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4 mai 2017 4 04 /05 /mai /2017 09:51
ALGERIE 2017. Elections législatives du 4 mai : que faire pour vaincre l'attentisme et le défaitisme au sein des travailleurs et des masses populaires ?

Analyse du PADS, publiée le 3 Mai 2017 par Lien-pads

PARTI ALGÉRIEN POUR LA DÉMOCRATIE ET LE SOCIALISME

Ces élections se dérouleront dans un contexte marqué par le plan d'austérité anti-populaire du régime bourgeois algérien et le verrouillage de la vie politique pour empêcher les forces représentatives des travailleurs et des masses laborieuses de s'organiser et de s'exprimer librement. Le régime a mis en place depuis des années une démocratie de façade qui ne permet qu'aux forces de l'argent, de la corruption, aux partis bourgeois reconnus - au pouvoir ou dans l'opposition - de jouir de la légalité et d'imposer leur monopole sur les organes législatifs ou exécutifs locaux ou nationaux. La mascarade démocratique se joue également derrière une multitude de partis fabriqués par le régime pour faire croire à l'existence du multipartisme. Répondent-ils ou non aux règles de l’agrément ? Joueur et arbitre au-dessus de tout contrôle, le pouvoir qui distribue et refuse l’agrément des partis est seul à le savoir.

La scène politique est monopolisée par les partis qui se fixent pour objectifs de renforcer les positions de la bourgeoisie mais les camouflent sous la bannière des "réformes indispensables".

Les deux principaux partis au pouvoir - FLN et RND - et leurs alliés islamistes ont tout mis en place pour reconduire leur hégémonie dans le prochain parlement. Il importe peu que ce soit l'un ou l'autre qui remportera la majorité des sièges. Ils poursuivront la même politique dont le seul résultat est le transfert des richesses vers une petite minorité. Le FFS ou le RCD en compétition ne s'opposent au pouvoir que sur des questions de méthodes de "gouvernance". Le parti dit des travailleurs de Louisa Hanoune joue depuis plus de 20 ans le rôle de rabatteur de voix au profit du pouvoir. Il a soutenu la ligne de Bouteflika. Il continue à tromper les citoyens en prononçant des discours super-syndicalistes.  Louisa Hanoune ne propage jamais le mot d'ordre de la nécessité du socialisme. Comme tous les mouvements trotskistes dont la seule raison d'être est de contrer l'action des communistes, les organisations de cette mouvance continuent à dénigrer l'expérience de l'URSS. Pour étouffer la prise de conscience et casser la combativité de la classe ouvrière en faveur de la révolution socialiste, ils ressassent leur néfaste "argument" de son impossibilité si elle ne se déclenche pas simultanément dans tous les pays.

La bourgeoisie n'a aucune raison de s'inquiéter au vu des programmes de tous ces partis.

D'autres partis ont annoncé leur décision de boycotter ces élections. Parmi eux le parti de Benflis. Il a exigé des garanties contre la fraude. En réalité il scrute le moment où les USA se décideront à le soutenir ouvertement. Le mouvement obscurantiste terroriste du "Front islamique du Salut" boycotte toutes les élections depuis que son ascension au pouvoir par la voie électorale a été brisée en janvier 1992. Il attend le moment propice pour reprendre l'offensive, imitant la stratégie morbide mise en application par les groupes islamistes syriens ouvertement soutenus ou créés par l'impérialisme : Front en Nosra, Daech, etc.

Ces partis boycotteurs jouent consciemment le rôle de chevaux de Troie de l'ingérence des Etats impérialistes, lesquels travaillent à installer à la tête du pays un homme obéissant mais non frappé de discrédit.

Ils peuvent compter sur des alliés internes dans le pouvoir et l' "opposition" pour promouvoir la solution qui donnerait plus de force à l'offensive contre les intérêts sociaux des travailleurs, leur faciliterait l'accaparement direct des ressources pétrolières et, d'une façon plus globale, la domination du pays.

Certains courants bourgeois ou petit-bourgeois dits "républicains" boycottent les élections parce qu'ils ne comptent que sur un hypothétique coup de pouce de l'armée.

Le pouvoir fait du chantage pour inciter les masses à le soutenir. Il crie à l'ingérence en exploitant les agissements de ces partis alors qu'il livre l'économie du pays et les travailleurs aux appétits de ces puissances, multiplie ses liens avec elles pour renforcer les assises de la bourgeoisie.

Dans la liste des candidats à ces législatives on ne trouve aucun parti ni aucun indépendant résolument anticapitaliste et porteur de l'alternative révolutionnaire du socialisme. Il n’y a pas même de partis qui, sans être socialistes, défendraient les libertés démocratiques. Aucun des partis participant ou boycotteur des législatives n'a l'intention d'abroger la loi sur les partis, le code de l'information qui réserve le droit de créer un journal aux seuls "spécialistes" et diplômés, la règlementation anti-grève. C'est un critère minimum pour faire la différence entre un démocrate conséquent et un bavard démocrate bourgeois qui trompe les travailleurs et dont le souci principal est de ligoter le mouvement populaire. Tout au plus si des petits partis critiquent le plancher des 4% introduit par l’Assemblée sortante pour se présenter en tant que tel aux élections. Une preuve de plus qu'ils ne sont en rien des défenseurs des libertés démocratiques. Leur préoccupation unique est de garder le monopole de la vie politique légale accordé aux partis agréés par le régime.

La classe ouvrière n'a pas encore pu passer du stade de la lutte économique revendicative à la lutte de classes véritable au cours de laquelle elle affronte classe contre classe la bourgeoisie, entreprend de conquérir le pouvoir pour mettre fin à l'exploitation et construire la société socialiste.

Dans leur très grande majorité les travailleurs et les classes populaires se désintéressent de ces élections. L'arbitraire, l'arrogance, l'affairisme étalé au vu et au su de tous poussent à n'attendre aucun bien du résultat de ces élections. Beaucoup subissent l'influence démobilisatrice des partis et mouvements boycotteurs bourgeois ou petits-bourgeois. Mais il y a encore et surtout au sein des masses populaires et de la classe ouvrière un très fort sentiment attentiste fait de torpeur, d'expectative, de défaitisme, alimentés par la croyance que les libertés démocratiques sont octroyées de leur propre gré par leurs adversaires de classe. Ils rejettent les élections tant que le pouvoir ne respecte pas de lui-même les "règles du jeu démocratique", tant qu'il fait des discours sur l'Etat de droit mais piétine ses propres lois. Comme si les classes exploiteuses de quelque pays que ce soit ont reconnu les libertés démocratiques sans avoir été contraintes de faire des concessions par la force du mouvement populaire, de ses luttes, de ses révoltes et insurrections.

Avant, pendant ou après ces élections, les forces qui se réclament du progrès en faveur des masses populaires seront placées devant l'obligation de combattre cet état d'esprit dont ne profitent que la bourgeoisie et son régime, de réfléchir de façon critique au moyen de surmonter la passivité, d'en finir avec l'attente de l'homme providentiel qui délivrerait les masses populaires du despotisme de ses dirigeants et répondrait à leurs aspirations sociales. Les équipes au pouvoir donnent à entendre qu'elles veulent le maximum de participation électorale. Mais ce discours est destiné à l'étranger. Au fond elles souhaitent que les trouble-fêtes restent chez eux pour s'assurer pendant 5 ans encore un pouvoir absolu sur le parlement où elles feront passer toutes les lois qui renforceront l'exploitation des travailleurs. Le boycott des élections précédentes ne les a nullement empêchées de gouverner et de continuer à "réformer" sous les applaudissements du patronat et des Etats impérialistes.

Que faire pour combattre le défaitisme, encourager la moindre petite action qui mette en mouvement les masses populaires, leur fasse comprendre que les libertés démocratiques s'arrachent pan par pan, les amène à reprendre courage dans leur capacité à changer la situation ?

Ce sont des questions importantes pour créer les conditions d'une issue révolutionnaire à la crise actuelle.

Il faut constater qu'aussi fort que soit le verrouillage politique, le pouvoir est contraint de concéder quelques ouvertures. Pour ne pas être accusé de pratiques dictatoriales il a dû inscrire dans ses lois la possibilité pour les citoyens de présenter des listes de candidats indépendants. La formule des listes indépendantes peut permettre d'ouvrir des brèches dans les barrages qu’il a érigés. Mais il faut accumuler pour cela des forces dans le feu des luttes sociales et politiques de chaque jour. Le mouvement ouvrier et populaire fera partout émerger à travers ses luttes des dirigeants respectés, capables de représenter et de faire entendre la voix des exploités. Cette possibilité des listes d'indépendants n'a pas été utilisée par les forces populaires ou ne l'a été que par des carriéristes en quête de privilèges.

Dans l'immédiat il convient d'identifier les petits pas qui préparent les grands sauts.

Est-il juste d'assister en spectateur à ces élections ?

Le boycottage exprimant le rejet du pouvoir par les masses populaires à partir d'une position spontanée de classe se comprend. Mais le mieux est de manifester résolument sa volonté de rompre avec l'attentisme.

Le mieux est de commencer par un nul expressif en glissant dans l'urne un bulletin portant des mots d'ordre tels que par exemple : "Non à la bourgeoisie ! Non au capitalisme ! Non aux valets de l'impérialisme ! Vive le socialisme !"

Ce n'est certainement pas la voie parlementaire qui mènera à la révolution socialiste, encore moins si elle marquée par la fraude et le verrouillage. Mais les grandes batailles de demain, la lutte pour le pouvoir de la classe ouvrière et des couches sociales populaires, pour le socialisme, se préparent dans les petites escarmouches d'aujourd'hui, à travers les élections et principalement les luttes extra-électorales. La classe ouvrière ne pourra jouer un rôle dirigeant, de fossoyeur de la bourgeoisie, devenir maîtresse de son destin, que si elle apprend à utiliser toutes les formes de luttes et de protestations, à combiner tous les moyens pour se faire entendre, à mener chaque jour ses petites et ses grandes batailles économiques mais surtout les batailles politiques décisives.

2 mai 2017

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18 avril 2017 2 18 /04 /avril /2017 00:01
L’Ecole polytechnique d’Oran baptisée au nom de Maurice Audin

Nous reproduisons la dépêche de l'agence Algérie Presse Service qui relate le "symbole fort" que représente cet hommage au militant et martyr communiste anticolonialiste et au brillant mathématicien, Maurice Audin (1932 - 1957).

Dépêche APS, 17 avril 2017:

L’Ecole nationale polytechnique d’Oran (ENPO) a été baptisée, hier, au nom du martyr Maurice Audin, jeune mathématicien et militant anticolonialiste ayant épousé la cause nationale, assassiné par les parachutistes du tristement célèbre général Massu.

La cérémonie, coïncidant avec Youm El Ilm, a été présidée par le secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Salah Eddine Seddiki, en présence des autorités locales, de représentants de la communauté universitaire locale et du fils du défunt. Dans son intervention, le directeur de l’ENPO, Abdelbaki Benziane, a évoqué la vie de ce militant anticolonialiste, enseignant de mathématiques, arrêté, sauvagement torturé puis assassiné en juin 1957, durant la Bataille d’Alger. Le même responsable a expliqué que la baptisation de l’ENPO au nom de Maurice Audin n’est pas un choix fortuit, car, a-t-il rappelé, depuis sa création en 1970, l’ex-Ensep, puis Enset, devenue à partir de 2012 ENPO a été investie de la mission de prendre en charge des formations de sciences et techniques, avec une prédominance pour les mathématiques.
Le fils de Maurice Audin, Pierre, a qualifié, dans une déclaration à l’APS, cet événement de symbole fort, appelant les responsables de l’ENPO à relever le défi d’une formation de pointe et de qualité. La cérémonie a été marquée par l’inauguration d’une stèle dédiée à Maurice Audin et érigée dans l’enceinte de l’école.

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29 novembre 2016 2 29 /11 /novembre /2016 12:04
Décès de Fidel Castro: messages du PADS et d'Alger Républicain (Algérie)

Message remis par le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme à l'ambassade de Cuba à Alger

 

C'est avec une grande douleur que nous avons appris le décès du grand révolutionnaire et grand ami de l'Algérie Fidel Castro. Nous, communistes Algériens, militants du Parti Algérien Pour la Démocratie et le Socialisme (PADS),  tenons à manifester notre soutien et notre sympathie dans le deuil qui frappe le peuple cubain, les peuples de l'Amérique Latine et tous les hommes épris de paix, de liberté et des principes de justice.

Cet homme à l'image d'un chêne qui ne se plie pas a, par sa simplicité, par l'amour dévoué a son peuple, sa clairvoyance et son courage, transmis à son peuple une force inestimable qui lui a permis de tenir contre un embargo imposé, pendant  un demi siècle, par les USA et leurs alliés capitalistes. Ce défi aux plus grandes puissances a forcé le respect du peuple cubain par les peuples du monde entier et du peuple algérien en particulier.

Le peuple algérien n'oubliera jamais l'assistance que lui a apportée le gouvernement et le peuple cubains pendant et après la guerre de libération.

 

26 novembre 2016

 

 

Article d'Alger Républicain, 28 novembre 2016:

Fidel Castro : disparition d’un dirigeant révolutionnaire intransigeant et totalement dévoué à l’émancipation de tous les peuples de la planète

Et même s’il n’en restait qu’un, il serait celui-là,
Il le disait lui-même ces dernières années, la traitrise et la couardise étant devenues légion parmi les carriéristes et les opportunistes grisés par les temps où le socialisme était triomphant, à une époque où les capacités de la contre-offensive impérialiste avait été sous-estimée.

Il était un vrai dirigeant communiste. Au service de son peuple, attentif à ses espoirs, interprète de son refus de courber l’échine, de sa volonté d’en finir avec tout ordre basé sur l’exploitation et l’oppression de classe, solidaire avec les luttes de tous les peuples de la planète pour abolir les privilèges et la domination des puissants, éliminer les guerres en extirpant leurs racines de classe. Un dirigeant internationaliste.

Fidel a fait d’une petite Île, pauvre, sans richesses naturelles particulières, asphyxiée par un blocus criminel un pays, entravée dans son développement par les conséquences de ce blocus, un pays où les travailleurs mangent à leur faim, n’ont pas à craindre l’angoisse des licenciements, sont soignés depuis leur naissance, ignorent la criminalité et l’insécurité qui caractérisent les sociétés capitalistes et en particulier celles que dominent les USA en Amérique latine, y compris les plus « prospères » d’entre elles.

Optant pour une société socialiste, il a fait de son peuple, que les Américains qualifiaient de « coupeurs de canne à sucre », un des peuples les plus éduqués de la fin du siècle dernier et un des peuples les mieux soignés du monde.
Alors que Cuba n’est qu’à quelques encablures du chef de la planète, il a réussi à instaurer un système politique et économique qui terrorise son voisin.

Il a montré à tous les peuples du tiers monde, à tous les pauvres et à tous les exploités que l’espoir en un monde où l’exploitation et le mépris peuvent être éliminés peut devenir réalité, qu’un peuple dirigé par des révolutionnaires dévoués à ses aspirations, insensibles au chant des sirènes de la corruption et de l’enrichissement personnel, peut bâtir son avenir avec confiance et résolution.
Il a tenu tête à la plus grande puissance du monde, installée jusque dans l’Île, à Guantanamo illégalement occupé par les USA.

Il n’a jamais courbé l’échine devant les puissants de ce monde. Il n’a jamais capitulé même au plus fort de la crise des missiles. Le 27 octobre 1962, le monde était au bord d’une guerre nucléaire, Nikita Khroutchev qui n’en était pas à sa première traitrise avait décidé de faire marche arrière et adressé un courrier à John Kennedy pour lui proposer de négocier, sans avoir avisé Fidel Castro, ni même semble-t-il les membres du Politburo, alors que le conflit était imminent, que les EU devaient envahir Cuba.

Fidel Castro, fidèle à ses convictions, avait alors donné l’ordre d’abattre l’avion américain qui avait survolé l’Île avec à son bord le commandant qui avait détecté les missiles soviétiques dans la mer des Caraïbes.
Le 28 octobre, le politburo avait adressé une autre lettre à John Kennedy remettant en cause la décision de négociation prise par Khroutchev.
L’intervention du Politburo avait remis les événements à leur place : toute invasion de Cuba conduira à une guerre totale.
Les Américains ne devaient plus rien tenter contre Cuba : ce ne furent que des promesses légères car Fidel Castro, tout au long de sa vie, aura à déjouer de nombreux attentats.
La suite on la connaît, les Soviétiques retirent leurs missiles de Cuba. Mais les Américains durent en faire de même en Turquie et en Italie. Cuba ne fut pas envahie.
Fidel Castro avait donc dû prendre une décision de la plus haute importance en abattant un avion américain survolant son territoire.
il avait compris le jeu trouble de Khroutchev …

Aujourd’hui son peuple le pleure, ainsi que tous les peuples opprimés car il a été un allié fidèle et clairvoyant : aucun rapprochement ne peut se faire avec l’impérialisme.
Qu’en est-il réellement aujourd’hui, alors que les drapeaux américains flottent à Cuba ?

Les peuples espèrent espèrent que Raoul continuera l’œuvre de Fidel. A Cuba d’innombrables héritiers de Fidel Castro veillent. Le combat continue dans la voie tracée par le dirigeant révolutionnaire disparu.

Alger républicain adresse au peuple cubain, à ses dirigeants, ses condoléances et expriment sa certitude que Cuba poursuivra son chemin dans la voie pour laquelle Fidel a consacré toute sa vie.

AR

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12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 09:51

Texte du Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme (PADS), publié le 8 Mars 2016 par Lien-pads in nationale: 8 mars journée internationale des femmes, repris pour Solidarité internationale-vivelepcf.

 

La journée du 8 mars fournit l'occasion aux travailleuses et aux travailleurs de réfléchir et d'intensifier leurs luttes communes et unies pour défendre leurs conquêtes sociales, pour exiger l'égalité effective dans tous les domaines de la vie sociale, pour l'abrogation de toutes les lois qui consacrent l'infériorité juridique des femmes, et notamment le Code la famille, pour l'amélioration des conditions de vie et de travail des femmes.

Les travailleuses algériennes, les femmes et les mères de travailleurs, subissent et subiront le plus le fardeau des attaques lancées par le gouvernement au service de la bourgeoisie contre les intérêts des classes populaires sous le prétexte de faire face aux conséquences de la chute des recettes pétrolières. Qu'elles travaillent ou qu'elle ne travaillent pas, ce sont elles qui mesurent de la façon la plus brûlante les effets de la dévaluation du dinar sur le contenu du couffin, le prix des vêtements, de l'électricité et du gaz, etc. Ce sont elles qui vivent le plus douloureusement la difficulté à préparer un repas consistant et équilibré, si ce n'est un simple repas par jour qui n'apaise ni la faim ni les frustrations.

Les mesures du gouvernement ne touchent que les salariés, hommes et femmes. Les propriétaires d'usines, d'immeubles, les importateurs et les gros intermédiaires, ont répercuté la hausse des prix provoquée par la dévaluation et celle des diverses taxes avant même qu'elles ne soient officiellement entrées en vigueur.

Les médias étatiques ou privés déforment le sens et l'origine de la journée du 8 mars. Ils la présentent comme une fête, la fête des femmes quelles que soient leurs conditions sociales. Ce n'est pas parce qu'elles sont femmes que les bourgeoises et les travailleuses ont les mêmes intérêts et peuvent être mises dans le même camp. Leurs intérêts sont au contraire diamétralement opposés, inconciliables. Les préoccupations des bourgeoises qui vont "célébrer" cette journée dans de luxueux restaurants ou dans les salles de fêtes des hôtels à plusieurs étoiles n'ont rien à voir avec l'esprit du 8 mars et aucun lien avec la détresse, la misère, les inquiétudes et les angoisses des ouvrières, des fonctionnaires ordinaires, des femmes de petits fellah s'échinant à entretenir leurs quelques chèvres, moutons ou poules, de petits artisans ou de petits commerçants dont les revenus dépendent du pouvoir d'achat des travailleurs.

Ce sont surtout les femmes qui sont touchées par le refus de la plupart des patrons de les déclarer à la sécurité sociale. Ce sont elles qui se retrouvent ensuite à mendier dans les rues si elles n'ont personne pour les aider quand elles perdent leur mari ou leurs enfants. Les travailleuses, surtout dans le secteur privé ne bénéficient pas de la protection des lois sociales. Salaires minorés dans les ateliers de confection clandestins, absence de syndicats, arbitraires des patrons et des patronnes, harcèlements, etc., telle est la condition des ouvrières. Elles sont mises à la porte en cas de maternité. Ce sont elles qui ont le plus de mal à concilier le travail et la garde des enfants en bas âge étant donné que le régime a complètement délaissé les crèches et fermé depuis l'époque de Chadli les cantines scolaires.

Les ingérences impérialistes, la manipulation des groupes obscurantistes qui opèrent sous le voile de la religion et promettent les pires châtiments aux femmes conscientes de leurs droits et décidées à défendre leurs conquêtes sociales et politiques, font peser une lourde menace sur l'avenir des femmes.

La défense et la promotion des droits et aspirations des femmes sont étroitement liées à leur mobilisation pour résister à l'impérialisme. Plus que jamais pour faire face aux périls, il faut s'organiser, attaquer à la racine les malheurs qui s'abattent sur les peuples, le régime capitaliste et son cortège d'inégalités, d'oppression et de ruines. Plus que jamais il faut conjuguer les luttes avec celles de l'ensemble des travailleuses et des travailleurs dans le monde.

Solidarité avec les femmes du Sahara occupée, avec les Palestiniennes, les Libyennes, les Syriennes, les Yéménites, les Irakiennes, les Kurdes, les Afghanes, toutes jetées dans l'enfer de la guerre ou sur les routes de l'exode par les interventions des Etats impérialistes, des monarchies du Golfe, et du régime rétrograde d'Erdogan en Turquie.

L'émancipation des ouvrières et des travailleuses passe par l'abolition du capitalisme et le développement de la solidarité internationale pour les libertés démocratiques, le progrès social, la paix et le socialisme.

 

PADS, 7 mars 2016

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 16:32

Le pouvoir algérien a fait voter une réforme constitutionnelle le 7 février 2016. Le Parlement l’a adoptée par 499 voix contre 2 et 16 abstentions. Un résultat qui ne semble guère refléter l’état de l’opinion publique. Nos camarades du PADS ont analysé et dénoncé la manœuvre politique. Nous reproduisons leur analyse ci-dessous.
 

Révision constitutionnelle: quelques concessions de pure forme pour masquer le renforcement du caractère de classe antipopulaire et antinational du régime de la bourgeoisie

Publié le 2 Février 2016 par Lien-pads in Algérie: déclarations du PADS

 

"Le régime a choisi de faire avaliser son projet de révision de la Constitution par le Parlement qui se réunira le 3 février. Il a évité le référendum par crainte d'une désapprobation massive à travers l'indifférence de la population à son projet.

Les amendements décidés n'apporteront en soi rien de positif aux intérêts des travailleurs et des masses populaires, à la préservation de l'indépendance du pays.

Seule la reconnaissance de tamazight comme langue officielle, reconnaissance arrachée par des années de luttes des citoyens, peut dans certaines limites être considérée comme une avancée relative.

Des droits consignés de façon catégorique par exemple dans la Constitution de 1976, en matière d'emploi, de logement, de soins à la population, de soutien aux personnes vulnérables ou démunies, etc., sont transformés dans cette révision en vagues promesses. Des concessions sont faites aux courants dits d'opposition telle que la limitation à une seule fois de la reéligibilité du chef de l'Etat. Cette question est un faux débat. Dans un régime présidentiel la vraie question n'est pas le nombre limité ou illimité des mandats mais celle de la nature des intérêts de classe représentés par le chef de l'Etat, celle de savoir quelle cause il sert.

Quelques amendements positifs significatifs sont proposés mais leur application est systématiquement renvoyée à des lois. Par exemple l'amendement  portant sur la règlementation de la détention préventive, une procédure qui a permis de jeter en prison dans l'arbitraire le plus total des milliers de personnes innocentes puis de les relaxer après des années de geôle. De même, l'emprisonnement d'auteurs d'articles de presse est proscrit. Mais, étant donné qu'une loi doit préciser les conditions d'exercice de la liberté de presse, on peut être sûr que le Code de l'information sera une fois de plus retouché pour transformer les peines de prison en étranglement financier par la voie des amendes.

On sait aussi que nos gouvernants ont l'habitude de faire passer des lois vidant de leur contenu les droits constitutionnels qui protègent les citoyens contre l'arbitraire. Et de plus que valent vraiment les droits et les libertés démocratiques garantis dans la Constitution ou dans les lois quand ils sont impunément piétinés par le régime et ses appareils d'Etat?

De très nombreux amendements introduits ne portent que sur des questions de détails. Ils l'ont été pour faire plaisir à tel ou tel groupement satellite des classes au pouvoir. La plupart de ces amendements n'ont pas leur place dans une constitution digne de ce nom. Ils ne reflètent pas les préoccupations des masses populaires face aux attaques contre leur pouvoir d'achat, alors que les plus riches ne sont pas touchés par les mesures d'austérité, face aux exigences actuelles de mobilisation contre les ingérences impérialistes, face aux activités des courants ultra-réactionnaires agissant sous le masque de la religion, de concert avec l'impérialisme, aux dangers liés à l'exploitation par l'impérialisme et la réaction bourgeoise interne des conséquences de la chute des recettes pétrolières.

En fait la multiplicité des amendements cache les véritables objectifs de l'opération:
 

1-Le régime veut donner, sous couvert de "politique de paix et de réconciliation nationale", un socle pseudo-constitutionnel à l'alliance nouée avec les courants réactionnaires de la société qui utilisent l'Islam pour camoufler leurs intérêts de classe;

2-Il confirme, sans s'en cacher derrière des artifices verbaux, sa volonté de transformer l'Etat en instrument au service des appétits insatiables de la bourgeoisie et des multinationales. Cette caractéristique économique et sociale d'Etat bourgeois et pro-impérialiste, renonçant à une politique d'indépendance réelle, est transcrite de façon franche jusqu'à la caricature dans les amendements introduits dans l'article 37 : "L’Etat œuvre à améliorer le climat des affaires. Il  encourage, sans discrimination, l’épanouissement des entreprises … La loi interdit le monopole …" 


Le régime ne se contente pas d'annoncer qu'il fera tout pour concrétiser les caprices des exploiteurs locaux et étrangers à la recherche du profit maximum. Il prohibe le monopole en faisant croire que la prohibition visera à freiner la tendance de certains oligarques, jusqu'ici choyés par l'Etat, à placer l'économie sous leur domination exclusive, qu'il s'agisse de Rebrab ou de Haddad, ou d'autres moins médiatisés. En réalité les concepteurs de cette révision ligotent dans une camisole de force les représentants du peuple qui tenteraient de protéger l'économie nationale et le pouvoir d'achat des masses populaires par le recours au monopole étatique contre les convoitises, les activités désorganisatrices et les tendances monopolistes des multinationales et des importateurs, y compris dans des domaines aussi sensibles que l'électricité, l'eau, l'exploitation des hydrocarbures, la sécurité, etc. Ils veulent interdire toute politique d'appui sur un puissant secteur public, régi par des principes économiques particuliers, hors de la recherche du profit immédiat, en tant qu'instrument de construction d'une vraie économie productive, quand bien même elle serait capitaliste.

Grave est aussi l'amendement de l'article 131*. L'ambiguïté calculée de sa formulation met sur le même plan traités et accords internationaux. Elle laisse entendre que la défense impérative de la souveraineté économique nationale ne primera plus sur les accords de libre-échange, d'associations et d'intégration économiques. Les traités internationaux ratifiés par le président de la République sont déclarés supérieurs à la loi nationale, que ce soit des traités de paix par exemple ou de simples traités économiques. Il faut croire que pour les auteurs de cette révision constitutionnelle, l'accord d'association avec l'Union européenne, un accord néfaste et irréformable pour les intérêts du pays et pour ses travailleurs, ne devrait plus être remis en cause par les représentants de la nation, bien qu'il ait été signé 10 ans avant cette révision constitutionnelle. Les proclamations contenues dans d'autres articles de la Constitution sur la défense de l'indépendance du pays ne sont que formules de style destinées à leurrer ceux qui veulent bien l'être.

A travers une opération menée sans débat populaire, les bandes sans foi ni loi régentant le pays pour le compte des classes exploiteuses et parasitaires cherchent à codifier leur programme de domination économique et politique. Rien de plus trompeur que de chercher à faire croire que cette Constitution révisée ne traduit que des calculs de clans préparant l'après-Bouteflika. Cette Constitution exprime dans son essence la tendance des classes exploiteuses et parasitaires à la domination absolue sur le peuple, à la capitulation devant l'impérialisme, à leur besoin de conclure un nouvel arrangement avec lui pour piller ensemble les richesses du pays, pour soumettre ensemble les classes laborieuses à une exploitation féroce. Cette révision confirme que ces bandes sont prêtes à remettre les clés du pays aux Etats impérialistes et aux multinationales pour protéger leurs intérêts mesquins. Il ne fait pas de doute que leur projet de révision a été soumis à l'approbation préalable des cercles impérialistes interventionnistes. Toutes les mesures économiques prises ces derniers mois à la grande satisfaction de la bourgeoisie interne et des multinationales trouvent leur traduction dans ces amendements.

Le pouvoir compte sur le fait que sa révision de la Constitution passera comme une lettre à la poste devant le Parlement. Mais que représentera vraiment le vote d'un Parlement élu par un pourcentage insignifiant de la population? Et même s'il pouvait se prévaloir d'une quelconque légitimité, les travailleurs, les masses populaires, n'observeront pas de pause dans la poursuite de leurs luttes pour l'avènement d'un régime démocratique populaire au service des travailleurs, de ceux qui vivent du fruit de leur force de travail manuelle et intellectuelle, qui veulent s'affranchir de l'exploitation et de l'oppression de classe.

Leurs luttes ne s'inscrivent pas dans une simple révision constitutionnelle, pour ou contre elle, mais dans un combat pour des transformations révolutionnaires en vue de l'instauration d'un véritable régime de démocratie populaire préparant la société socialiste. 

 

PADS, 31 janvier 2016

*Voici la nouvelle formulation de l'article 131. L'article 132 n'est pas modifié. Le passage signalé en gras  été rajouté dans le cadre de cette révision :

ARTICLE 131 : Les accords d’armistice, les traités de paix, d’alliances et d’union, les traités relatifs aux frontières de l’Etat, ainsi que les traités relatifs au statut des personnes et ceux entraînant des dépenses non prévues au budget de l’Etat, les accords bilatéraux ou multilatéraux relatifs aux zones de libre échange, aux associations et aux intégrations économiques, sont ratifiés par le Président de la République, après leur approbation expresse par chacune des chambres du Parlement.

ARTICLE 132 : Les traités ratifiés par le Président de la République, dans les conditions prévues par la Constitution, sont supérieurs à la loi.

 

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