droitdegrevebekf.jpgVote au Sénat belge sur la SNCB (Société nationale des chemins de fer de Belgique) : le droit de grève en danger

Le vote sur la « continuité du service public à la SNCB » ce mardi en Commission des Finances au Sénat constitue une véritable attaque contre le droit de grève des cheminots.



Par Tony Fonteyne et Ghislain Mignon, pour le site du Parti du travail de Belgique (PTB) repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Selon le sénateur MR (Mouvement réformateur / libéraux de centre-droit) François Belot, ce texte prévoit l’inscription dans le contrat de gestion « des modalités visant à enrayer les grèves spontanées, des sanctions financières et les possibilités de remboursement de l’usager si des grèves spontanées étaient déclenchées ».



Comme le dénonce Rudy De Leeuw, président de la FGTB (Fédération générale des travailleurs de Belgique), il s’agit d’une attaque frontale de la droite contre le droit démocratique.



Les mouvements de grève et en particulièrement les grèves dites « spontanées » sont d’une manière générale l’expression d’une concertation sociale défiante.



Ainsi à la SNCB, il n’y a plus de protocole d’accord social (accord social entre direction et syndicats) depuis 2010. Dans l’accord précédent, le maintien de 37 000 équivalents temps pleins (ETP) était garantie.



Depuis 2010, on assiste à la SNCB à une diminution des effectifs  de plus de 2 000 ETP. Et une augmentation de la charge de travail pour les cheminot(e)s restant(e)s. Tout est directement lié aux coupes budgétaires imposées par le gouvernement à la SNCB.



Dans ces conditions là, il n’est pas étonnant que le climat social soit tendu à la SNCB.



Ceux qui demandent d’appliquer des sanctions aux grévistes et du service minimum prétendent défendre les voyageurs. Quand nous regardons de plus près le programme des partis qui ont approuvé ce texte, c’est tout sauf cela.



Ainsi, Marc Descheemaecker, candidat de la N-VA (Nouvelle alliance flamande – Extrême-droite régionaliste) aux prochaines élections et ex-administrateur de la SNCB, propose de supprimer 500 trains, d’augmenter les tarifs de 1,5 % au dessus de l’inflation et diminuer la dotation de la SNCB d’un tiers. Il faudrait nous expliquer comment cela peut servir les intérêts de voyageurs...



Or, une étude européenne (du Boston Consulting Group) démontre qu’au contraire, les réseaux en Europe qui reçoivent le plus de moyens publics, offrent le meilleur service aux voyageurs (1).



Pour avoir et un meilleur service au public et éviter les grèves, il faut réinvestir réellement dans la SNCB et ne pas rendre la situation impossible pour les agents qui se battent tous les jours contre les retards et le manque d’entretien des machines.



Le PTB-go! [NdT : PTB-GO = Parti du travail de Belgique / Gauche d'ouverture, liste de rassemblement pour les élections européennes] propose ainsi un master plan pour le développement des transports publics avec un réinvestissement public massifs pour la SNCB et les sociétés publiques de métro-tram-bus (De Lijn, STIB, TEC) : http://ptb.be/programme/goleft3-une-vision-sociale-du-climat



Ce mardi, le PS et le sp.a (Parti socialiste flamand) n’ont heureusement pas suivi leurs partenaires au gouvernement et la N-VA. Nous espérons que la validité de cette position ne soit pas périmée après le 25 mai. Et que leurs positions soient sans ambiguïté: le droit de grève est un droit inconditionnel. Et qu’ils tournent le dos à leur politique passée.



Car des agents de la SNCB ont déjà été sanctionnés dans le passé, suite à des grèves spontanées. Ainsi en 2011, le personnel des cabines de signalisation  (Infrabel) a été puni, suite à une grève spontanée. Le responsable d’Infrabel qui a poussé à ces sanctions était entre autre le CEO d’Infrabel L.Lallemand (étiqueté PS) et le CEO de la SNCB-Holding était J.Haek (sp.a)…



Et la situation actuelle à la SNCB s’est dégradée avec les étapes supplémentaires franchies dans la libéralisation sous la direction des ministres Magnette et Labille.



Pour un vrai refinancement du rail et pour la défense du droit de grève, une vraie gauche est la meilleure garantie le 25 mai : le PTB-go!

 

(1) – 1. http://fsr.eui.eu/Documents/Presentations/Transport/5ERailTRF/on-line/121005FingerMatthias2.pdf

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