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19 juin 2013 3 19 /06 /juin /2013 06:06

RTX10RJU.jpgLe PC brésilien salue les mobilisations historiques dans le pays et appelle « au-delà de l'indignation à changer de système ! »



Le Brésil connaît actuellement des mobilisations inédites depuis plus de vingt ans : plus de 200 000 manifestants dans les rues des plus grandes villes du pays ce lundi 17 juin.

 

Pourtant, le mouvement est parti d'une simple protestation contre la hausse des tarifs des transports urbains à Sao Paulo, dans un contexte de préparation de la Coupe du monde 2014, avec la Coupe des confédérations, censée occuper le peuple en jouant sur la fibre footbalistico-patriotique.



Mais loin de l'image d'Epinal du pays émergent, le Brésil reste un pays immensément inégalitaire où une fine couche élitiste capte l'essentiel des profits, une forte minorité reste sous l'emprise de la faim, de la maladie et de l'ignorance, et enfin où la majorité subit la montée du coût de la vie, la modération salariale et les privatisations orchestrées depuis dix ans par le gouvernement de « gauche » de Lula puis Dilma.



Voici le communiqué du Parti communiste brésilien face à ces mobilisations :



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le PCB (Parti communiste brésilien) salue et s'engage de façon militante dans le mouvement énergique né d'une manifestation à São Paulo contre l'augmentation des tarifs des bus.



La violence policière stupide déployée contre les manifestants à Rio de Janeiro, Porto Alegre, Brasília, Belo Horizonte et dans de plus en plus de villes brésiliennes, indépendemment du parti politique du Gouverneur ou du Préfet. Dans la défense des institutions bourgeoises, il n'y a pas de répression plus ou moins « démocratique ».



On peut noter que cette violence est exactement la même dans tous les pays capitalistes où les peuples se soulèvent contre les remises en cause de nos droits et la fascisation de l’État, nécessaire pour les mettre en œuvre. Les mêmes uniformes de gladiateurs, les mêmes armes cyniquement appelées « non-léthales » : balles en caoutchouc, gaz poivre et lacrymogènes.



Au Brésil, la fascisation de plus en plus nette de l’État est conforme au choix du gouvernement de sortir de la crise du capitalisme par plus de capitalisme. Il faut une bonne dose de répression pour approfondir la privatisation de notre pétrole, des ports, aéroports, autoroutes, pour expulser les indiens de leurs terres, « flexibiliser » les droits, adopter un Code forestier pour l'agro-négoce, exonérer et favoriser le capital.



Dans notre pays, l'explosion populaire a fini par se manifester, en proportion aux illusions semées en 10 ans d'un gouvernement qui se dit de « gauche », mais dont la principale préoccupation est le développement du capitalisme brésilien.



Ici, la fascisation de l'Etat s'est accentué afin que le pays puisse accueillir « en paix » le nouveau Pape et les méga-événements (Coupes des confédérations et du monde, Olympiades).



Il est évident que l'augmentation des tarifs ne fut que l'étincelle d'un mouvement qui tend à se développer et qui trouve ses origines dans une insatisfaction systémique. Elle eut le même effet catalyseur que celui des arbres de la Place Taksim, en Turquie. Mais à l'origine de l'indignation, se trouvent le démantèlement de la santé et de l'éducation, les privatisations, la brutalité policière, la corruption, l'injuste répartition des revenus, l'inflation, la précarisation du travail, l'absence de perspectives pour la majorité des jeunes et surtout le sentiment de la trahison de la part du gouvernement et la mascarade de la démocratie bourgeoise.



Les huées qui furent réservés à la Présidente pour l'ouverture de la Coupe des confédérations n'étaient pas gratuites, tout comme l'apparition d'une nouvelle et énergique banderole de soutien aux manifestations. Le football étant un sport populaire au Brésil, la vocation capitaliste de ce gouvernement apparaît encore plus patente, lui qui défend, par un Ministre des sports qui se dit « communiste », [NdT : Orlando Silva Jr, ministre est membre du Parti communiste du Brésil dit PCdoB, issu d'une scission d'une PCB, partisan aujourd'hui d'une ligne de collaboration gouvernement avec les gouvernements de centre-gauche Lula puis Dilma] la privatisation des stades et de la sélection brésilienne elle-même (sponsorisées par une banque et une marque de boissons) et l'élitisation de l'accès aux stades, transformant le football en une marchandise de luxe.



 

Mais il est important d'attirer l'attention sur l'origine des problèmes qui nous conduisent à nous indigner, et pas seulement les causes. Plus il y a de capitalisme, et plus il y a d'injustice et d'exclusion. Le cœur de la lutte, c'est d'être contre le système capitaliste et pour une société socialiste.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Amérique Latine
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Tom-Meursault 19/06/2013 14:36


Communistes que nous sommes, nous soutenons pleinement ces manifestations de masse qui pourraient faire converger les diverses luttes à travers le pays. Demain, 20 juin, il est fort probable que
l'ampleur de ce mouvement s'approfondisse. C'est une indication que les temps changent, et que même un pays comme le Brésil, encensé par la presse bourgeoise, est concerné par la crise mondial du
caitalisme.


 


En revanche nous divergeons sur un point primordial : où militer ? Le choix du PCB est parfaitement compréhensible, moi-même je suis tenté de le faire souvent. Mais on ne peut nier que le PT est
un parti de masse, des millions de militants, et que sa base est principalement prolétarienne. Bien évidemment l'écart n'en est que plus grand entre la base et la direction, Dilma Roussef et
avant elle Lula ayant gouverné aux côtés des partis bourgeois. Mais si demain la bourgeoise brésilienne pouvait faire partir le PT et n'avoir un gouvenrment composé que du PSDB, elle ne se
gênerait pas.


Vous pouvez me rétorquer que le PT ne pourra jamais être changé, c'est votre droit. Cependant à chaque fois qu'un candidat de ce parti s'est présenté avec un programme marxiste, il a, à défaut de
remporter l'élection, obtenu plus de voix qu'un opportuniste au sein du parti.  Mon choix est donc celui-ci : Rupture avec les partis bourgeois ! Un gouvernement PT soutenu par les
masses qui poussent au socialisme !


 


Fraternellement,


Tom-Meursault