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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 07:20

UGET1-615x320.jpgTUNISIE : grève étudiante massivement suivie pour la « semaine de la colère » contre la terreur islamiste, pour récupérer la révolution

 

Article pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

(original sur http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/)

 

Les étudiants tunisiens ont été à l'avant-garde du mouvement en 2011 qui a conduit à la chute du dictateur Ben Ali. La grève massivement suivie du 29 octobre montre qu'ils sont toujours l'élément moteur de la lutte pour récupérer une révolution confisquée.

 

La « semaine de la colère ». La grève générale du 29 octobre était l'aboutissement d'une semaine de mobilisation dans les facultés tunisiennes contre la terreur islamiste, et pour la réalisation des objectifs de la révolution.

 

La grève a été un franc succès, avec un taux de participation variant, selon les estimations de 71 à 86 %. En tout, 319 000 étudiants, de 135 établissements ont participé à la mobilisation.

 

A la mi-journée, le secrétaire-général de l'UGET (Union générale des étudiants tunisiens) Wael Naouar parlait de taux d'adhésion de « 100% au campus universitaire de Tunis, 99% à Sousse, 100% au Kef, Beja et Sfax et plus de 95% à Gabès et à la faculté de 9 avril ».

 

Parmi les facultés paralysées dans le pays, la Faculté de Lettres de la Manouba à Tunis, les Facultés de médecine et de pharmacie ainsi que l'Institut supérieur de mathématiques et d'informatique de Monastir, l'ISET (technologie) et l'ISEJ (droit) de Gabès ou l'Institut supérieur d'agriculture de Kef.

 

Une grève lancée par l'UGET contre la terreur islamiste

 

Le mouvement lancé par l'UGET avait pour premier but de manifester un « refus de toute forme de violence et de terrorisme ».

 

La terreur islamiste, les étudiants tunisiens la connaissent au quotidien. Ces dernières semaines, les affrontements entre militants de l'UGET et salafistes se sont multipliés. Le syndicat étudiant minoritaire, l'UGET, noyauté par les islamistes d'Ennahda, a multiplié provocations, intimidations pour empêcher tout mouvement.

 

La veille de la grande grève, les militants de l'UGTE ont pris d'assaut la faculté des sciences d'El Manar, à Tunis, avec barres de fer, couteaux, chaînes pour empêcher l'organisation de la grève. Cinq étudiants de l'UGET ont été blessés sérieusement et hospitalisés.

 

Ces derniers mois, les islamistes cherchent à faire main basse sur les universités, tantôt selon le visage terroriste des salafistes, tantôt celui gouvernemental de Ennahda. Une tension qui a atteint son paroxysme à la Manouba, faculté de lettres historique de Tunis, foyer de contestation.

 

Au-delà de la bataille identitaire sur le port du niqab (voile intégral) à la fac, le but des islamistes est de mettre les universités sous tutelle, de priver les étudiants de tout enseignement scientifique objectif, toute philosophie rationaliste éclairée, de toute pensée critique envers l'ordre social.

 

La terreur imposée par les milices islamistes dépasse largement le cadre universitaire. Elle a conduit à l'assassinat de deux militants de la gauche révolutionnaire, Chokri Belaid et Mohamed Brahmi.

 

Vers la convergence des luttes pour récupérer la révolution

 

Toutefois, la grève lancée par l'UGET vise aussi à récupérer la révolution de 2011 confisquée non seulement par les groupes islamistes, mais aussi les partis bourgeois dits « laïcs », tel le parti Congrès pour la République (CPR) du président Marzouki, grand ami de la France .. et du Qatar.

 

Actuellement, face à la puissance du mouvement populaire, qui n'épargne aucun secteur de la société tunisienne, la déception après les espoirs de transformation révolutionnaire, les jours du gouvernement dominé par les islamistes sont comptés.

 

Toutefois, la solution envisagée pour sortir de la crise n'est pas nécessairement dans les intérêts du peuple, c'est celle d'un « dialogue national » impulsé dans la collaboration de classe entre l'organisation patronale UTICA et le syndicat des travailleurs, l'UGT

 

Ce « dialogue » devrait conduire à un gouvernement « d'union nationale », soutenu par les islamistes et les laïcs bourgeois. Un gouvernement chargé de restaurer la stabilité, l'ordre, pour rédiger une nouvelle Constitution avant la tenue des prochaines élections.

 

La nouvelle direction de l'UGET, élue en mai dernier et dont le secrétaire Wael Naouar est proche du Parti des travailleurs (ex-Parti communiste ouvrier de Tunisie) ne s'inscrit pas dans cette perspective.

 

Le « Front populaire », dirigé par le Parti des travailleurs, et réunissant les forces de gauche radicales, a suspendu sa participation au « dialogue national », réclamant en préalable la démission du gouvernement discrédité.

 

Le mouvement lancé le 29 crée les conditions d'une convergence des luttes qui a commencé par la grève des enseignants du secondaire, qui ont entamé une grève de deux jours suivie à près de 90 %. Elle suit la grève des personnels universitaires, organisée le 10 octobre dernier.

 

 

La lutte continue en Tunisie, pour résister à la terreur islamiste mais surtout pour récupérer une révolution confisquée. Les étudiants de l'UGET sont en première ligne de ce combat, et nous, étudiants communistes français, sommes solidaires de ce mouvement.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Tunisie
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