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14 janvier 2015 3 14 /01 /janvier /2015 07:18

012012015094254000000Les-chefs-d-Etat-defilent-a-Paris.jpgTurquie, Jordanie, Qatar, Arabie saoudite : présents à Paris dimanche, ils ont armé le terrorisme djihadiste en Syrie

 

            Ils sont venus, ils sont tous là : des ultra du sionisme Netanyahu et Liberman au dictateur gabonais Bongo symbole de la Françafrique, de la chancellière allemande Merkel au « baillonneur » d’Espagne Mariano Rajoy, de Sarkozy et son complice Cameron dépéceurs de la Libye aux côtés des dijhadistes. Un bal tragique d’hypocrites ce dimanche à Paris.

 

            Mais on y retrouvait aussi : le frère de l’émir du Qatar, le Premier Ministre turc (et penseur de la politique étrangère pan-islamiste d’Ankara) Davutoglu, le roi Abdallah de Jordanie ainsi qu’un ministre saoudien.

 

            Turquie, Qatar, Jordanie, Arabie saoudite : un quartet qui pendant deux ans a armé les djihadistes en Syrie, avec la complicité bienveillante des Etats-Unis et de la France.

 

            Nous vous proposons ci-dessous un article du New York datant d’il y a plus d’un an et relatant avec précision les flux d’armes livrés aux rebelles islamistes en Syrie. Eclairant pour désigner les vrais soutiens internationaux du terrorisme islamiste.

 

0325-web-AIRLIFT.jpgLes livraisons d'armes vers les rebelles syriens se développent, avec l'aide de la CIA

 

Article du New York Times, 24 mars 2013

 

Traduction JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Avec l'aide de la CIA, les gouvernements arabes et la Turquie ont considérablement renforcé leur aide militaire aux combattants de l'opposition en Syrie ces derniers mois, intensifiant une livraison par la voie des airs d'armes et d'équipements en soutien à l'insurrection contre le Président Bachar al-Assad, selon les données disponibles sur le trafic aérien, divers entretiens avec des responsables dans plusieurs pays et les dires des commandants de la rébellion.

 

La livraison, qui a commencé à une petite échelle début 2012 et a continué de façon intermittente tout au long de l'automne 2012, s'est développée sur un rythme beaucoup plus soutenu fin 2012-début 2013, c'est ce que révèlent les données. Elle a atteint de telles proportions qu'elles s'élèvent désormais à 160 vols d'avions de transport militaire jordaniens, saoudiens et qataris atterrissant à l'aéroport d'Esenboga, près d'Ankara et, à un moindre degré, sur d'autres aéroports jordaniens et turcs.

 

Les fluctuations des livraisons aériennes ont accompagné les retournements de la guerre en Syrie, alors que les rebelles ont pris à l'armée syrienne des territoires importants au milieu de l'année 2012. Et même si l'administration Obama a publiquement refusé de donner plus qu'une aide « non-létale » aux rebelles, l'implication de la CIA dans les livraisons d'armes – bien que ce soit essentiellement dans un rôle consultatif, affirment les officiels américains – a montré que les États-Unis sont plus disposés à aider ses alliés arabes à soutenir le côté létal de la guerre civile.

 

A partir de postes situés dans des lieux tenus secrets, les officiers de renseignement américains ont aidé les gouvernements arabes à livrer des armes, y compris une importante acquisition venant de Croatie, et ont vérifié auprès des commandants et groupes rebelles qui devaient recevoir les armes acheminées, selon des responsables américains qui parlent sous condition d'anonymat. La CIA refuse de faire le moindre commentaire sur les livraisons, et son rôle dans le processus.

 

Les livraisons mettent également en lumière la lutte pour la Syrie entre les États musulmans sunnites et l'Iran, la théocratie chiite reste le principal allié d'Assad. Le Secrétaire d'Etat Kerry a récemment pressé l'Irak de faire plus pour que soient stoppées les livraisons d'armes iraniennes via son espace aérien. Au même moment, des avions militaires qataris atterrissaient à Essenboga (en Turquie) pour approvisionner les rebelles syriens.

 

Des figures de l'opposition syrienne et certains députés et hauts dignitaires américains prétendent que les livraisons d'armes iraniennes et russes en soutien au gouvernement d'Assad ont rendu l'armement des rebelles encore plus nécessaire.

 

La plupart des vols ont eu lieu depuis novembre (2012), après l'élection présidentielle américaine et la frustration de plus en plus manifeste des gouvernements turcs et arabes face aux avancées très modestes des rebelles contre l'armée bien équipée d'Assad. Les vols sont aussi devenus plus fréquents à mesure que la crise humanitaire en Syrie s'est aiguisée dans l'hiver, et que des flots de réfugiés se déversaient dans les pays voisins.

 

Le gouvernement turc a supervisé l'essentiel du programme, posant des capteurs sur les camions transportant les équipements militaires jusqu'en Syrie, afin de pouvoir contrôler les livraisons qui se dirigeaient vers la Syrie, nous ont révélé des officiels.

 

Les livraisons étaient d'une ampleur considérable, selon des responsables familiers des questions de pipeline et un chercheur sur le trafic d'armes qui a collecté des données sur les avions de transport impliqués.

 

« Une estimation très prudente sur le chargement de ces vols serait de l'ordre de 3 500 tonnes d'équipement militaire », affirme Hugh Griffiths, de l'Institut de recherche international pour la paix de Stockholm qui surveille le transfert illicite d'armes.

 

« L'intensité et la fréquence des ces vols », a-t-il ajouté, « laissent supposer une opération militaire logistique clandestine bien planifiée et coordonnée ».

 

Bien que les commandants rebelles et les données rassemblées indiquent que le Qatar et l'Arabie saoudite livrent de l'équipement militaire via la Turquie à l'opposition depuis début 2012, un des principaux obstacles a été levé à l'automne quand le gouvernement turc a autorisé l'accélération du rythme des livraisons par voie aérienne, affirment des hauts responsables.

 

Simultanément, des armes et équipements ont été achetés par l'Arabie saoudite en Croatie et transférés en Jordanie sur des avions de transport jordaniens agissant dans le sud de la Syrie, afin de les re-transférer en Turquie pour alimenter des groupes rebelles opérant à partir de cette base, nous ont confirmé plusieurs responsables.

 

Ces multiples réseaux logistiques au cœur de l'hiver ont formé ce qu'un ancien officiel américain, mis au courant du programme a appelé une « cascade d'armes ».

 

Les officiels américains, les commandants rebelles et un politicien de l'opposition turque ont décrit le rôle joué par les Arabes comme un secret de polichinelle, mais ils ont aussi dit que le programme est loin d'être sans risques, avec y compris la possibilité que la Turquie ou la Jordanie se retrouvent entraînées dans la guerre, avec réaction militaire iranienne.

 

Pourtant, les commandants rebelles ont critiqué les livraisons comme étant insuffisantes, disant que les quantités d'armes qu'ils reçoivent sont trop faibles, ou de type trop légères, pour combattre efficacement l'armée d'Assad.

 

Ils accusent également ceux qui distribuent les armes d'être parcimonieux ou corrompus.

 

« Les pays étrangers nous donnent des armes et des munitions au goutte à goutte », déclare Abdel-Rahmane Ayachi, commandant de Soquor al-Sham, un groupe combattant islamiste dans le nord de la Syrie.

 

Il mime un geste qui ressemble à un robinet qui l'ouvre puis referme. « Ils ouvrent et referment notre robinet en armes, comme ils le feraient avec un filet d'eau », avance-t-il.

 

Deux autres commandants, Hassan Aboud de Soquor al-Sham et Abu Ayman, d'Ahrar al-Sham, un autre groupe islamiste, pointent le fait que quel que soit l'organisme qui indiquent les groupes devant recevoir les armes, il faisait un mauvais travail.

 

« Il y a de fausses brigades de l'Armée syrienne libre qui prétendent être révolutionnaires, et quand elles ont les armes, elles les vendent au marché noir », souligne M.Aboud.

 

L'ancien haut responsable américain interrogé note que la taille des livraisons et des distributions sont colossaux.

 

« Les gens ont pris conscience du volume de ce qui rentre dans le pays, et c'est énorme », dit-il. « Mais ils grillent autour d'un million de cartouches de munitions chaque semaine ».

 

Le début des livraisons d’armes aux islamistes syriens : avions qataris, tarmac turc, coordination de la CIA

 

Les livraisons aux rebelles syriennes ont commencé doucement. Le 3 janvier 2012, quelques mois après que la répression par le gouvernement mené par les Alaouites contre des manifestations anti-gouvernementales se transforme en campagne militaire, une paire d'avions de transport C-130 de la Flotte aérienne émirati du Qatar se sont posés à Istanbul, confirment les données sur le trafic aérien.

 

C'était l’avant-garde.

 

Quelques mois plus tard, l'Armée syrienne assiégeait Homs, la troisième plus grande ville de Syrie. L'artillerie et les chars bombardaient les quartiers. L'infanterie entrait dans la ville.

 

Dans tout le pays, l'armée et les milices loyalistes essayaient d'écraser la rébellion renforçant la colère de la majorité sunnite en Syrie, sérieusement affaiblie. Les rebelles appellent alors à l'aide internationale, exigeant plus d'armes.

 

A la fin du printemps, le premier flot d'avions de transports venant d'un Etat arabe commençait, selon ce que dévoilent les données du trafic aérien.

 

En quelques nuits, entre le 26 avril et le 4 mai, un C-17 de la flotte aérienne qatarie – un énorme avion de transport de fabrication américaine – a réalisé six atterrissages en Turquie, à l'aéroport d'Esenboga. Au 8 août, les Qataris avaient réalisé plus de 14 vols de ce type. Tous provenaient de la base aérienne d'Al Udeid au Qatar, un hub pour la logistique militaire américaine au Moyen-orient.

 

Le Qatar a dénié le fait qu'il fournirait des armes aux rebelles. Un officiel qatari, qui a exigé l'anonymat, a déclaré que le Qatar n'avait livré que ce qu'il appelle une aide non-létale. Il a refusé de répondre à toute autre question. Il n'est pas évident de savoir si le Qatar a acheté et livré les armes seul ou si il fournit un service à d'autres donateurs, en assurant le transport du matériel.

 

Mais des hauts responsables américains et occidentaux, ainsi que des commandants rebelles, ont dit que le Qatar a été un fournisseur d'armes actif – à tel point que les États-Unis ont commencé à s'inquiéter de la puissance de certains groupes islamistes que le Qatar armait.

 

Les vols qataris ont correspondu au tournant de la campagne militaire dans la province septentrionale d'Idlib, quand leurs campagnes d'embuscade, d'attaques à la bombe et d'assauts sur des postes isolés ont chassé l'armée d'Assad, et les milices qui le soutiennent, de parties entières de la campagne syrienne.

 

Alors que les vols ont continué au cours de l'été, les rebelles ont lancé une offensive dans cette ville – une bataille qui est vite tombée à l'eau.

 

L'ancien officiel américain interrogé nous a avoué que David Petraeus, directeur de la CIA jusqu'en novembre, a joué un rôle décisif dans la mise en place de ce réseau aérien et a contribué à ce que tous ces pays travaillent ensemble. M.Petraeus n'a répondu à aucun de nos messages demandant un commentaire sur ces allégations.

 

Le gouvernement américain s'est impliqué, nous a-t-il dit, en partie parce qu'il sentait que les autres Etats armeraient les rebelles quoi qu'il arrive.

 

Le rôle de la CIA, comme facilitateur des livraisons, a donné – dit-il – aux États-Unis un degré d'influence sur le processus, y compris en tentant de détourner les armes destinées aux groupes islamistes et en persuadant les donateurs de garder les missiles anti-aériens qui pourraient être utilisés dans de futurs attaques anti-terroristes contre des avions civils.

 

Des officiels américains ont confirmé que de très hauts dignitaires de la Maison Blanche étaient régulièrement tenus au courant des livraisons : « Ces pays allaient le faire, d'une façon ou d'une autre », signale notre correspondant. « Ils n'attendaient pas un 'Maman, est-ce que je peux ?' de notre part. Mais si on pouvait les aider d'une certaine manière, alors ils en seraient reconnaissants ».

 

A l'automne, la Flotte aérienne du Qatar s'est trouvée encore plus occupée, acheminant des vols presque quotidiens en octobre. Mais les rebelles voulaient toujours plus d'armes, ne cessant d'affirmer qu'ils n'avaient pas la puissance de feu pour rivaliser avec une armée dotée de chars, d'une artillerie, de lance-roquettes multiples et d'avions de chasse.

 

Beaucoup se plaignaient du fait qu'ils entendaient de la part de leurs fournisseurs d'armes que l'administration Obama limitait leur ravitaillement et bloquait la distribution d'armes anti-aériennes et anti-chars qui étaient leur première exigence. Ces plaintes continuent.

 

« Être armé ou ne pas être, équipement létal ou pas létal, tout dépend de ce que dit l'Amérique », affirme Mohammed Abou Ahmed, qui dirige une bande de combattants anti-Assad dans la province d'Idlib.

 

Une explosion en 2013 : les filières saoudiennes et jordaniennes

 

Ce fut bientôt au tour d'autres acteurs d'entrer dans la danse : en novembre, trois C-130 de la Flotte aérienne royale de Jordanie atterrissaient à Esenboga, dans un coup qui ressemble à un signe de l'accroissement de l'implication de l'Arabie saoudite et de la Jordanie.

 

En l'espace de trois semaines, deux autres avions de transport jordaniens ont commencé à faire la navette entre Amman, capitale de la Jordanie, et Zagreb, capitale de la Croatie où, selon ce que plusieurs officiels provenant de pays différents nous ont confirmé, les avions récupéraient une acquisition saoudiennes d'armes destinées à l'infanterie, provenant d'un stock croate.

 

Le premier vol fit son retour à Amman le 15 décembre, selon les données interceptées par un signal envoyé par un des avions et repéré par un radar à Chypre et celles du trafic aérien interprétées par un haut responsable dans le domaine de l'aviation.

 

En tout, les données montrent que deux Ilyushin jordaniens portant le logo de la firme aérienne internationale jordanienne mais navigant sous des signaux militaires jordaniens ont réalisé un ensemble de 36 allers-retours Amman-Zagreb entre décembre 2012 et février 2013. Les deux même avions ont réalisé cinq vols entre Amman et la Turquie en janvier.

 

Alors que les vols jordaniens continuaient, les vols qataris se poursuivaient et la Flotte aérienne royale saoudienne entamait un ordre de vol assez chargé – réalisant plus de 30 vols de C-130 en direction d'Esenboga de février à mars 2013, selon les données sur le trafic aérien fournies par un officiel chargé du contrôle du trafic aérien.

 

Plusieurs des vols saoudiens ont été repérés par des civils en train de faire des allers-retours à Ankara, ce qui a alerté des politiciens de l'opposition en Turquie.

 

« L'utilisation de l'espace aérien turc dans une période aussi critique, avec le conflit en Syrie à nos frontières, et par des avions étrangers provenant de pays qui sont connus pour jouer un rôle central dans ce conflit, définit la Turquie comme faisant pleinement partie de ce conflit », déclare Attila Kart, député turc du parti d'opposition kémaliste CHP, qui a confirmé les détails sur plusieurs livraisons saoudiennes. « Le gouvernement a le devoir de répondre à ces affirmations ».

 

Les responsables saoudiens et turcs ont refusé de discuter sur les vols ou les livraisons d'armes. Le gouvernement turc n'a pas officiellement approuvé d'aide militaire aux rebelles syriens.

 

La Croatie et la Jordanie ont toutes deux dénié le moindre rôle dans le transfert d'armes vers les rebelles syriens. Les officiels de l'aviation jordanienne sont allés jusqu'à nier le fait que ces vols aient eu lieu.

 

Le directeur du département Cargo de la compagnie aérienne jordanienne internationale, Mohammed Jubour, a insisté sur le fait qu'au 7 mars 2013 sa compagnie n'avait pas connaissance de vols en direction ou en provenance de la Croatie.

 

« Ce ne sont que des mensonges », dit-il. « On n'a jamais fait de telles choses ».

 

Un officiel du trafic aérien régional qui a mené une petite enquête sur ces vols confirme les données enregistrées et fournit une explication. « La compagnie aérienne internationale jordanienne sert de paravent pour la Force aérienne jordanienne ».

 

Après avoir été informé des données venant du trafic aérien et des signaux interceptés montrant les voies empruntées par ces avions, M.Jubour a continué à affirmer que sa compagnie ne détenait aucun avion de transport Ilyushin.

 

Lorsqu'on l'a interrogé sur le site de son employeur où on pouvait toujours admirer des images de deux Ilyushin et un texte l'accompagnant, confirmant qu'ils faisaient bien partie de la flotte de l'entreprise, M.Jubour n'a eu aucune réponse. Dans la nuit, le site web de la compagnie était déclaré hors service.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Liban-Syrie
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