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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 06:07

klitschko-merkel1.jpgLe gouvernement allemand, la CDU de Merkel, ont formé l' « opposant » ukrainien Klitschko et les dirigeants de son parti !



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Qui peut croire à de simples « manifestations populaires » en Ukraine ? Chaque jour se révèlent les liens entre les leaders de l'ex « opposition » pro-européenne (désormais gouvernement!) et les différentes chancelleries européennes, l'UE et les Etats-unis.



L'Allemagne met le paquet en coulisses en Ukraine pour faire avancer les intérêts de ses monopoles, tout en feignant le « dialogue » en public par la voix de la chancelière Merkel et du nouveau ministre des Affaires étrangères Steinmaier



Or, comme le révélait le journal bien informé der Spiegel, en décembre dernier, la classe dirigeante allemande en général – et la CDU en particulier – a misé sur son poulain : l'ancien boxeur Vitaly Klitschko et son parti UDAR (Alliance pour la réforme démocratique en Ukraine).



Klitschko, l'homme de Berlin



Selon der Spiegel, la CDU de Merkel mais aussi le Parti populaire européen (PPE) réunissant tous les partis de droite conservateurs européens (dont l'UMP) ont choisi Klitschko comme leur représentant en Ukrainepour unir l'opposition et gagner les élections présidentielles de 2015.



On se souvient que l'UDAR a fait une percée fracassante lors des élections de 2012 passant de 0,05 % à 14 % des voix, à grand renfort de soutien médiatique, devenant le troisième parti parlementaire du pays, avec 34 sièges.



L'UDAR se distinguait alors tant par son populisme anti-corruption, son libéralisme économique assumé que par sa position résolument pro-européenne.



« Klitschko est notre homme, il a un programme clairement pro-européen », rapporte der Spiegel, citant un parlementaire allemand de la CDU, membre du PPE que l'UDAR a rejoint en tant que membre observateur en 2012.



On sait également que Klitscko en a fait passer l'essentiel de sa carrière de boxeur en Allemagne. Il affirmait que même s'il n'était pas allemand : « l'Allemagne m'a adopté, j'adore l'Allemagne ! ».



La fondation Konrad Adenauer et le PPE : organismes de formation pour les dirigeants du parti de Klitschko !



Les bureaux du PPE situés à Bruxelles et Budapest ont formé le personnel de l'UDAR au travail parlementaire et apportent un soutien au dépassement du « mouvement personnalisé » vers le développement d'une structure partisane nationale.



La Fondation Konrad Adenauer, étroitement liée à la CDU, joue également un rôle important.



Klitschko avait explicitement sollicité l'aide des conseillers de Merkel issus de la Fondation. Depuis un certain temps, la Fondation de la CDU prépare les politiciens de l'opposition ukrainienne à prendre des responsabilités dans un « programme de dialogue ».



Quatre membres de l'UDAR ont ainsi payé une visite à Berlin début décembre pour rencontrer les parlementaires et fonctionnaires du Ministère de la Justice et du Travail de la CDU.



Klitschko coaché par le directeur de cabinet de Merkel



Le journal raconte les liens personnels entre Klitschko et le personnel politique allemand. Ainsi Ronald Pofalla, directeur de la Chancellerie (adjoint de Merkel), était devenu le mentor de Klitschko, lui apprenant comment lutter contre les intimidations du pouvoir.



Pofalla aurait donné des conseils à Klitschko sur la façon dont il devait jouer de son « intégrité » et « virginité politique » pour lutter contre les rumeurs répandus par le régime, et il aurait fait part de son expérience dans le soutien à l'opposition pro-européenne en Biélorussie (!).



Enfin, Klitschko aurait sollicité auprès du gouvernement allemand de faire pression sur le président ukrainien pour contourner la loi qui empêche toute personne qui n'a pas passé 10 ans en Ukraine avant l'élection de se présenter, ce qui l'exclurait du scrutin.



Selon der Spiegel, il faut pour cela présenter Klitschko comme un politicien sérieux. Ce que s'évertue à faire le gouvernement allemand.



On se souvient que début décembre le Ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle était apparu dans la rue à Kiev, main dans la main avec Klitschko, solidaire avec les manifestants pro-européens contre le gouvernement ukrainien.



On apprend alors d'une part que M.Westerwelle connaissait déjà bien Vitaly Klitschko au moment de sa carrière de boxeur. On apprend aussi que cette rencontre a été soigneusement préparée par des coups de fil préalables et le soutien garanti des autres pays européens.



Ces derniers temps, les rencontres personnelles entre la chancellière Merkel et Klitschko se sont multipliées.



A Vilnius, fin novembre, il avait discuté de longues heures avec des députés européens de droite de premier rang, rencontré le conseiller allemand des Affaires étrangères Christoph Heusgen, mais pas encore Merkel.



A la mi-décembre, lors de la rencontre préliminaire du PPE avant le sommet européen, il était invité par la chancelière Merkel et fut présenté aux différents leaders de droite européens.



Klitschko préservé par Merkel pour 2015 ?



Enfin, dernièrement, après le remaniement ministériel, Klitschko ainsi que Iasteniouk étaient présents à Berlin, ce 17 février. Ils ont reçu le soutien explicite de la chancelière, une promesse d'aide financière pour la nouvelle Ukraine, sans sanctions toutefois pour Ianoukovitch.



D'après le journal allemand der Speigel, Merkel aurait choisi d'appuyer Klitschko après plusieurs rapports particulièrement dithyrambiques de ses conseillers, Pofalla, Heusgen mais aussi Elmar Brok (CDU), tous décrivant Klitschko comme la contre-image des politiciens ukrainiens classiques.



Klitschko s'exprimerait de manière sensée, c'est-à-dire d'une « façon européenne » (sic), il apparaît aux yeux de la foule comme étant un homme intègre, non-corrompu.



Klitschko répète à l'envi qu'il n'a aucun lien avec les oligarques ukrainiens. Or, son parti même (sous le nom de « Capital européen », ça ne s'invente pas!) fut fondé par un homme d'affaires ukrainien d'origine géorgienne, à la réputation douteuse, Lev Partshaladze.



Par ailleurs, des rumeurs émanant de sources fiables évoquent un financement par un des deux principaux oligarques du pays, Dmytro Fitash, président de la Fédération des patrons ukrainiens, le MEDEF local, maître de la production de titanium en Ukraine et à la tête d'un consortium financier international.



Le nouveau gouvernement ne compte pas Vitali Klitschko, selon certains observateurs, ce serait Angela Merkel et la chancellerie allemande qui auraient désiré préservé « leur homme » de la tempête à venir, en vue des élections de 2015.



 

Ne soyons pas dupes, la « nouvelle Ukraine », ce sera celle des banquiers, des oligarques et celle des voyous fascistes, des groupuscules néo-nazis. Tous unis dans un rêve européen qui vire au cauchemar, autour de l' « homme de Berlin », Vitali Klitschko.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Russie et ex-URSS
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