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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 13:34

logtupo-pame2.jpgProgression du syndicat de classe PAME, lié aux communistes, aux élections professionnelles du secteur privé en Grèce





Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Du 22 au 25 mars 2013 avait lieu le 35ème Congrès de la Confédération générale des travailleurs de Grèce (GSEE) à Alexandroupolis. Des fédérations sectorielles et des « Centres de travail » (unions locales syndicales) des travailleurs du secteur privé y participent.



Les forces de classe, soutenues par le KKE, ne font pas que maintenir leur position dans la GSEE lors du congrès, elles progressent, élisant 10 de leurs représentants au Bureau de la GSEE (un de plus qu'auparavant). De plus, en dépit du recul du groupe social-démocrate PASEKE, soutenu par le parti PASOK, le scénario des élections législatives ne s'est pas répété et les forces de SYRIZA sont restées à un niveau relativement bas (voir les résultats complets ci-dessous). Il nous faut prendre note des éléments suivants pour expliquer l'évolution du mouvement syndical dans notre pays.



Le PAME (Front militant des travailleurs) a été fondé en Grèce en avril 1999, avec la participation de 230 syndicats de base, 18 fédérations sectorielles et organisations syndicales régionales et 2 500 syndicalistes élus. Le PAME a rallié depuis des dizaines de syndicats de base, fédérations sectorielles et centres de travail adoptant la ligne de la lutte de classe contre le capital, l'Union européenne, les gouvernements bourgeois. Les forces du PAME, bien qu'elles n'aient pas quitté la Confédération des syndicats du privé (GSEE) et du public (ADEDY), coordonnent leurs activités séparément, et ont leur propres organes de coordination. Le PAME, qui dispose du soutien intégral du KKE, affirme que la lutte pour les intérêts des travailleurs est directement liée au renforcement du front contre le syndicalisme pro-patronal et gouvernemental, contre les majorités de la GSEE et de l'ADEDY. Le PAME pose ses propres revendications et objectifs lors des mobilisations de grèves, organise ses propres manifestations militantes, contre les directions bureaucratiques collaboratrices de la GSEE et de l'ADEDY. Les forces du PAME ne participent pas au présidium du GSEE.



Les congrès des fédérations sectorielles et des centres de travail ont eu lieu avant le Congrès de la GSEE afin d'élire les délégués au 35 ème Congrès de la GSEE. Les travailleurs (membres des syndicats) lors de ces élections votent pour des équipes de direction et des délégués sur la base de coalitions, soutenues par diverses forces politiques.



A la veille du Congrès, le PAME a souligné les éléments suivants :



« Le 35 ème Congrès de la GSEE constitue un nouveau congrès bien éloigné des problèmes et des besoins de la classe ouvrière, ses enfants, les chômeurs, les retraités. Un nouveau congrès pour la désorientation, l’assujettissement et l'enfermement du mouvement syndical dans la ligne de la collaboration de classe, de l'orientation du gouvernement, de la trahison des intérêts de la classe ouvrière pour sauver et perpétuer les profits et l'exploitation capitalistes.



Ce sera un nouveau congrès pour appuyer les exigences et la stratégie du capital, de l'Union européenne et les options gouvernementales. Cette ligne historique de la collaboration de classe et de la soumission, avec la responsabilité de la majorité de la direction de la GSEE : PASEKE (coalition du PASOK), DAKE (coalition de la Nouvelle démocratie/droite), Intervention indépendante (coalition de SYRIZA), est la première cause de la dégénérescence du mouvement syndical et le premier obstacle au rassemblement et à sa renaissance sur des bases de classe. Aucune transformation, comme cherche à le faire de façon fort hypocrite la direction du PASEKE, ou dénonciation tardive du syndicalisme pro-patronal et gouvernemental, comme le mouvement syndical de SYRIZA et d'autres tentent de le faire, ne les dédouaneront de leurs responsabilités. Il est temps que la classe ouvrière, à partir de la base, renverse le rapport de forces.



Les forces qui forment le PAME (fédérations, unions locales, syndicats de base et centaines de syndicalistes élus), unies avec un certain nombre de syndicalistes honnêtes, n'ont pas seulement pris leurs distances avec cette spirale descendante mais ont joué un rôle majeur dans le rassemblement et la renaissance du mouvement syndical, pour l'organisation de sa résistance et l'unité dans ses rangs sur la base de ses intérêts de classe dans la guerre qui a été déclenchée. Ils ont adopté et soutenu de façon résolue le mot d'ordre né dans les rudes luttes de classes actuelles : soit vous êtes du côté du capital, soit du côté des travailleurs ».



Le PAME a insisté sur le fait que : « Seule cette ligne de lutte peut faire renaître le mouvement de classe. La crise capitaliste a exposé les impasses d'un système en voie de pourrissement. »



Le PAME a fait observer dans sa déclaration que : « depuis sa fondation, il a pris ses distances et a été cible d'une offensive menée par les directions syndicales collaboratrices, il a élaboré ses propres propositions, à partir de revendications qui correspondent aux besoins actuels et réels des familles de la classe ouvrière et des couches populaires. Il a organisé et soutenu des luttes qui furent de grands succès, au moment où d'autres forces à la tête de la GSEE étaient de l'autre côté de la barrière et faisaient tout pour saborder le mouvement. Il a pris ses distances quant à la nature de la crise avec son mot d'ordre central : « pas de sacrifice pour la ploutocratie » lorsque les forces de la paix de classe négociaient de nouvelles coupes dans le cadre du dialogue social afin de ne pas pénaliser la compétitivité de l'économie grecque, acceptant fondamentalement la co-responsabilité de la dette.



Le rôle fondamental et la mission du PAME ne se réduisent pas à la lutte quotidiennes, les luttes petites ou grandes pour la défense des droits des travailleurs. La présence et l'activité des forces sur des positions de classe y est désormais tenues pour acquise et payante. Il a joué un rôle majeur dans des milliers de luttes, de plus ou moins grande ampleur. Il n'y ait aucun problème urgent pour les familles ouvrières dont il ne se soit pas emparé. L'objectif fondamental et la mission du PAME est d'unir, de rassembler la classe ouvrière sur des positions de classe. Un mouvement qui peut chasser la peur de nos rangs et remporter certaines victoires est un mouvement qui luttera sur tous les problèmes quotidiens et en même temps luttera pour que le peuple conquière le pouvoir.



Nous recherchons le rassemblement du mouvement ouvrier et populaire sur cette ligne, une réorganisation plus efficace et dynamique des syndicats de base, le changement du rapport de forces dans le mouvement syndical. Nous recherchons à rallier tout le monde à cette ligne. Ouvriers et employés, fédérations, unions locales, comités de lutte, comités populaires, syndicalistes. Afin que la lutte unifiée et l'alliance populaire sortent renforcées. L'offensive est unitaire, elle frappe toutes les couches populaires, elle rend impérieuse la formation d'un front uni de lutte des ouvriers, employés, retraités, petits paysans, travailleurs indépendants, femmes et des jeunes ».



Les résultats du 35 ème Congrès de la GSEE



Le rassemblement soutenu par le KKE et d'autres forces rassemblées dans le PAME se sont renforcés lors du 35 ème Congrès de la GSEE. Les résultats dans le détail :



  • DAS (la coalition soutenue par le KKE et par laquelle les forces du PAME dans la GSEE s'expriment) a reçu 94 voix, 10 sièges (contre 9 auparavant), soit  22.22% des voix ;

  • PASKE (coalition soutenue par le parti social-démocrate PASOK) a obtenu 146 voix et est tombée à 16 sièges (contre 22 auparavant), avec 34,52% des voix ;

  • DAKE (coalition soutenue par le parti de droite ND) a obtenu 103 voix et a gardé les 11 sièges qu'elle avait, avec 24.35% des voix ;

  • Intervention indépendante (coalition de SYRIZA intégrés par certains membres du PASKE désormais) a obtenu 44 voix et 5 sièges (contre 3), avec 10,4% des voix ;

  • La coalition « Emeis », constituée de syndicalistes anciennement membres du PASEKE, a obtenu 32 voix et 3 sièges, avec 7,57% des voix ;



Comme nous l'avons souligné dans la déclaration du PAME : « Aujourd'hui, si la lutte de chaque syndicat, et en particulier des confédérations ne remet pas en cause le développement basé sur le profit capitaliste, alors le syndicat ne mène pas la lutte de classe, il trahit les intérêts de la classe ouvrière. De telles organisations syndicales constituent un point d'appui de la ligne politique des monopoles et leur rôle est dangereux pour la classe ouvrière.



Aujourd'hui, nous avons besoin d'un mouvement de classe, qui fasse barrage à la ploutocratie, organisé et opposé aux patrons, organisé sur le lieu de travail et dans chaque branche. Un mouvement émancipé des forces pro-patronales, qui sera soutenu et se développera sur la base d'une alliance sociale, ce qui signifie qu'il ne luttera pas pour des améliorations partielles mais dans les intérêts des familles de la classe ouvrière et des couches populaires dans leur ensemble, un mouvement qui placera la question centrale à leur programme, qui ne pourra trouver de réponse que chez la classe ouvrière, les travailleurs :



C'est nous ou les monopoles !

Vous êtes soit avec le capital soit avec le peuple !

Développement pour le peuple ou pour les profits des monopoles...

Sans toi rien ne peut tourner, ouvrier, tu peux t'en sortir sans les patrons !



Des solutions toutes prêtes et des mobilisations sans sacrifices, des luttes gagnantes sans organisation et sans participation des travailleurs, cela n'existe pas. Nous devons organiser le contre-poids, l'alliance populaire, le mouvement organisé de classe, pour un autre cap de développement plaçant les problèmes et les besoins des travailleurs au centre.



Tous ensemble dans la contre-attaque pour faire tomber les mémoranda et les patrons.



Travailleur, tu peux reprendre possession de la richesse que tu produis ! »

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Grèce et Chypre
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Tom-Meursault 08/04/2013 18:56

Ce congrès ne reglète absolument pas la véritable humeur des travailleurs et travailleuses grecques. C'est par des manières bureaucratiques qu'il a été organisé, des syndicats qui se sont
radicalisés à gauche ont été ostracisés, ... Mais malgré tout ça, la gauche rassemble sur elle 40% des sièges, et le PAME surtout 22. Mais il ne faut pas se contenter de cela : la division grecque
entre les secteurs publics et privés, ADEDY et GSEE, est anachronique, il faut s'en débarasser. Il faut construire une organisation syndicale de classe unique, où les représentants de ND ou du
PASOK n'auront pas leur place. Même si toute ma sympathie va au PAME, voici la principale chose que je lui reprocherait : s'isoler des masses lors des grèves générales. Lors des 19 et 20 octobre
2011, les syndicalistes PAME avaient constitués leur propre cortège, alors qu'à l'inverse si ils avaient fait manifester aux côtés de tous les autres, ils auraient pu amener à eux des milliers de
travailleurs, renforçant ainsi les forces syndicales de classe.