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10 septembre 2014 3 10 /09 /septembre /2014 05:41

festadoavante.jpgSuccès populaire de la fête d'Avante au Portugal pour les 40 ans de la Révolution des œillets : « une révolution qui a de l'avenir ! »

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

« La fête d'Avril » : la fête d'Avante du 5 au 7 septembre – journal du Parti communiste portugais – remontait le temps de septembre 2014 à avril 1974 pour fêter les 40 ans de la révolution portugaise. Un succès populaire, militant pour une « fête pas comme les autres ».

 

« Voilà une fête pas comme les autres ! », c'est le slogan rituel de la fête, pour ce qui est toujours un « parti pas comme les autres » : la Fête d'Avante reste une fête populaire, politique, militante, communiste tout simplement.

 

Une « fête pas comme les autres » : populaire, militante, communiste !

 

Cette année, comme chaque année depuis 1976, plusieurs dizaines de milliers de visiteurs ont participé à la Fête du Parti communiste : suivant avec passion ses débats, écoutant avec curiosité ses concerts, participant avec énergie aux activités sportives, s’instruisant au théâtre en plein air.

 

Sa programmation musicale privilégie les découvertes du monde, la musique populaire portugaise de qualité, la musique classique sur les « stars » aux cachets ruineux pour le parti.

 

Cette année, à titre d'exemple, des artistes chinois de Chongqing ont illuminé la scène par leur représentation à la fois théâtrale, musicale, magique. L'orchestre symphonique de Lisbonne a joué du Chopin, Beethoven, Mozart et Schumann. Sans oublier la présence de la mythique compagnon de route du parti Luisa Basto qui a composé l'hymne du parti : « Avante camarada ! ».

 

Euro, nationalisations et dette  : des débats offensifs


La « fête d'Avante » est une fête militante, plus de 10 000 constructeurs occupent le vaste et magnifique espace de la Quinta da Atalaia – acheté en 1990 par une campagne de dons militante – pendant plusieurs semaines pour monter toutes les structures, sacrifiant de leurs temps, leur énergie.

 

15167405842_26b7c0a6ea_b.jpgLa « fête d'Avante » est une fête communiste, où la politique est omniprésente. Impossible d'échapper aux militants qui proposent d' « adhérer au parti », aux slogans qui affichent la nécessité de « renforcer le parti » pour « affirmer les luttes contre le Pacte d'agression (entre le gouvernement et l'Union européenne) » et construire une « alternative patriotique et de gauche ».

 

Cette année, ce sont encore une dizaine de débats qui donnent un ton offensif : analyse de la crise du capitalisme comme moyen de renforcer l'exploitation ; défense d'une ligne de nationalisations héritée de la Révolution d'avril ; remise en question de la dette et de la monnaie unique.

 

Les militants communistes du PCP, syndicaux de la CGTP disposeront d'une ligne claire, combative d'action pour alimenter les luttes de la rentrée.

 

Solidarité anti-impérialiste et défense de la Révolution de 1974 à l'honneur

 

La fête d'Avante est encore et toujours un moment d'affirmation de la solidarité internationale, comme toujours avec la Palestine, Cuba, la révolution bolivarienne. Mais cette année tout particulièrement aec le peuple d'Ukraine, victime de l'agression euro-américaine.

 

Comme l'affirme le slogan de l'Espace international de la Fête : « la lutte pour la paix passe par la lutte contre l'impérialisme ! », avec la présence de plusieurs dizaines de partis communistes et forces progressistes souvent issues des Mouvements de libération nationale africains.

 

Tant pour le Portugal que pour les anciens pays colonisés – Angola, Mozambique, Cap-Vert, Guinée-Bissau – la révolution des oeillets de 1974 a été un grand moment, cette Fête rappelle cette période de mobilisation populaire, d'espoir révolutionnaire qui a permis d'en finir avec un demi-siècle de dictature fascisante, de guerres coloniales injustes.

 

Certes, la contre-révolution l'a emporté – menée par le Parti socialiste de Mario Soares, portée par l'intégration européenne – mais comme le PCP le rappelle : cette révolution confisquée est inachevée, elle « a un avenir », l'avenir du Portugal, c'est de donner une suite à cette révolution.

 

D'abord en défendant ses acquis, rompant avec l'intégration européenne désastreuse comme avec ce système capitaliste qui conduit au « désastre national », à l' « exploitation et paupérisation » des travailleurs portugais. Pour construire une autre société, une démocratie avancée, le socialisme.

 

jdesousa.jpgLe secrétaire-général du Parti communiste portugais, Jeronimo de Sousa, a conclu cette fête sur un appel à la résistance, à la lutte, à la construction d'une autre société, un discours qui mérite d'être largement cité, dressant le tableau du désastre du capitalisme à l'échelle mondiale :

 

« Nous sommes un parti déterminé à contribuer au renforcement de la lutte anti-impérialiste, pour la paix, l'indépendance des peuples. Une lutte qui prend une importance décisive aujourd'hui, et qui nécessite le renforcement des Partis communistes, du mouvement communiste et révolutionnaire international, la convergence de toutes les forces dans la lutte contre les guerres impérialistes, l'oppression et la menace du fascisme, pour le renforcement du mouvement pour la paix.

 

Discours de clôture de Jéronimo de Sousa, secrétaire-général du PCP

(1) : lutte pour l'impérialisme et pour la paix

 

Rares furent les moments dans l'histoire mondial où l'Humanité s'est vu confrontée à de tels périls. Les guerres et provocations impérialistes s'enchaînent à un rythme infernal. La rhétorique belliciste se diffuse. La course aux armements s'intensifie, les alliances militaires agressives comme l'OTAN se renforcent dans la course au militarisme, aux provocations visant notamment l'Europe de l'est, l'affrontement avec la Russie.

 

Les principales puissances impérialistes bafouent le droit international, créent, armes et financent des mercenaires et organisations ouvertement terroristes et fascistes, qu'elles disent après hypocritement combattre. 100 ans après la Première guerre mondiale, les tambours de guerre se font entendre de l'Orient à l'Europe, jusqu'au continent africain martyrisé.

 

Voilà le résultat de la brutale intensification de l'offensive impérialiste ! »

 

(2) : la cause des guerres, c'est le capitalisme !

 

Pour le dirigeant communiste portugais, le mal est dans le système économique capitaliste : « Cette offensive militaire se combine à un recul de civilisation, une remise en cause des droits sociaux et démocratiques, une offensive idéologique visant à manipuler les opinions publiques.

 

25 ans ont passé depuis la chute du mur de Berlin, l'exaltation d'un capitalisme victorieux, le progrès et la paix qu'il promettait. Les années ont passé, la réalité a montré que ces thèses sont fallacieuses. Où sont la fin de la lutte de classes, l'abondance, les droits de l'Homme, la démocratie ?

 

Relance économique ? Elle ne vient pas, et on nous dit qu'il faut toujours plus de recul social pour alimenter la croissance, leur croissance.

 

Démocratie ? Ce sont les premiers à réprimer ceux qui luttent, ou à soutenir – comme les USA et l'Union européenne « démocratique » – les fascistes qui commettent persécutions et atrocités comme en Ukraine.

 

Droits de l'Homme ? Ils les nient à des millions d'êtres humains, ils baissent les yeux quand Israel assassine 2 000 palestiniens, dont 600 enfants, en à peine deux mois.

 

Combat contre les terroristes ? Ils financent et arment en coulisses des groupes qui sèment la terreur en Irak et en Syrie. Ils fomentent des guerres qui laissent des pays dévastés comme en Libye.

 

Développement ? L'offensive revancharde du grand capital, de l'impérialisme contre les conquêtes issues de la lutte des peuples, des expériences du socialisme, se solde par une crise économique et sociale profonde, sans issue en vue dans un monde avec 200 millions de chômeurs, 842 millions de gens qui n'ont pas à manger, 1,5 milliards de pauvres : c'est la réalité du capitalisme et de sa crise !

 

Le monde est en guerre parce que confronté à sa crise, le grand capital et les grandes puissances impérialistes tentent de contrarier leur déclin économique, usant de la force pour soumettre les peuples, maintenir leur domination sur les ressources, les marchés et des positions géostratégiques. Aucune propagande ne peut le cacher : la cause de la guerre se trouve dans le système qui l'engendre, c'est le capitalisme. »

 

(3) : solidarité internationale avec les peuples en résistance

 

Comme toujours pour les communistes, il y a une alternative, un espoir, dans la lutte : « Si les dangers sont grands, les potentialités le sont tout autant, avec le développement de la lutte émancipatrice. Ce n'est pas la fin de l'histoire, non ! C'est le capitalisme qui montre ses limites historiques.

 

L'avenir réside dans la lutte des peuples, dans la réalisation de l'idéal communiste, dans les acquis anti-capitalistes, anti-impérialistes issues de la lutte, dans le projet que porte les communistes : le socialisme, par diverses voies et par étapes, là voilà la grande perspective pour les peuples. »

 

Après avoir affirmé sa solidarité avec le peuple ukrainien contre les manœuvres impérialistes, palestinien contre le colonialisme israélien, les peuples d'Amérique latine cherchant une alternative suivant l'exemple cubain, vénézuélien, Jeronimo de Sousa en vient au Portugal :

 

(4) : le PCP avait raison de dénoncer l'intégration capitaliste européenne

 

« Ici en Europe, l'histoire nous donne raison quand nous, PCP, nous sommes opposés à la CEE/l'UE puis à l'Union économique et monétaire, cet euro qui se confirme comme instrument central d'exploitation et de domination économique et politique, à l'origine de la crise actuelle.

 

Une crise qui révèle avec clarté les insoutenables contradictions et limites du processus d'intégration capitaliste européen. Une crise à laquelle l'UE réagit de façon violente en accentuant le néo-libéralisme, le fédéralisme, le militarisme, le caractère anti-social de ses politiques, en attaquant la démocratique, imposant des relations de type coloniale en son sein, en s'affirmant toujours plus comme un bloc politico-militaire impérialiste.

 

Cela confirme que ce que nous propose la droite et la social-démocratie est sans issue : il n'y a pas de solutions à la crise dans l'intégration européenne. La question qui se pose est comment renverser le cap actuel de l'Europe alors que les piliers, instruments, politiques communes, traités, pactes ne servent pas les intérêts des peuples d'Europe. »

 

Suit ensuite une description de la politique désastreuse suivie par la droite et la social-démocratie, en fonction des diktats de l'euro et de l'UE, dans les intérêts du capital national et européen, conduisant à la casse de l'appareil productif, la destruction des acquis sociaux, ne laissant au peuple qu'une alternative : paupérisation ici, ou émigration comme au temps de Salazar.

 

(5) : « L'heure est aux luttes, sur tous les fronts ! »

 

Face à cette politique qui peut alimenter tant résignation qu'indignation, le secrétaire du PCP dit : « Le peuple a son avenir entre ses mains, dans la force de sa lutte, il peut balayer les responsables du désastre, il peut défendre ses droits et améliorer ses conditions de vie !

 

Pour le PCP, ce sont les luttes qui portent l'alternative : « Une lutte qui se développe avec une grande intensité et portée, que nous saluons. Luttes tout au long de l'année, grandes manifestations, grèves. Luttes des travailleurs dans les entreprises, l'industrie, les services, les transports, la fonction publique, les médias. Luttes des policiers et militaire. Luttes des agriculteurs, de la jeunesse et des étudiants, lutte des retraités, lutte contre la fermeture des services publics. Lutte contre les privatisations.

 

Lutte qui a infligé de sérieuses défaites au grand capital et ce gouvernement à son service : maintien du paiement des primes de Noël et de vacances, des allocation chômage et maladie, de la semaine de 35 heures dans les localités. Lutte, constance, combativité, et résultats reposant sur l'unité dans l'action de ses organisations et mouvements, et nous saluons ici la CGTP ! ».

 

La même politique de coupes salariales et des droits continue « sous les diktats du Traité budgétaire, des critères du Pacte pour l'euro ». Face à cette politique : « l'heure est aux luttes sur tous les fronts ! ».

 

Lutte pour défendre ses acquis sur le lieu de travail, défendre les services publics, le service national de santé et l'école publique. Convergence des luttes portant une alternative : « La force du peuple, pour un Portugal avec un avenir – une politique et un gouvernement patriotiques et de gauche ».

 

(6) : Préparer le pays à sortir de l'euro

 

Cela passe pour le PCP par une« rupture avec les politiques de droite », inséparable de la « lutte pour la rupture avec la soumission à l'euro et à une dette insoutenable. Le Portugal doit récupérer les instruments essentiels de sa souveraineté économique, budgétaire, monétaire. ».



Le PCP assume ses responsabilités, de grand parti de la souveraineté et de l'indépendance nationale, annonçant un programme d'action politique pour renégocier la dette, préparer le pays à sortir de l'euro, reprendre le contrôle publique du secteur financier ».



« Pour porter cette alternative, il faut un parti qui s'affirme et se renforce sur tous les fronts, qui agisse avec ses militants dans les entreprises, dans la rue, dans les luttes, dans les institutions. L'histoire nous donne raison : voilà pourquoi il faut renforcer le Parti !



(7) : Renforcer le parti, une nécessité



Plus d'organisation, plus d'action, plus d'influence – un PCP plus fort », ce sera notre mot d'ordre pour le renforcement du Parti communiste.



Le Parti communiste portugais est le parti de l’héroïque résistance anti-fasciste, le parti de la révolution d'Avril, de la résistance à la politique capitaliste, de la souveraineté et l'indépendance nationales, le parti des combats d'aujourd'hui pour la rupture avec les politiques de droite.



Un parti où l'histoire, la lutte actuelle, son rôle futur reposent sur l'identité communiste qu'il assume avec fierté et conviction. Il assume sa nature de Parti de la classe ouvrière et de tous les travailleurs, qui défend le mieux leurs intérêts.



Il assume le développement créatif du centralisme démocratique, reposant sur une démocratie interne, une seule orientation et direction centrale. Il assume comme base théorique le marxisme-léninisme, son caractère de parti patriotique et internationaliste, son objectif de construction d'une société nouvelle : le socialisme et le communisme.



A une époque où le pouvoir dominant et l'idéologie dominante cherchent à briser la résistance et l'espoir, dévaloriser la lutte, intensifier l'exploitation et les injustices, retirer au peuple son droit inaliénable d'être l'acteur collectif dans la construction d'un avenir meilleur de sa patrie souveraine, nous réaffirmons notre confiance dans la lutte des travailleurs, la lutte de la jeunesse, la lutte du peuple portugais, qu'il est possible d'adopter un autre cap qui intègre les valeurs de la Révolution d'Avril, pour donner un avenir à notre pays. »



Ces extraits – longs mais instructifs – du discours de clôture du secrétaire-général du PCP nous donnent un aperçu de ce que peut être la force d'analyse d'un parti qui n'a pas renoncé à sa grille d'analyse marxiste : les travailleurs portugais sont en ordre de bataille pour mener la lutte à la rentrée.



 

Vive la fête d'Avante, vive le PCP, parti de la Révolution d'Avril !

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Portugal
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