pcchileLe Parti communiste chilien (PCCh) double son score, avec 6,5% des voix, et son nombre d'élus aux élections locales

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Les élections locales du 28 octobre marquaient le premier rendez-vous électoral au Chili depuis le début du mouvement de lutte pour l'éducation publique. Une élection-test pour le gouvernement de droite ultra-libérale de Sebastian Pinera.

 

Le premier enseignement, c'est que les électeurs ont exprimé leur mécontentement en votant avec leurs pieds. Le taux d'abstention atteint les 58% pour l'élection des maires, 66% pour les conseillers.

 

Second enseignement, le vote sanction contre la droite aboutit à une victoire par défaut de l'opposition « de gauche » qui remporte 168 mairies contre 121 pour la droite, 49% des voix contre 32%. Le centre-gauche gagne par ailleurs le principal enjeu du scrutin, Santiago de Chile.

 

L'opposition de gauche partait en ordre dispersé. D'un côté, le pacte de la « Concertacion », cette alliance de centre-gauche qui a gouverné le pays de 1990 à 2009 réunissant Parti socialiste et Démocratie chrétienne. De l'autre, l'alliance « Pour un Chili juste » conduite par le Parti communiste, avec d'autres partis de gauche modérée (Parti radical, Parti pour la démocratie).

 

Si les deux listes concourraient de façon indépendante pour l'élection des conseillers, les modalités de l'élection des maires poussaient à des « pactes par omission », autrement dit des désistements des candidats soit de la Concertacion soit du bloc lié au Parti communiste, pour faire élire le candidat de gauche le mieux placé pour remporter l'élection.

 

Dans ce contexte, les résultats du Parti communiste se révèlent globalement positifs.

 

Quatre maires communistes sortent élus : dans les villes ouvrières de Diego de Almagro et la Ligua, et dans les communes populaires de l'agglomération de Santiago, Pedro Aguirre Cerda et Recoleta. Trois autres candidats apparentés communistes sont élus à Illapel, Los Vilos et Canela.

 

Si toute généralisation est problématique au niveau de l'élection des maires, l'élection des conseillers donne un aperçu plutôt réaliste du niveau du rapport de force politique :

 

A droite, l'UDI issue de la droite post-Pinochet obtient 17,2% des voix, le parti du président la Rénovation nationale 15,7%. Au centre-gauche, le Parti démocrate-chrétien récolte 15% des voix et le Parti socialiste 12%.

 

Le Parti communiste du Chili (PCCh) remporte 6,5% des voix, soit 250 000 voix, ainsi que 102 conseillers. Par rapport aux scores de 2008, le PCCh double son résultat en pourcentage (mais pas en nombre de voix) et le nombre de conseillers élus.

 

Un résultat à valoriser d'autant plus que le PCCh avait insisté pour mettre sur ses listes des acteurs du mouvement social, des candidats issus du mouvement étudiant ou des luttes ouvrières et enseignantes.

 

Le secrétaire-général du PCCh, Guillermo Tellier, a rappelé que sur les 102 conseillers élus sur les listes communistes, sept étaient issus de la Jeunesse communiste (JCCh).

 

Guillermo Tellier a souligné, dans la conférence de presse suivant l'annonce des résultats, sur la nécessité de lier travail politique du parti et mouvement social :

 

« Nous pouvons regarder l'avenir avec beaucoup d'optimisme, avec un regard positif, en construisant un lien fort avec le mouvement social, en contribuant à son renforcement, tant du point de vue de l'organisation syndicale, étudiante comme au niveau de toute la population.

 

Ces élections municipales sont importantes si on prend en compte que l'on a pu virer des maires qui s'opposaient à ce mouvement, qui étaient des ennemis tenaces de la réforme du système éducatif, de l'éducation gratuite. On les a battus à plate couture, et le mouvement social va suivre, et nous serons là pour le renforcer. »

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