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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 07:06

1108997872aff7da9eb5999c44870285.jpg.pagespeed.ce.FywlzdjGc.jpgLes communistes de Styrie (Autriche) saluent le rejet par le peuple autrichien d’une « armée de métier » intégrée à l’UE et à l’OTAN

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le 20 janvier, le peuple autrichien a rejeté à 58% le passage d’une « armée populaire » de conscrits à une « armée professionnelle » intégrée dans les dispositifs de défense intégrée de l’Union européenne.

 

La campagne fut rude, les lignes de fracture brouillées, l’information biaisée.

 

Parmi les plus chauds partisans de l’ « armée de métier », les partis dits de « gauche », entraînés dans leur glissage européiste et atlantiste.

 

Le parti social-démocrate (SPO) et les Verts – à rebours de leurs positions historiques –  ont concentré leurs attaques sur le service militaire : un vestige ringard d’un autre temps, un carcan collectif pour les libertés individuelles.

 

Derrière ces arguments de façade, l’argumentaire rationnel de la « gauche » était celui de la nécessité de lutter contre les « nouvelles menaces », terroristes, de s’intégrer à la défense européenne commune pour participer à des missions de « maintien de l’ordre » à l’étranger.

 

A volte-face de ces positions historiques, la droite conservatrice (OVP) a joué l’opposition tactique pour canaliser le mécontentement populaire. Elle a pourtant toujours été à l’avant-garde de la campagne pour le rétablissement d’une armée de métier.

 

Parmi les opposants, les communistes de Styrie (KPO) ont été les seuls à porter leur ligne d’opposition sur une base politique claire, alors que la direction nationale du KPO alignée sur le PGE, a fait le choix de rester en-dehors du débat.

 

Pourquoi les communistes styriens s’opposent à l’ « armée de métier » ?

 

Alors que les partisans de l’ « armée de métier » ont tenté d’orienter vers le débat vers une fausse question : « pour ou contre le service militaire ? », les communistes styriens ont retourné la question : « pour ou contre la neutralité de l’Autriche ? »

 

Selon la re-formulation du KPO de Styrie : « voulons-nous nous diriger avec l’UE vers les aventures impérialistes des grandes puissances, ou suivre une voie indépendante basée sur une neutralité permanente ? »

 

Les communistes styriens ont donc tout d’abord balayé l’argument de la simple « défense du service militaire » en rappelant leur combat pour l’alternative du « service civil » et en proposant son élargissement.

 

Ensuite, ils ont rappelé les arrière-pensées des promoteurs du référendum. La mise en place d’une « armée de métier » représente une étape décisive vers l’intégration de l’Autriche à la défense commune européenne, pilier européen de l’OTAN depuis 1999.

 

Autrement dit, le passage à une « armée de métier » représenterait d’une part la remise en cause de la neutralité autrichienne, à laquelle le peuple autrichien est profondément attaché et pour laquelle les communistes ont joué un rôle important après-guerre.

 

D’autre part, ce serait un pas supplémentaire dans l’intégration européenne au moment où celle-ci est fortement contestée en Autriche. Et un pas par ailleurs dans l’intégration aux aventures impérialistes auxquelles l’Autriche a dans une certaine mesure échappé.

 

Deuxième argument des communistes styriens, le danger que se forme une barrière entre cette « armée de métier » et le peuple autrichien, et que cette nouvelle armée soit utilisée non seulement pour des missions à l’étranger mais aussi pour des opérations de sécurité intérieure.

 

Les communistes rappellent un douloureux précédent historique : 1934.

 

L’armée professionnelle autrichienne avait alors joué un rôle décisif en intervenant aux côtés des fascistes pour écraser la résistance socialiste et communiste à la fascisation du pays.

 

Dans l’imaginaire collectif, l’ « armée de métier » reste ainsi associée au fascisme et à la répression des forces démocratiques et ouvrières (socialistes et communistes) autant que l’ « armée de populaire » est synonyme de paix et de neutralité.

 

Les communistes ne sont pas seuls : pacifistes, syndicalistes, intellectuels disent Non aussi !

 

En réalité, les communistes ne sont pas seuls dans ce combat. Syndicalistes, pacifistes, intellectuels, nombreux sont ceux à gauche qui ont rappelé les fondements démocratiques de l’ « armée populaire » puisant dans la Révolution française.

 

Nombreux sont ceux qui ont alerté sur le danger d’une fascisation de l’armée de métier – contrairement à une armée populaire reflétant la diversité des opinions et conditions – et sur la facilité d’utiliser une armée de métier pour mener des opérations à l’étranger.

 

Au sein même des Partis sociaux-démocrates et verts, formations historiquement favorables à l’armée de conscrits, des voix se sont faites entendre pour dénoncer cette trahison au nom d’une ligne farouchement pro-européenne.

 

Contrairement à la ligne nationale inexistante du KPO, les communistes de Styrie se sont retrouvés en phase avec le peuple autrichien et avec les aspirations des pacifistes autrichiens, bien que des débats restent ouverts, notamment sur le maintien d’une armée fédérale.

 

Après le résultat historique obtenu à « Stalingraz » en novembre dernier (20% aux municipales), les communistes de Styrie montrent qu’une ligne communiste conséquente permet de construire les bases d’un rapport de forces pour combattre la politique de l’UE, bloc européen de l’OTAN.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Autriche
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Isabelle 01/02/2013 00:58


Le peuple de styrie a fait un choix.Toutefois,en matière militaire,une armée d'engagés ou une armée de conscrits est un choix de politique "intérieure",dans les deux cas sans démocratie et sans
projet social,qu'elle que soit sa forme légale,ses buts doivent être au service des intérêts du peuple,non d'une caste.L'armée nationale a un avantage,tout citoyen devrait recevoir selon sa
conscience objecteur ou non,une formation militaire,je trouve,en effet,que le brassage social,de la conscription,est un atout pour le contrôle démocratique de l'armée.