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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 07:05

maastricht.jpg« Le traité de Maastricht est à l'origine de nos problèmes actuels : sortons-en au plus vite ! »

 

Article de Juan Torres Lopez, professeur de théorie économique à l'Université de Séville

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Curieux que peu se souviennent aujourd'hui du Traité de Maastricht, quand là se trouve l'origine des problèmes que connaît aujourd'hui l'Union européenne. Sur la base de tellement de mensonges, on a fait croire aux gens que ce qui arrive aux pays qui subissent des perturbations majeures, est dû à des dépenses publiques sociales trop élevées et que cela a conduit la dette publique à des niveaux insoutenables, déduisant de tout cela la nécessité de mettre en œuvre des politiques d'austérité reposant sur la réduction des droits et des prestations sociales. La réalité est tout autre : ce qui a véritablement fait croître la dette publique (au-delà de l'impact plus récent de la crise financière internationale et la baisse consécutive des recettes de l’État), ce n'est pas l'augmentation des dépenses publiques primaires (c'est-à-dire, celles associées aux dépenses courantes ou d'investissement), mais celle consacrée à payer les intérêts et l'endettement nécessaire pour faire face à la dette accumulée.

 

On estime que les États européens paient aux banques privées près de 350 milliards d'euros par an en intérêts, depuis qu'ils ont cessé d'être financés par les anciennes banques centrales et plus tard par la Banque centrale européenne. Voilà le vrai boulet qui grève les économies européennes, plutôt que le poids insupportable, comme on veut nous le faire croire, de l’État social. Nous ne pouvons nous lasser de répéter que, si le solde primaire de l’État espagnol avait été financé depuis 1989 par un taux d'intérêt d'1% par une banque centrale (comme cela serait logique), le poids de la dette publique espagnole serait désormais de 14% du PIB et non de 87% comme c'est le cas actuellement. C'est une démonstration claire que ce sont les intérêts financiers et non les dépenses sociales qui sont véritablement à l'origine de la dette combattue en remettant en cause les droits et la démocratie.

 

On oublie que ce fut l'article 104 du Traité de Maastricht qui a institué l'interdiction aux Banques centrales de financer les gouvernements. Une condition tout à fait absurde du point de vue économique et financier, qui ne bénéficie qu'aux banques privées, lesquelles ont pu mettre sur pied un business aux dimensions astronomiques : il est facile de calculer que, par conséquent,les banques européennes ont reçu gracieusement 7 mille milliards d'euros depuis qu'a été ratifié le Traité de Maastricht, en intérêts. Un argent qui par ailleurs, au lieu d'être destiné au financement du développement productif européen est allé alimenter la spéculation financière, la formation des bulles, qui en éclatant ont détruit des économies entières et les comptes en milliards que les banques européennes conservent dans les paradis fiscaux, utilisés pour financer tous les types de crimes et de délits, le trafic d'armes, d'êtres humains, de drogue et la corruption politique.

 

Pour rendre tout cela possible, le Traité a mis en place une autre mesure manquant tout autant de fondement scientifique : l'indépendance de la Banque centrale qui, en réalité, a été tout simplement la procédure optimale pour agir librement au service des banques privées. La preuve de cela, la gestion des banques centrales qui, depuis qu'elles sont indépendantes, a été la plus catastrophique de toute leur histoire, ayant produit le plus grand nombre de crises financières et les épisodes les plus graves d'instabilité monétaire. Alors oui, il s'agit de la plus grande redistribution de revenus en faveur des puissants, grâce à une politique de taux d'intérêt et la gestion de la quantité de monnaie en circulation.

 

Avec autant de faveurs pour les banques privées, le Traité de Maastricht est la cause originelle, qui entrave les États européens dans la mise en œuvre de leurs propres politiques économiques. C'est à partir de Maastricht que l'on se retrouve impuissant à contrôler la situation que l'on subit.

 

En outre, c'est toujours ce Traité qui a institué pour la première fois des règles tout aussi absurdes de convergence nominale, dont le temps a démontré qu'elles étaient complètement inutiles pour atteindre l'équilibre et l'harmonie que nécessaire à une union monétaire pour fonctionner correctement, sans créer plus de problèmes qu'elles n'en résout. Ou cette stabilité des comptes, si peu fondée et justifiée d'un point de vue scientifique, qui n'a pas été respectée près de 140 fois par plusieurs États. Et dont toute la perversion se révèle tout simplement en nous demandant dans quelle situation nous serions aujourd'hui, si les pays les plus avancés du monde avaient été sujets à de telles normes de stabilité des comptes pendant 100 ou 150 ans.

 

Mais le Traité de Maastricht n'a pas joué seulement un rôle décisif en introduisant ce carcan économique et ces privilèges qui condamnent les peuples d'Europe à la situation dans laquelle nous nous trouvons, mais aussi dans la manière si anti-démocratique par laquelle il a été ratifié, esquivant tout débat social sur ces aspects essentiels ou pour le dire autrement, en occultant aux citoyens ses conséquences, quitte à le faire adopter par la bande.

 

Maastricht a donc été le premier avertissement le plus clair que les constructeurs et les bénéficiaires de l'Europe néo-libérale n'avaient pas besoin de la démocratie, mais que c'est tout le contraire, et que donc son démantèlement effectif a commencé avec le Traité.

 

Le côté positif de Maastricht, c'est qu'il démontre l'origine illégitime de la dette, qu'elle l'on fait injustement porter sur les épaules des peuples européens. Et c'est, ainsi, la première raison pour le répudier dans toute l'Europe, au plus vite.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Non à l'UE du Capital
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commentaires

van bervesseles 01/12/2012 20:03


Tout le monde peut faire des fautes de frappe , cher camarade ! merci d'avoir rajouté le MILLE ( au 7)...qui ne figurait dans la première version du texte ! avec ce rectificatif , je suis
entiérement d'accord avec l'analyse sur Maastricht ....et je vais la mettre en ligne sur mon blog !


Par contre , je ne pense pas que la lecture de Marx doive se réduire à un cathéchisme : "toutes les religions ne sont qu'erreurs , illusions ou imposture " , écrivait le curé Meslier , précurseur
du communisme ! heureusement que la lecture de Marx n'est pas indispensable pour lutter contre la capital ... Salut et Fraternité . jcvb


 


 

Solidarité Internationale PCF 03/12/2012 13:46



Mes excuses pour cette confusion dans la traduction des termes milliards et billions, très différente selon les langues et assez piégeuse dans tous les cas.


Fraternellement


AC



José-Luis Rubio 01/12/2012 13:30


van Bervesselles: Vous avez mal lu; Ilest écrit non pas 7milliards, mais 7 Mille milliards...


Par ailleurs je crois qu'il faut-effectivement se plonger dans la lecture et l"étude de K.Marx afin de mieux comprendre te apréhender la situation et la possibilité de redressement des pays. Je
me souviens que le résultat du référendum sur Maastricht, en France, le oui l'emporta d'un poil. Vous me direz, qu'importe , le oui l'emporta. Certes, mais cela signifie aussi que bon nombre
d'entre nous avaient débatu sur le traité; et aussi que si bien la "gauche" mittérrandienne et la droite "gaulliste" étaient pour le oui, une part de cette même gauche et de cette mêmedroite
étaient contre (pour la droite je ne parle pas du FN). Souvenons nous du débat télévisé Mittérrand-Séguin, (qui était lui, pour le Non à Maastricht, tout comme JP Chevènement et d'autres à
gauche.

van bervesseles 30/11/2012 18:34


Bonsoir , dans le troisième paragraphe de l'article , il est écrit .." les banques ont reçu gracieusement 7 milliards"... : je pense que ce chiffre est erroné dans la mesure où les intérêts
payés par la France sont déjà de l'ordre de 50 milliards par an !!


de plus 7 milliards depuis Maastricht ( c'est à dire en 20 ans) , c'est une somme ridicule par rapport aux budgets des états de l'UE ! merci d'éclairer les lecteurs sur ces affirmations qui me
semblent bien loin de la réalité .

cotty 30/11/2012 18:09


MERCI XUAN POUR CE COMMENTAIRE INSTRUCTIF ET O COMBIEN MARXISTE... SALUTATIONS FRATERNELLES.

Xuan 30/11/2012 16:49


Pas du tout convaincant : la dette française était de 1
688,9 milliards d’euros à la fin du troisième trimestre 2011.


Marx avait en son temps dénoncé la mainmise des banques sur les dettes publiques. Maastricht n'a fait qu'accentuer un processus
propre au capitalisme et qui existait déjà avant.


« La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste.


La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique. 


[…]


Par un coup de baguette, elle dote l’argent improductif de la vertu reproductive et le convertit ainsi en capital, sans qu’il ait pour cela à subir les risques, les troubles inséparables de
son emploi industriel et même de l’usure privée. Les créditeurs publics, à vrai dire, ne donnent rien, car leur principal, métamorphosé en effets publics d’un transfert facile, continue à
fonctionner entre leurs mains comme autant de numéraire. Mais, à part la classe de rentiers oisifs ainsi créée, à part la fortune improvisée des financiers intermédiaires entre le gouvernement et
la nation - de même que celle des traitants, marchands, manufacturiers particuliers, auxquels une bonne partie de tout emprunt rend le service d’un capital tombé du ciel - la dette publique a
donné le branle aux sociétés par actions, au commerce de toute sorte de papiers négociables, aux opérations aléatoires, à l’agiotage, en somme, aux jeux de bourse et à la bancocratie
moderne.


Dès leur naissance les grandes banques, affublées de titres nationaux, n’étaient que des associations de spéculateurs privés s’établissant à côté des gouvernements et, grâce aux privilèges
qu’ils en obtenaient, à même de leur prêter l’argent du public. Aussi l’accumulation de la dette publique n’a-t-elle pas de gradimètre plus infaillible que la hausse successive des actions de ces
banques… [la Banque d’Angleterre]commença par prêter tout son capital argent au gouvernement à un intérêt de 8 %%, en même temps elle était autorisée par le Parlement à battre monnaie du
même capital en le prêtant de nouveau au public sous forme de billets qu’on lui permit de jeter en circulation, en escomptant avec eux des billets d’échange, en les avançant sur des marchandises
et en les employant à l’achat de métaux précieux. Bientôt après, cette monnaie de crédit de sa propre fabrique devint l’argent avec lequel la Banque d’Angleterre effectua ses prêts à l’État et
paya pour lui les intérêts de la dette publique. Elle donnait d’une main, non seulement pour recevoir davantage, mais, tout en recevant, elle restait créancière de la nation à perpétuité, jusqu’à
concurrence du dernier liard donné. » Le Capital
- Livre premier, Le développement de la production capitaliste, VIII° section : L’accumulation primitive, Chapitre XXXI : Genèse du capitaliste industriel]


http://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm


 


Il est mensonger de faire de Maastricht "l'origine de nos problèmes" :
l'origine de nos problèmes c'est le capitalisme.


Ou bien veut-on nous faire croire qu'il suffirait de revenir à la situation précédente, fermer les frontières et casser l’euro
pour tout régler, pour retrouver l’eldorado perdu ?


Si on s'en tient là, autant s'inscrire chez les gaullistes ou au Front National.


Il en est de même pour les pourfendeurs du néo-libéralisme qui n'est qu'une version récente des
théories économiques bourgeoises. Si les états nationalisent quelques banques comme ils l'ont fait après la crise des subprimes, c'est pour pomper l'argent du peuple afin de les renflouer.
Qu'est-ce que ça change à l'exploitation de la classe ouvrière?


Nous n’avons aucun intérêt à écouter comme des benêts les leçons d'économie des "spécialistes" bourgeois même membres d'ATTAC. Il
faudrait plutôt se prendre le chou avec le marxisme pour comprendre la crise. C’est plus difficile mais il faut savoir ce qu’on veut.