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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 06:30

tsipras-juncker.jpgGrèce : le retour au SMIC à 750 € est reporté … il sera négocié et conditionné à des cadeaux aux entreprises

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Le temps des folles promesses semble déjà révolu pour le nouveau gouvernement grec, l'heure est au réalisme. Face à la levée de boucliers patronale, Tsipras et ses ministres rassurent : le SMIC à 750 €, ce n'est pas maintenant et ce ne sera pas sans compensation pour le patronat.



Le syndicat de classe PAME – lié fortement au Parti communiste grec – avait mis en garde la semaine dernière sur l'intention du gouvernement SYRIZA de revenir sur ses promesses électorales, et de ne pas rétablir le SMIC à son niveau d'avant 2012, soit 750 €.



La presse grecque confirme et relaie les propos du Ministre du Travail Panos Skourletis qui se veulent rassurants, enfin pour le patronat grec.



Skourletis a confirmé que l'augmentation-rétablissement du salaire minimum de 480 à 750 € ne serait pas mise en œuvre dans l'immédiat ni appliquée en une seule fois, elle serait négociée avec les « partenaires sociaux » et graduelle.



Tentant de souffler le chaud et le froid, le Ministre a insisté sur une « situation contradictoire », où il veut prendre des mesures mais est confronté aux résultats de la situation antérieure : « le tout, c'est que le bilan soit positif. Que le vent du changement souffle ».



Au-delà de ce lyrisme réaliste, Skourletis a confié une autre réalité bien prosaïque : aucune augmentation du salaire minimum sans contre-partie pour les entreprises.



« Elle (tout augmentation du salaire minimum) devra être articulée à des arrangements spécifiques qui donneront aux entreprises un peu d'air. Par exemple, les dettes des entreprises vis-à-vis des banques et fonds de pension pourront être reconsidérées ».



Le ministre a également évoqué une série d'exonérations fiscales patronales, qu'il souhaiterait voir appliquer avant tout aux petites et moyennes entreprises. Des déclarations qui ont de quoi susciter un scepticisme légitime :



les « PME » ne sont-ils pas toujurs l'alibi pour des exonérations fiscales au moyen et grand capital ? La « reconsidération » des dettes des entreprises, au cas par cas, n'est-ce pas la porte ouverte à une nouvelle forme de clientélisme ?



Il ne faut pas non plus oublier que le parti de droite extrême « Grecs indépendants » est connu – outre sa défense des privilèges des armateurs et de l'Eglise, et sa promotion d'une Armée forte – pour son insistance sur le soutien aux entrepreneurs endettés et criblés d'impôts.



La négociation d'un compromis SYRIZA-Grecs indépendants – hausse du salaire minimum vs exonérations fiscales patronales – est probable. On voit mal en quoi ce compromis constituerait une solution progressiste à la situation de travailleurs de Grèce.



Dans le même temps, le ministre de l’Économie Varoufakis indiquait lundi que si la privatisation du port du Pirée serait suspendue, il excluait toute « remise en cause des privatisations déjà réalisées », prétendant que ce serait « peu sage ». Une nouvelle version du « Ni-ni »



Combien de temps le « moment SYRIZA » va-t-il encore durer ? Au rythme des promesses déjà remisées, des espoirs en un bras de fer institutionnel qui semblent briser sur le « mur de l'Union européenne », la question se pose d'ores et déjà.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Grèce et Chypre
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