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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 05:39

EU_flag-0011.jpgPour les cheminots écossais, pas d'avenir pour une Ecosse indépendante dans une Union européenne des patrons



Article de Phil McGarry, cadre syndicaliste écossais du RMT (Syndicat des cheminots britanniques)



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le « livre blanc » du gouvernement écossais publié le 26 novembre suggère que les intérêts de l’Écosse seraient les mieux garantis par le maintien dans l'Union européenne, et que les négociations commenceraient immédiatement après un vote « Oui » et seraient achevés par la date proposé pour l'indépendance : mars 2016.



Arrêtons-nous un moment, et rappelons-nous que le gouvernement de John Major a privatisé la British Rail sur le modèle de la directive européenne 91/440/EC.



Son gouvernement a introduit les Réglementations sur les chemins de fer de 1992 qui a lancé le processus de privatisation sous la section 2 de l'Acte sur les Communautés européennes de 1972, afin de se mettre en conformité avec la directive européenne 91/440/EC.



Ce fut le premier schéma de privatisation dans l'Europe, et l'acte de 1972 consiste en quatre axes majeurs :



(a) – autonomie opérationnelle pour les opérateurs des chemins de fer, tels que les compagnies prêtant le matériel ou celles assurant les opérations de transport ;

(b) – séparation de l'infrastructure des opérations ;

(c) – accès ouvert aux investissements internationaux ;

(d) – introduction de péages pour assurer une base financière viable aux opérateurs ;



Ces critères ont ouvert la voie à sa Stratégie de libéralisation du rail au sein de tous les Etats-membres, en usant comme instrument les réglementations et directives de l'UE.



Pour agir dans cette voie, la Commission européenne devait aller plus loin, ce qu'elle fit avec les trois paquets ferroviaires en 2001, 2004 et 2007.



En mai 2008, la Commission européenne a lancé de sérieuses mises en garde aux gouvernements élus afin de mettre un terme aux aides publiques « dissimulées » aux chemins de fer, confirmant que les objectifs à long-terme de la Commission sont de transférer des ressources d'un chemin de fer public à un secteur du rail guidé par le profit, œuvrant pour le fret et le transport d'hommes d'affaires.



L'agenda de libéralisation du rail de la commission en 2010 vise à empêcher les Etats-membres de se servir des services de fret profitables pour subventionner les services de passagers déficitaires.



Nous apprenons désormais que la commission propose de nous rejouer le coup du 1 er paquet ferroviaire, appelé maintenant 4 ème paquet ferroviaire, pour déstructurer tout le secteur public, les chemins de fer contrôlés par l’État et d'utiliser le marché et les réglementations de l'UE sur la concurrence pour créer un transport international sous la coupe des grandes entreprises, des monopoles logistiques afin de créer un « marché unifié du chemin de fer européen » qui serait exploité par le secteur financier dans leur course aux « profits à tout prix ».



Le 4 ème paquet ferroviaire spécifie que tous les services devront être soumis à des appels d'offre concurrentiels obligatoires, s'accompagnant de la libéralisation de tous les services de passagers ferroviaires intérieurs.



Non content de cela, l'UE et les États-Unis sont actuellement en train de négocier un traité pour ouvrir tous les secteurs, y compris à la santé, à la « concurrence ».



Le Partenariat trans-atlantique pour le commerce et l'investissement actuellement en négociation pose une sérieuse menace à tous les services publics, en particulier la santé et l'éducation.



Ce projet ouvrira en réalité tous les services publics à la concurrence et ce sera la même chose pour le bâtiment, les transports et la collecte des déchets.



Ce traité secret s'appuie sur les droits des investisseurs, non sur les standards du service public, et donne aux entreprises le droit de poursuivre les gouvernements qui restreindraient l'accès à toute forme de prestation de service potentiellement marchandisable.



Sa clause sur le règlement des querelles entre investisseurs et États permettrait aux avocats d'imposer des amendes draconiennes permettant de compenser les pertes potentielles de l'entreprise sur le marché, lui permettant également de passer outre toutes les procédures démocratiques, au niveau national.



La levée de boucliers contre cela a contraint la commission européenne à annoncer « une consultation publique de 90 jours à la lumière de ces représentations erronées ».



En fait, la commission va juste revenir avec un nouveau texte disant la même chose en utilisant des mots différents. On se rappelle de l' « Europe sociale » promise par le commissaire européen Jacques Delors il y a 25 ans au Congrès du Trade Union Congress, à Bournemouth.



Ici, en Écosse, notre gouvernement continue de nous dire qu'il n'y a pas d'autre alternative si ce n'est d'obéir à la politique de l'UE, en cela il s'est déjà soumis à l'idée de diviser le réseau ferré écossais en services « de jour » avec une franchise séparée pour les « services de nuit », et de les soumettre à appel d'offres – cinq entreprises se sont engouffrées dans ce contrat lucratif.



De la même façon, il a séparé et privatisé le secteur du ferry, livrant le contrat à Serco pour gérer les services Northlink.



Un document de consultation ultérieur, dans le cadre de l' « analyse des ferry » propose de fragmenter les routes et de les vendre selon les réglementations sur la concurrence de l'UE.



Nous, au RMT, croyons que la privatisation ouvrira la porte à l'exploitation de travailleurs étrangers.



Actuellement, des compagnies maritimes utilisent des failles légales pour exploiter des travailleurs étrangers moins chers sur des navires britanniques.



Ces questions nous préoccupent grandement, tout comme la situation en Grèce, Espagne, Italie, Irlande et désormais Chypre. Des mesures d'austérité sont imposées à ces pays.



La privatisation généralisée, le haut niveau de chômage, les attaques contre les droits à la retraite des travailleurs, la réduction du salaire minimum – quand il existe – le gel des salaires du public, la suppression des conventions collectives, et les contrats zéro heure, tout cela au nom de la « FLEXSECURITE ».



Ces mesures vont dans le sens des arrêts de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), l'affaire Viking sur la liberté d'installation, et l'arrêt Laval sur la libre circulation des services.



La CJUE est un tribunal patronal qui garantit la mise en œuvre de directives européennes pour libéraliser et privatiser nos services publics.



Elle remet en cause les accords, les salaires, retraites et contrats de travail qui rentrent en contradiction avec les « quatre libertés de circulation » de l'UE – travail, capital, biens et services.



Les dernières informations laissent présager que le gouvernement grec imagine une « nouvelle législation » qui reviendra sur la capacité des syndicats à s'organiser et rendra plus difficile la possibilité de faire grève.



Premièrement, il y aura une réduction des détachements syndicaux dans le service public.



Deuxièmement, les règles sur les actions de grève seront durcies. A l'avenir, les grèves ne seront légales que si elles sont soutenues par une majorité de syndicalistes qui ont été appelés à l'action, alors que les syndicats devront poser un pré-avis précoce sur leurs intentions.



Troisièmement, les patrons auront à nouveau le droit de mettre les travailleurs en « lock out » en cas de luttes sociales.



Enfin, le gouvernement prévoit de revoir le financement des syndicats qui, en Grèce, comprend une partie importante de soutiens de la part de l'Etat, avec un système de cotisations obligatoires qui font partie du système de sécurité sociale.



Tout cela nous semble bien familier, et cela aura un impact majeur.



Ces exigences sont celles imposées par l'UE en échange des « plans de renflouement » orchestrés par la Troika : la BCE, le FMI et la Commission européenne.



Ces États-membres, au sein de la zone euro, avaient reçu l'injonction en des termes ne souffrant d'aucune équivoque qu' « ils ont besoin de contrôler les dépenses en s'assurant que leurs déficits annuels n'excéderont pas 0,3 % du PIB d'ici 2013 ».



Si c'est le cas, ils seront placés au sein du programme sur le dépassement du déficit et seront pénalisés en conséquence.



Les travailleurs à travers tout le continent on rejeté ces propositions. Des grèves générales répétées ont eu lieu au Portugal, en Grèce, en Espagne et en Irlande.



Les partis communistes et de gauche – d'Espagne, de France, du Portugal, de Chypre, d'Italie, d'Allemagne et de Grande-Bretagne – ont tous signé une déclaration affirmant que « la crise de l'Union européenne montre que l'UE n'est pas réformable et est, dans le fond, une structure néo-libérale et militariste ».



Au Portugal, en Grèce, en Italie et à Chypre, ces partis appellent à un retrait de la zone euro comme prélude à un démantèlement de l'Union européenne, et c'est pourquoi le RMT est fier de soutenir et parrainer notre mouvement « No2EU (Non à l'Union européenne) : oui aux candidats des droits des travailleurs pour les élections européennes du 22 mai ». Notre manifeste est simple et juste :



Oui aux droits des travailleurs

Sortie de l'UE sur la base de politiques socialistes.

Maintien de l'UE hors de la zone euro

Non à l'austérité d'où qu'elle vienne, de Bruxelles ou de Londres

Rejet des traités et des directives de l'UE qui remettent en cause la démocratie et encouragent le dumping social et la privatisation

Non aux accords commerciaux de l'UE, comme le Traité trans-atlantique avec les Etats-unis

Abandon des règlements de l'UE empêchant les Etats-membres de contrôler leurs politiques économiques

Développer une industrie, une agriculture et une pêche durables en Grande-Bretagne

Repousser les arrêts de l'UE contraires au monde du travail

Non au racisme et au fascisme, et oui à la solidarité internationale et aux travailleurs

Non à la militarisation de l'UE et à une armée européenne

Restaurer les pouvoirs démocratiques des Etats-membres de l'UE



Finalement, 4,1 millions d’Écossais pourront voter le 18 septembre, et nous aurons notre mot à dire sur notre sort futur.



Cependant, notre avenir réside-t-il dans l'Europe ou non ? Pouvons-nous vraiment avoir notre mot à dire sur notre propre sort ?



Les réponses à ces questions incombent à notre gouvernement en Écosse.



La motion 93 de mon syndicat au congrès cherche à obtenir du soutien pour un référendum sur l'Europe, si l’Écosse venait à voter pour l'indépendance.



Un référendum ultérieur sur l'Europe doit être vivement considéré pendant la période de transition. Laissons les Écossais avoir un mot à dire sur notre avenir, qu'il soit dans ou hors de l'Europe.



L'avenir est entre nos mains, et nous devons demander aux Écossais de tirer leurs propres conclusions raisonnables.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Royaume-Uni
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clovis simard 18/09/2014 19:28


L'AVENIR DE L'ÉCOSSE C'EST MATHÉMATIQUES(fermaton.overblog.com)