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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 05:58

tr}tkp4Sur les derniers événements en Turquie

 

« Ouvrir une perspective dans les intérêts de la classe ouvrière »



Communiqué du Parti communiste turc



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



1 – Cela fait plusieurs jours que la Turquie est le théâtre d'un authentique mouvement populaire. Les actions, manifestations qui ont commencé à Istanbul et se sont étendues à toute la Turquie sont autant massives, légitimes qu'historiques. Le plus important, c'est le changement frappant dans l'état d'esprit de notre peuple. La peur et l'apathie ont été surmontées, et le peuple a pris confiance.



2 – Le Parti communiste de Turquie a été partie intégrante du mouvement populaire dès le premier jour et a mobilisé toutes ses forces, essayé de renforcer le caractère prolétarien et révolutionnaire du mouvement, s'efforçant d'apporter une forme de discipline et de maturité, organisant un certain nombre d'actions et de manifestations. Dans le processus, les forces de police ont mené une charge virulente contre le siège de notre parti à Ankara. Dans toute la Turquie, plusieurs membres du parti ont été arrêtés et blessés. Il y a eu même certaines tentatives d'enlèvement de cadres de notre parti. Mais ces provocations contre notre parti ont été mises en échec.



3 – L'accent que nous mettons sur le rôle du TKP ne vise pas à minimiser la nature spontanée du mouvement ou la contribution d'autres acteurs politiques. Au contraire, le TKP insiste bien sur le fait que ce mouvement a une dimension qui va bien au-delà de l'impact de tel acteur politique ou de quelle que forme d'opportunisme politique que ce soit.



4 – L'appel lancé par les masses à la démission du gouvernement est un fait dans ce mouvement. Bien qu'il soit évident qu'une alternative de gauche ne puisse pas être construite « dès maintenant », cette exigence doit être portée haut et fort. Une perspective favorable à la classe ouvrière ne pourra se dessiner qu'en profitant de l'énergie qui sortira de ce moment historique. Le TKP se concentrera sur ce point et dénoncera la véritable portée de fausses alternatives telles que la « formation d'un gouvernement national », qui vont être mises en avant et tromperont les travailleurs en leur faisant croire que la crise pourra être surmontée de cette façon.



5 – Sans aucun doute, les tenants de l'ordre politique tenteront de calmer le peuple, de reprendre le contrôle des événements et y compris essaieront de retourner la situation à leur avantage. Ils pourront obtenir des succès temporaires. Même dans ce cas, le mouvement populaire ne doit pas être une opportunité manquée. Le TKP est prêt pour une phase de lutte obstinée mais intense.



6 – Afin d'agir ensemble, les différentes branches du mouvement socialiste partageant les mêmes objectifs et les mêmes préoccupations doivent prendre immédiatement la mesure de l'émergence de ce mouvement populaire. Le TKP, sans interrompre ses missions et activités quotidiennes, va agir de façon responsable sur cette question et s'efforcer de créer une plate-forme commune sur la base des exigences urgentes ci-dessous.



7 – Afin de mettre en échec les plans du gouvernement visant à diviser le mouvement populaire entre une partie illégitime et l'autre légitime, toutes les forces doivent éviter toute action qui pourrait nuire à la légitimité du mouvement. C'est le pouvoir politique qui attaque. Le peuple doit légitimement se défendre sans tomber dans le piège de la provocation tendu par le gouvernement.



8 – Quand les masses scandent leur slogan « Démission du gouvernement », les négociations limitées à l'avenir du parc Taksim-Gezi n'ont aucun sens. Le gouvernement feint de ne pas comprendre que les vieux équilibres ont été complètement bouleversés et qu'ils ne pourront pas être rétablis. Tout le monde sait que le mouvement populaire n'est pas le produit du seul souci pour les arbres du parc Gezi. La colère du peuple porte sur les projets de rénovation urbaine, la toute-puissance du marché, les interventions envahissantes dans la diversité des modes de vie, l'Atlantisme et la subordination aux États-Unis, les politiques réactionnaires, et l'attitude belliciste vis-à-vis du peuple syrien. L'AKP ne peut pas tromper le peuple turc avec son discours du « Nous planterons plus d'arbres que ceux que nous allons déraciner ».



9 – Il faut nous retrousser les manches, afin de créer une alternative dans les intérêts des travailleurs, il faut que le mouvement se porte sur certaines revendications concrètes. Ces revendications peuvent être actées en cas de démission du gouvernement ou d'Erdogan :



a) Le gouvernement doit annoncer que les projets qui comprennent la démolition du parc Gezi et du Centre culturel Ataturk sont annulés ;



b) Ceux qui ont été placés en garde à vue durant la résistance doivent être libérés et toutes les charges contre eux doivent être abandonnées immédiatement ;



c)Tous les agents de l’État dont les crimes sont avérés par les rapports des commissions formées par le Syndicat des associations du barreau et autres associations d'avocats locales doivent être relevés de leurs fonctions ;



d)Les tentatives de faire obstacle au droit du peuple à obtenir de véritables informations sur les événements doivent cesser immédiatement ;



e)Toutes les interdictions concernant les réunions, manifestations et défilés doivent être levées ;



f)Tous les obstacles de fait ou de droit qui empêchent la participation politique du peuple, y compris le seuil de barrage à 10% et les articles anti-démocratiques de la « loi sur les partis politiques », doivent être supprimés ;



g)Toutes les initiatives qui tentent d'imposer un seul mode de vie à tout le monde doivent cesser ;



10 – Ces revendications urgentes n'affecteront d'aucune manière notre droit et notre devoir consistant à s'opposer au pouvoir politique. La riposte populaire au gouvernement doit être renforcée, et les efforts doivent se concentrer sur l'élaboration d'une véritable alternative sur la scène politique.



11 – Le drapeau turc, avec étoile et croissant, qu'on a tenté d'utiliser pour offrir une couverture aux attaques réactionnaires et chauvines contre les travailleurs, les militants de gauche, les Kurdes après le coup d'Etat militaire fasciste du 12 septembre 1980, est désormais repris des mains des fascistes par le peuple turc et a été remis entre les mains de Deniz Gezmis [NdT : militant révolutionnaire fondateur d'un groupe armé d'extrême-gauche après 1968, axé sur la libération de la Turquie de l'emprise de l'impérialisme américain, il est arrêté puis exécuté en 1972], un drapeau parmi les patriotes turcs.



12 – Le mouvement populaire, depuis le début, n'a cessé de lutter contre la sinistre stratégie consistant à monter une communauté contre une autre en Turquie. Il nous faut maintenir cette attitude, ne cédant aucune place au chauvinisme ou au nationalisme trivial.



13 – En lançant un appel à nos frères et nos sœurs kurdes, nous avons déjà déclaré qu' « il ne peut y avoir aucun accord de paix avec l'AKP ». Il ne peut y avoir aucun accord avec un pouvoir que son propre peuple désavoue, et dont la véritable face a été révélée. Les dirigeants politiques kurdes doivent abandonner « tout espoir d'aller plus loin dans le rapprochement avec l'AKP », et doivent devenir une composante forte d'un mouvement populaire uni, patriotique et éclairé.



14 – Nos citoyens qui ont perdu leurs vies, victimes des forces de police du pouvoir en place, ont sacrifié leurs vies au nom d'une lutte juste et historique. Notre peuple n'oubliera jamais leurs noms, et ceux qui sont responsables de leur mort doivent en payer le prix devant la justice.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Turquie
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BA 06/06/2013 08:22


Mercredi 5 juin 2013 :


 


Cette extrême-droite qui fantasme sur un coup d’Etat militaire.


 


Un groupe royaliste qui se revendique du Printemps français appelle à un «coup de force» de la part d'officiers catholiques, sans crainte de donner des noms !


 


Un magazine largement diffusé sur Internet par un groupe maurrassien baptisé « Lys Noir » cite le nom de généraux de premier rang, connus pour leur position « catho-tradis ». Leur appel
intervient alors que les esprits s’échauffent dans les milieux militaires sur fond de rumeurs faisant état d’un fichage par les franc-maçons des officiers et de leurs familles engagés dans la
Manif pour tous.


 


C’est le retour de « l’Appel au soldat », façon Maurice Barrès. Dans le sillage du Printemps français, ce mouvement informel apparu avec la Manif pour tous, des militants d’extrême-droite
s’adressent aujourd’hui aux militaires en des termes inquiétants. « Ceux qui évacuent d’un revers de main toute possibilité de coup d’Etat militaire en France feraient bien de réviser leurs
classiques », lit-on dans un journal diffusé sur Internet. Selon les animateurs du groupe Lys Noir, qui viennent de publier le premier numéro du magazine


 


Arsenal, « un coup de force est à nouveau imaginable ». Fantasme ? Assurément. Mais un fantasme nourri d’un malaise palpable dans une partie minoritaire de l’institution militaire. Le coeur de
cible de cette extrême-droite, ce sont les officiers « cathos-tradis », choqués à la fois par la « rupture anthropologique » que constituerait le mariage gay et par le poids des francs-maçons
dans l’entourage du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian. Béatrice Bourges, l’animatrice du Printemps français, affirme « ne pas connaître » le Lys Noir, qui se situe explicitement dans sa «
mouvance ». « Nous ne sommes pas une organisation structurée. C’est un peu désagréable de voir certaines personnes se revendiquer de notre esprit de résistance non-violent. Certains Identitaires
le font déjà… », dit-elle.


 


Arsenal ne prend pas de gants pour désigner ses héros : les généraux Benoît Puga, Pierre de Villiers et Bruno Dary. Ils forment le casting de leur « junte » Ce n’est pas n’importe qui : le
premier est le chef d’état-major particulier du président de la République, le deuxième est le numéro deux des Armées, le troisième l’ancien Gouverneur militaire de Paris. Le top de la hiérachie
militaire. Pourquoi eux ? Benoit Puga est le frère de l’abbé Denis Puga, un prêtre intégriste qui officie à Saint-Nicolas-du Chardonnay. Pierre de Villiers est le frère cadet du vendéen Philippe
de Villiers. Quant à Bruno Dary, qui n’est plus en activité depuis 2012, il s’est engagé avec la Manif pour tous, pour « donner un coup de main » en matière d’organisation. Représentant de la
sensibilité « catho-tradi », ces trois officiers n’ont évidemment rien à voir avec le groupuscule du Lys Noir et n’ont pas encore réagi à cette feuille.


 


Au ministère de la Défense, on prend très au sérieux cette publication bien informée et dont l'appel au coup d'Etat est une première : «la libération de la parole peut entrainer des comportements
déviants» met-on en garde.


 


Joint par L’Opinion, un responsable du Lys Noir, qui ne souhaite s’exprimer que sous le pseudonyme de « Netchaev », assure que « Puga parle évidemment de cette fracture civilisationnelle (le
mariage gay, NDLR) avec son frère lefebvriste. Et les officiers en discutent à table avec leurs enfants qui se font arrêter par la police » lors des actions de la Manif pour tous. Si l’on ne
dispose pas de chiffres fiables, les policiers ont en effet été surpris par le nombre important de fils et de filles de militaires interpellés. Dans un milieu plus habitué aux Journées mondiales
de la Jeunesse (JMJ) qu’aux confrontations musclées avec les CRS, l’affaire fait sensation. « La police de Valls se comporte comme en Allemagne de l’Est », s’affole-t-on dans l’Ouest parisien.


 


Dans les popotes militaires, « les esprits s’échauffent », reconnaît une source bien informée. Une rumeur court : les officiers dont les enfants ont été arrêtés seraient fichés et risqueraient de
voir leur carrière freinée. Le ministère de la Défense dément officiellement l'existence d'une telle liste. En revanche, il confirme qu'une enquête a bien été demandée à la DPSD (Direction de la
protection et de la sécurité de la Défense) au sujet du mouvement intégriste Civitas, où se retrouvent des familles de militaires.


 


Cela n'empêche pourtant pas un officier général de raconter que « la liste est sur le bureau du ministre ! ». « C’est le retour de l’affaire des fiches », explique un autre, faisant référence au
scandale qui secoua la IIIe République laïcarde : en 1902, le ministère de la Guerre s’appuyait sur les loges franc-maçonnes pour ficher les officiers catholiques pratiquants. Franc-maçons ! Le
mot est lâché. Pour le Lys Noir, « le Grand Orient a pris le contrôle de l’armée » et « Netchaev » estime qu’un conflit « pour l’avancement » oppose « les officiers catholiques et les loges ». Un
officier souligne que « la méfiance mutuelle croît ».


 


Une autre « affaire » nourrit les conversations sur les « violences policières ». Une lettre d’un jeune officier de réserve au président de la République circule sur Internet, massivement relayée
par la communauté militaire. Cet officier, anonyme, affirme avoir été « arrêté arbitrairement lors de la Rafle des Champs-Élysées le 25 mai 2013 et détenu pendant 24 heures ». Il « prie » le chef
de l’Etat de vouloir bien (lui) retirer (ses) décorations militaires ». En haut lieu, on s'inquiète d'une «tentation liguarde qui fait penser aux années 30 ». Et de citer la banderole de la Manif
pour tous qu'il a fallu faire retirer de la Tour des Généraux - un immeuble militaire du XVème arrondissement. Ou le cas du colonel Ruffiers d'Epenoux, filmé dans une bagarre contre les Femen et
dont la sanction éventuelle est devenu un casus belli pour de nombreux officiers.


 


Sur fond de nouvelles réductions d’effectifs prévues par le Livre blanc de la Défense, d’un coup de frein sérieux aux avancements et de difficultés dans le versement des soldes à cause du
logiciel Louvois, l’ambiance n’est pas au beau fixe. « On sent une profonde lassitude », témoigne un militaire. Dans un milieu où les familles nombreuses sont légion, la baisse du plafond du
quotient familial est très mal vécue. D’où la tentation des extrémistes de souffler sur les braises. Le Lys Noir, qui trouve que « l’OAS est un mouvement extrêmement estimable », en appelle ainsi
à une « révolution des œillets » à la française, en référence au coup d’Etat de l’armée portugaise en 1974. Un mouvement de capitaines qui mit fin, lui, à une dictature d’extrême-droite… Mais
pour mieux brouiller les cartes, les maurrassiens rêvent que « l’armée sorte des casernes pour imposer une solution politique, qui ne viendra ni des urnes, ni de la rue ». Et installer une «
union nationale » de tous les souverainistes, de gauche ou de droite, dont Jean-Pierre Chevènement serait le « père de la Nation »...


 


Jean-Dominique Merchet.


 


http://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/cette-extreme-droite-qui-fantasme-coup-d-etat-militaire-752