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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 05:56

massar.jpgLe parti de gauche tunisien Al-Massar choisit en tête de liste pour les législatives un journaliste retenu prisonnier au Qatar : un geste fort

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Il fallait oser, Al-Massar l'a fait. Pour les élections législatives tunisiennes d'octobre 2014, il aura parmi ses têtes de liste un journaliste tunisien progressiste retenu par la dictature qatarie. Alors que le Qatar arrose la classe dirigeante tunisienne en pétro-dollars.

 

Le symbole est fort. La députée du parti de gauche Al-Massar pour la France (la Voie démocratique et sociale), Nadia Chaabane, a annoncé début septembre que son parti présenterait comme tête de liste pour le monde arabe, en vue des élections législatives d'octobre Mahmoud Bouneb.

 

BN15528mahmoud-bouneb.jpgMais qui est Mahmoud Bouneb ? Ce journaliste tunisien travaillait à Doha pour Al-Jazeera, comme responsable de sa chaîne enfant. Brusquement, en 2011, il se trouve licencié, poursuivi en justice pour « mauvaise gestion » et mis aux arrêts.

 

Si l'accusation est vide, la justice qatarie ne peut rien prouver, les autorités du Qatar refusent de lui redonner sa liberté de mouvement, il reste séquestré en territoire étranger. Le gouvernement tunisien manifeste une indifférence royale face au sort d'un de ses ressortissants.

 

Le parti Al-Massar se présente aux prochaines élections sous la coalition de l' « Union pour la Tunisie ». Ce parti de gauche, laque, démocratique et engagé dans la transformation sociale de la Tunisie dans le sillage de la révolution de 2011 est l'héritier du Parti communiste tunisien.

 

La candidature de Mahmoud Bouneb est une épine dans le pied de la classe dirigeante tunisienne.

 

Elle pointe du doigt la collaboration non seulement des islamistes d'Ennahda, mais aussi du camp dit laic, avec la monarchie absolue qatarie, bailleur de fond des contre-révolutions dans le monde arabe, des interventions impérialistes occidentales au Moyen-orient.

 

On sait que le parti islamiste Ennahda (qui avait obtenu 37 % des voix en 2011), dont le leader Ghanouchi est très proche de Doha, a été largement financé par le Qatar pour assurer sa victoire lors des premières élections démocratiques. Selon The Independent, le Qatar aurait versé 150 millions de $ en 2011 à Ennahda.

 

Le président de la République, présenté comme la figure du camp laic et ami de la France, Moncef Marzouki est prêt à toutes les courbettes pour obtenir quelques derniers de Doha.

 

L'an dernier, il avait adressé des menaces aux critiques droits-de-l'hommistes du Qatar : « Ceux qui s'attaquent au Qatar devront assumer les conséquences de leurs actes ! »

 

Le président Marzouki s'est aligné sur les positions du Qatar et de la France depuis 2011 : soutien aux « rebelles » islamistes syriens contre Bachar Al-Assad (on se rappelle de la « Conférence des amis de la Syrie » à Tunis en février 2012), des « rebelles » islamistes libyens contre Kaddafi.

 

En échange, Ennahda, les laics à la Marzouki bradent les richesses du pays au Qatar, devenu en 2012 premier investisseur du pays (en flux) : Qatar Telecom, Qatar Airways, Qatar National Bank ont déjà fait main basse sur les secteurs stratégiques du pays.

 

Dans son projet d'investissement, le Qatar envisage de développer un projet de raffinerie (« la Shkira ») confié à Qatar Petroleum, de contrôler la mine de phosphate (la Tunisie est le 5 ème producteur mondial) de Sra-Ouertane.

 

Dans le même temps, il met sur la table de grands projets immobiliers comme « Diar Qatar », 150 ha de villas de luxe, de parcours de golf, de lacs artificiels au cœur des palmeraies, une aberration sociale et écologique dans un pays gangrené par la pauvreté de masse.

 

Mahmoud Bouneb a été très touché et honoré que le parti de gauche Al-Massar ait pensé à lui comme tête de liste pour le monde arabe – donc y compris pour le Qatar –, il est apparu les larmes aux yeux dans son adresse aux membres du parti, le 2 septembre dernier. Il a promis de défendre les idées, le programme du parti depuis sa « prison (pas si) dorée » de Doha pour remporter ce combat.

 

Sa candidature, au-delà de sa réussite électorale prochaine qu'on peut espérer, est un beau symbole : il n'y aura pas de Tunisie libre, démocratique, révolutionnaire dans un pays sous influence d'une des dictatures les plus obscurantistes, absolutistes, réactionnaires du monde !

 

Comme il n'y aura pas de Tunisie indépendante sans rupture du lien de dépendance avec la France !

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Tunisie
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