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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 07:04

libye_sarkozy.jpg2011, la France livre des armes aux islamistes en Libye. 2015, la Libye est une place forte du terrorisme islamiste

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La France est en guerre. C'est la bonne résolution de 2015. A coup d'indignation humanitaire, le gouvernement a préparé l'ingérence en Syrie et en Irak. Elle prépare les conditions d'une seconde guerre en Libye. L'occasion de rappeler comment la France porte une responsabilité majeure dans le développement du terrorisme dans la région.

 

Depuis un mois, le Ministre de la Défense français Le Drian ne cesse de presser pour une intervention française en Libye, avec cherchant l'aval des pays africains. Des frappes aériennes, tandis que la France établit la base militaire de Madama à la frontière entre le Niger et la Libye.

 

Le Drian avance comme prétexte à l'intervention : la Libye devient un centre de formation pour djihadistes, un sanctuaire du terrorisme international.

 

La Libye, sanctuaire du terrorisme islamiste. A qui la faute ?

 

A qui la faute ? Il y a trois ans, la France sonnait l'hallali contre la Libye de Kaddafi. Le pays qui disposait de l'Indice de développement humain le plus élevé d'Afrique a sombré en quelques mois dans la barbarie que l'instauration de la Charia et la féodalisation du pays illustrent.

 

L'hypocrisie de la rhétorique sur les droits de l'Homme, sur la mission humanitaire de la France ne tient plus quand les libérateurs d'hier se révèlent sur leurs vrais visages : chefs de gang tribaux véreux, anciens bureaucrates kaddafistes corrompus, seigneurs de guerre islamistes.

 

La France n'a pas seulement envoyé plus d'un millier de missiles sur la Libye dans le cadre de l'opération Harmattan. Elle a aussi contribué à l'armement des forces rebelles, largement dominées par les forces islamistes, faisant basculer la situation sur le terrain.

 

Notre ami le Qatar, premier bailleur de la rébellion islamiste à Benghazi

 

Rappel rapide : le foyer de la rebellion contre Kaddafi venait de l'est, de Benghazi. Fief des islamistes radicaux, elle rassemblait aussi une bourgeoisie locale, issue pour partie de l'appareil d'Etat kaddafiste et du commerce international dans le principal port du pays.

 

Le Qatar a ouvertement soutenu la rébellion, d'abord en étant les premiers à reconnaître le gouvernement rebelle du CNT (Conseil national de transition) établi à Benghazi.

 

La monarchie absolue du Golfe l'a surtout armée. Les armes étaient convoyées en avion à Benghazi, puis redistribuées par bateau jusqu'à la ville encerclée de Misrata.

 

Après plusieurs mois de conflit, malgré les bombardements, le gouvernement de Kaddafi continue de résister tandis que la désorganisation des milices – plus attirées par le butin des pillages que structurées par la discipline militaire – fait craindre une débandade générale.

 

Les parachutages français : kalach et missiles anti-char Milan

 

C'est là où la France, en coordination avec le Qatar, a joué un rôle décisif. En juin 2011, selon une révélation du Figaro, elle organise plusieurs parachutages d'armes dites légères dans l'ouest et le sud du pays pour créer un nouveau front.

 

Ces armes « légères », ce sont des lance-roquettes, des fusils d'assaut, des mitrailleuses et des missiles anti-char Milan.

 

Officiellement, elles auraient été envoyées à des rebelles berbères – une minorité marginalisée culturellement, politiquement et prompte à la sécession – sur les hauteurs du Djebel Nafousa, aux portes de Tripoli.

 

L'émir Belhadj, le libérateur de Tripoli : d'Al Qaeda à la France

 

La réalité, c'est que le maquis passe rapidement sous contrôle d'Abdelhakim Belhadj et de sa « Brigade du 17 février ». Disciplinée, bien formée, au moral à toute épreuve, la Brigade de Belhadj va faire la différence et va prendre Tripoli en août 2011 marquant la fin du conflit.

 

La Brigade du 17 février est formée pendant trois mois au Qatar au début de la Guerre libyenne, financée et armée par le Qatar, les Emirats arabes unis et la France.

 

Belhadj n'est pas un inconnu. A seulement 45 ans, il est un vétéran de l'islamisme combattant. Ce libyen passé par l'Arabie saoudite s'est engagé fin des années 1980 dans le djihad contre l'URSS en Afghanistan – soutenu par les USA.

 

Il revient en Libye au début des années 1990, fonde le Groupe islamiste de combat libyen (GICL) qui mène de 1994 à 1998 une guérilla dans l'est du pays, tentant de renverser violemment Kaddafi. Après son échec, il trouve refuge en Afghanistan, chez ses amis talibans.

 

Passant d'Afghanistan au Pakistan, puis en Irak, il s'intègre aux cercles dirigeants d'Al-Qaeda, se rapprochant du chef de l'organisation dans ce pays, Moussab Al-Zarkaoui.

 

La CIA le traque, l'arrête en Malaisie en 2003, le passe à la « question » en Thailande dans une de ses prisons secrètes.

 

Il est ensuite livré à la Libye de Kaddafi – revenu en grâce au milieu des années 2000 dans le camp occidental. Nul ne sait si Belhadj a été retourné dans les prisons de la CIA. Promis à la mort, Belhadj est libéré en 2010 sur un ultime coup de poker de Kaddafi, espérant calmer ainsi les islamistes.

 

Mauvais calcul. Feignant le repenti, Belhadj prend la balle au bond et rejoint l'insurrection dès le début de l'année 2011 dans l'Ouest, sur les montagnes berbères. Il devient entre-temps l'agent privilégié du Qatar sur le terrain, le meilleur allié de l'Etat-major français.

 

Ce seigneur de guerre expérimenté se fait passer pour un homme de paix, cet islamiste matois pour un modéré incompris. De fait, il est l'homme le plus puissant de l'ouest libyen, contrôlant un ensemble de milices sur la base de l'islamisme, ainsi que du clientélisme et d'un certain charisme.

 

Le général Haftar, un agent de la CIA corrompu à la tête de la Libye

 

Un rôle qu'il partage avec le maître de l'Etat libyen, le Général Haftar. L'actuel chef de l'Etat-major libyen est capturé par les Tchadiens en 1987. Les Etats-unis le retournent, envisagent d'utiliser ses troupes pour lancer une attaque contre le régime de Kaddafi.

 

En fin de compte, il s'exile aux Etats-unis en 1990. Formé par la CIA, il tente d'organiser une insurrection en Libye au milieu des années 1990 (en même temps que le GICL de Belhadj), un échec.

 

Son retour en 2011 le conduit – après 25 ans d'absence – à reprendre immédiatement la tête de l'armée libyenne, grâce au parrainage américain.

 

Des militaires français au Mali face aux armes françaises parachutées en Libye !

 

Pour revenir à la France, le conflit au Mali pose un certain nombre de questions. L'armée française a pu constater que les djihadistes étaient bien armées, dotés d'un armement moderne. Des armes qui proviennent pour bonne partie de Libye.

 

Les rebelles islamistes ont pillé les arsenaux capturés du régime, notamment ceux situés dans le Djebel Nefoussa à l'ouest, et dans la banlieue de Tripoli. Mais ils sont aussi profité des 40 tonnes d'armement – lance-roquettes, fusils mitrailleurs, explosifs – parachutés par la France.

 

Selon des sources convergentes maliennes, dès août 2011, les touaregs maliens avaient mis la main sur une partie des armes parachutées par les forces françaises dans les montagnes de l'ouest libyen.

 

Depuis la fin de la guerre en 2011, la Libye est devenue une plaque-tournante du trafic d'armes dans la région avec jusqu'à 1 million d'armes légères en circulation dans un pays qui compte à peine 3 millions d'habitants.

 

Soumise à la loi des milices locales, des brigades islamistes, la Libye est sans doute déjà devenue un camp d'entraînement régional pour les djihadistes, en particulier ceux de l'Etat islamique (EI). Des combattants qui ne viendraient pas de l'étranger mais auraient été recrutés sur place, parmi nos anciens alliés. Leur bastion se trouve à Benghazi, point de départ de la dite Révolution de 2011.

 

A l'heure où les pires crimes ciblés peuvent servir de prétexte pour les crimes de masse à venir, où la barbarie dont l'islamisme combattant est un visage, il est bon de rappeler ce que les médias gomment délibérément : la conscience historique des origines de la Terreur. Et de ses responsables qui sont parmi nous, et nous commandent.

 

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 06:25

no-imf.jpgLe Fonds Monétaire international et l'épidémie d'Ebola

 

Article de synthèse de la revue médicale britannique The Lancet



par Alexander Kentikelenis (University of Cambridge), Lawrence King (European centre on health of societies in transition), Martin McKee (London School of Hygiene and Tropical Medicine/London), David Stuckler (University of Oxford)



Traduction JC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Ces derniers mois, le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé qu'il accordait 430 millions de $ pour lutter contre Ebola au Sierra Leone, en Guinée, au Liberia (1). En mettant ces fonds à disposition, le FMI cherche à devenir une partie de la solution à la crise, même si cela implique de s'éloigner quelque peu de son approche habituelle. Comme l'a déclaré la directrice du FMI Christine Lagarde lors d'une conférence, au début de la crise: « Il est bon d'augmenter le déficit budgétaire quand il s'agit de soigner les gens, de prendre les mesures nécessaires pour essayer de contenir la maladie. Le FMI ne dit pas cela très souvent. »(2)



Mais le FMI n'aurait-il pas contribué aux circonstances qui ont permis à la crise d'éclater sur place ?La raison principale qui a fait que l'épidémie s'est répandue si rapidement, c'était la faiblesse des systèmes de santé dans la région. Il y a de nombreuses raisons à cela, y compris l'héritage des conflits et des États faillis.



Depuis 1990, le FMI a apporté une aide à la Guinée, au Liberia, au Sierra Leone, pendant 21, 7 et 19 ans, respectivement, et au moment où Ebola est apparu, les trois pays étaient sous le coup de programmes du FMI.



Cependant, les prêts du FMI sont conditionnés, ils demandent des gouvernements bénéficiaires qu'ils adoptent des politiques qui ont été critiquées pour avoir mis la priorité sur des objectifs économiques de court-terme plutôt que sur l'investissement dans la santé et l'éducation(3). Et, en fait, il n'est même pas sûr qu'ils aient amélioré les performances économiques de ces États.



Ici, nous faisons le bilan des politiques patronnées par le FMI avant l'épidémie, et examinons leur effet sur les trois systèmes de santé. Les informations sont extraites des archives du FMI, sur les prêts accordés dans la période 1990-2014.



Premièrement, les programmes de réformes économiques du FMI exigeaient des réductions dans les dépenses publiques, la priorité au remboursement de la dette, et de consolider les réserves en devises étrangères.



Ces politiques ont été extrêmement strictes (4), absorbant des fonds qui auraient pu être consacrés à la réponse à des problèmes de santé urgents. Bien que le FMI ait répondu à ces préoccupations dans ses programmes en y incorporant des « dépenses de réduction de la pauvreté »pour augmenter les dépenses de santé, ces conditions n'ont souvent pas été appliquées sur le terrain.



Ainsi, en 2013, juste avant l'épidémie, alors que les trois pays avaient rempli les prescriptions du FMI en termes de politiques macro-économiques, ils n'avaient pas répondu à leurs objectifs en ce qui concerne les dépenses sociales (5,6, 7).



Écrivant au FMI, les autorités guinéennes ont noté que « hélas, à cause de coupes dans les dépenses, y compris dans l'investissement local, il n'a pas été possible de respecter les objectifs indiqués, en termes de dépenses dans les secteurs prioritaires ». (5)



Le gouvernement du Sierra Leone a également fait savoir que les objectifs, dans ce qui constitue les dépenses prioritaires (dont la santé), n'ont pu être atteints à cause d'une faiblesse d'investissements, et de fonds pour les financer. (7)



Deuxièmement, pour maintenir des dépenses publiques à un niveau faible, le FMI impose souvent des limites de dépense dans le secteur public– et donc sur les fonds qui devraient revenir à l'embauche ou à une rémunération adéquate des médecins, infirmiers et autres professionnels de la santé.



Ces limites sont« souvent fixées sans considération pour l'impact sur les dépenses dans les secteurs prioritaires »(8), et ont été mises en relation avec l'émigration du personnel de santé. (9)



Au Sierra Leone, par exemple, les politiques imposées par FMI ont explicitement visé à la réduction du nombre d'employés du secteur public. Entre 1995 et 1996 seulement, le FMI a demandé que soient virés 28 % des fonctionnaires(10), et on a continué à imposer des limites strictes sur les dépenses salariales tout au long des années 2000 (11).



En 2004, le gouvernement dépensait entre 1 et 2 points du PIB de moins pour le salaire des fonctionnaires que la moyenne des pays d'Afrique sub-saharienne. Dans le même temps, les chiffres apportés par l'OMS rapportent une réduction du nombre de travailleurs de la santé, qui sont passés de 11 pour 1 000 habitants en 2004 à 2 pour 1 000 en 2008. (12)



En 2010, alors que le pays lançait son Initiative pour une Santé gratuite, les analystes du FMI « soulignaient la nécessité d'estimer soigneusement ses implications fiscales »et de favoriser « une approche plus graduelle à la question, liée, de la hausse des salaires dans le secteur de la santé ».(13)



Troisièmement, le FMI a longtemps prôné la décentralisation des systèmes de santé.L'idée était de mettre les soins de santé plus en rapport avec les besoins locaux. Pourtant, en pratique, cette approche rend plus difficile la mobilisation d'une riposte coordonnée, centralisée à des épidémies majeures(14, 15).



En Guinée, au début des années 2000, le FMI a défendu une décentralisation fiscale et administrative. Suivant les conseils du FMI, le pays a transféré des responsabilités budgétaires du gouvernement central au niveau de la préfecture (16, 17).



5 années plus tard, une mission du FMI dans le pays rapportait déjà les« problèmes de gouvernance »qui comprenait « une décentralisation insuffisante et inefficace ». (18) Dans le même temps, le personnel du FMI notait que la qualité des services de santé fournis s'était détériorée.(18)



Tous ces effets sont cumulatifs, contribuant au manque de préparation des systèmes de santé pour faire face aux épidémies infectieuses et autres urgences sanitaires.La préoccupation, largement médiatisée, du FMI pour les questions sociales a eu bien peu d'effets sur les systèmes de santé dans les pays pauvres.



Le commentaire de Lagarde sur la priorité nouvelle aux dépenses de santé, plutôt que sur la stricte discipline fiscale, est bienvenu, des commentaires du même acabit avaient déjà été réalisés par ses prédécesseurs. (19) Mais le résultat sera-t-il bien différent cette fois ?



L'épidémie Ebola a mis à l'épreuve plusieurs institutions mondiales, et des leçons devront être tirées. La plupart de ces leçons ont trait à la détection et à la maîtrise de l'épidémie, mais il serait malheureux de fermer les yeux sur les causes structurelles.



Dans une intervention opportune, la Commission sur l'Investissement dans la Santé de The Lanceta appelé à des augmentations dans les dépenses de santé et à l'embauche et la formation des travailleurs de santé (20). L'expérience de l'Ebola ajoute une dimension d'urgence à la mise en place de ses recommandations.



Sources mentionnées :



1 – Wintour, P. IMF to provide $300m in extra funding to help fight Ebola. The Guardian. Nov 15, 2014; http://www.theguardian.com/world/2014/nov/15/ebola-imf-set-to-unveil-debt-relief-at-g20-for-worst-affected-countries.



2 – IMF. Managing Director's remarks on the impact of Ebola. http://www.imf.org/external/mmedia/view.aspx?vid=3830643908001.



3 – Stuckler, D and Basu, S. The International Monetary Fund's effects on global health: before and after the 2008 financial crisis. Int J Health Serv. 2009; 39: 771–781



4 – Goldsborough, D. Does the IMF constrain health spending in poor countries? Evidence and an agenda for action. Center for Global Development, Washington, DC; 2007http://www.cgdev.org/page/does-imf-constrain-health-spending-poor-countries-evidence-and-agenda-action.



5 – IMF. Guinea: letter of intent, memorandum of economic and financial policies, and technical memorandum of understanding. February 1, 2014. International Monetary Fund, Washington, DC; 2014http://www.imf.org/External/NP/LOI/2014/GIN/020114.pdf.



6 – IMF. Liberia: third review under the extended credit facility arrangement and request for waiver of nonobservance of performance criterion and modification of performance criteria. IMF country report no 14/197. https://www.imf.org/external/pubs/cat/longres.aspx?sk=41740.0.



7 – IMF. Sierra Leone: first review under the extended credit facility arrangement, request for modification of performance criteria, and financing assurances review. http://www.imf.org/external/pubs/cat/longres.aspx?sk=41674.0.



8 – IMF Independent Evaluation Office. The IMF and aid to sub-Saharan Africa. IMF Independent Evaluation Office, Washington, DC; 2007http://www.imf.org/external/np/ieo/2007/ssa/eng/pdf/report.pdf.



9 – McColl, K. Fighting the brain drain. BMJ. 2008; 337: a1496



10 – IMF. Sierra Leone: midterm review under the second annual arrangement under the enhanced structural adjustment facilitv and request for waiver of performance criteria. EBS/96/155. IMF Archives, Washington, DC; 1996http://adlib.imf.org/digital_assets/wwwopac.ashx?command=getcontent&server=webdocs&value=EB/1996/EBS/230.PDF.



11 – IMF. Sierra Leone: 2006 article iv consultation, first review under the three-year arrangement under the poverty reduction and growth facility, financing assurances review, and request for waiver of nonobservance of performance criterion. https://www.imf.org/external/pubs/cat/longres.aspx?sk=20451.0.



12 – WHO. Community and traditional health workers density. http://www.aho.afro.who.int/aihds/aihds/view?path=61,106,141#.



13 – IMF. Sierra Leone: sixth review under the arrangement under the Extended Credit Facility. IMF country report no 10/176. http://www.imf.org/external/pubs/ft/scr/2010/cr10176.pdf; June 2010.



14 – Homedes, N and Ugalde, A. Why neoliberal health reforms have failed in Latin America. Health Policy. 2005; 71: 83–96



15 – Djibuti, M, Rukhadze, N, Hotchkiss, DR, Eisele, TP, and Silvestre, EA. Health systems barriers to effective use of infectious disease surveillance data in the context of decentralization in Georgia: a qualitative study. Health Policy. 2007; 83: 323–331



16 – IMF. Guinea: request for a three-year arrangement under the poverty reduction and growth facility. EBS/01/57 (April 18). IMF Archives, Washington, DC; 2001http://adlib.imf.org/digital_assets/wwwopac.ashx?command=getcontent&server=webdocs&value=EB/2001/EBS/117764.PDF.



17 – IMF. Guinea: staff report for the 2002 article iv consultation; first review under the poverty reduction and growth facility; and requests for waiver of performance criteria, second-year program under the poverty reduction and growth facility, and for additional interim assistance under the enhanced initiative for heavily indebted poor countries. EBS/02/126 (July 11). IMF Archives, Washington, DC; 2002http://adlib.imf.org/digital_assets/wwwopac.ashx?command=getcontent&server=webdocs&value=EB/2002/EBS/154935.PDF.



18 – IMF. Guinea: staff report for the 2007 article iv consultation and requests for three-year arrangement under the poverty reduction and growth facility and for additional interim assistance under the enhanced heavily indebted poor countries initiative. EBS/07/140 (December 7). IMF Archives, Washington, DC; 2007http://adlib.imf.org/digital_assets/wwwopac.ashx?command=getcontent&server=webdocs&value=EB/2007/EBS/324976.PDF.



19 – de Rato, R. Renewing the IMF's commitment to low-income countries. http://www.imf.org/external/np/speeches/2006/073106.htm.



20 – Jamison, DT, Summers, LH, Alleyne, G et al. Global health 2035: a world converging within a generation. Lancet. 2013; 382: 1898–1955





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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 05:59

ali_bongo_hollande.jpgGrève illimitée dans le secteur pétrolier au Gabon. TOTAL et « notre » dictateur Bongo sont la première cible des grévistes



Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Le Gabon, chasse gardée de la France depuis 1960, gérée d'une main de fer par la famille Bongo, poule aux oeufs d'or de TOTAL. Les grèves récentes, la dernière dans le secteur pétrolier, font vaciller le pouvoir autoritaire qui craint un scénario analogue à celui qui a fait tomber le dictateur du Burkina-Faso Blaise Compaoré.



Ce lundi 1er décembre. L'ONEP (Organisation nationale des employés du pétrole) annonce le début d'une grève illimitée dans le secteur pétrolier, après l'échec des négociations traînant depuis plusieurs semaines portant avant tout sur la réintégration d'employés licenciés.



TOTAL règne en maître sur la 4 ème puissance pétrolière d'Afrique noire



Ce micro-Etat d'1,5 million d'habitants reste la 4 ème puissance pétrolière d'Afrique sub-saharienne avec 250 000 barils de pétrole par jour.



Un secteur vital pour l’État gabonais, qui dépend à 60 % des revenus du pétrole.



Un marché toujours important pour le groupe français TOTAL, premier investisseur dégageant 50 000 barils par jour. TOTAL se partage le marché avec le britannique Shell, même si le chinois SINOPEC et le libyen Libya Oil et le français Perenco sont de plus en plus actifs au pays.



Un pays paralysé par une grève qui dure depuis une semaine



La grève qui continue depuis une semaine a trouvé entre-temps le soutien de toute la fillière : des ouvriers de l'extraction jusqu'aux employés des stations-services, en passant par les salariés des raffineries. L'ONEP organise la grande majorité des 5 000 employés du secteur.



La mobilisation perturbe sérieusement l'économie du pays. La seule raffinerie du pays, qui transforme 21 000 barils/jour, à Sogara est complètement paralysée. Les champs pétroliers de Port-Gentil (2ème ville du pays) ne livrent plus de pétrole, l'aéroport local est à court de carburant.



Dans les villes, c'est la panique. Les queues se multiplient devant les stations-services, progressivement à sec, pour obtenir des stocks d'essence.



Le groupe français TOTAL dans la ligne de mire des grévistes



Les majors ont publié des déclarations contradictoires. Shell a reconnu que la grève avait fait chuter sa production. Total a nié tout impact dans un premier temps, avant d'avouer que sa production était descendue à 10 000 barils par jour, soit le quart de la production usuelle.



Les revendications des grévistes sont multiples, elles sont au moins quatre, touchant à des questions politiques : (1) réintégration d'employés du secteur licenciés par les majors étrangères ; (2) suspension des déductions salariales imposées par ces compagnies ; (3) départ du manager de STSI Boccard, sous-traitant de Total ; (4) départ du directeur général de la Libya oil Gabon.



Ces exigences qui pointent les responsabilités des grands groupes étrangers, d'abord Total – qui opère aussi par l'entremise de leurs sous-traitants, comme Total avec STSI Boccard – ainsi que celle de l'Etat gabonais, complice du pillage organisé, actionnaire minoritaire de TOTAL-Gabon.



Même l'Etat gabonais a commencé à s'agacer des pratiques frauduleuses de Total. Il vient d'entamer un redressement fiscal à l'encontre de la filiale gabonaise du groupe français, soupçonné d'avoir un arriéré d'impôt de 565 millions d'€, soit 5 % du PIB du pays, 20 % du budget national.



Bientôt la fin de la dictature des Bongo ?



Depuis 1960, le Gabon est la base arrière de la France, à partir d'où part tous ses mauvais coups en Afrique, du Biafra au Congo. En 1967, la France y place un ancien agent de ses services secrets, Omar Bongo.



Ce dernier va y installer un régime à parti unique, qui réprime férocement ses opposants. Il y est régulièrement ré-élu avec 99,5 % des voix. Il détourne des centaines de millions d'€, grâce à l'argent d'Elf puis Total.



A la mort d'Omar, c'est son fils Ali qui prend la succession en 2009. Tout changer pour que rien ne change. Ali truque les élections mais n'obtient que 41 % des voix au premier tour. Il suspend le deuxième tour et s'auto-proclame président.



Un mois après la chute d'un autre ami de la France, le dictateur du Burkina-Faso Blaise Compaporé, en place depuis 27 ans, Ali Bongo a peur.



Il faut dire que le climat social est explosif au Gabon. Depuis un mois, des mouvements de grève ont été lancés dans les télécoms, la presse, la radio et la télévision, l'éducation nationale, les universités, les hôpitaux. Une grève générale avait touché toute la fonction publique fin octobre.



Partout les mêmes problèmes, des salaires et des primes non-payés, la colère face à la logique de privatisation et ses dégâts dans les services publics en faillite du pays.



Il y a de quoi être surpris de voir la très faible couverture de presse en France sur ce mouvement d'ampleur dans un pays francophone, impliquant notre fleuron économique. C'est par l'agence britannique Reuters que la nouvelle peut être connue en France. Un silence étonnant. Ou non.



Dénonçons la politique de rapine de Total en Afrique, dénonçons la Françafrique plus vivace que jamais : solidarité avec les travailleurs et le peuple gabonais qui veut en terminer avec cette dictature des Bongo qui dure depuis plus d'un demi-siècle !





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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 07:30

B.COMPAORE_PRW_IMG_4775-copie_0.jpgC'est la France qui a assuré la fuite du dictateur burkinabé Compaoré

 

 

 

Hollande défendait encore il y a un mois son cher Blaise, 'homme de paix' !

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

Après Ben Ali, Compaoré. La Françafrique persiste dans son soutien aux dictateurs contre les peuples. Le président Hollande, le gouvernement PS ont fait fort, appuyant Compaoré jusqu'au bout, en faisant surtout un homme de paix, un démocrate en puissance depuis 2012.

Un mensonge, un de plus, pour protéger le vieil ami de la France, le dictateur criminel du Burkina Faso Blaise Compaoré. Hollande a d'abord prétendu que la France n'avait pas procédé elle-même à l'évacuation de Blaise Compaoré vers la Cote d'Ivoire, le 31 octobre.

Hollande nie que la France ait exfiltré le dictateur … puis se désavoue !

Les révélations du journal Jeune Afriqueont forcé le président à se désavouer. Ce sont bien les autorités françaises, sur demande de Compaoré, qui ont exfiltré le dictateur en fuitele 31 octobre, vers Pô dans le sud du pays, dans un convoi de 28 véhicules civils, sous escorte militaire.

Déjà en contact avec les autorités françaises, il est dévié de son itinéraire quand il apprend que des manifestants burkinabés l'attendent sur place. La France entre alors en jeu, elle intercepte le convoi à 50 km de Pô et transfère Compaoré à bord d'un hélicoptère français, des forces spéciales.

Direction l'est du Burkina, à Fada n'Gouma, où il embarque dans un avion français venu de Cote d'Ivoire.Il atterrit en fin de journée à Yamassoukro, capitale de la Cote d'Ivoire.

Un million de Burkinabés qui disent Non à une dictature anti-populaire. La France, qui le soutient depuis 27 ans, ne trouve rien de mieux que de le soutenir jusque dans sa fuite à Yamassoukro.

Ce n'est pas tout. Les médias français prétendent que François Hollande a « mis en garde », avant la révolution, Blaise Compaoré contre la tentation de s'accrocher au pouvoir, pour un 5 ème mandat.

Mieux vaut tard que jamais, diront certains. Pendant 27 ans, la France a couvert les scrutins de 80 à 90 %, l'opposition réprimée, les syndicats pourchassés, d'un régime basé sur un crime d'Etat : l'assassinat du Che Africain, le fondateur du Burkina Faso, le capitaine marxiste Thomas Sankara.

La lettre de Hollande à son « cher Blaise » :

un soutien sans failles, 15 jours avant la Révolution !

En réalité, la lettre de François Hollande au « cher Blaise », le 7 octobre 2014, est d'une toute autre teneur. Elle est une apologie des qualités, du dévouement à la paix, du leader burkinabé, matinée d'une légère inflexion sur la situation politique, déjà explosive à l'époque :

« Monsieur le Président, cher Blaise,

Votre courrier du 22 septembre dernier confirme l'engagement du Burkina Faso en faveur du rétablissement de la stabilité au Maliet votre soutien au dialogue mené à Alger. Je tiens à vous en remercier, car je sais à quel point vous avez toujours œuvré en faveur du règlement de la crise malienne.


Les négociations inter-maliennes qui se déroulent à Alger devraient aboutir, nous l'espérons, à un accord de paix entre le gouvernement et les groupes armés. Il importe avant tout que cet accord, respectueux de l'unité et de l'intégrité territoriale du pays et de sa laïcité, puisse permettre au Mali d'en sortir plus fort, de jouir d'une cohésion nationale renforcée et de voir toutes les régions du pays d'avoir un accès égal au développement et à la sécurité.


Il importe également que cet accord soit solide et durable. La région et la communauté internationale auront là un rôle à jouer, pour appuyer, suivre et contrôler l'application de l'accord à venir. Un dispositif de suivi, où la Cedeao aurait toute sa place, sera utile. Le processus de démobilisation et de réintégration des combattants, dans les conditions qui seront décidées lors des négociations, devra être suivi tout particulièrement.

Dans l'attente d'une issue heureuse des négociations d'Alger, la contribution des voisins du Mali à la Minusma est indispensable, notamment en ce qui concerne la sécurisation des zones où l'armée malienne n'est plus présente depuis les événements de Kidal. L'engagement du contingent burkinabè et sa connaissance du terrain est précieux.

Il est important pour le Mali et pour l'ensemble de la région de consolider ses institutions et d'aller encore plus loin en matière de gouvernance et de démocratie. À cet égard, le Burkina Faso pourrait être un exemple pour la région si, dans les mois qui viennent, il avançait lui aussi dans cette direction en évitant les risques d'un changement non consensuelde Constitution. Vous pourriez alors compter sur la France pour vous soutenir, si vous souhaitez mettre votre expérience et vos talents à la disposition de la communauté internationale.


En vous remerciant de nouveau pour
votre engagement en faveur de la paix et de la sécurité au Mali, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma très haute considération.

Bien à toi,

François Hollande ».

Le tuteur française se montre bien peu directif, suggérant à Compaoré de ne pas se « risquer à un changement non-consensuel » de Constitution. Quelle audace !

Autrement dit, le maintien au pouvoir de Compaoré, la continuité avec son régime n'était pas un problème pour la France … si elle était négociée.

Dans sa lettre à Compaoré, le manque de démocratie, le peu de considération pour les besoins populaires d'un des pays les plus pauvres du monde ne préoccupe guère Hollande.

Sa seule obssession ?La guerre au Mali. La France a fait de Compaoré un « homme de paix », le médiateur de la CEDEAO.

Elle a fait du Burkina-Faso le fer de lance de la déstabilisation du Mali sous prétexte de stabilisation, de l'ingérence au Mali sous prétexte de démocratisation, avec Compaoré.

Pas besoin de citer la lettre de François Hollande, on retrouve cette rhétorique plus de 10 fois en moins de 20 lignes : Compaoré, modèle pour la pacification, la démocratisation du Mali.

Trois semaines après, il était renversé par 1 million de Burkinabés, disant Non à la dictature, dans un contexte de guerre civile. Ironie de l'histoire.

Fabius à Ougadougou en 2012 : faire du Burkina un modèle pour le Mali

Dès son arrivée au pouvoir, François Hollande a mandaté Laurent Fabius pour se rendre à Ouagadougou en juillet 2012, en pleine crise malienne, pourfaire du Burkina de Compaoré le médiateur privilégié de la France.

Fabius avait alors insisté sur le fait que :« La France et le Burkina Faso sont amis de longue date. Les relations entre nos gouvernants sont excellentes. »

Il ajoutait que le Burkina et la France partageaient le même objectif pour le Mali : le triangle « démocratie-sécurité-développement ». Quelle ironie.

Développement ?Le Burkina fait partie des 10 Etats les moins développés au monde, avec des résultats catastrophiques dans l'éducation, la santé.

Démocratie ? Il faut rester sérieux, quand Compaoré est réélu à 80, 90 %, en réprimant l'opposition, avant d'être chassé par son peuple.

Sécurité ? La presse africaine révèle aujourd'hui que Compaoré a sans doute soutenu en sous-main les rebelles maliens, les groupes islamistes, pour déstabiliser son voisin et rival.

Fabius, il y a deux ans, nous sortait son cathéchisme :« nous croyons pleinement aux droits de la personne, à la liberté, à la fraternité »,avant de préciser : « La France a aussi, notamment au Niger ou dans d'autres pays, des intérêts économiques et ce n'est pas accabler la France que de dire cela. »

N'accablons pas nos dirigeants, leurs intérêts en Afrique, ils ne font que défendre leurs maîtres, les Total, Areva, Bouygues. Il est temps, 50 ans après les indépendances, que les peuples africains prennent enfin en main leur destin.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Afrique
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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 06:40

selon-plusieurs-observateurs-la-mobilisation-d-hier-etait_2.jpgUn million de burkinabés dans la rue. Notre ami le dictateur Blaise Compaoré, assassin de Sankara, chassé du pouvoir !

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Quelle force opposer au peuple, lorsqu'il a dit : je veux ? Ce n'est pasMarx mais Lammenais. L'autocrate Blaise Compaoré en a fait l'amère expérience. Lui qui règne par le crime et la duperie depuis 27 ans au "pays des hommes intègres" a du quitter le pouvoir chassé par des centaines de milliers de ses sujets.

 

Jamais l'Afrique de l'ouest n'a connu de manifestations de cet ampleur depuis la décolonisation : plusieurs centaines de milliers de manifestants au centre de Ouagadougou ce jeudi puis ce vendredi. L'opposition évoque le chiffre symbolique du million de manifestants jeudi 30 octobre.

 

La plus grande manifestation jamais organisée en Afrique de l'ouest

 

Sur un pays de 17 millions d'habitants, c'est comme si en France 5 millions de personnes étaient descendues dans les rues de Paris. Blaise Compaoré a usé de façon classique des forces de police, de l'armée. Elles ont été submergées par la masse. Elles se sont retournées contre le dictateur.

 

Blaise Compaoré usurpait le pouvoir depuis 27 ans. Après deux révisions constitutionnelles, le dictateur voulait arracher un cinquième mandat. Celui de trop. Jeudi, l'Assemblée nationale a été envahie par des centaines de manifestants.

 

Même laminée, la police a tué : 30 morts, une centaine de blessés. Mais il y a aucune force à opposer au peuple, lorsqu'il veut. Jeudi, l'armée a donc du dissoudre l'Assemblée et le gouvernement. Vendredi, Blaise Compaoré a du démissionner.

 

La France a soutenu son ami le dictateur jusqu'au bout !

 

La mascarade a enfin cessé. Encore en 2011, la ré-élection de Blaise Compaoré a encore été saluée par la France, les observateurs étrangers, après un score de 80 %. Où sont ces 80 % inexistants aujourd'hui ? La rue a parlé contre le simulacre des élections patronnées par les dites démocraties.

 

5011941.jpgComme pour Ben Ali, la France a soutenu Blaise Compaoré jusqu'au bout. Rappelons le rôle qu'on a fait jouer à Compaoré dans les crises ivoirienne en 2011 et malienne en 2013. On sait combien il a joué double jeu, alimentant l'instabilité chez ses voisins, quitte à appuyer – c'est un soupçon qui montait, y compris dans les milieux informés français – les djihadistes au Mali.

 

Compaoré a péri par où il a fauté. Il y a 27 ans, il comettait un crime impardonnable contre son meilleur ami, contre son peuple contre son pays en participant, sans doute en organisant l'assassinat du père du Burkina Faso : Thomas Sankara.

 

Un criminel tombe : l'assassin de Sankara, père du Burkina, héros du peuple

 

Dans un des pays les plus pauvres d'Afrique, le jeune capitaine Sankara – formé dans le Regroupement des officiers communistes (ROC) – avait accompli des miracles entre 1983 et 1987, dans ce qu'il appelait la révolution burkinabé.

 

En 4 ans, il réduit le train de vie des politiques, abolit les droits féodaux, développe l'éducation et la santé publiques, nationalise la terre et le sous-sol, parvient à l'auto-suffisance alimentaire, crée des dizaines de milliers de logements à loyer modéré, impose l'égalité homme-femme.

 

Les résultats sont immédiats, salués par l'OMS comme par l'UNESCO : 2,5 millions de Burkinabés sont vaccinés, le taux d'alphabétisation passe de 5 à 20 % chez les hommes, à titre d'exemple.

 

Sur le plan des symboles, la Haute-Volta coloniale devient le Burkina-Faso émancipé – littéralement, le "pays des hommes intègres", qualificatif qui caractérisait si bien Sankara. Il fait adopter comme devise nationale celle du Che et de Fidel : "La patrie ou la mort. Nous vaincrons!".

 

Sankara était devenu le leader du mouvement pan-africain anti-impérialiste, il s'était rapproché des amis de l'Afrique : l'URSS, Cuba, il condamnait les relations néo-coloniales forgées dans la dette scélérate.

 

La France de François Mitterrand, comme ses relais locaux et d'abord la Cote d'Ivoire de Félix Houphouet-Boigny, n'a jamais accepté sa politique indépendante et populaire. Elle constituait un dangereux précédent pour le continent.

 

Un des pays les plus pauvres d'Afrique : la faillite d'un régime pro-impérialiste

 

Ce sont eux qui ont corrompu le numéro 2 du régime, Blaise Compaoré, qui va profiter de l'assassinat commandité de son ami Sankara le 15 octobre 1987 pour prendre la main. Un coup d'Etat qui met fin à une expérience démocratique unique en Afrique de l'ouest.

 

Compaoré récompense ses parrains. Dès son arrivée au pouvoir, il rompt avec Moscou, la Havane, rétablit des relations cordiales avec la France. En 1991, il accepte les plans d'ajustement structurel du FMI, des privatisations générales, des coupes dans les conditions de vie de son peuple.

 

Les résultats sont catastrophiques après 27 ans de dictature sans partage : le Burkina Faso occupe la 177 ème place sur 182 dans l'Indice de développement humain (IDH), entre le Mali et la Centrafrique !

 

L'espérance de vie y est de 55 ans, le taux de mortalité infantile de 79 pour 1 000, ou 8 % (9 ème place mondiale), et un taux d'alphabétisation qui ne dépasse pas les 28 %. Seuls l'Afghanistan et le Mali font pire !

 

Ironie de l'histoire, aujourd'hui un des leaders de l'opposition est un certain Bénéwendé Sankara qui est aussi l'avocat de la famille Sankara qui demande justice et vérité sur l'assassinat de celui qui est encore adulé par le peuple burkinabé.

 

Rien n'est fini, le leader par intérim le général Honoré Traoré est un proche de Compaoré, une figure de l'Ancien régime. La lutte continue pour intensifier la révolution burkinabé, pour concrétiser le dit printemps noir pour qu'il ne finisse pas comme les printemps arabes.

 

Alors que la France s'est déshonorée en 1987, comme en 2014, c'est la jeunesse burkinabé qui a repris le flambeau de la lutte révolutionnaire. Sankara disait "la patrie ou la mort, nous vaincrons!". 30 jeunes ont laissé leur vie, la jeunesse burkinabé vaincra !

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