étaient plus petits mais combatifs dans les autres villes : 250 à Novogorod, Maikop, Ivanovo, Iaroslav, Mourmansk, Pskov, Ourenbourg, Tioumène, Astrakhan ou en Kalmoukie. Ils étaient 500 en Amour, à Loulianovsk, Kaliningrad, Sotchi, en Chouvatchkie, à Iekaterinbourg, Krasnodar, Tambov et Simferopol.

 

Le cortège le plus important se trouvait naturellement à Moscou, sous la pluie, où la circulation a été perturbée dans l'après-midi par la tenue de la manifestation. Si les autorités annoncent entre 5 et 8 000 manifestants, le chiffre correspond au moins au double, entre 15 et 20 000 manifestants.

 

En dépit de l'inégale ampleur des cortèges, le rituel était partout analogue : des cortèges groupés autour des drapeaux rouges ornés de la faucille et marteau, l'image de Lénine toujours omniprésente, les banderoles avec des mots d'ordre en l'honneur de la Révolution d'Octobre.

 

Cette année, quelques changements, déjà sensibles l'an dernier.Moins d'idolatrie à partir des icônes de Lénine et Staline, moins de nostalgie, plus de têtes jeunes dans les cortèges, plus de mots d'ordre politiques actuels et combatifs.

 

L'actualité de la Révolution dans un pays à la dérive

 

Trois questions ont été relayées dans presque tous les discours commémoratifs, inscrits dans la réalité locale.

 

Un, l'actualité de la Révolution d'Octobre, dans un pays ravagé par vingt-cinq ans de capitalisme du désastre, les privatisations, la casse de l'appareil productif, le démantèlement de l'Etat social.

 

La Russie actuelle atteint péniblement le niveau de production de la Russie soviétique de 1991, le niveau de vie moyen est plus faible qu'à l'époque soviétique, l'insécurité galopante, l'espérance de vie toujours anormalement basse alors qu'au moins 2 millions de Soviétiques sont morts, directement en raison de la transition au capitalisme.

 

Deux, la solidarité avec le peuple ukrainien face aux ingérences étrangères. Partout, la montée du fascisme en Ukraine, les menées des impérialismes américains et européens ont été condamnés.

 

La solidarité avec le peuple ukrainien a été exprimée systématiquement, ressentie plus nettement dans les villes méridionales, occidentales, à la frontière ukrainienne. Parfois, des messages de solidarité avec les rebelles pro-russes ont été explicitement prononcés, des drapeaux évoquant les insignes des Républiques séparatistes

 

Trois, une dénonciation de la politique anti-sociale du gouvernement Poutine. Dans les régions, les villes industrielles, les communautés prospères à l'ère soviétique, meurent.

 

Le gouvernement central asphyxie les régions, les municipalités en leur retirant les fonds nécessaires à leur fonctionnement autonome. Les budgets d'éducation, de santé, de l'aide sociale sont coupés, ce qui aboutit à des baisses de salaire, des fermetures de services publics.

 

Ziouganov : le gouvernement détruit l'industrie, l'éducation, la culture

 

A Moscou, dans son discours de clôture, Guennadi Ziouganov, secrétaire du KPRF, a rappelé les prouesses économiques de la Révolution d'Octobre, le développement éclair du pays sous Lénine avec l'électrification, la NEP, puis une industrialisation qui sous Staline en 10 ans a rattrapé un retard de 100 ans sur le reste de l'Europe.

 

L'Union soviétique, selon Ziouganov, a résisté à la plus grande armée d'invasion de l'histoire. Russes, Ukrainiens, Juifs, Tatars, Moldaves ont transcendé leurs différences derrière le Parti communiste, pour remporter la victoire face au fascisme.

 

L'URSS a représenté jusqu'à 20 % de la production mondiale, aujourd'hui la Russie pèse moins de 3 %, là où Etats-unis et Union européenne concentrent 60 % du PIB.

 

Ziouganov a valorisé l'existence des BRICS, les liens avec la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Afrique du sud. Il a soutenu les initiatives du gouvernement russe en politique étrangère, quand elles vont dans ce sens.

 

Le chef des communistes russes a dénoncé les fausses promesses des liquidateurs de l'URSS. L'OTAN devait rester à distance, elle est aux portes de la Russie. Kiev est désormais captif des néo-nazis, des nostalgiques de Bandera.

 

On avait promis à la Russie qu'elle deviendrait la Suisse et la Suède. Eltsine a trahi son pays, désormais elle s'approche plus de la Colombie et du Bandgladesh.

 

Guennadi Ziouganov a critiqué la politique intérieure de Poutine, qui paupérise les Russes, plonge le pays dans le sous-développement, la dépendance envers l'Europe.

 

Tout pays développé doit avoir une industrie puissante. La Russie détruit la sienne. Il faudrait investir dans l'éducation, la recherche. Or, son budget sera réduit de moitié dans les trois prochaines années. Même constat dramatique dans la santé.

 

Le secrétaire du KPRF se présente comme partie prenante de l'opposition constructive, tout en étant convaincu que le gouvernement ne saura faire face à la crise, bien que de l'argent il y en ait : chez le oligarques, chez les investisseurs américains et européens.

 

Il conclut en disant que le pays a besoin d'un nouveau cap, une nouvelle politique économique, une politique sociale volontariste. Celle inspirée par la Grande Révolution de Lénine qui a fait la Russie forte, un socialisme fait de justice, d'amitié entre les peuples, pour les ouvriers et paysans, enseignants et médecins, scientifiques et gens du peuple.

 

Ziouganov concluait, comme nous aimerons conclure : Vive le socialisme ! Vive la Révolution d'Octobre ! Vive les travailleurs – ouvriers de toutes les victoires, toutes les réalisations. Félicitations, camarades !

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