JCPLégislatives au Japon : le Parti communiste conserve 7% des voix et 4 millions d'électeurs face à la droitisation de la vie politique japonaise

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Malgré le raidissement de la droite extrême, nationaliste et anti-communiste, le Parti communiste japonais fait mieux que résister, mobilisant plus de 4 millions d'électeurs sur son nom, lors des élections législatives qui se tenaient ce 16 décembre.

 

Difficile de se dire communiste actuellement au Japon. Non pas que le Parti communiste japonais (PCJ) ne bénéficie pas d'une audience de masse, et d'une popularité au sein des couches laborieuses.

 

Avec 400 000 adhérents, un quotidien (Akahata) chiffrant à 1,5 million d'exemplaires, et un nouvel intérêt pour le marxisme au Japon sur lequel le PCJ a pu faire une nouvelle vague d'adhésions : le Parti communiste aurait même plutôt le vent en poupe actuellement.

 

Victoire écrasante de la droite et percée historique de l'extrême-droite nationaliste

 

Mais avec un contexte international de tensions avec la Chine populaire et la Corée du nord, la campagne électorale a été marquée par le retour d'un nationalisme cocardier et d'un anti-communisme de combat.

 

Le grand vainqueur du scrutin semble être le Parti libéral-démocrate (PLD) qui remporte, avec son allié conservateur Komei, 325 sièges des 480 sièges, et 27,8% des voix à la proportionnelle, tandis que le Parti démocrate (centre-gauche) ressort laminé avec 15% des voix et 57 sièges.

 

Parti traditionnel du grand capital monopoliste, du nationalisme militariste et de l'alliance américano-japonaise, le PLD a encore durci son discours pendant la campagne

 

Un discours axé sur le nationalisme anti-chinois, la réactivation du militarisme nippon passant par la révision des articles « pacifistes » de la constitution, la promotion de réformes ultra-libérales ainsi que la défense acharnée du nucléaire.

 

Mais le véritable vainqueur du scrutin est le Parti de la restauration, un nouveau parti d'extrême-droite créé et mené par l'écrivain nationaliste Shintaro Ishihara. Il devient de facto le deuxième parti du pays, avec 20% des voix et 54 sièges.

 

C'est l'agenda du Parti de la restauration qui a dicté le ton de la campagne électorale, multipliant les provocations contre la Chine et la Corée du nord, brisant le tabou de la remilitarisation du Japon, tout en jouant la corde usée du « déclinisme » japonais face à la puissance émergente chinoise.

 

Des résultats positifs pour le Parti communiste dans un climat hostile

 

Dans ce contexte, les résultats du Parti communiste japonais (PCJ) marquent une remarquable résistance au moment où les forces progressistes plient et rompent sous la droitisation de la vie politique japonaise.

 

Le PCJ conserve 8 des 9 sièges qu'il détenait jusqu'alors. Il obtient 6,2% pour ce qui est des 180 sièges mis en jeu dans le scrutin proportionnel national, et réalise un score de 7,9% pour les 300 autres sièges correspondant aux circonscriptions locales.

 

Si l'agrégation des deux résultats est complexe, le Parti maintient ses scores voire progresse par rapport à 2009 où il avait obtenu respectivement 7 et 4%.

 

Le succès électoral, dans un contexte hostile, s'explique par l'ancrage du Parti communiste japonais dans la société nippone, son organisation dans les quartiers et les entreprises et par un programme proposant des politiques dans les intérêts du peuple, en rupture avec les politiques pro-patronales et pro-américaines du PLD.

 

Parmi les dix propositions avancées par le Parti communiste pendant la campagne :

 

  • une politique de relance passant par la défense du service public et de l’État social ;

  • le rejet de la hausse de la TVA ;

  • l'arrêt immédiat du nucléaire ;

  • le refus du Traité de libre-échange trans-pacifique (TPP) ;

  • la rupture avec les traités de soumission à la puissance américaine ;

  • enfin l'opposition au nationalisme militariste passant notamment par une lutte contre la révision des programmes scolaires, contre la révision de la constitution et enfin pour la promotion de la résolution diplomatique et pacifique des litiges entre nations ;

 

Ce programme a séduit près de 4,7 millions d'électeurs qui ont voté dans les circonscriptions pour des candidats communistes et 3,5 millions à l'échelle nationale, dans le scrutin proportionnel.

 

Dans cette campagne, le Parti communiste a marqué son opposition nette tant avec le nationalisme libéral et militariste du PLD, sous l'influence de l'extrême-droite, qu'avec la politique libérale et pro-américaine suivie depuis cinq ans par le Parti démocrate, supposément de centre-gauche, qui a alimenté cette résistible droitisation.

 

C'est cette intransigeance du Parti communiste japonais, jamais prêt à aucune concession avec les forces du consensus dominant, toujours fidèle au nom de communiste, présent dans la lutte quotidienne dans les quartiers et dans les entreprises, qui en fait toujours un repère pour des millions de travailleurs japonais.

 

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