JCPLes communistes japonais au plus haut depuis 15 ans : ils doublent leurs sièges aux sénatoriales et frôlent les 10%

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Depuis le début de la crise, le Parti communiste japonais défie tous les « déclinologues » qui prédisent sa fin inéluctable. Résistant aux législatives de 2012, conquérant aux élections municipales de Tokyo en avril et triomphant lors des sénatoriales de juillet 2013.

 

Certes, l'événement marquant, et inquiétant, c'est la victoire écrasante du Parti libéral-démocrate (PLD) de Shinzo Abe, le parti des monopoles (keiretsu) japonais ainsi que du national-militarisme revanchard. Le PLD récupère 65 nouveaux sièges, obtenant en tout 115 sièges sur 242.

 

Le second enseignement, c'est la débandade du Parti démocrate, sanctionné pour sa convergence de vues avec le PLD sur les questions essentielles, notamment la politique économique. Il ne gagne que 17 sièges (en ne récoltant pas le moindre siège à Tokyo!) gardant encore 59 sièges.

 

La surprise, pour les médias dominants tout du moins, ce fut la percée spectaculaire du Parti communiste du Japon qui remporte 8 sièges, dont 3 au scrutin par circonscription

 

Les meilleurs résultats pour le Parti communiste depuis 15 ans

 

Les instituts de sondage avaient tablé sur un résultat autour de 5-6% pour le PC japonais. D'après les estimations à ce jour, il aurait obtenu 9,5% au scrutin proportionnel et dépassé les 10% au scrutin par circonscription, gagnant près d'1,5 million de voix.

 

AJ201307220071M.jpgDe 6 sièges en 2010, le Parti communiste passe désormais à 11. Pour la première fois depuis quinze ans, il remporte plus d'un siège dans la part du scrutin par circonscription. Mieux il en obtient 3, un à Tokyo, un à Kyoto et un à Osaka.

 

C'est la première fois depuis 15 ans que le Parti communiste regagne des sièges au Parlement. Il s'installe désormais comme la première force réellement « de gauche » du pays.

 

A Tokyo, il fait le tour de force de passer devant le Parti démocrate et de se classer deuxième force de la capitale. En juin, les municipales à Tokyo l'avaient déjà vu obtenir 13% des voix et fait passer ses sièges au Conseil municipal de 8 à 17.

 

Le résultat d'un travail de masse sur des positions d'opposition au consensus capitaliste dominant

 

top-kakusan-bu.pngComment expliquer ce spectaculaire regain du Parti communiste ? Les médias semblent se focaliser sur la communication habile sur le net du parti, qui avait notamment misé sur des logos et personnages virtuels originaux pour attirer les jeunes. La raison est bien plus profonde.

 

D'une part, le parti communiste continue d'incarner le seul parti d'opposition au consensus capitaliste dominant, entre Parti démocrate et Parti libéral-démocrate.

 

Il a mené campagne contre les « Abenomics », y percevant à juste titre une politique dans les intérêts du capital : hausse de la TVA, casse de la protection du travail pour les travailleurs ; cadeaux fiscaux, investissements favorables au capital, injection de monnaies et baisse du taux d'intérêt pour les entreprises.

 

Mais il aussi mené campagne contre le Traité de libre-échange (dit trans-pacifique) avec les États-Unis, contre la ligne atlantiste du gouvernement ainsi que son nationalisme revanchard, contre les propositions de révision militariste de la constitution, enfin contre la relance de la politique énergétique donnant la priorité au nucléaire.

 

Au cours des dernières de semaine de campagne, il a notamment axé la lutte contre les « entreprises noires », ces entreprises qui sur-exploitent leurs employés, sans nécessairement les payer plus, les tuant à la tâche : le phénomène des kairoshi.

 

Le Parti communiste a demandé à ce que ces entreprises soient lourdement sanctionnées et menacées de fermeture, si ces pratiques perduraient.

 

Cette ligne d'opposition résolue est portée par une organisation communiste de masse, pouvant compter sur 400 000 militants et un quotidien, Akahata (le drapeau rouge) qui vend 1,4 millions d'exemplaires par jour !

 

Depuis 2008, le Parti communiste connaît une renaissance, dans le sillage de la crise. L'afflux de jeunes, notamment précaires, est massif tandis que le marxisme dans son ensemble connaît un regain manifeste.

 

La progression historique du Parti communiste japonais est révélatrice que le communisme a le vent en poupe dans le monde entier, y compris dans la troisième économie du monde.

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