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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 14:39

ouagaLa colère monte au Burkina-Faso : Les lycéens solidaires avec la grève de leurs professeurs pour de meilleures conditions de travail descendent par milliers dans les rues de Ouagadougou

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ils étaient plusieurs milliers de lycéens et d'étudiants lundi 22 dans les rues de Ouagadougou pour exprimer leur solidarité avec leurs professeurs en grève depuis le jeudi 19 mai.



Les jeunes manifestants ont occupé plusieurs artères de la ville, brûlant des pneus et déployant banderoles et pancartes hostiles au ministre de l'Education Albert Ouedraogo.



Si des débordements ont été signalés, notamment au Ministère de l'Education où des vitres du bâtiment ont été brisés et les locaux mis sans dessus dessous, les jeunes lycéens burkinabés ont dans l'ensemble fait preuve d'une haute conscience politique.



Préoccupés par leur réussite scolaire, avec l'organisation imminente des premiers examens de fin d'année, les lycéens ont néanmoins fait le choix de la solidarité avec le corps enseignant, convaincus que leur avenir passe, à court et long-terme, par la satisfaction de leurs revendications.



Les deux principaux syndicats enseignants du secondaire, le SNESS (Syndicat national des enseignants du secondaire et du supérieur) et le SYNTER (Syndicat des travailleurs de l'éducation et de la recherche) avaient déposé en janvier 2011 une plate-forme revendicative qui n'a jusqu'ici reçu aucune réponse de la part du pouvoir.



Parmi les doléances des professeurs, les effectifs pléthoriques dans les classes, l'exploitation des enseignants et l'absence d'encadrement dans les examens nationaux, du BEPC au Baccalauréat. Les enseignants demandent un recrutement massif non seulement pour le corps enseignant mais également pour le personnel d'encadrement, ainsi que des augmentations de salaire, permettant de contre-carrer la dégradation de la qualité du service.



Face à un gouvernement recherchant l'épreuve de force, les enseignants ont décidé le jeudi 19 mai de partir en grève jusqu'à satisfaction des revendications, mouvement reconduit lundi dernier.



Dans le même temps, les militaires de la Garde nationale sont également rentrés en conflit avec le gouvernement sur le paiement d'une « prime d'honneur » dont bénéficient déjà les membres de la Gendarmerie et de la Garde présidentielle.



Or, le gouvernement s'est chargé d'éteindre le feu dans les plus brefs délais la rébellion des forces armées en cédant à leurs réclamations, ce qui ne fait que redoubler la colère des enseignants et des lycéens dont les revendications n'ont jusqu'ici même pas été entendues.



Alors que la France s'est empressée de vouer aux gémonies le président légitime ivoirien Laurent Gbagbo, elle continue de soutenir le dictateur Blaise Compaoré, fidèle ami de la France, suspecté entre autres d'avoir assassiné le dirigeant révolutionnaire Thomas Sankara, et réélu « démocratiquement » en novembre 2010 avec 80,15% des voix.



La grève des enseignants burkinabés est un premier pas dans la remise en cause de la politique de ce gouvernement réactionnaire, elle a tout notre soutien.

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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 08:53

sacp1lSur le mouvement du 12 avril et les événements au Swaziland



Déclaration du Parti communiste d'Afrique du sud publiée initialement le 12 avril*

 

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Parti communiste sud-africain salue la détermination du peuple et son action dans la crise révolutionnaire historique que connaît le Swaziland.



Notre parti soutient la victoire des forces populaires Swazies comme une victoire qui placera la lutte politique dans la région sur de nouvelles bases, plus avancées. Elle marquera un changement radical et intensifiera les contradictions de classe fondamentales dans la lutte entre les groupes sociaux réactionnaires d'une part et les forces progressistes de l'autre. Elle diminuera l'influence dominante des forces arriérées, coloniales, néo-coloniales et impérialistes qui sont opposées à la démocratie et sera source de progrès pour le bloc social des forces politiques populaires et démocratiques dans la région.



La lutte collective pour la liberté, pour l'approfondissement de la démocratie, de la souveraineté, de la justice et du progrès social aura plus de chance d'être satisfaite avec le renversement du système Tinkundla dirigé par le Roi Mswati.



Le régime se prépare à déchaîner une répression brutale contre les masses et leurs manifestations, une contre-offensive centrale dans sa politique stratégique réactionnaire d'ensemble.



Contrairement à son discours sur la paix et l'ordre, cette politique vise à fondamentalement à interdire la restructuration du système de rapports sociaux dans la société Swazie afin de préserver les intérêts privés liés à l'accumulation capitaliste.



Le SACP appelle à la libération de tous ceux qui ont été arrêtés lundi soir, lors d'une répétition générale du 12 avril, parmi eux plusieurs militants de premier plan du Pudemo, Swayoco, du mouvement syndical et de la société civile.



Des raids se sont encore déroulés la nuit dernière, et en dépit de fissures flagrantes dans l'appareil sécuritaire, le régime maintient sa politique de la tête brûlée et de la main de fer par rapport aux manifestants.



Presque toutes les 20 000 forces de police dont dispose le régime sont restées visiblement en action autour des points chauds, dans les carrefours des centres urbains, à proximité des places publiques dans une opération coercitive d'intimidation.



Le SACP salue tous les travailleurs, jeunes, femmes, étudiants et forces progressistes qui ne sont pas intimidés par Mswati et ses bandits. Nous saluons tous les gens qui affronteront ce régime et rapprocheront le pays d'une issue démocratique à la crise politique.



Le peuple doit vaincre les grands plans dictatoriaux de l'Etat Swazi. Le peuple doit vaincre ce régime arriéré et fera pression pour un renouveau démocratique de la société Swazie. Le peuple doit matérialiser de véritables progrès sociaux et améliorer ses conditions sous un système politique démocratique.



Le peuple doit isoler les forces conservatrices réactionnaires et construire une démocratie populaire.



Le peuple doit écraser Tinkhundla, faire reculer l'injustice et le patriarcat, et pousser pour un développement global : social, économique et politique. Il doit réaliser la liberté, la démocratie, la paix et le progrès social. La révolution doit satisfaire les revendications générales du peuple pour la reconnaissance de ses droits et transformer toutes les institutions répressives.



Le système ne peut pas continuer à fonctionner comme avant, et l'heure est venue désormais de le renverser et de faire émerger de nouvelles conditions sans dictature fasciste et de porter un coup décisif à la médiocrité du Roi Mswati.



Le SACP salue également la naissance historique du Parti communiste du Swaziland le week-end dernier et est grandement enthousiasmé par son programme politique et son identification aux luttes menées par le mouvement de libération au Swaziland, à la jeunesse et aux autres formations progressistes.



Notre parti reconnaît que la formation d'un parti politique d'avant-garde, représentant les intérêts de la classe ouvrière et des pauvres, en alliance avec le mouvement de libération, les masses rurales, est indispensable pour unifier toutes les forces anti-capitalistes dans la lutte pour rompre avec l'héritage des relations actuelles parasitaires entre la classe dominante Swazie et le capital international.



Nous appelons toutes les forces progressistes au niveau international à soutenir les revendications populaires pour la démocratie et la liberté au Swaziland.



La reddition est impossible. Toujours aller de l'avant, ne jamais reculer !



Vive la révolution au Swaziland !



* En raison d'un problème lié vraisemblablement au site du PC Sud-africain, ce communiqué n'a pu être traduit et publié plus tôt, il reste toutefois totalement d'actualité

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5 février 2011 6 05 /02 /février /2011 21:44

sudanHalte à la répression policière contre l'action des communistes au Soudan engagés dans le mouvement populaire de contestation du régime dictatorial de El-Bachir!


Déclaration de la rédaction éditoriale du Journal ALMIDAN, organe du Parti comumuniste soudanais transmise à http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ par nos camarades algériens du PADS



Almidan est le journal des travailleurs


Almidan est l'organe menant campagne contre la violation des libertés et des droits de l'homme


Almidan est le journal de la solidarité et de la coopération



Depuis un certain Almidan est exposé à des tracasseries de la police. Almidan, en sa qualité de tribune indépendante, fut et demeure parmi les journaux critiques envers les politiques de l'actuel régime. Dans toute son activité Almidan observe strictement la constitution de transition qui protège la liberté d'expression parmi les autres libertés. Almidan est le journal du Parti communiste Soudanais, un parti légal dans ce pays......



Les interventions non dissimulées des forces de sécurité qui visaient Almidan étaient injustifiées. Ces actions comprenaient, la confiscation d'un nombre de numéros  après publication, ce qui signifie une double punition, le paiement pour l'impression et la perte du revenu de la distribution, le refus d'autoriser la distribution du journal, la détention périodique des travailleurs d'Almidan, toutes ces mesures  ressemblaient à une introduction pour terroriser les éditeurs d'Almidan, et  les empêcher de remplir leur devoir en apportant leur contribution à la lutte de notre peuple.



La couverture de la manifestation des jeunes du 30 janvier a montré le vilain visage et la nature répressive du régime, et a permis aux forces de sécurité de se venger. Le 1° février, les forces de sécurité ont tenté d'arrêter le rédacteur en chef d'Almidan sous le prétexte d'avoir publié en novembre dernier, un article qui diffusait une fausse information exposant la collaboration étroite entre la CIA et la sécurité Soudanaise. Plus tard ayant apporté la preuve que l'information était reprise textuellement du site web de la CIA, l'accusation fut abandonnée.



Mercredi dernier le 2 février, les forces de sécurité ont arrêté huit membres de la rédaction. Ils sont encore en prison. L'un d'eux le camarade Khalid Tawfig, il est dit, a été durement torturé. Quatre travailleuses sont l'objet d'interrogations du matin jusqu'à la nuit tardive, les empêchant ainsi de travailler. De la sorte les forces de sécurité veulent empêcher la publication d'Almidan.





1. Nous condamnons fermement toute détention arbitraire y compris celle des travailleurs d'Almidan. Nous demandons la libération immédiate de tous les collègues en détention;



2. Nous demandons l'arrêt immédiat de l'interrogation quotidienne des travailleurs d'Almidan;



3. Nous appelons tous les journalistes et leurs organisations à l'intérieur où à l'extérieur du Soudan d'oeuvrer  afin d'assurer la libération immédiate de nos collègues;



4. Nous appelons toutes les organisations légales, et celles concernées par la lutte pour les libertés et les droits de l'homme pour déposer des plaintes légales contre les organes de sécurité responsables de l'utilisation de mesures anticonstitutionnelles y compris la détention sans procès, les mauvais traitements;



5. Nous appelons les organisations légales de soutenir ici où à l'extérieur tous ceux qui sont victimes de la torture, de mauvais traitement physique ou moral à la suite d'emprisonnement et de détention politique;



6. La rédaction éditoriale d'Almidan tient à assurer, nos amis ici et  à l'étranger, particulièrement les membres du Parti et nos lecteurs qu'en dépit de toutes les difficultés nous continuerons à publier le journal et poursuivront la même orientation combative en contribuant  à apporter l'alternative démocratique et la fin du règne de l'Islam politique par tous les moyens légaux à la disposition de notre peuple.



Vive la Solidarité Internationale!


La victoire au peuple!


Relâchez les travailleurs d'Almidan!



La Rédaction d'Almidan

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2 février 2011 3 02 /02 /février /2011 07:52

240px-Sudanese Communist Party logoAu Soudan, la jeunesse mène la résistance populaire sur deux fronts: contre le coup d'Etat soutenu par l'impérialisme au Sud-Soudan et contre le régime dictatorial d'El-Bachir au Nord



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Des comptes-rendus sur l'évolution de la situation au Soudan ont été envoyés par le camarade Fathi el-Fadl, responsable du secteur international du PC du Soudan, aux camarades du PC Britannique.



Nous reproduisons ici ces communiqués de grandes manifestations convoquées dimanche dernier à Khartoum et dans d'autres villes du Nord-Soudan pour demander la démission du Général Omar El-Bachir et la fin de son régime répressif:



Dimanche 30 janvier (matin)



« Depuis 11 heures du matin, aujourd'hui dimanche 30 janvier, les jeunes sont descendus dans les rues de Khartoum répondant aux appels de différentes organisations de jeunesse à manifester contre l'augmentation du coût de la vie, les limitations des droits démocratiques, l'absence de services d'éducation et de santé et surtout contre la dictature du Parti du Congrès national actuellement au pouvoir. Parmi les slogans montait l'exigence de mettre fin à ce régime, de se solidariser avec le peuple et la jeunesse d'Égypte et de Tunisie. Les attaques brutales de la police ont déjà fait leur première victime étudiante: Mustapha Al Noman, de l'université Ahlia, qui souffre de graves blessures à la tête. Des dizaines d'étudiants ont été arrêtés dans les alentours de Souque Al-Arabi, parmi eux l'étudiant Omer Maghoub. Au moment où vous écrivons, nous recevons des nouvelles selon lesquelles les manifestants ont atteint le centre de Khartoum.

 

Les manifestants sont des centaines, mais ils sont de plus en plus nombreux.

 

Il est 12h09, et la jeunesse héroïque du Soudan écrit avec ses poings et sa détermination le début d'une résistance dans la rue à la dictature des Frères musulmans. Ils suivent les pas de leurs frères et de leurs sœurs d'Égypte et de Tunisie. Parmi les slogans des manifestants: « Liberté, liberté, liberté », « Non à la vie chère! », « Libérez nos frères de prisons », « Non au Front islamique national, aux frères musulmans, non aux réactionnaires, nous voulons retrouver du pain », « A bas la dictature ».

 

On pense qu'un groupe de jeunes se trouve derrière le mouvement. Parmi eux a été arrêté Omer Maghoub, membre du secrétariat de l'Union de la jeunesse soudanaise. »

 

Dimanche 30 janvier (après-midi):

 

« Il faut continuer à nous soutenir et à être solidaire, notre jeunesse continue à se battre. Jusqu'à présent, nous pouvons dire que les manifestations se répandent petit à petit à d'autres secteurs de la capitale. Au moment où nous écrivons, a lieu une bataille acharnée autour de la faculté de la médecine entre les forces de police anti-émeutes et les manifestants. La même chose se déroule près de l'Université de Khartoum. Déjà à Omdurman, des manifestations se sont tenues près de Banet, à l'université Al-Ahlia et à l'université Omdurman. A Khartoum-Nord, des manifestations viennent tout juste d'être lancées près du principal centre commercial de la ville.

 

Des policiers en civil arrêtent les militants dans la rue. Hormis ses forces de sécurité régulières, le régime use de sa propre milice. Il existe cinq organisations de jeunesse derrière les manifestations d'aujourd'hui – Hope and Change, Resistance in the neighbourhood, Youth for Change, Grifna et First Change. Elles sont composées d'éléments de la gauche radicale et des forces démocratiques. Elles font partie du mouvement démocratique de masse, réalisent un travail d'avant-garde et poussent d'autres couches de la population à les rejoindre.

 

Selon les informations disponibles, près de 70 jeunes sont arrêtés. Plus d'une centaine de jeunes hommes et femmes sont blessés, certains très sérieusement. Trois sont dans un état critique. Depuis que les forces de sécurité assiègent les hôpitaux, de jeunes blessés préfèrent se soigner eux-mêmes ou solliciter des soins privés. Les docteurs démocrates et communistes traitent des personnes blessées dans des cliniques de fortune.

 

Les forces de sécurité utilisent la force brutale pour disperser des manifestations pacifiques.

 

Camarades: élevez la voix. Notre jeunesse attend votre soutien. Ce n'est qu'un début. »

 

Lundi 31 janvier:

 

« Les rues de Khartoum sont plutôt vides pour le premier jour de travail de la semaine. Les forces anti-émeutes, les voitures de sécurité, et les cars de police patrouillent dans toute la police, dans une tentative de démonstration de force. Les manifestations d'aujourd'hui ont atteint leur but. Il est temps de se regrouper, de tirer des leçons de cette expérience et d'envisager la prochaine étape. Les jours à venir seront importants.

 

Il a été interdit aux journalistes étrangers de prendre des photos ou d'interviewer des hommes politiques. Certains ont perdu leurs caméras confisqués par la police. Plus de trente détenus, y compris des étudiantes, ont été transférés au QG de la sécurité à Khartoum-Nord. Certains ont été battus sur le trajet de la prison. »

 

Mardi 1er février:

 

« Des échauffourées entre la police et les manifestants ont continué jusqu'à tard dans la nuit, en particulier autour de la faculté de médecine, du bâtiment principal de l'université de Khartoum et l'université Al-Ahlia à Omdurman. Les étudiants et le mouvement de jeunesse ont commémoré leur premier martyr Mohamed Abd Alrahman, étudiant à l'université Al-Ahlia. Des actions de masse à venir sont envisagées et sont à l'ordre du jour des forces politiques.

 

Le Forum du consensus national, regroupant 23 partis politiques et organisations, se réunit en ce moment en session. Comme cela est bien connu, le Parti communiste soudanais a déjà soulevé la question du renversement du régime par tous les moyens légaux y compris le soulèvement civil et la désobéissance politique. Depuis la fin août, ses organisations travaillent à mobiliser les masses dans différents secteurs de la population. A présent, dans le champ politique, une grande lutte est en train d'être menée pour remporter la bataille pour une nouvelle direction démocratique pour le mouvement syndical Soudanais. »

 

 

Cf l'article précédent du PC Soudanais avant le référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan: Le PC Soudanais inquiet des conséquences du référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan: un pays laissé dangereusement à la dérive)

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21 janvier 2011 5 21 /01 /janvier /2011 17:04

lumumbafricaLe dirigeant révolutionnaire congolais Patrice Lumumba était assassiné il y a 50 ans par les agents du colonialisme et de l'impérialisme


 

Patrice Lumumba, un héros africain


 

 

Carlos Lopes Pereira, pour le journal du PC Portugais Avante, 20 janvier 2011



Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Cela fait désormais un demi-siècle. Ce fut le 17 janvier 1961 que les agents du colonialisme belge et de l'impérialisme nord-américain, avec la connivence de traîtres congolais, assassinèrent de façon barbare Patrice Lumumba, combattant pour l'indépendance de son pays et premier chef du gouvernement de la République du Congo. Bien que disparu il y a 50 ans, encore très jeune, sa figure émerge aujourd'hui comme celle d'un patriote intègre et courageux, d'un lutteur anti-colonialiste et anti-impérialiste. En Afrique, en Asie et en Amérique latine, différentes générations de révolutionnaires l'ont admiré, aux côtés de Kwame Nkrumah,Amílcar Cabral, Agostinho Neto ou Samora Machel, comme un héros de la libération africaine dont l'héritage est toujours vivant et inspire de nouvelles luttes pour l'émancipation sociale des peuples du continent et du monde entier.



La biographie de Patrice Lumumba peut être résumée en quelques lignes. Né le 1 juillet 1925, fils de paysans pauvres, dans la commune de Onalua, dans la province du Kasai, alors colonie du Congo belge (devenu plus tard République du Congo, ensuite Zaire et aujourd'hui République démocratique du Congo).



Il accomplit ses études primaires dans une école missionnaire catholique – la seule opportunité pour de nombreux jeunes africains de l'époque – et, dans sa jeunesse, travailla comme fonctionnaire des Postes et employé de plusieurs entreprises belges.



A partir de l'âge de 23 ans, il participa activement à la vie politique de son pays, alors possession belge, mettant en action ses idéaux indépendantistes et subissant pour cette raison la répression des colonialistes belges – il est alors arrêté à plusieurs reprises. Syndicaliste, il écrivit dans des journaux comme le Uhuru(Liberté) et Indépendanceet, en 1958, il fondait le grand parti congolais dont il devenait le leader, le Mouvement national congolais (MNC) – le seul constitué sur des bases non-tribales.



En 1958-59 il assista, à Accra, capitale du Ghana tout-juste indépendant, de Nkrumah, à la première conférence pan-africaine des peuples – où il fut élu à son secrétariat permanent –, et à Ibadan, au Nigeria, à un séminaire international sur la culture, où il fit un discours défendant l'unité africaine et l'indépendance nationale.



Début 1960, à Bruxelles, il participait à la conférence belgo-congolaise lors de laquelle fut négociée, entre nationalistes congolais et puissance coloniale, l'indépendance du Congo, imposée par la longue résistance populaire et par les revendications des forces nationalistes.



Aux élections parlementaires de mai 1960, le MNC et les partis qui le soutenaient conquièrent la majorité des voix. Le 30 juin, le Congo devint indépendant et Patrice Lumumba fut nommé premier-ministre du gouvernement de la république. Son discours, ce jour-là, restera dans les annales de la diplomatie mondiale comme un discours magnifique, dans lequel le jeune dirigeant africain, en présence du roi belge Baudouin, et d'autres dignitaires étrangers, dénonça ouvertement les crimes hideux du colonialisme belge contre le peuple congolais et tracé les perspectives du futur Congo, libéré du joug de la domination étrangère.



En septembre 1960, Lumumba était démis par le président Kasavubu, soutenu par les États-Unis et par les militaires putschistes commandés par un certain Colonel Mobutu. En novembre il est arrêté et, le 17 janvier 1961, après des mois de détention illégale, il est de façon barbare torturé et assassiné. Il n'avait même pas encore 36 ans.



L'ordre de la CIA et des Etats-unis d'enlèver et d'assassiner le « danger » Lumumba

 

 

Les historiens et journalistes qui ont enquêté sur les circonstances de l'assassinat de Patrice Lumumba ont convergé dans la description de ce qui s'est passé en ce déplorable jour du 17 janvier 1961.



Dans la matinée, la police politique mobutiste alla chercher Lumumba à la prison de Thysville et le plaça dans un avion, avec deux autres camarades, Mpolo et Okito, les transportant jusqu'à la capitale du Katanga « indépendant ». Pendant le voyage pour Elisabethville (devenue Lubumbashi), les prisonniers subirent des agressions sauvages et, arrivés à l'aéroport, ils furent accueillis par des militaires sécessionnistes katangais et des mercenaires belges. Jetés dans une jeep et conduits dans une ferme proche, ils furent fusillés cette nuit par une peloton commandé par un officier belge. Leurs bourreaux firent disparaître les corps de Lumumba et de ses deux camarades.



Plus tard, une commission des Nations unies chargée d'enquêter sur l'assassinat du jeune leader congolais accusa du crime l'administration de Léopoldville menée par le président de l'époque Kasavubu et où trônait déjà Mobutu; les autorités du Katanga; les responsables de l'entreprise belge Union minière du Haut-Katanga; et un groupe de mercenaires au service de Tchombé, leader des sécessionnistes katangais.



On sait également qu'une autre commission, celle-ci du Sénat des États-Unis, qui au milieu des années 1970 enquêta sur les activités des services secrets nord-américains, découvrit que la CIA avait organisé en Août 1960 – le Congo était indépendant depuis seulement deux mois! – une conspiration avec comme « objectif urgent et prioritaire » d'assassiner le premier-ministre congolais. Pour Allen Dulles, directeur alors des services secrets nord-américains, Patrice Lumumba était « un danger grave » que les États-Unis devaient éliminer.



L'indépendance du Katanga: convergence entre le colonialisme belge et l'impérialisme nord-américain



L'expulsion de Lumumba de sa place de chef du gouvernement, son emprisonnement et son assassinat furent le résultat conjugué des intérêts du colonialisme belge – qui, en dépit de l'indépendance du Congo, continuait à chercher à exploiter à sa guise les richesses du pays – et de l'intervention de l'impérialisme nord-américain, par le biais la CIA – le jeune premier-ministre était considéré par Washington comme un « gauchiste », sympathisant de l'Union soviétique – de connivence avec les Nations unies et des secteurs de la bourgeoisie congolaise qui n'ont pas hésité à trahir leur propre peuple et à s'allier à la domination étrangère.



Un facteur décisif de la tragédie congolaise fut la sécession du Katanga, province congolaise riche en ressources minières, que Moises Tchombé proclama indépendant du Congo, financé par l'entreprise Union Minièreet avec le soutien de soldats belges et de mercenaires. Le président Kasavabu et le premier-ministre Lumumba appelèrent à l'intervention des Nations unies, qui envoyèrent une petite force au pays, sans réussir à éviter la guerre civile, qui se prolonga jusqu'en 1964. L'année suivante, dans ce contexte de conflictualité prolongée, Mobutu prit la tête du pays, rebaptisé Zaïre, et a mis en place une dictature sanglante, régnant despotiquement jusqu'en 1997, comme un pantin des Etats-unis et des puissances occidentales.



La figure de Lumumba, un exemple vivant pour les révolutionnaires du continent Africain et du monde entier

 

Déjà arrêté par les soldats putschistes et avant d'être livrés aux sécessionnistes katangais et aux mercenaires étrangers qui allaient l'assassiner quelques jours plus tard. Lumumba écrivit une lettre d'adieu à sa femme Pauline, où il réaffirme sa confiance en l'avenir. Beaux et émouvants, mais pleins d'espérance, ces quelques mots, publiés plus tard dans la revue Jeune Afrique:



« Nous ne sommes pas seuls. L'Afrique, l'Asie et les peuples libres et libérés de tous les coins du monde se trouveront toujours aux côtés de millions de congolais qui n'abandonneront la lutte que le jour où il n'y aura plus de colonisateurs et leurs mercenaires dans notre pays. A mes enfants que je laisse, et que peut-être je ne reverrai plus, je veux qu'on dise que l'avenir du Congo est beau et qu'il attend d'eux, comme il attend de chaque Congolais, d'accomplir la tâche sacrée de la reconstruction de notre indépendance et de notre souveraineté, car sans dignité il n'y a pas de liberté, sans justice il n'y a pas de dignité, et sans indépendance il n'y a pas d'hommes libres. »



Ni brutalités, ni sévices, ni tortures ne m'ont jamais amené à demander la grâce, car je préfère mourir la tête haute, la foi inébranlable et la confiance profonde dans la destinée de mon pays, plutôt que vivre dans la soumission et le mépris des principes sacrés. L'histoire dira un jour son mot, mais ce ne sera pas l'histoire qu'on enseignera à Bruxelles, Washington, Paris ou aux Nations Unies, mais celle qu'on enseignera dans les pays affranchis du colonialisme et de ses fantoches. L'Afrique écrira sa propre histoire et elle sera au nord et au sud du Sahara une histoire de gloire et de dignité.



Ne me pleure pas, ma compagne. Moi je sais que mon pays, qui souffre tant, saura défendre son indépendance et sa liberté.



Vive le Congo ! Vive l'Afrique ! »



Pour les révolutionnaires du XXIème siècle en Afrique et dans le monde entier, qui continuent aujourd'hui de lutter dans des conditions différentes contre la domination impérialiste et l'exploitation capitaliste, Patrice Lumumba continue d'être vivant par son exemple de patriote et de combattant pour la liberté. Et elles sont d'une immense actualité les idées qu'il a défendu généreusement et pour lesquelles il a donné sa vie – l'urgence de l'indépendance nationale et de la souveraineté véritable de tous les pays, l'unité africaine, la lutte intransigeante contre le colonialisme et le néo-colonialisme, le combat pour l'émancipation sociale des peuples.

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