UE-barbelés« Que le véritable combat contre l'UE commence ! »



Éditorial publié dans le quotidien communiste britannique le Morning Star



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



David Cameron se trouve pris dans un sacré étau. Piégé entre ses amis millionnaires qui adorent les politiques de l'UE pro-patronales et les attaques contre les travailleurs, et de l'autre la droite raciste de son parti qui détestent une UE qu'ils analysent à l'aune de leur nationalisme aveugle.



Guère étonnant qu'il en soit réduit à se tortiller, se contorsionner et à finasser sur la question, avec la promesse d'un référendum dans les cinq années à venir.



C'est une promesse qu'il a aucunement l'intention de réaliser – mais il n'aura certainement à la respecter vu que les Tories (Parti conservateur) sont bien partis pour perdre le scrutin de 2015.



Les divisions autour de l'UE ont paralysé le gouvernement de John Major dans les années 1990. Ce serait une très bonne nouvelle si la guerre de Cameron et George Osborne (ministre de l’Économie) contre les travailleurs étaient de la même façon paralysée par des luttes intestines.



Mais du côté des bancs de l'opposition, il n'y a guère à attendre d'un gouvernement travailliste.



La déclaration d'Ed Miliband, secrétaire du Labour, selon laquelle « nous ne voulons pas d'un référendum sur la sortie de l'UE »confirme, qu'au-delà de quelques postures conjoncturelles de gauche, sa vision pour le Labour est fondamentalement la même que ce néo-libéralisme totalement discrédité, adopté auparavant par Gordon Brown et Tony Blair.



Rien à espérer d'une alternance travailliste pro-européenne



Nous ne pouvons rien espérer d'un gouvernement Miliband qui se range du côté de l'Union européenne. Rien d'une austérité mise en œuvre avec l'UE. Rien de privatisations mises en œuvre avec l'UE. Rien d'attaques contre les droits des travailleurs mises en œuvre avec l'UE. Rien d'une transformation de nos forces militaires intégrées encore plus dans l'OTAN, tout cela dans le cadre de l'UE.

 

Et certainement rien du déficit démocratique de l'UE. Ce bloc n'a cessé de resserrer l'étau sur les gouvernements nationaux afin de s'ingérer dans leurs affaires. Ses responsables non-élus se sont arrogé de plus en plus de pouvoir et dictent les politiques nationales.

 

Sa guerre contre la démocratie est allé jusqu'à imposer des leaders « technocratiques » à l'Italie et en Grèce avec comme ordre de renforcer l'austérité par tous les moyens nécessaires.

 

Ni les Tories ni le Labour, ni les malheureux Libéraux-démocrates, ne désirent réellement nous donner une opportunité d'avoir notre mot à dire sur l'appartenance de la Grande-Bretagne à cet machine supra-nationale belliciste, anti-démocratique et servant les intérêts du grand capital.

 

L'appartenance à l'Union européenne est trop importante pour l'abandonner à la droite conservatrice ou à l'UKIP (Parti pour l'indépendance du Royaume-uni – scission du Parti conservateur euro-sceptique), qui se trouvent du bon côté du débat pour toutes les mauvaises raisons possibles.

 

 

La vraie ligne de fracture : Grande-Bretagne capitaliste (national, européen ou mondial) ou socialiste mais libérée du carcan de l'UE ?

 

Socialistes et syndicalistes doivent oser pousser pour le retrait de l'UE. Nous ne devons pas les laisser nous faire chasser du champ de bataille par des critiques qui essaient d'amalgamer les Eurosceptiques comme des racistes ou des extrémistes faisant le jeu de l'UKIP.

 

Nous pouvons gagner la bataille pour le retrait de l'UE basée sur l'espoir et non sur la peur. Un plan pour un monde meilleur, et non pour un repli vers le rêve d'une « Petite Angleterre ».

 

Si le Labour de Miliband n'offre pas cette vision, alors c'est à nous de faire pression depuis la base. La campagne « People's Pledge », pour un référendum sur la sortie de l'UE, a déjà enregistré un nombre remarquable de signatures et la dynamique ne fera que s'amplifier au cours de l'année 2013.

 

Un référendum sur l'appartenance à l'UE est fondamentalement un référendum sur le type de Grande-Bretagne que nous voulons et qui devrait être à sa tête.

 

Les trois principaux partis veulent une Grande-Bretagne capitaliste dirigée par l’élite mondialisée. La droite conservatrice et l'UKIP veulent une Grande-Bretagne capitaliste dirigée par l'élite britannique.

 

Nous voulons une Grande-Bretagne gouvernée par le peuple britannique. Nous voulons une Grande-Bretagne socialiste – et cela ne sera pas possible tant que nous ne serons pas libérés de l'emprise des banquiers bruxellois.

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