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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 07:24

picasso-pablo-la-colombe-de-la-paix-2406263Le Conseil mondial de la paix dénonce l'intervention militaire française au Mali



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Conseil mondial de la paix (CMP) dénonce l'intervention militaire brutale de la France au Mali, menée avec le soutien intégral de l'Union européenne et de l'OTAN. Elle constitue la poursuite de la mise en œuvre des plans impérialistes pour le contrôle géo-stratégique de régions entières du continent Africain, comme nous avons pu le voir en 2011 avec l'intervention sanglante et le bombardement de la Libye.

Leur objectif, ce sont les ressources énergétiques qui sont l'objet d'une lutte acharnée entre des forces et centres impérialistes qui se retrouvent néanmoins tous ensemble pour massacrer les populations, avec des prétextes variant selon les circonstances.

 

Le CMP exprime son indignation devant ce nouveau crime d'un impérialisme français qui se prépare également à intervenir, avec ses alliés de l'OTAN, en Syrie tout en menaçant l'Iran.



Nous demandons l'arrêt immédiat de l'agression et le retrait des forces militaires françaises ainsi que celles de l'armée européenne et de l'OTAN.



L'immense majorité de l'humanité et des peuples rejette les missions de « paix » de l'Union européenne et de l'OTAN qui ne défendent que les intérêts des multi-nationales tout en semant la mort et la misère parmi les peuples.



Nous dénonçons le massacre du peuple Malien par les forces impérialistes et lançons un appel à tous ceux épris du paix afin qu'ils s'opposent, en menant toutes les actions nécessaires, aux projets impérialistes en Afrique.

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 13:23

1415402973_libye_mohamed_al_megaryef_ex_opposant_pro_isla.jpgQui est Mohamed al-Megaryef, premier président de la Libye « libérée » par les forces de l'OTAN ?

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Islamiste « modéré » et homme « de consensus », voilà le portrait dressé par les médias occidentaux du nouveau porte-parole du Congrès général national et président de facto de la Libye « libérée ».

 

L'élection symbolique de Mohammed al-Megaryef est avant tout une récompense pour celui qui fut pendant trois décennies le premier et le meilleur allié des États-Unis, de la France et des dictatures arabes dans leur lutte contre le régime de Kaddafi

 

Parcours aux côtés de l'impérialisme et des dictatures arabes : fondateur du FNSL en guerre froide et exil aux États-Unis

 

Économiste de formation, originaire de Benghazi, Mohamed al-Megaryef connaît une ascension fulgurante au service du régime de Kaddafi, présidant la Cour des comptes en 1972, à l'âge de 31 ans et devenant ministre des Affaires étrangères cinq ans plus tard.

 

En 1978, il est nommé ambassadeur à New Delhi. Déjà en contact avec les services de renseignement américains, il fait défection au régime en 1980 et fonde l'année suivante, avec d'autres renégats de l'appareil d’État libyen, le Front national du salut de la Libye (FNSL).

 

Comptant sur une base mercenaire de putschistes, le FNSL devient alors un instrument privilégié dans la lutte que mènent les puissances occidentales, États-Unis et France en premier lieu, contre le régime de Kaddafi.

 

Instrumentalisant une rhétorique « démocratique » de bonne guerre en période de guerre froide, le FNSL multiplie des actions terroristes sur territoire Libyen et intervient activement du côté Tchadien dans la guerre qui oppose le Tchad, soutenu par les puissances occidentales, à la Libye.

 

Le soutien logistique et financier des États-Unis, via la CIA, de la France et d’Israël aux agissements du FSLN est désormais avéré. Tout comme l'appui des dictatures Égyptiennes et Tunisiennes ainsi que des monarchies absolues Marocaines et Saoudiennes. L'Arabie saoudite a ainsi accordé au groupe terroriste plus de 7 millions de $ dans les années 1980.

 

Détruit militairement à la fin des années 1980, les chefs renégats du FSLN choisissent l'exil. Pour al-Megaryef, ce sera la maison-mère, les États-Unis et Atlanta, où il continue à manœuvrer en coulisses pour accumuler des soutiens politiques et des fonds américains, et construire une opposition pro-impérialiste au régime de Kaddafi.

 

Réélu secrétaire-général de la formation à quatre reprises, il est un des artisans de la fameuse Conférence nationale de l'opposition Libyenne, organisée à Londres en 2005, posant un programme contre-révolutionnaire, repris ensuite par le CNT mis en œuvre lors de la guerre civile de 2011.

 

Un programme conciliant avec les intérêts occidentaux : islamiste conservateur, ultra-libéralisme et fédéralisme

 

Après la victoire des « rebelles » soutenus par les forces de l'OTAN, face à une société civile inexistante et une vie politique déserte, les alliés des occidentaux ravalent la façade de leurs organisations para-militaires et s'achètent une virginité démocratique.

 

C'est le cas du FNSL qui devient simplement le Front national en mai 2012 et dont Mohamed al-Megaryef devient le premier secrétaire.

 

La recherche de partenaires fiables pour les puissances impérialistes occidentales reposent sur trois critères auxquels répondent les quatre partis libyens créés de toute pièce en 2011 :

 

  • un islamisme conservateur, garant d'un consensus populaire et de la stabilité sociale ;

  • un ultra-libéralisme économique, ouvrant le pays au capital international ;

  • une organisation fédérale décentralisée, garantissant l'accès des richesses pétrolières de l'Est aux majors américaines et européennes ;

 

Un programme auquel répond point par point Mohammed al-Megaryef dans une interview accordée à JeuneAfrique, le 5 août dernier :

 

  • Sur l'islamisme militant : après les habituelles déclarations de rigueur sur un nouvel État « civil et non-religieux », al-Megaryef trouve normal que la Charia soit « une source du droit et que rien ne vienne la contredire », enchaînant en affirmant que le débat au sein de l'Etat nouveau est entre ceux qui considèrent 'seulement' « l'islam comme religion d'Etat » et d'autres qui veulent préciser que « la charia est une source du droit ».

 

  • Sur le libéralisme économique : al-Megaryef évoque d'abord la nécessité de mettre un terme à la phase de la rébellion armée, de reconstruire les forces de sécurité, une armée, de restaurer une stabilité nécessaire « pour lancer le développement économique et social de la Libye », ce qui « suppose de rassurer les investisseurs étrangers » ;

 

  • Sur un État fédéral : le leader du Front national commence par une critique de la centralisation expérimentée sous Kaddafi et même sous la monarchie et par un éloge de la décentralisation et du fédéralisme antérieur, celui qui ne peut être au XX ème siècle que celui du protectorat colonial Italien sur la Cyrénaique et la Tripolitaine. Al-Megrayef avance ensuite son programme fondamental : « Aujourd’hui, tout ce que nous voulons c’est un régime le plus décentralisé possible ». Objectif numéro un, garantir à la Cyrénaique la jouissance pleine et entière du jackpot pétrolier : « Afin de permettre à chaque ville et à chaque région de profiter équitablement du développement du pays et du partage des richesses mais aussi de disposer des services nécessaires. »

 

L'élection d'un serviteur zélé des puissances impérialistes occidentales à la tête de l’État libyen comme un symbole. Un après la « libération » de la Libye par les forces de l'OTAN, le processus de re-colonisation de la Libye est désormais bien avancé.

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7 août 2012 2 07 /08 /août /2012 16:04

Fabius_Ouatara_cle8a4de2.jpgDe l'entreprise de déstabilisation à l'intervention déléguée aux « amis » africains

 

Un plan de dépeçage du Mali méthodiquement orchestré par les puissances occidentales

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Depuis le début de l'année 2012, le Mali sombre dans le chaos. Indépendantistes touareg, rebelles islamistes, coup d’État éclair, transition « démocratique », intervention des pays de la CEDEAO, ingérences occidentales : la confusion règne, mais le brouillard de guerre se dissipe pour peu à peu, permettant de démêler l'écheveau des événements successifs.

 

Présenté abusivement comme un exemple de « démocratie », le Mali de l'ancien putschiste Amadou Toumani Touré (ATT) donnait en tout cas l'apparence d'un État stable. Une stabilité garantie par des relations guère conflictuelles avec l'ancienne puissance coloniale, par un étouffement de l'opposition (au nom du « consensus »), et par une pratique généralisée de la corruption et du clientélisme.

 

Un système à bout de souffle pour un président réélu en 2007 avec 71% au premier tour. Une « démocratie » gérée de façon anti-démocratique, un pays « stable » de plus en plus incapable de gérer l'instabilité au nord et surtout un pays regorgeant de richesses mais enfoncé dans une pauvreté entretenue par le système ATT et par la mise en œuvre zélée des recettes désastreuses du FMI.

 

L'enjeu : un pays pauvre regorgeant de richesses, objet de convoitises

 

Car si le Mali reste un des pays les pauvres au monde – la moitié de la population sous le seuil de pauvreté, le Mali occupant la 178ème place sur 182 pour son indice IDH – son sol et son sous-sol abrite des richesses considérables.

 

Troisième producteur d'or du continent africain, derrière les géants Ghanéens et Sud-Africains, exportateur majeur également de fer et de coton, le sous-sol Malien recèle surtout de gisements pétroliers conséquents, découverts dans le Bassin de Touadenni, au Nord-ouest du Mali.

 

Des richesses pétrolières encore largement inexploitées qui suscitent la convoitise des majors américaines, du grand groupe de la Françafrique Total, des entreprises d’État chinoises. Le ministère des mines Malien, encore maître des concessions pétrolières, a jusqu'alors préféré confier des blocs d'extraction à l'entreprise algérienne SONATRACH et à l'italienne ENI.

 

La participation potentielle du Mali au projet de pipeline TSGP (Transaharian Gas Pipeline), acheminant le gaz du delta du Niger vers l'Europe via le Niger, renforce l'importance stratégique de l’État sahélien.

 

La nécessité d'établir un État « stable » au Mali, c'est-à-dire plus conciliant envers les intérêts pétroliers occidentaux, mais aussi d'exercer un contrôle direct ou indirect sur un État sécessionniste au Nord-Mali, est un des facteurs explicatifs du déroulement de la crise malienne.

 

Première étape : coup d’État d'opérette, déstabilisation et rupture de l' « ordre constitutionnel »

 

La déstabilisation du Mali commence par un coup d’État confus, à une semaine d'élections qui allaient concrétiser le départ du président Amadou Touré. Le 22 avril, le capitaine Sanogo dépose le président malien et annonce la constitution d'un Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDR).

 

Des putschistes qui utilisent le prétexte de l'instabilité dans le Nord-Mali pour rompre l'ordre constitutionnel, et lancent un appel immédiat à une aide militaire et politique des puissances occidentales pour lutter contre le péril islamiste.

 

Il ne faut pourtant que deux semaines pour voir ces militaires déterminés céder le pouvoir à un gouvernement de transition présidé par le bras de droit de Touré, Dioncounda Traoré, sur proposition de la CEDEAO, appuyée par les grandes puissances occidentales, et surtout concoctée par le dictateur du Burkina-Faso Blaise Compaoré.

 

Les putschistes rentrent alors dans le rang, tout en occupant une place centrale dans la « transition démocratique », aux côtés du nouveau président intérimaire. Un intermède grand-guignolesque qui soulève des questions de fond :

 

Qui est cet obscur capitaine Sanogo, putschiste formé aux États-Unis de 2004 à 2010, où il a bénéficié d'une formation d'officier de renseignement ?

 

Quels intérêts servent ces putschistes, lançant des appels à l'aide aux puissances impérialistes et cédant le pouvoir à leurs premières injonctions ?

 

Quelle transition avec le bras droit du système corrompu d'ATT, Dioncounda Traoré par ailleurs en « visite médicale » à Paris pendant les deux semaines précédant sa prise de fonction début juin ?

 

Deuxième étape : un vide politique pour préparer le démantèlement du Mali

 

Usant de l'instabilité comme un prétexte pour rompre l'ordre constitutionnel, les putschistes n'ont fait qu'acter la sécession de facto du Nord-Mali, sous les coups du mouvement sécessionniste Touareg (MNLA) et des groupes islamistes (Ançar Dine, AQMI).

 

Tirant profit des justes revendications du peuple Touareg à l'autonomie et au respect de sa dignité, le MNLA revendique la sécession, autrement dit la remise en cause de l’État malien unifié. Une revendication qui rejoint certaines préoccupations des puissances occidentales intéressées par le gâteau pétrolier du Nord, ainsi que les objectifs à court terme des combattants islamistes.

 

Des convergences matérialisées en mai dernier par un rapprochement avec Ançar Dine, islamistes fondamentalistes salafistes, issus du mouvement touareg, dominateurs à Tombouctou. Avec le MUJAO (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest) hégémonique à Gao, Ançar Dine et le MUJAO contrôlent désormais l'essentiel du Nord-Mali, et gagnent du terrain au détriment des rebelles touaregs.

 

La menace d'Al-Qaida Maghreb Islamique (AQMI) est plus présente dans les discours que dans la réalité du terrain. Ce groupe salafiste, issu d'une scission du GIA qui a semé le chaos en Algérie dans les années 1980, représente en réalité plus un groupe mafieux trans-frontalier qu'une puissance politique.

 

Des groupes islamistes allègrement financés par le Qatar, la monarchie absolue du Golfe fournissant des fonds, mais aussi directement des armes et des formateurs militaires, acheminés via les aéroports de Tombouctou et Gao, sous le silence bienveillant de la France et des États-Unis.

 

Un 'double jeu' occidental permettant de pérenniser la sécession du nord, de laisser croître un péril islamiste créé de toutes pièces par leurs alliés du Golfe, et in fine de justifier leur ingérence dans les affaires maliennes.

 

Troisième phase : préparer l'intervention des puissances impérialistes, déléguée à leurs bras armés africains

 

Après avoir soutenu la rupture avec l'ordre constitutionnel, laissé faire l'installation des rebelles au Nord, les puissances occidentales – France en tête – utilisent désormais le prétexte de la crise humanitaire et du péril islamiste, qu'ils ont eux-mêmes encouragés, pour justifier leur ingérence dans les affaires Maliennes.

 

L'alternance et le gouvernement de « gauche » n'ont pas changé la donne. Le ministre de la Défense français appelle désormais à une intervention militaire. De son côté, le ministère des affaires étrangères Laurent Fabius prépare par sa tournée en Afrique du nord et de l'Ouest les modalités pratiques d'une intervention.

 

Handicapée par son passé colonial et la réalité encore actuelle de la Françafrique, soucieuse de ne pas prendre en charge une action armée coûteuse économiquement et symboliquement, la France prépare une intervention déléguée aux Etats de l'Afrique de l'Ouest.

 

Avec comme fer de lance, deux « amis démocrates » de la France.

 

D'un côté, le président burkinabé Blaise Compaoré, le putschiste assassin de Thomas Sankara en 1987, dictateur depuis 25 ans ré-élu en 2010 avec 80% des voix. Compaoré est le premier artisan du plan de transition confiant le pouvoir à Dioncounda Traoré, et jouant le rôle du « médiateur » délégué par la CEDEAO.

 

De l'autre, le nouveau président ivoirien installé par la France, le président de la CEDEAO Alassane Ouattara. L'ancien numéro 2 du FMI, ami des États-Unis et de la France, sécessionniste et putschiste expérimenté après son expérience en Côte d'Ivoire, est lui chargé de jouer le rôle du « va-t-en guerre », censé dessiner les conditions d'une intervention prise en charge par les Etats de la CEDEAO.

 

L'intervention militaire africaine, parrainée par leurs tuteurs occidentaux, paraît désormais inévitable. La seule incertitude reste l'issue de ce conflit :

 

vers un scénario à la Soudanaise ?Soit une sécession du Nord-Mali, abritant l'essentiel des gisements pétroliers actée par l'impérialisme occidental. Une indépendance reposant peut-être sur le combat de certains groupes islamistes, délégué aux États africains, mais aussi sur la négociation avec le MNLA et la frange dite « modérée » des islamistes ;

 

vers un scénario à l'Ivoirenne ou à la Libyenne ?Soit le maintien d'un État unifié avec à sa tête un gouvernement acquis aux intérêts français et américains, concédant sans doute une large autonomie au Nord et livrant des concessions avantageuses aux grands groupes pétroliers occidentaux ;

 

Quel que soit le scénario adopté, le peuple Malien en sera le grand perdant. Ébranlées par la crise capitaliste, concurrencés par les économies émergentes pour le contrôle des ressources et des marchés, les puissances impérialistes, françaises, européennes ou américaines ne reculent désormais plus devant l'usage systématique de la force pour briser toute résistance à son ordre.

 

Comme en Libye hier, en Syrie aujourd'hui ou en Iran demain, il est nécessaire au Mali de s'opposer à ce plan de destruction d'une nation souveraine, dépecée après avoir été appauvrie au profit des grands groupes occidentaux !

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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 13:34

ibrahima-sene.jpg« Les Sénégalais s’insurgeront si la France et les Usa obligent le Sénégal à participer à une guerre au Mali »



Entretien réalisé par un groupe de presse sénégalais avec Ibrahima Sène, membre du comité central du Parti de l'indépendance et du travail (PIT) sénégalais repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Q: Quelle analyse faites-vous de la visite de Fabius au Sénégal ?



R: Cette visite rentre dans le cadre normal des relations diplomatiques entre nos pays où on a vu des changements dans l’Exécutif. Que le président du Sénégal rende visite à son homologue de la France, que le ministre des affaires étrangères vienne au Sénégal parait normal. Mais, seulement, c’est le contexte dans lequel cette visite s’est produite qui laisse les gens un peu perplexes. Surtout que Laurent Fabius dit que les objectifs de sa visite, c’est de s’entretenir avec les autorités sénégalaises sur la situation au Mali.



Et vous en comprenez quoi ?



Ce que nous y comprenons, c’est que le Sénégal a déjà dégagé une position nette concernant la situation au Mali et les perspectives de solutions.



C’est lesquelles ?



Le Sénégal ne s’inscrit pas dans une dynamique d’envoi des troupes combattantes au Mali dans le cadre de la Cedeao. Il l’a dit et répété. Donc, si Laurent Fabius vient au Sénégal dans le but de faire changer le Sénégal de position, ce serait malheureux. Parce que les Sénégalais ne vont accepter que sous pression de la France, ou même des États-Unis le Sénégal cède. Ils doivent savoir que le dossier malien est vital pour le Sénégal ; non pas tant au niveau sécuritaire, mais particulièrement du point de vue économique.


Le Mali est le premier pays de destination des exportations du Sénégal. Il y exporte entre 16 et 18%. La France est entre 5 à 6 % des exportations du Sénégal ; l’Ue, c’est entre 15 et 16%. Donc, ce qu’on exporte à l’Ue, c’est l’équivalent avec le Mali. Le Mali est un partenaire stratégique pour le Sénégal.

Dès que la Cedeao a prévu de faire un embargo contre le Mali le 2 avril, et dès la fin de ce mois, on a senti la descente aux enfers des exportations du Sénégal. En mars, ce que le Sénégal exportait dans le cadre de l’Uemoa orienté au Mali était à 64%, fin avril 60%, fin mai, 52%.


Et si l’embargo continue, le Sénégal va perdre sa destination principale d’exportations. Donc, il ne faut pas que cet embargo contre le Mali continue. Et Que la situation du Mali s’empire par l‘intervention militaire de pays qui ne sont pas les pays de front du Mali. Le Sénégal n’a pas de frontière avec le Mali au nord de ce pays, le Nigeria n’a aucune frontière avec le Mali.

Donc, je ne vois pas pourquoi ces pays doivent être envoyés pour libérer le nord pendant que les pays du front que sont la Mauritanie, le Niger, l’Algérie sont exclus.



Que faudrait-il faire alors ?



Il faudrait à mon sens que les pays du front avec le Mali constituent un front de libération du nord. Mais venir persuader le Sénégal et le Nigéria pour envoyer là-bas des militaires, c’est encore contribuer à rendre la situation sécuritaire du Mali inextricable. Parce que tous ces pays de front n’accepteront jamais que le Sénégal et le Nigéria aillent au niveau de leurs frontières. Donc, on va créer de faux problèmes.


Voilà pourquoi les Usa et la France auront beau développer des arguments, le Sénégal n’a aucun intérêt à participer dans cette dynamique militaire. Il a tout intérêt à dire à la Cedeao de lever l’embargo sur le Mali parce que ça l’étouffe. Et étouffe aussi le Mali pour avoir même les ressources de sa propre libération. Parce que même tout l’argent que les Maliens envoient à leurs parents via western union est bloqué ; c’est le même cas pour l’argent que le Mali a dans les banques de la Cedeao.



Fabius a aussi rendu visite à Y’en a marre . Vous y comprenez quoi ?


Le mouvement Y’en a marrea acquis une notoriété internationale. Ça participe d’une dynamique d’influence que les États cherchent sur les forces vives de la nation au Sénégal. Il faudrait juste que les Sénégalais comprennent qu’il est faux de parler de la mort de l’impérialisme. Ce qui se passe au Mali, ce qui s’est passé en Libye montre bien que la France et les Usa ont des intérêts économiques à défendre dans nos pays. Ce n’est pas pour nos beaux yeux qu’ils nous font des largesses à travers la coopération.



Ah bon ?


Tous ceux qui ont analysé ce que l’aide publique au développement amène au Sénégal et même ailleurs, comparé au bénéfice et profit que rapatrient les pays étrangers, France, Usa du Sénégal, c’est sans commune mesure. Au Sénégal, il est calculé en moyenne que de 2000 à 2009, 500 milliards de Fcfa, en termes profits et dividendes, ont été rapatriés. Pendant que l’aide publique au développement n’a jamais dépassé 120 milliards.


Mieux, nos expatriés qui envoient au Sénégal entre 400 et 500 milliards par an sont en train d’être expulsés par l’Europe. Donc, il ne faut pas que les gens se focalisent sur l’aide publique au développement qu’on donne, oubliant qu’elle crée pour ces pays-là les conditions d’extirper au maximum nos ressources par le biais du rapatriement des bénéfices et des profits.


C’est pour le partage de cette aide que de hauts cadres, dans les Partis politiques, au sein de nos États et dans des ONG se sont inféodés aux grandes puissances impérialistes pour porter leurs visées de domination de notre continent qui sont fortement menacées par les pays émergent qui conteste leur hégémonie sur l’économie mondiale. C’est pour cette à partager que ces hauts cherchent à substituer les vocables « impérialisme et spoliation de nos richesses   » par « partenaires techniques et financiers, et coopération pour la mise en valeur de nos richesses   »  !



Que faut-il faire face à cette « menace » ?


Il faut se rendre compte que dans nos pays, nous avons besoin de toutes nos potentialités humaines ; quelles que soient les divergences idéologiques et mêmes de convictions religieuses, nous avons tous besoin d’être ensemble, dans le cadre d’un large rassemblement, pour faire face aux visées pour maintenir et de perpétuer l domination de nos Etats par les Usa, la France et l’Ue. Les pays du Bric sont disposés à financer sans suivre les méthodes de ces derniers. Donc, nous ne sommes dans l’impasse.

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 09:28

carlos-latuff-smells-like-foreign-intervention-libya-march-Derrière la mascarade électorale en Libye, la victoire d'une (re)composition politique maîtrisée par les puissances occidentales

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Les élections qui se sont tenues en Libye ce 7 juillet ont été présentées comme une victoire de la « démocratie ». Les résultats proclamés ce 18 juillet donnerait la victoire à ce que les médias occidentaux appellent les « libéraux ».

 

Une farce électorale difficile à faire accepter après un an d'une guerre sanglante, d'une intervention cynique qui a débouché en premier lieu sur le partage du gâteau pétrolier entre les grandes majors occidentales.

 

Une farce qui passe mal alors que près de la moitié de la population a déserté ce « scrutin historique », que la confusion était maximale parmi les électeurs sur les personnes, idéologies, acteurs extérieurs derrière les quatre partis officiellement autorisés à concourir.

 

Alors que la scène politique a été épurée de tous les restes de l'ancien régime, qu'aucune force progressiste n'a pu voir le jour à l'ombre de l'intervention occidentale, et que près de 120 députés sur 200 seraient des « indépendants », à l'identification politique encore peu claire.

 

Après 60 ans de régimes autoritaires, dans un pays immense mais sous-peuplé, dominé par les relations de type tribales, la société civile est quasi inexistante, la vie politique déserte.

 

Un paysage politique entièrement façonné par les occidentaux

 

L'idée qu'une « démocratie » à l'occidentale puisse être importée en Libye en moins d'un an apparaît plus comme une construction idéologique destinée à légitimer la réalité d'un paysage politique libyen façonné par les occidentaux qu'autre chose

 

Tout comme les grandes puissances européennes et américaines ont monté de toute pièce un CNT composé d'anciens kaddafistes de haut rang, de personnalités libérales exilées collaborant avec les grandes puissances et d'une base islamiste militante, elles ont créé une scène politique à leur service.

 

Les élections du 7 juillet n'ont servi qu'à formaliser cet état de fait, à recomposer ou plus exactement à composer une vie politique au service de l'impérialisme occidental.

 

Les médias occidentaux ont eu du mal à distinguer les quatre forces en présence tant leurs points de convergence apparaissent manifestes et difficilement dissimulables : ultra-conservatisme islamiste sur le plan sociétal, libéralisme économique assumé, politique étrangère pro-impérialiste.

 

La différence entre les différentes forces présentes ne peut se trouver moins dans la nuance de leurs positionnements, que dans l'étroitesse de leur lien avec l'impérialisme occidental.

 

Les médias ont tenté de construire une ligne de fracture artificielle entre « libéraux » et « islamistes ».

 

Les « islamistes » libyens : des alliés bien commodes dans la lutte pour dépecer la Libye

 

Du côté des islamistes, on retrouve le dit Parti al-Watan du seigneur de guerre Abdelhakim Belhadj et du religieux Ali al-Sallabi, issu du groupe terroriste islamiste Groupe islamique combattant en Libye.

 

Belhadj, combattant anti-communiste dans la guerre soviéto-afghane aux côtés des talibans, a été à partir de la fin des années 1990 un membre actif d'Al Qaida, impliqué dans plusieurs opérations terroristes en Europe. Quant à Al-Sallabi, théologien formé en Arabie saoudite, et exilé depuis au Qatar, il a joué le rôle d'intermédiaire entre la rébellion islamiste et les bailleurs de fond issues des monarchies absolues du Golfe, Qatar en tête.

 

Les occidentaux ont fait preuve d'une bienveillance pour les activités du groupe islamiste de Belhadj dans les années 1990, tout comme dans la guerre civile dont ils furent pour partie à l'origine en 2011.

 

Outre le Parti de la patrie, on trouve la branche libyenne du mouvement islamiste des Frères musulmans, le Parti de la justice et du développement. Actifs depuis l'Égypte, les Frères musulmans allient un profond activisme social à une vision économique et politique réactionnaire.

 

Quant à leurs relations avec l'impérialisme occidental, elles restent ambiguës, soumises à des revirements tactiques. Elles ont néanmoins trouvé de multiples convergences dans le passé, notamment dans la lutte contre les mouvements nationalistes, laïcs et communistes arabes.

 

Les formations « islamistes » ont surtout servi d'épouvantail commode pour valoriser les partis dits « libéraux »

 

Les « libéraux » Libyens : des formations créées de toute pièce pour servir les puissances occidentales

 

Tout aussi islamistes en leur fondement, et surtout liés depuis longtemps ou depuis le début de la guerre civile en Libye, aux impérialismes américains comme européens, les dits « libéraux ».

 

Vieil allié des États-Unis, le Parti du Front national, localisé dans l'est du pays riche en ressources pétrolières est issu de l'ex-Front national pour le salut de la Libye (FNSL).

 

Le FNSL fut pendant les années 80 le bras armé des États-Unis contre le régime de Kaddafi. Après l'échec de plusieurs tentatives de coups d’État, le mouvement s'était replié vers un exil doré, le siège du mouvement se trouvant par ailleurs aux États-Unis.

 

Néanmoins, l'impérialisme occidental ne pouvait compter uniquement sur une telle force composée de dissidents en exil et de putschistes en retraite.

 

C'est la raison de la création de l'Alliance des forces nationales, un mouvement prétendument issu de la société civile, en réalité directement façonné par les États-Unis.

 

L'Alliance des forces nationales défend la synthèse d'un islamisme conservateur et d'un ultra-libéralisme économique, la garantie d'une stabilité sociale au service des affaires réalisées par les investisseurs étrangers.

 

Cette formation créée de toute pièce a passé toute sa campagne à piétiner l'image même que voulait lui donner les médias occidentaux : celle d'une force libérale, laïque et progressiste. Elle s'est fait le premier partisan de l'instauration de la Sharia comme base du droit, ne revendiquant le qualificatif de libéral que sur le plan économique, avec le parti-pris assumé d'une politique massive de libéralisations et de privatisations.

 

Son leader, Mahmoud Jibril, est directement lié aux manœuvres américaines. Formé lui-même aux États-Unis, ses contacts avec les services secrets américains sont un secret de polichinelle. En 2009, Wikileaks a publié un télégramme de l'ambassadeur américain le qualifiant alors d' « interlocuteur sérieux comprenant la position américaine ».

 

Il faut rappeler qu'il fut aussi un proche du clan Kaddafi dans la dernière période, un des artisans du tournant libéral-autoritaire des années 2000. Nommé par Saif-al Islam à la tête du Bureau de développement économique national,il avait donné une nouvelle impulsion à une politique de privatisations, directement inspirée des préceptes du FMI et de la Banque mondiale.

 

L'évolution de la situation en Libye, la destruction d'une nation et la recomposition d'une vie politique entièrement soumise au diktats de l'impérialisme occidental, incite à la plus grande vigilance et à manifester une opposition ferme et sans ambiguïtés aux manœuvres bellicistes visant la Syrie et l'Iran.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Afrique
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