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Jéronimo de Sousa se confie à Avante sur le cycle électoral au Portugal

 

Une confiance renforcée pour changer de cap

 

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le secret du « grand résultat » obtenu par la CDU lors des élections européennes du 7 juin, réside dans la détermination, dans l'engagement et dans la générosité militante des candidats, militants et sympathisants de la coalition. C'est l'avis de Jéronimo de Sousa qui, dans une interview accordé à Avante, a réaffirmé les propositions de la CDU pour rompre avec les politiques de droite, question qu'il considère comme étant essentielle lors de ces élections.

 

Avante – A tous les échelons du Parti, du Comité Central aux cellules, on a évalué le résultat des élections européennes. Qu'est-ce qu'il te paraît le plus important de retenir de ce résultat?

 

Jéronimo de Sousa – C'est un grand résultat pour la CDU, qui résulte fondamentalement de l'action, de l'engagement, du travail d'explication de ses candidats, sympathisants et militants, qui ont apporté une contribution décisive à ce résultat. C'est un résultat qui nous remplit d'une joie immense, si on tient en compte que nous avons réussi à gagner plus de 70 000 voix et à élire deux députés (dans le cadre de la réduction du nombre de députés portugais de 24 à 22), sachant que nous avons la particularité d'avoir le premier candidat non-élu toutes listes confondus, et cela pour quelques centièmes de voix. En termes de pourcentage, ce fut notre meilleur résultat des 15 dernières années et notre meilleur résultat aux Européennes de ces 20 dernières années.

 

Dans les districts de Setubal, Beja et Evora, la CDU est arrivée en tête. Quelle est la signification de ce résultat?

 

C'est un élément d'une grande importance. Mais, évidemment, le fait que nous soyons passé de 38 000 à 51 000 voix dans le district de Porto est aussi lourd de sens, sachant que c'est la plus grande progression en termes absolus obtenue par la CDU. Sans chercher à dévaloriser les résultats très intéressants obtenus dans de nombreux cantons et de nombreuses localités où le CDU est arrivé en tête, il est vrai que s'établir comme première force dans ces trois districts est un élément qui a une grande valeur en soi, surtout si nous considérons que cela fait des années et des années qui cela n'était pas arrivé. Mais ce que nous devons mettre en avant, c'est que nous progressons dans tous les districts, dans certains cas nous doublons nos scores. Ce succès dans les trois districts a un grand impact et une grande signification, mais nous ne devons pas dévaloriser notre progression dans tout le pays, dans tous les districts et dans les régions autonomes.

 

Et quelle analyse peut-on faire du résultat du PS?


Le PS a perdu 550 000 voix et il a obtenu le pire résultat de son histoire! Et nous considérons que l'élément fondamental de cette défaite se retrouve dans la lutte des travailleurs et du peuple portugais qui, pendant ces quatre ans, confrontés à une offensive terrible du gouvernement, ont réagi, protesté et lutté. Et c'est ce qui a emmené l'affaiblissement de la base sociale du PS.


Evidemment que la lutte du PCP et de la CDU, sur le plan politique et institutionnel, a été également un élément important, mais l'élément le plus important reste le développement et l'intensification de la lutte des travailleurs et du peuple, qui a atteint des niveaux que nous avions seulement connus dans les premières années de la Révolution d'Avril...


Une lutte que le gouvernement n'attendait pas, tout du moins avec l'intensité qu'elle a prise...


Le gouvernement, pour avoir la majorité absolue, a estimé qu'il fallait mener une politique contraire aux intérêts des travailleurs et du peuple portgais, ne comptant pas sur la lutte. Et la lutte est un moyen important pour juger les politiques qui sont menées, dans la mesure où elle s'oppose à la thèse de la « fatalité », du « ça ne vaut pas la peine », du « dénigrement » de la lutte des masses, de l'idée même que la lutte de classes est dépassée. Tous étaient d'accord sur cette thèse (du Bloc de Gauche au CDS-PP) et cela a été, en fait, le parti – et la CDU – qui a animé, mobilisé et tenu la ligne de front de cette lutte. Aux côtés des travailleurs qui ont été l'élément moteur de cette lutte, d'autres couches sociales ont aussi rejoint la lutte pour la défense du Service Public de la Santé, de la Sécurité Sociale, de l'appareil productif et de la production nationale. La grande leçon que l'on peut en tirer, c'est ce que cela vaut la peine de lutter.


Le PSD s'est empressé de crier victoire. Mais son résultat n'est pas si impressionnant...


A droite, le PSD n'est pas bien placé pour faire une telle analyse optimiste de son score puisque, si nous le comparons avec celui de 1999, il est globalement identique. La donnée la plus marquante de ces élections n'est pas la victoire de la droite, mais la défaite du PS, la défaite de celui qui met en oeuvre les politiques de droite.



Le mécontement profond vis-à-vis de la politique du PS ne s'est finalement pas traduit par une percée fulgurante du PSD...


De nombreux portugais, qui votent tantôt pour le PS tantôt pour le PSD, ont trouvé dans l'abstention le moyen d'exprimer leur sentiment de frustration vis-à-vis de ces deux partis, dont les solutions pour le pays sont pour le moins similaires. On y retrouve là une masse en colère, désenchantée, mais qui ne voit pas d'alternative à ses deux partis.


La progression de la gauche, représentée par la CDU, contredit aussi la thèse selon laquelle cette situation favoriserait l'émergence de solutions extrêmistes, d'extrême-droite. Mais celle-ci n'a finalement pas pu surfer sur la vague de la colère et a obtenu un score relativement insignifiant. Ce qui compte c'est que la droite n'a pas du tout progressé, et que ceux qui ont mis en oeuvre des politiques de droite, depuis quatre ans, c'est-à-dire le PS, ont été punis.

 

 

Le vote le plus consistant et le plus conscient

 

 


Malgré le résultat obtenu par la CDU, dans la soirée électorale et les jours suivants, les médias ont parlé de « défaite » et de « jour noir », usant comme argument le fait que le Bloc de Gauche ait obtenu un meilleur score...


Lors de la soirée électorale, on nous a mis sur le grill, ce qui a été préparé pendant des mois, en dévalorisant, passant sous silence et caricaturant le message de la CDU, tout en mettant en avant d'autres formations, en particulier le Bloc de Gauche (dont tout le monde a vu qu'ils allaient « main dans la main » - avec les grands médias – pendant tous ces mois), avec des sondages qui systématiquement sous-estimaient les résultats de la CDU. A un mois des élections, il y avaient des sondages qui donnaient 18% au Bloc et 7,9% à la CDU. Les sondages ne décident pas du résultat, c'est sûr, mais ils les conditionnent. Ce grill, devant l'excellent résultat de la CDU, a trouvé dans une différence de quelques pourcents, une façon d'alimenter le feu contre le résultat de la CDU.


Mais la seule chose que ces commentateurs, analyses, journalistes et hommes politiques sont arrivés à démontrer, c'est que c'est la CDU et son résultat qu'ils craignent le plus. Par rapport au Bloc, qui ne représente pas, de leur point de vue, « la fin du monde ». Leur souci majeur reste de dénigrer le résultat de la CDU tout en mettant en avant celui du Bloc de Gauche. Et cela permet de dégager un enseignement politique: la droite économique a, en fait, une peur – que la CDU s'affirme comme une alternative.


Mais malgré cette campagne médiatique très puissante, la CDU est arrivée à progresser lors de ces élections...


Oui, et c'est pour cela que je tiens à valoriser encore plus ce résultat. Dans le cadre d'une grande offensive, réduisant au silence, dénigrant et caricaturant le message de la CDU, avec l'usage systématique de sondages, le fait que des centaines de milliers de personnes aient fait ce choix de voter pour la CDU prend une valeur d'autant plus grande, et font de ce vote pour la CDU, le vote le plus consistant et le plus conscient. Et cela est vraiment encourageant.


Ce n'est pas seulement un vote de protestation...


Nous croyons que de nombreux votes obtenus par le Bloc de Gauche traduisent la colère et la protestation de nombreux portugais. C'est un vote de protestation, mais qui n'a pas la même profondeur et la même densité que celui qui a pris conscience, en prenant en compte ses problèmes, sa vie, ses difficultés, que seulement une rupture et un changement permettra d'y mettre fin. Je ne veux pas dire ici qu'il y a de bons votes et de mauvais votes. Mais sur le plan de sa valeur politique et dans un contexte de difficultés accrues, avec un traitement inégal et discriminatoire, les votes obtenus par la CDU ont une valeur intrinsèque et une grande signification.


Mais alors quel est le « secret » de ce résultat?


Il y a plusieurs facteurs. En premier lieu, le fait que les deux députés européens communistes aient réalisé un travail remarquable, en quantité comme en qualité, s'occupant des problèmes nationaux, de l'Union Européenne et de son orientation. Deuxièmement, ce résultat de la CDU ne s'est pas construit en 15 jours de campagne. Ce fut un processus qui résulte de l'action, de l'intervention du PCP et de la CDU tout au long de ces cinq ans pour défendre les intérêts des travailleurs et du peuple portugais, pour défendre les intérêts et la souveraineté nationale, se souciant des problèmes concrets des travailleurs et du peuple...


Sans l'aide de personne...


Et pendant que certains arrivaient, avec un soutien massif des médias, à se distinguer par leur action et leur intervention dans les institutions, le PCP et la CDU ont construit leur résultat en s'identifiant pleinement aux problèmes et aspirations des travailleurs, en étant là, toujours, en première ligne du combat et de la lutte.

Le troisième élément est lié à la grande masse de militants que nous avons et que nos sommes, et qui s'est exprimée lors de la grande Marche du 23 Mai. Un grand mérite en revient à cette masse de militants qui, aux côtés du Parti Ecologiste, des Verts, d'Intervention Démocratique, et des milliers et milliers d'indépendants, ont créé un grand espace démocratique et de convergence pour défendre le régime démocratique, les droits des travailleurs, les intérêts nationaux, qui a élargi notre audience. Ce qui, je pense, est la cause fondamentale de ce résultat.


Ce sont les « bâtisseurs de ce résultat » dont vous parliez lors du meeting de Porto...


Exactement. Ce n'est pas seulement une formule de meeting, de circonstance. Nos adversaires (ceux qui mille voix ont décidé de notre mort, de notre déclin irréversible) ne perçoivent pas et ne comprennent pas ce résultat. Mais nous leur nous donnons la clé du secret: la confiance, la détermination, l'engagement, la générosité militante de l'ensemble des militants du parti et de cet espace démocratique qu'est la CDU.


Vous parliez juste avant de la Marche « Protestation, Confiance et Lutte », mise sur pied par la CDU, qui a réuni dans les rues de Lisbonne plus de 85 000 personnes. Dans les jours suivants, les commentaires visant à en réduire la portée n'ont pas manqué. Quel valeur peut-on donner, aujourd'hui, au militantisme?


On voit comme les commentateurs serviles ont caractérisé la Marche: comme étant une grande marche, avec une participation de masse, mais que cela était naturel, puisque c'était la conséquence de la « machine bien huilée » du PCP. Cette machine dont ils parlent – et une machine comprend des chariots, des engrenages, des boulons – est constituée par ce qu'il y a de meilleur chez l'être humain: l'idéal, les convictions, le courage ardent de ceux qui croient qu'il est possible de changer l'état actuel des choses, qu'il est possible de transformer la réalité.

Bien que leur nom n'apparaisse jamais dans les journaux et qu'ils ne passent jamais à la télévision, chacune des 85 000 personnes s'est senti un acteur – qui ne se résigne pas, ne capitule pas, qui apporte sa participation pour que les choses changent. Et elle est là richesse que ces commentateurs serviles ne saisiront jamais, formatés et dépendants qu'ils sont de l'idéologie dominante.


Dans le discours que tu as prononcé dans le cadre de la Marche, tu avais fait référence « au long chemin que nous avons déjà fait ensemble ». De quel chemin parles-tu, quelles étapes a-t-il eu, et jusqu'oú ira-t-il?


Cela fait fortement référence au XVIIème Congrès de notre Parti (qui s'est tenu en 2004) oú nous avons pris comme orientation fondamentale, de nature stratégique, que « Oui, un PCP est plus fort est possible ». Tout en reconnaissant les difficultés rencontrées, en jugeant que le rapport de forces était profondément défavorable aux travailleurs et aux forces progressistes, nous avons affirmé qu'il était possible de renforcer le PCP. Et quand nous sommes arrivées au XVIIIème Congrès (en 2008), nous avons constaté que nous étions plus nombreux, que nous avions réussi à faire le plus grand nombre d'adhésions des 20 dernières années, en renforçant les cellules d'entreprise, en intensifiant le militantisme. Et je crois que c'est ici aussi que se trouve la base de ce bon résultat électoral. Si nous n'avions pas fait cela, si nous nous étions limités à une vision purement électoraliste, nous aurions évidemment affaibli le Parti, et par conséquent, nos propres résultats électoraux. Aujourd'hui, nous avons un Parti plus fort, plus militant et mieux organisé et avec également de meilleurs résultats électoraux. Et je pense que ce sont des éléments qui sont inséparables.


On en vient déjà à la préparation des élections législatives

Le changement est nécessaire et possible

 

Les élections européennes viennent juste de s'achever et, toutefois, les élections législatives arrivent avec la présentation des têtes de listes de la CDU. De quelle manière la campagne réalisée et les résultats obtenus peuvent jouer sur la bataille des législatives?


C'est évident que l'analyse du résultat des élections européennes ne peut pas être transposée mécaniquement pour les élections législatives. Mais de résultat, on peut tirer néanmoins des enseignements et des perspectives. Premièrement, l'exécutant des politiques de droite a été battu et sanctionné. Deuxièmement, ce résultat de la CDU crée de meilleures conditions et nous donne du courage pour envisager avec confiance ces deux batailles électorales. Les législatives et les municipales sont deux élections distinctes qui, justement par leur nature différente, ne peuvent pas se tenir au même moment. Mais nous avons seulement une organisation et nous devons faire seulement une campagne. Montrer le lien qui existe entre les deux batailles sera fondamental dans les prochains mois. C'est-à-dire, faire une campagne pour deux échéances électorales.


Que sera, pour le PCP et pour la CDU, un bon résultat électoral?


Nous ne nous fixons pas d'objectifs quantitatifs, mais nous considérons que cette ligne qui consiste à renforcer la CDU, en augmentant nos résultats, en termes de votes et de mandats à l'Assemblée de la République, est un élément crucial. Le peuple portugais a sanctionné le PS pour la politique qu'il a mené, et déjà avant, lors des élections en 2005, la droite avait été sanctionné et punie quand elle était au gouvernement. Nous considérons, en tenant en compte les problèmes auxquels le pays est confronté, que s'ils restent sur la même ligne, cela mènera aux mêmes résultats.

La question fondamentale est de savoir si cette politique va être poursuivie ou si une rupture et un changement est possible et nécessaire, et non de choisir entre telle et telle équipe pour faire la même chose. Et plus la CDU sortira renforcée de ce scrutin, plus la possibilité de cette rupture et de ce changement se rapprochera, ouvrant la voie pour une vie meilleure.


Mais José Socrates a garanti, dans la nuit du 7 juin, qu'il ne changera pas de cap...


Et cela est profondément inquiétant. La grande question est celle-ci: s'il maintient le même cap, quels vont être les résultats? Il n'y a pas besoin d'avoir un quelconque diplôme en Economie pour percevoir que si la politique mise en oeuvre reste la même, les résultats ne vont pas être différents. Toutefois, dans un faux examen de conscience, il en est venu à dire que le gouvernement a pu commettre certaines erreurs. Mais quand on admet qu'on se trompe, il faut alors corriger ces erreurs. Et nous n'avons pas entendu Socrates nous expliquer oú il s'était trompé. Mais nous pouvons lui dire. Il s'est trompé avec la casse du Code du Travail; il s'est trompé dans l'offensive qu'il a mené contre les intérêts des professeurs, des infirmiers, des policiers, des militaires; il s'est trompé quand il a fait le choix du grand capital financier et a abandonné les très petites, petites et moyennes entreprises et notre appareil productif; il s'est trompé quand il a créé de plus grandes difficultés dans l'accès à la justice; il s'est trompé quand il a fait des choix et a agi en porte-à-faux avec le projet politique, économique, social et culturel et de souveraineté nationale que la Constitution consacre.


Au XVIIIème Congrès, le PCP a défini que le chemin vers l'alternative passait par le renforcement du Parti, par l'intensification de la lutte de masse et par un changement du rapport de forces, dans les institutions, entre le PCP et le PS, en faveur du PCP. S'est-on rapproché de cet objectif?


Mais nous ne sommes pas immédiatement dans une situation qui nous permette de mener une politique alternative et de dresser une alternative politique. Lors de notre Congrès nous avons considéré que c'était un processus, qui pourrait être plus ou moins long, oú on peut sauter des étapes – parfois en un an on avance plus qu'en 20 ans. La conclusion que nous en tirons est que nous sommes, aujourd'hui, plus proches de cet objectif. Mais nous avons encore beaucoup de chemin à faire...


Municipales du 11 octobre

« Nous pouvons obtenir un bon résultat »


Les municipales se tiendront le 11 octobre. Quelles peuvent être les perspectives pour le Parti lors de ces élections.


Le bilan que nous faisons est que la CDU a fait un travail remarquable là oú elle est majoritaire mais aussi une activité constructive et combattive là oú elle est dans l'opposition. Si cela dépendait du travail réalisé, nous pourrions dire que la CDU mériterait d'augmenter fortement ses scores.

Après, et sans faire un transfert mécanique des résultats entre deux élections différentes, dans ces élections européennes, il y a eu des résultats très intéressants par rapport au fait que dans de nombreuses communes la CDU est arrivée en première place pour la première fois dans le cadre des élections européennes.


Mais la proximité des deux élections, qui peuvent dans certains cas se dérouler au même moment, ne risque-t-elle pas d'embrouiller les choses?


C'est inévitable que ce rapprochement de ces deux élections soulève de nouvelles questions, puisque cela n'était jamais arrivé dans le Portugal d'Avril. Et ce serait encore plus complexe si elles étaient jointes. Mais il faut dire que la CDU est prête à affronter n'importe quelle situation.

Les élections sont distinctes tout comme leurs processus électoraux propres. (…) Mais je suis convaincu que le travail réalisé par nos élus est la garantie principale du fait que nous pouvons progresser lors de ces municipales, maintenir et renforcer nos positions dans les différents organismes municipaux. Le travail est en cours, les listes restent à être constituées et les programmes élaborés. Il existent des signes positifs, nous pourrions obtenir ici un bon résultat.


Et la fête d'Avante!, quelle place tient cette initiative importante dans cette année électorale?


La construction et la réalisation de la Fête d'Avante!, dans un cadre d'intense activité politique et électorale, n'est rien d'autre qu'un devoir! Elle ne peut être dissociée de cette vision intégrative de notre travail, comme le Comité Central l'a affirmé. Nous allons faire une grande Fête d'Avante! pour donner plus de force à notre lutte et à nos objectifs. Et c'est l'esprit que notre Marche de Mai que nous retrouverons en Septembre, enrichie de ses caractéristiques à multiples facettes, populaires, culturelles et politiques.

 

L'Etat doit prendre ses responsabilités.


Le Comité Central a approuvé les lignes fondamentales du Programme Electoral du PCP pour les élections législatives, qui vont dans le sens opposé des politiques mises en oeuvre dans ce pays dans les 30 dernières années...


Nous apportons des propositions de fond et d'urgence. Notre proposition de fond implique, comme je l'ai déjà dit auparavant, la nécessité de changer de cap, de rompre avec cette voie et dans le même temps, de mettre en oeuvre des politiques de gauche.

Nous ne sommes pas en train de faire ici la moindre proposition révolutionnaire. En prenant comme référence le Programme du Parti, nous trouvons dans le projet que la Constitution de la République consacre la plupart des propositions nécessaires au Pays. La Loi Fondamentale dévoile un projet de progrès, de développement et de justice sociale qui devrait être le point de convergence de tous les démocrates, de tous ceux qui veulent une vie meilleure pour le peuple et pour le pays.

Et la constitution affirme, par exemple, que le pouvoir économique ne doit pas dominer le pouvoir politique. Mais elle prévoit également une économie mixte, avec un fort secteur public. Et nous considérons que l'Etat doit prendre le contrôle des secteurs stratégiques de notre économie – les banques, l'énergie, les combustibles, les télécoms, les transports.


C'est-à-dire en les nationalisant?


Oui, les secteurs et domanes stratégiques qui permettent à l'Etat de déterminer l'évolution de notre économie. Il ne s'agit pas de tout nationaliser, comme disent certains. Une aute chose que la Constitution prévoit est l'aide prioritaire aux très petites, petites et moyennes entreprises. Mais jusqu'à maintenant ce sont les grands groupes économiques et le secteur financier qui ont bénéficié de ces aides, au détriment de notre tissu productif et de notre production national. Et c'est un autre changement de fond que nous proposons.


Tous ces propositions s'inscrivent en rupture avec la pratique et avec les dogmes du capitalisme. Le PCP propose d'augmenter les salaires et les retraites, mais il y en a qui disent que de telles mesures sont irréalisables...


Notre propisition a, avant tout, une dimension de justice sociale. Mais pas seulement. En prenant en compte la crise du capitalisme internationale et la contraction des importations et des exportations, les solutions à court terme passent par le développement du marché interne et par l'augmentation de la consommation des masses. En simplifiant, nous pouvons dire que les très petites, petites et moyennes entreprises, qui dépendent exclusivement du marché interne, ne peuvent vendre s'il n'y a personne pour acheter. La revalorisation des slaires a également cette dimension de développement de l'économie et de notre marché interne. C'est la même chose avec la défense des services publics. Il est nécessaire de mettre en échec cette politique de privatisations et de destruction et d'exiger que l'Etat remplisse ses obligations fixées par la loi fondamentale. Il ne s'agit pas de ce que chaque gouvernement veut faire ou non, mais de ce que la Constitution établit et ce que l'intérêt national exige.

L'influence sociale du PCP et de la CDU est bien connue ainsi que sa capacité à mobiliser de larges secteurs de la société portugaise. Mais, dans le même temps, c'est ce dont nous parlons ici, munis des propositions pour résoudre les problèmes nationaux.


Mettre en échec la destruction de l'appareil productif


Certaines autres propositions ont à voir avec la défense de la production nationale et de l'appareil productif. Quel rôle peut avoir l'Etat dans tout cela?


Regardons le cas concret du TGV, cette « grande pomme de discorde » entre le PS et le PSD, la question essentielle est de savoi si c'est un investissement public et en quoi cela permettra de développer la production national. Et, évidemment, la question de la faisabilité du projet, en tenant en compte la situation de crise dans laquelle nous sommes.


La liquidation de la construction mécanique lourde et de la métallurgique – de la Siderurgia Nacional, de la Sorefame ou de la Mague – siginfie que les boulons ou les wagons du TGV ne seront pas faits par des entreprises nationales. Et c'est pour cela que nous considérons que la défense de l'appareil productif comme une question fondamentale. En le modernisant, évidemment, mais en défendant ce que nous avons, parce que ce n'est pas du vide que naîtront les solutions. Quand une entreprise qui ferme a des difficultés à rouvrir ses portes.


Mais, pourtant, des entreprises importantes ont déjà fermé leurs portes, comme celles auxquelles tu faisais référence. Que peut-on faire maintenant?


Avant tout, se souvenir, pour responsabiliser ceux qui en sont responsables. Cela veut ce que ça vaut, mais nous le faisons pour éviter que ce processus d'abandon et de destruction de notre appareil productif se poursuivre. Nous continuons à mesurer l'importance de la réouverture de la Sorefame. (…)


Toutes ces entreprises dont tu parles ont été nationalisées ou ont connu l'intervention de l'Etat dans les premières années de la Révolution d'Avril et ont, plus tard, été privatisées et détruites...


Prenons l'exemple de l'industrie navale, qui est parvenu à avoir, au niveau national, 30 000 travailleurs et des entreprises certifiées et de qualité reconnue au niveau mondial. Les Mellos, qui ont finalement récupéré Lisnave, ont découvert qu'il y avait un risque dans cet investissement, qu'il n'y avait pas de profit garanti. Ils ont constaté que le commerce de la santé était bien plus rentable, et ont abandonné la Lisnave...

Attendre que ce soit le capital qui développe notre appareil productif? Nous n'avons aucune illusion... Et c'est là qu'entre en scène l'Etat, qu'il a un rôle à jouer et la responsabilité d'augmenter l'investissement public, de prendre en main les leviers stratégiques fondamentaux. Cela serait la meilleure garantie pour le progrès, pour le développement et pour la croissance économique.

Nous avons aujourd'hui un ensemble de capitalistes qui investissement seulement dans les secteurs sûrs, où le profit est assuré. Mais il faut considérer que dans un contexte de crise internationale, les premiers pays qui vont en sortir seront ceux qui auront un important appareil productif et une production nationale conséquente.


Ainsi l'idée que l'Etat ne peut pas être producteur, mais plutôt « régulateur » tombe à l'eau...


Elle tombe à l'eau parce que, comme tu le dis, le capital n'est intéressé que par la spéculation, la roulette russe, la bourse, le profit facile dans les secteurs sûrs. Ils ont de l'investissement une vision parasitaire où on joue seulement si on est sûr de gagner. Avec l'Etat qui se décharge de ses responsabilités, qui le soutient en privatisant et en libéralisant, avec des bénéfices faciles à portée et, dans le même temps, en légitimant l'intensification de l'exploitation des travailleurs, la régression sociale et la baisse des salaires. Les gouvernements successifs ont agi comme d'authentiques conseils d'administrations du grand capital.


Numéro 1856, du 25 juin 2009 d'Avante: http://www.avante.pt/

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