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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 06:23

communism-egypt (1)Le Parti communiste égyptien analyse les trois mois depuis la dite « révolution » du 30 juin, entre espoirs et déceptions

 

Communiqué du Parti communiste d’Égypte



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Trois mois se sont écoulés depuis le début de la révolte populaire du 30 juin, qui visait à récupérer la révolution confisquée par la droite islamo-fasciste. Depuis, les représentants du peuple se sont retrouvés avec les forces armées pour mettre sur pied une « feuille de route » avec toutes les forces politiques et sociales qui ont participé à la révolution.



Au-delà de nos réserves sur certains points ainsi que sur la nature du gouvernement transitoire, et malgré notre respect pour ses membres, nous ne pouvons pas le considérer comme un gouvernement révolutionnaire, mais plutôt comme un gouvernement de technocrates, en tout cas tant que la plupart de ses membres seront des adeptes de l'économie de marché, et que les réformateurs n'auront pas la moindre marge de manœuvre ni le courage nécessaire aussi de mettre en place les revendications urgentes des masses et les objectifs déclarés de la révolution.



Nous pouvons les résumer, ces objectifs et revendications, ainsi :



Premièrement : un affrontement résolu avec les Frères musulmans et ses alliés, et l'interdiction de ces groupes, partis aux pratiques terroristes avérées, ainsi enfin que la confiscation de leurs avoirs.



Deuxièmement : une constitution civile et démocratique qui mette la justice sociale au centre.



Troisièmement : la relance de l'économie et la réalisation des revendications urgentes de justice sociale.



Quatrièmement : parmi les modifications législatives dans la « feuille de route », la reconnaissance pleine et entière de former des syndicats, associations et partis politiques.



Hélas, le gouvernement, bien qu'il ait cédé sur certaines des demandes les plus pressantes après avoir résisté, révèle jour après jour une attitude mêlant réticences, hésitations et impuissance. Cela a conduit naturellement à l'aggravation de la situation, à la colère au sein des masses et à la montée des critiques envers les agissements du gouvernement. La pression monte pour forcer le gouvernement à agir de façon conséquente sur toute une série de questions : rien ne justifie de retarder l'application des jugements de la Cour suprême, la dissolution des Frères musulmans et la criminalisation de ses activités, qui sont celles d'un groupe terroriste. Cela doit s'étendre à tous les groupes, factions alliées avec eux, ceux qui pratiquent le terrorisme et les trafics en tout genre au nom de la religion, car il ne serait pas logique de s'en prendre aux Frères musulmans et de laisser en paix Jammaya Islamiyah et son parti, le Djihad islamique, le parti Wasat ou tous ces groupes, partis salafistes. Le problème ne se réduit pas aux seuls Frères musulmans, il est global, il doit être traité par l'affrontement avec ces forces afin d'écraser ce courant, qui fait obstacle à tout développement politique, économique, social, culturel et scientifique depuis 40 ans.



Nous déplorons le fait que le gouvernement ait laissé Mme Catherine Ashton rencontrer des représentants des groupes terroristes interdits par la Cour suprême et dénonçons toute ingérence dans nos affaires intérieures.



Ensuite, le gouvernement ne doit pas juste prendre maintenant certaines décisions, comme celle portant sur le salaire minimum, mais il doit aussi mettre en pratique certaines lois rendant possible la réalisation de ces revendications. Nous devons agir vite pour réduire le plafond du salaire maximum car il s'agit du cheval de Troie de la corruption, car c'est un indicateur important du sérieux du gouvernement dans la réalisation des objectifs les plus importants de la révolution : la justice sociale. Nous devons mettre en œuvre le « blocage des prix » et démanteler les monopoles privés dans tous les secteurs, supprimer les aides énergétiques pour les industries monopolistiques, en reprenant le contrôle des entreprises du secteur public, et en se réappropriant les usines du secteur privé comme public fermées, au bord du dépôt du bilan.



Nous prenons note des craintes au sein du pouvoir, des responsables face au « gel des prix », aux « lois anti-trust » et à « la re-nationalisation des entreprises et usines ruinées », mais nous voulons réaliser ces lois car le rôle de l'Etat, son intervention dans l'économie sont essentiels pour sauver l'économie du pays, réaliser un développement économique et social auto-suffisant, base pour l'indépendance politique et le renforcement de notre sécurité nationale.



Tandis que nous saluons le rôle des forces armées face aux attaques terroristes dans le Sinaï, éliminant un foyer du terrorisme national et international, nous souhaitons souligner que les citoyens de bon nombre de villages et de villes d’Égypte ne souffrent pas seulement du terrorisme islamo-fasciste mais aussi des méfaits de bandes criminelles, et de tentatives d'intimidation. Les Coptes d’Égypte ne sont plus en sécurité dans plusieurs provinces, ils dénoncent les violences dont ils sont victimes de la part des groupes terroristes fascistes, des intimidations à base religieuse.



Pour la rédaction de la constitution par l'Assemblée constituante, les masses sentent qu'il y a un certain flou sur des questions pourtant essentielles. Nous louons les efforts réalisés par les membres du comité fondateur, nous apportons notre soutien à la position qui consiste à écrire une nouvelle constitution et non à modifier à la marge celle élaborée par les Frères, et qui a été refusée par les masses. Nous devons toutefois rediscuter de certains éléments apportés par les forces politiques, issus des revendications de la révolution, rediscuter des éléments rejetés avant que ne soit instauré le Comité des 10, comme l'article 219, et rétablir dans ses droits le Conseil consultatif. Tout cela conduit à un état de confusion, un manque de direction, et nous ne comprenons pas que l'on traite avec autant de délicatesse le parti « Al-Nour », salafiste, en cédant à la moindre de ces demandes au lieu de le prendre comme le parti hostile à la révolution, à la liberté des femmes, de pensée, de conscience qu'il est.



Nous insistons sur la nécessité de préserver le taux de 50 % d'ouvriers et de paysans dans les assemblées élues, à la charge des syndicats de paysans et d'ouvriers en attendant qu'il y ait une réelle représentation de toutes ces couches sociales. Nous estimons qu'il y a une tendance positive dans le soin apporté aux droits économiques et sociaux, tels que le droit à la santé et à l'éducation, mais cela ne s'est pas encore vérifié sur le terrain. Nous appelons à renforcer cette tendance car plus de 80% des Egyptiens sont des travailleurs pauvres. Et donc cela doit être la priorité absolue des rédacteurs de la Constitution d'insister sur les droits de la majorité écrasée par la flambée des prix, le chômage, les bas salaires et l'absence de services fondamentaux victimes de la marchandisation : la santé, l'éducation, et l'Homme lui-même dans ce capitalisme sauvage.



Les forces et partis de gauche doivent faire des pas concrets vers l'unité, tant de jeunes gens de gauche ont exprimé leur consternation et leur colère face au retard pris dans l'annonce d'une Direction commune, considérée comme la dernière étape dans la réalisation du rêve d'unité. Nous voyons déjà le rassemblement des forces libérales avant les élections. Donc, les forces et partis se revendiquant du socialisme dans l'Alliance révolutionnaire démocratique visent à créer une alliance progressiste de masse avec les forces nassériennes, nationalistes et populaires pour la formation d'un grand front progressiste national-démocratique et de gauche, pour contre-balancer la position hégémonique des forces de droite, afin que la gauche soit forte, en mesure d'affronter l'échéance électorale pour concrétiser les objectifs de la révolution et les revendications de la classe ouvrière, des paysans et des masses laborieuses.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Egypte
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