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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 19:38

moujahidate     Droits des femmes en Algérie.



Par Nadir Amar, pour Alger Républicain



Trouvé sur le site d'Alger Républicain. Repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



 

En Algérie les droits des femmes ont progressé quand les forces de progrès étaient plus influentes et détenaient l’initiative dans la mobilisation des masses. Ils ont régressé avec l’emprise absolue des courants réactionnaires sur les appareils d’État.

 

En Algérie les droits des femmes ont progressé quand les forces de progrès étaient plus influentes et détenaient l’initiative dans la mobilisation des masses. Ils ont régressé avec l’emprise absolue des courants réactionnaires sur les appareils d’État.



La participation des femmes, sous les formes les plus diverses, au combat politique ou armé pour la libération nationale a eu pour résultat des avancées importantes dans leur place dans la société après l’indépendance.



A l’époque coloniale peu de femmes travaillaient. De toutes façons le chômage massif était la règle dans une société où toutes les richesses appartenaient aux « Cent seigneurs ». Parmi les femmes rangées par le recensement de 1951 dans la catégorie des occupées, plus d’un million d’entre elles étaient des « aides familiales » agricoles. Cette rubrique permettait de masquer l’étendue du chômage en considérant comme « occupée » la femme qui trait une chèvre ou ramasse les œufs de poules ! En novembre 1954 il n’y avait en réalité que 30.000 femmes qui exerçaient une activité économique hors de l’agriculture. Encore faut-il préciser que 24.000 d’entre elles étaient des femmes de ménage ! Voilà le « bilan positif » de la colonisation pour les femmes algériennes.



Le droit au travail a été proclamé à l’indépendance. L’Algérie indépendante a fait plus en quelques années pour l’instruction des filles et l’emploi des femmes à de dignes postes de travail que la colonisation en 132 ans.



Il y a aujourd’hui des milliers d’ingénieur(e)s et de techniciennes supérieures, ainsi que des dizaines de milliers d’ouvrières qualifiées. Plus de la moitié des enseignants, des médecins et des magistrats sont aujourd’hui des femmes. Le travail est un facteur d’émancipation quoi qu’en disent les adeptes d’un féminisme étroit. La preuve c’est l’irruption extraordinaire des femmes dans les grèves des enseignants et des médecins de ces dernières semaines. Une grande révolution mentale et intellectuelle qui prépare le terrain à d’autres révolutions à venir, des révolutions plus radicales !



De 1962 à 1984, année du Code de la famille, la femme pouvait se marier sans avoir besoin de tuteur. L’acte de mariage était établi par l’officier d’État-civil en présence seulement des deux époux accompagnés de leurs deux témoins. La femme a obtenu en 1962 pour ainsi dire « naturellement » le droit d’ouvrir un compte bancaire et de détenir un carnet de chèque sans difficultés, au même titre que l’homme. Dans la Tunisie qui avait pourtant interdit la polygamie, l’autorisation de l’époux était exigée jusqu’à une date récente, pour accéder à cet acquis naturel de la femme algérienne. Dans le secteur public le salaire de la femme est égal à celui de l’homme à qualification identique.



Le virage à droite des années 1980, expression du renforcement des puissances d’argent et de la montée d’une réaction qui voulait donner un coup d’arrêt aux promesses révolutionnaires, n’a épargné aucun secteur : article 120 destituant les responsables des organisations de masse s’ils ne sont pas membres du FLN, centaines de cadres jetés injustement en prison, début de la lente destruction du secteur public économique et arrêt de l’industrialisation, renforcement des liens avec les USA et les monarchies du Golfe, remise en cause de la révolution agraire, intrusion massive du religieux dans le contenu du manuel scolaire et … promulgation du Code de la famille. C’est une période de réaction globale qui s’est ouverte en 1980 et se poursuit encore.



En dépit de leurs tentatives de confiner les femmes à leur foyer, les forces conservatrices n’ont pas réussi à enrayer complètement le travail des femmes. Plus de 1,3 millions de femmes sont occupées en dehors de l’agriculture. C’est plus de 40 fois plus par rapport à 1951. Il est vrai que le pourcentage des femmes occupées demeure faible, 15,3% selon l’ONS. La cause de cette faiblesse est liée à la politique d’un pouvoir dominé par les importateurs et refusant de promouvoir les secteurs productifs.



Les femmes qui travaillent dans le secteur privé sont exploitées de façon éhontée. Aussi bien dans le privé que dans le public, elles subissent des vexations et brimades de toutes sortes et notamment le harcèlement sexuel, dans le contexte de la domination des courants réactionnaires de la société et du spectre d’un chômage propice à tous les chantages odieux.



Les femmes se heurtent à l’obscurantisme, aux conceptions religieuses dépassées, aux préjugés profondément ancrés chez une majorité d’hommes n’acceptant pas que leur femme travaille. Leur combat pour la pleine égalité devra se poursuivre en liaison avec les luttes sociales.



Sur le site d'Alger Républicain, cf aussi l'article Le combat pour l’égalité effective est indissociable de la lutte pour le socialisme.

 

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 13:14

Le 11 février 1957, à la prison de Barberousse à Alger, Fernand Iveton militant du Parti Communiste Algérien marche courageusement au supplice.


 

Série d'articles publiés par Alger Républicain. Repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

Nous recommandons chaudement par ailleurs la consultation du site d'Alger Républicain (http://www.alger-republicain.com/) où un dossier plus complet sur Fernand Iveton est disponible.


 

« La tan’saou Al-Chouhada », n’oubliez pas les martyrs de la guerre de libération nationale, ce mot d’ordre est chaque année respecté depuis quelques années, lorsqu’il s’agit de commémorer le sacrifice de patriotes Algériens d’origine européenne tels que Henri Maillot et Fernand Iveton.


 

fernand ivetonFernand Iveton par Mustapha Boutadjine,



Ces commémorations sont organisées par une association Maillot-Iveton dont les membres fondateurs habitent le quartier de Madania (ex Clos Salembier) où résidaient les deux martyrs. Les membres fondateurs de cette association méritent nos encouragements à poursuivre leur action sachant qu’elle concourt au rassemblement de tous ceux qui demeurent de nos jours toujours fidèles aux idéaux des martyrs de la guerre de libération nationale, idéaux remis en cause depuis plus de 30 années par une politique au service d’intérêts étroits ayant favorisé l’enrichissement fabuleux et éhonté d’une minorité d’Algériens au détriment de l’immense majorité.



L’exemple que nous donne l’association Maillot-Iveton du quartier d’Al Madania mérite d’être suivi dans tous les quartiers de nos villes et villages pour commémorer le sacrifice de tous les martyrs de la révolution afin de rappeler le parcours politique de chacun d’eux, sans jeter l’exclusive sur leur parti politique d’origine comme cela se produit encore très souvent de nos jours quand il s’agit du Parti communiste Algérien. Maillot, tout comme Iveton, Maurice Laban, Raymonde Peschard, Rebah Nourredine, Abdelkader Choukal, Maurice Audin, Mohamed Guerrouf et de nombreux camarades martyrs étaient membres du Parti communiste Algérien. Leur engagement dans la guerre de libération aux côtés des autres patriotes issus des anciens partis nationalistes qui ont rejoint l’ALN ou le FLN, n’est pas une décision individuelle. Elle fait suite à une décision prise par le Parti communiste Algérien, à la suite des accords FLN-PCA d’intégrer les Combattants de la Libération Nationale (organisation armée du PCA) dans l’ALN et le FLN. Voilà la vérité historique qu’il ne faut jamais cacher au moins par respect aux martyrs que l’on doit honorer.



Dans son interview publiée le 31 Août 2001 par l’hebdomadaire Français « Le Point », Abdelkader Guerroudj, chef des groupes des Combattants de la libération nationale, condamné à mort en même temps que sa compagne Jacqueline, déclare à ce propos ce qui suit : « J’ai été condamné pour atteinte à la sécurité de l’État et complicité d’assassinat en tant que chef des Combattants de la Libération, l’organisme armé créé par le Parti communiste Algérien et versé au FLN  ». Toujours dans cette interview Guerroudj souligne à propos de Fernand Iveton : « C’était un camarade, un militant communiste ».



Oui, Fernand était un ouvrier. Son père était également communiste. Dans les rangs de son Parti, il avait acquis une conscience de classe et avait fait sienne cette idée de Marx : «  Qu’un peuple qui en opprime un autre ne saurait être libre  ». C’est pourquoi il a combattu avec fermeté l’influence raciste de l’idéologie colonialiste qui avait pu s’emparer malheureusement d’une partie importante de la population européenne. C’est pourquoi avant de marcher courageusement au supplice, comme l’a reconnu son bourreau, Fernand Iveton avait fait cette dernière déclaration : «  La vie d’un homme, la mienne, compte peu, ce qui compte c’est l’Algérie, son avenir et l’Algérie sera libre demain  ». Fernand Iveton est mort pour que son pays, l’Algérie, soit indépendant.



William Sportisse

 

Fernand Iveton et son fils Fernand Iveton et son fils Jean Claude

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Lettre d’Iveton à son fils

Le 7.12.1956 dans une lettre à son fils Jean Claude, Fernand Iveton écrit :

« …. Ce n’est pas en te tapant la tête contre le mur ou en pleurant que tu donnes l’exemple d’un petit homme. Aussi, je te dis ceci : tu as vécu avec moi et tu sais ce que c’est un communiste. Notre lutte est dure mais nous vaincrons. »


 

Biographie de Fernand Iveton:


 

Fernand Iveton est né à Alger le 12 juin 1926. Il a un peu plus de trente ans quand il est guillotiné le 11 février 1957 à la prison de Barberousse d’Alger.



Le père, Pascal, enfant recueilli par l’Assistance Publique avait reçu le nom patronymique d’Iveton. Pascal vécut dans un quartier populaire d’Alger, le Clos Salembier (aujourd’hui El Madania). Communiste et syndicaliste, Pascal Iveton fut révoqué sous le régime de Vichy de son emploi à Électricité et Gaz d’Algérie (EG.A.).



Fernand, son fils, suivit son exemple en devenant employé de l’usine à gaz d’El-Hamma au Ruisseau. En 1943, il adhère à la section de la Redoute (un quartier proche du Clos Salembier) des jeunesses communistes. Il milite aux côtés d’Henri Maillot et Ahmed Akkache au sein de cette section. Quand L’Union de la Jeunesse Communiste Algérienne est dissoute pour faire place à l’Union de la Jeunesse Démocratique Algérienne qui rassemblera dans ses rangs des jeunes communistes et nationalistes et d’autres patriotes, Fernand Iveton rejoindra le cercle de la redoute de l’UJDA. Il militera également au sein des syndicats d’Algérie affiliés à la CGT de France (Confédération Générale du Travail) puis à l’UGSA (Union Générale des Syndicats Algériens) organisation syndicale algérienne qui demeurera affiliée à la CGT. Il sera désigné par les travailleurs de l’usine à gaz du Hamma comme délégué syndical.



En 1953, il épouse Hélène Ksiazek, une Polonaise émigrée en France, qu’il connut lors de l’un de ses séjours en région Parisienne. Son épouse le rejoint et ils s’installeront au Clos Salembier.



En juin 1955 il s’intègre dans les groupes armés des Combattants de la Libération au côté de Abdelkader Guerroudj, Félix Collosi, Mohamed Hachelaf, Yahia Briki, Georges Accampora et d’autres camarades communistes.



Après l’Accord FLN-PCA les Combattants de la Libération sont intégrés dans l’ALN-FLN, il fera partie du commando du Grand Alger. Après avoir participé à plusieurs actions (sabotages de wagons sur le port, incendie des Bouchonneries Internationales) il sera chargé de placer une bombe à l’usine à gaz du Hamma. Elle est déposée le 14 novembre 1956. Mais tout prouve qu’il a pris toutes ses précautions pour que la bombe ne cause que des dommages matériels. À ce propos Pierre Vidal-Naquet écrit dans sa préface à l’ouvrage de jean Luc-Einaudi « Pour l’exemple. L’affaire Fernand Iveton. Enquête » ce qui suit : « Iveton ne voulait pas d’une explosion-meurtre. Il voulait une explosion témoignage. »



Dans son ouvrage « Des douars et des Prisons » Jacqueline Guerroudj qui lui a apporté la bombe fabriquée par Abderahmane Taleb et Daniel Timsit raconte qu’elle était chargée de lui donner deux bombes. Le 25 novembre 1956, onze jours seulement après son arrestation il est passé devant le tribunal. « Dans une atmosphère de pogrom » est-il écrit dans « La guerre d’Algérie » tome 2, page 364 (ouvrage sous la direction d’Henri Alleg). Il est condamné à mort au cours d’une parodie de procès « dans un prétoire où montaient des cris de haine et de mort ».



Le ministre français de la Justice de l’époque, François Mitterrand, et le président de la République Française refuseront de le gracier après la demande introduite par ses avocats. Le 11 février 1957 au petit matin il sera guillotiné en même temps que deux autres patriotes algériens. « Fernand Iveton, Mohammed Ouennouri et Ahmed Lakhnèche marchent courageusement au supplice. Les 3 hommes s’embrassent et clament «  Vive l’Algérie libre !  » au pied de la guillotine tandis que, de la prison tout entière, s’élève un grand cri de solidarité, de colère, d’espérance. Les détenus politiques pleurent, entonnent des chants patriotiques, ébranlent de leurs poings les portes des cellules. » [1]



Dans sa dernière lettre à son avocat José Nordmann, Iveton déclare : «  Pour moi, seuls la lutte de notre peuple et l’appui désintéressé du peuple Français sont les gages de notre libération.  »

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13 janvier 2010 3 13 /01 /janvier /2010 23:52

drapalgGrève des travailleurs de la zone industrielle de Rouiba


La classe ouvrière s’oppose à l’offensive du pouvoir contre les derniers acquis sociaux.



Article d'Alger Républicain du 12 janvier 2010 - Repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les ouvriers, généralement silencieux et rivés à leur sacrifice quotidien du labeur et de la préservation de leur outil de production, ont démontré qu’ils savent, lorsqu’il le faut, refuser ce qui est dangereux et malsain pour leur survie de même que pour celle de l’appareil de production.

 


Ils ont une fois de plus montré leur profond attachement aux acquis du développement. En défendant leurs propres intérêts ils défendent en même temps les fleurons de l’industrie algérienne tel leur complexe de production de camions d’autobus et de matériels roulants. Ils tiennent à en assurer la continuité, le développement et l’expansion face aux ultra-libéraux qui s’acharnent depuis plus de deux décennies à le casser .


Tout a commencé lorsque les travailleurs ont décidé spontanément de marquer leur opposition aux conclusions de la dernière « tripartite » qui a réuni le 3 décembre dernier gouvernement, UGTA et patronat. Cette tripartite n’a apporté aucune réponse à leurs nombreuses revendications salariales et aux autres problèmes posés, à ce jour non résolus : chute de leur pouvoir d’achat à un niveau inférieur à celui de 1985, un niveau qui ne leur permet plus de vivre décemment, de manger correctement et d’éduquer leurs enfants, retraites misérables après toute une vie de dure labeur, absence de plans de développement de leurs entreprises ouvrant des perspectives durables dans une situation où les caisses de l’Etat débordent de devises stérilisées, etc.


La bourgeoisie et le gouvernement, appuyés par les hauts responsables de l’UGTA, syndicat maison aux ordres de la grande bourgeoisie compradore d’Etat et du patronat, n’ont pas seulement ignoré les revendications et le mécontentement des travailleurs. Plus grave, ils ont donné leur feu vert au lancement d’une attaque en règle contre le régime des retraites pour réduire encore plus le montant des pensions et allonger la durée d’activité requise pour en bénéficier. En réponse à un tel mépris, les ouvriers, cadres et techniciens de la SNVI ont décidé de se faire entendre autrement.


Un rassemblement massif a eu lieu à l’intérieur du complexe de production des véhicules industriels. Des milliers de travailleurs se sont regroupés sur l’immense terre plein d’entrée de l’entreprise. Ainsi, organisés seuls, ils ont pris la décision de dire tout haut leurs revendications à travers leur mouvement de protestation. Ils ne comptent nullement sur le soutien du syndicat UGTA. Au contraire, ils dénoncent ses dirigeants, car ils estiment que ces derniers ne sont que des avocats patentés des positions du gouvernement, des positions aussi éloignées de leurs intérêts que de ceux de l’entreprise.


Les travailleurs protestent contre le caractère purement symbolique de l’augmentation du salaire national minimum garanti (SNMG) que cette tripartite a décidé de porter de 12000 à 15000 dinars à partir du 1er janvier de cette année. A première vue cette augmentation de 25% paraît importante. En réalité, l’article 87 bis du code du travail, introduit de façon scélérate par le pouvoir en 1997 en application des injonctions du FMI en limite sérieusement les effets car il intègre dans ce salaire les primes et indemnités qui s’ajoutent au salaire de base. Dans les faits peu de travailleurs du secteur public sont concernés par cette décision tant que que la composition du salaire minimum n’est pas réduite au seul salaire de base avec l’abrogation de cet article. De plus les travailleurs dénoncent à juste raison le fait qu’une partie importante de cette augmentation du SNMG sera en réalité absorbée par un barême injuste de l’impôt sur le revenu global (IRG), comme toute augmentation salariale ou même celle des pensions de retraite.


Les travailleurs rejettent la décision de cette tripartite des exploiteurs, grands affairistes et profiteurs du régime de remettre en cause le principe du départ à la retraite proportionnelle, anticipée, et sans condition d’âge pour tout salarié travailleur ayant déjà accompli 32 ans d’activité. Ce refus traduit leur crainte légitime face au plan de révision du régime des retraites. Concocté dans le plus grand secret, et avec la complicité des responsables de l’UGTA, par un pouvoir foncièrement hostile à leurs aspirations, revendication et intérêts, ce plan consiste, selon des « indiscrétions », à allonger de 32 à 40 ans la durée d’activité ouvrant droit à une retraite complète et à retenir comme base de calcul du montant de la pension de retraite le salaire des 10 ou même 15 dernières années de travail et non plus celui des cinq dernières années comme le stipule la loi encore en vigueur.
Les travailleurs qui accomplissent leur labeur dans des conditions éprouvantes, notamment les ouvriers de la forge et d’autres postes qui soumettent à une rude épreuve leur résistance physique, avaient espéré que les autorités se décident enfin à se pencher sur leurs dures conditions de travail par l’introduction de régimes spécifiques. Au lieu de cela la réponse de ce pouvoir peut se résumer ainsi : « Travaillez pour gagner moins et silence dans les rangs ».


Par ailleurs les travailleurs dénoncent le recours systématique par les responsables de l’entreprise aux contrats de sous-traitance avec des entreprises extérieures privées ou étrangères. Une bonne partie des pièces fabriquées dans le cadre de cette sous traitance est défectueuse et les ouvriers du complexe sont obligés de corriger les mal-façons quand les rectifications sont possibles. La SNVI subit en conséquence des coûts supplémentaires et des préjudices financiers qui peuvent être évités si les pièces étaient fabriquées directement chez elle comme c’était le cas avant. Qu’apporte donc la sous-traitance pour la SNVI ?


Les travailleurs dénoncent sans appel la trahison de l’UGTA et de Sidi Said.


Le 5 janvier 2010, ils ont manifesté leur présence en bloquant l’accès routier très passant qui longe le siège de l’entreprise tout en permettant aux véhicules transportant des malades de passer sans encombre.


Le 6 janvier 2010, les travailleurs ont décidé d’effectuer une marche vers Rouiba ville et une partie des travailleurs a été déléguée alors qu’une autre est restée à l’intérieur de l’entreprise pour ne pas donner lieu à la création d’un mouvement de désordre.


Il faut en particulier rendre hommage au calme dont font preuve les travailleurs dans ce mouvement responsable à travers lequel ils ont décidé d’exprimer leurs revendications.


Lors du rassemblement qui a été bloqué par les services de police à l’entrée de Rouiba, il y a lieu de noter que les travailleurs de l’entreprise ANABIB (production de tubes et de canalisations en fer) qui voulaient rejoindre le mouvement en ont été empêchés par les forces de sécurité.


Le 7 janvier 2010, plusieurs autres entreprises ont rejoint le mouvement alors que les travailleurs de SNVI dont une partie était restée volontairement à l’intérieur de l’entreprise, les jours précédents, afin de prévenir les débordements, les mauvaises interprétations et les provocations, ont eux aussi manifesté à l’extérieur.

Une marche importante composée de travailleurs de plusieurs entreprises a été entamée avec l’objectif de rejoindre le centre de Rouiba ville où d’autres travailleurs attendaient.


Les entreprises privées et publiques, ANABIB, MOBSCO, HYDROAMENAGEMENT, ENAD, BATICIM, MAGI, TAMEG, CAMMO, PEPSI COLA, ont donc rejoint le mouvement de grève et de protestation pour rappeler d’abord qu’ils sont des travailleurs, qu’ils sont en butte à des quotidiens difficiles et dire qu’ils ne peuvent plus accepter ni eux ni les entreprises qu’ils défendent, d’être traités de cette façon. Les travailleurs d’autres entreprises veulent rejoindre le mouvement.


Le pouvoir fait la sourde oreille. Il joue la carte du pourrissement et de l’essoufflement. Il a opté pour une politique de cantonnement du mouvement en mettant en place un très important dispositif de police pour empêcher les travailleurs d’atteindre Rouiba ou d’être rejoints par d’autres travailleurs désirant rallier le mouvement.


Plusieurs centaines de travailleurs ont été immobilisés à l’extérieur pour les empêcher de rejoindre la marche sur Rouiba. Décidés à opposer au flot grandissant des travailleurs en grève une barrière humaine anti émeute composée de centaines de gendarmes appelés de partout pour épauler la police les autorités n’ont pas hésité à ordonner l’utilisation de la force. Des groupes de manifestants ont été violemment matraqués. Des travailleurs parmi lesquels une femme, ont été transportés à l’hôpital. D’autres sont passés par les champs pour contourner la muraille anti émeute.


Nous sommes à une époque où dans les grandes villes du pays, des enfants qui ne savent pas ce que signifie le mot salaire, roulent à folle allure dans des voitures rutilantes et clinquantes, négligemment offertes par des parents soudain enrichis et qui ne comptent plus l’argent alors qu’un travailleur qui use fièrement sa vie devant son poste de travail, doit se résigner selon ces nouveaux riches à mourir dans le dénuement lorsqu’il aura fini sa vie active car rien d’autre n’a été prévu pour lui.


Si l’Algérie qui a fait 1954 n’a réussi qu’à déboucher sur un tel désastre, il y a une trahison nationale dont les auteurs doivent rendre des comptes.


Comment est-il possible que l’on prétende faire référence aujourd’hui aux obligations légales et règlementaires lorsque des fortunes immenses et insensées ont le loisir de s’édifier tranquillement et sans inquiétude, en contravention avec les lois de ce pays ?


À travers ces revendications, les travailleurs algériens ne demandent en fait que de pouvoir continuer à produire dans des conditions décentes en apportant à leurs familles le moyen de vivre en bonne santé et paisiblement. Serait-ce être hors la loi qu’exiger cela ?


Toujours disposés à attendre lorsqu’il s’est agit d’intérêt national, les travailleurs ont le droit de ne pas comprendre que les pouvoirs publics réagissent en 24 heures lorsqu’il s’agit de la prise en charge des supporters d’un match fut-il international alors que les intérêts de l’appareil de production et de ses travailleurs en danger sont mis en berne.


Il est inutile de revenir ici sur les décisions « spectaculaires » et « grandioses » annoncées à grands fracas médiatiques lors de la restructuration des entreprises, commise dans les années 80, restructuration qui a débouché sur un démantèlement méthodique de l’appareil industriel et économique du pays. Ce n’est pas la politique d’industrialisation qui a été un échec comme le prétendent les chiens de garde des multinationales et du néo-colonialisme français. C’est une nouvelle bourgeoisie qui impose sa loi depuis plus de 30 ans. Avide d’enrichissement rapide, elle et hostile par intérêt de classe à tout développement fondé sur le secteur public remettant en cause les sacro-saints principes de la supériorité du capitalisme et susceptible de consacrer l’abolition définitive de l’exploitation. Elle a tout fait et continue à tout faire pour saboter ce développement et dilapider les ressources du pays.


Le mouvement des travailleurs de Rouiba vient de rappeler qu’il existe en Algérie une classe ouvrière qui n’accepte pas de faire l’objet d’autant de mépris, une classe ouvrière qui tient à la défense des outils de production du pays face à des rapaces qui n’ont de soucis que pour leurs intérêts mesquins.


ALGER Républicain, 12 janvier 2010

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 07:05

Albert Camus n’a jamais été un homme de paix, bien au contraire !


Publié sur le site d'Alger Républicain le 29 novembre 2009

Les autorités françaises font tout leur possible pour transférer la dépouille mortelle d’Albert Camus au Panthéon. Cette affaire a défrayé la presse française ces dernières semaines. Le prétexte ? Camus était un "révolté", un "homme de liberté" qui aurait combattu pour l’Algérie. Ce qui semble échapper à certains intellectuels français et autres, c’est qu’il a combattu pour l’Algérie, certes, mais française !


Que ce transfert au Panthéon se fasse ou pas, cela ne nous concerne pas pourront penser certains. C’est vrai. Mais ce qui nous concerne en l’occurrence ce sont ses prises de positions pro-colonialistes. Et nous n’allons pas nous attendrir et lui vouer un immense respect parce q’il a obtenu le prix Nobel. Kissinger a lui aussi eu ce prix alors qu’il était, pour le moins, un chaud partisan de la terrible guerre meurtrière faite au peuple vietnamien.


S’il est vrai que Camus s’est apitoyé sur le sort réservé aux Algériens qui survivaient dans la plus grande des misères, il leur a toujours dénié le droit à l’indépendance. Il n’a jamais condamné le colonialisme en tant que système et n’a jamais dénoncé les tortures et autres sévices et la guerre criminelle entreprise contre le peuple algérien. Il a même affirmé aux plus fort de la répression qu’il préférait sa mère à la justice.


Qui était sa mère ? La France colonialiste qu’il considérait comme sa mère patrie. Car il n’a jamais envisagé l’avenir de notre pays autrement que sous la domination de la France impérialiste.


Cet « homme de gauche » fut en réalité un fervent partisan de l’Alliance atlantique, un fervent anticommuniste opposé aux droits de notre peuple. Pour préciser encore un peu les choses rappelons simplement l’une de ses dernières déclarations : l’indépendance de l’Algérie serait « pour la nation française le prélude d’une sorte de mort historique et, pour l’Occident, le risque d’un encerclement qui aboutirait à la kadarisation de l’Europe et à l’isolement de l’Amérique ».


Certains intellectuels, y compris de chez nous, pensent qu’il appartient à notre littérature d’expression francophone et le placent au même rang, par exemple qu’un Mohamed Dib. Il serait ridicule de nier son talent. Il en avait à revendre, mais de là à affirmer qu’il appartenait à la famille des écrivains de la trempe d’un Kateb Yacine il y a un pas que nous ne ferons pas.


Malik Antar



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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 13:37








Dans un contexte de crise du capitalisme et d'aiguisement des luttes de classe, "la reconstitution des Partis communistes est une tâche décisive"



Intervention du PARTI ALGERIEN POUR LA DEMOCRATIE ET LE SOCIALISME (PADS)


 

11ème rencontre des Partis communistes et ouvriers à New Delhi du 20 au 22 novembre 2009






Thème de la rencontre: La crise capitaliste internationale, la lutte des travailleurs et des peuples, les alternatives et le rôle des communistes et du mouvement ouvrier 




Le monde est confronté à une aggravation de la crise du système capitaliste, accompagnée d'une agressivité redoublée de l'impérialisme pour imposer ses solutions aux peuples et à la montée, partout, du mécontentement, des luttes et des résistances des travailleurs et des peuples.


La crise financière qui a éclaté l'an dernier avec la faillite de grands groupes bancaires et financiers américains s'est propagée à l'ensemble des pays intégrés au système capitalistes. Les Etats capitalistes ont dévoilé ouvertement leur nature de machines d'exploitation et de domination au service des grands monopoles militaro-industriels et financiers. Ils ont mobilisé tous leurs moyens en se portant au secours des grandes banques pour sauver les intérêts de l'oligarchie financière. Jamais dans l'histoire du capitalisme le cynisme de la ploutocratie ne s'était étalé de façon aussi déclarée.


Les centres impérialistes -USA, UE, Japon- se sont tous unis dans la mise en oeuvre de façon coordonnée des moyens de leurs Etats respectifs pour tenter d’enrayer la débâcle des plus grands groupes financiers. Ils se sont unis pour faire supporter les conséquences de la crise par les travailleurs et les couches non-monopolistes. Ils ont réussi à atténuer momentanément le souffle puissant de la tempête que les contradictions inhérentes au capitalisme ont provoquée et obtenir un répit passager dans le développement de la crise. Mais les solutions adoptées sont de nature à relancer inévitablement l’aggravation de l’ensemble des contradictions, à exacerber les conflits de classe. Elles créent de sérieuses tensions dans les alliances de classe tissées de longue date par la grande bourgeoisie pour neutraliser les luttes prolétariennes. Le flot d’argent mis à la disposition des grandes banques et groupes financiers aggrave le déficit des budgets étatiques, gonfle la dette publique, pousse à la hausse des impôts qui frappent de plein fouet les travailleurs pendant que des cadeaux fiscaux de toutes sortes sont accordés aux capitalistes sous prétexte d’encourager l’emploi. La hausse des impôts réduit le pouvoir d’achat des travailleurs et des retraités. Elle accumule les ferments d’accentuation inévitable de la crise de surproduction. Le chômage s’étend, la misère touche des catégories de plus en plus nombreuses. Les tentatives de réduire les déficits budgétaires provoqués par les cadeaux fiscaux aux capitalistes se traduisent par la compression inouïe des effectifs des travailleurs sociaux et un recul de la santé. Les saisies immobilières aux USA en particulier ont jeté à la rue des millions de personnes devenues des SDF du jour au lendemain.


L’unité réalisée pour sauver les banques et tenter d’échapper au krach résultant de l’interdépendance des multinationales, ne peut empêcher le développement de facteurs de rivalités et de contradictions entre les puissances capitalistes en lutte les unes contre les autres pour que chacune puisse d’abord sauver sa peau, malgré les discours sur la nécessaire solidarité et la concertation collective face aux dangers de la crise.


L’impérialisme américain utilise et défend ses privilèges monétaires - qui ne peut se perpétuer qu’en raison de sa suprématie militaires et de l’immense accumulation d’avoirs en dollars dans d’autres pays- pour financer les déficits colossaux de sa balance commerciale et de sa balance des paiements. Il fabrique des billets pour continuer à importer gratuitement des biens qui lui permettent de hausser les taux de profit des capitalistes. Il fait supporter sa crise par les peuples du reste du monde et par les Etats qui disposent de créances énormes sur l’économie américaine et qui courent le risque de tout perdre avec la dépréciation du dollar. Le financement des importations américaines grâce à la planche à billets engendre une inflation internationale que subiront en fin de compte à travers la baisse de leur pouvoir d’achat les travailleurs, les petits paysans, les pays pauvres et non industrialisés.


Tout en maintenant ses liens avec l’impérialisme US, les grandes puissances impérialistes de l’Union européenne tentent de tirer à elles la couverture en pratiquant une politique des taux d’intérêt qui devrait aspirer les capitaux en excédent dans le monde. Il en résulte en réalité des crédits chers et une baisse des investissements productifs qui entretient et étend le chômage.


Les capitalistes cherchent tous en même temps leur planche de salut en délocalisant massivement la production industrielle vers les pays où les salaires sont trés bas. Le capital migre sans cesse et sans qu’il soit possible de maîtriser ses mouvements, plongeant les peuples dans l’incertitude et la perte brutale de leurs emplois. Les anciens pays socialistes dont l’industrie a été détruite par les pays capitalistes, qui ont attiré vers eux des usines délocalisées et se sont massivement endettés pour importer des biens ou financer le logement, subissent de plein fouet la fuite des capitaux. Ils sont à leur tour victimes des délocalisations vers d’autres pays. Leurs travailleurs connaissent une flambée de chômage sans précédent.


Les USA cherchent à sauver la suprématie du dollar en faisant pression sur la Chine pour qu’elle réévalue sa monnaie. Ils ne se contentent plus de la dévalorisation de fait du fruit du travail de la classe ouvrière en échange de créances sur les USA, de bons du Trésor de ce pays. Les USA veulent contraindre la Chine à davantage de concessions.


Les pays pétroliers dirigés par des classes féodalo-capitalistes rentières subissent des pertes importantes de revenus par suite de la réduction des quotas de production et de la baisse du prix du baril de petrole, corrélativement à la hausse démesurée de leurs dépenses parasitaires de prestige et au détournement des revenus pétroliers. Les classes possédantes tentent de se mettre à l’abri des effets de cette situation, de préserver leurs profits et leur part dans la répartition de la rente pétrolière à travers de sévères mesures d’austérité qui pénalisent les travailleurs et les catégories sociales les plus pauvres de la population. Ces mesures provoquent le mécontentement et l’opposition de larges couches sociales y compris parmi les couches moyennes qui leur servaient de relais dans la défense du système d’exploitation et de pillage.




La crise du système capitaliste provoque une profonde inquiétude au sein de la bourgeoisie et des classes possédantes. Les oligarchies militaro-industrielles et financières redoublent d’agressivité pour maintenir les peuples sous leur contrôle et leur domination, pour continuer à piller leurs richesses naturelles, pour surexploiter leurs travailleurs, pour briser les tentatives d’édification de système sociaux sur d’autres bases.


L’impérialisme américain tente de maintenir son hégémonie et de résoudre les problèmes créés par la crise économique aux dépens de ses rivaux. Avec Obama il pratique une tactique de duperie basée sur des promesses mensongères et le double langage. Les peuples trompés par l’appareil de propagande de la grande bourgeoisie perdent vite leurs illusions. En Amérique latine il poursuite la même politique que ses prédecesseurs, comme la montré le coup d’Etat du Honduras, les pressions continuent sur Cuba, le Venezuela, le Nicaragua, la Bolivie, le Costa Rica et tous les pays qui secouent la tutelle américaine. Au Moyen Orient il soutient de façon inconditionnelle Israël et sa politique d’occupation. Les réprimandes purement verbales qu’il adresse à cet Etat ne font qu’encourager la poursuite de l’occupation des territoires palestiniens. En Afrique les USA et l’UE ne renoncent pas à quadriller militairement le continent sous prétexte de lutter contre le terrorisme et sous couvert de “devoir d’ingérence humanitaire”.


Les USA et l’Union européenne marchent la main dans la main pour imposer leur domination conjointe au Moyen Orient et en Asie et assurer la préservation de leurs intérêts dans la région. Il n’y a pas de contradiction fondamentale entre eux comme le montre le retour de la France dans les structures de commandement de l’OTAN. Des divergences secondaires peuvent apparaître entre ces deux blocs impérialistes dans la course pour le partage des fruits du pillage des richesses des régions convoitées. Ils agissent de façon concertée pour étouffer les mouvements et les résistances populaires dans la région. Ils suscitent des actions préjudiciables aux peuples comme les actions suicidaires en Irak qui leur fournissent des alibis pour poursuivre leur politique d’occupation et d’ingérence dans toute la région.


La crise rend encore plus dangereuses les manoeuvres des ces deux blocs qui multiplient les intrigues aux frontières de la Russie, dont la bourgeoisie oligarchique tente de prendre sa part dans le partage des zones d’influence internationale et en Chine qu’ils tentent de faire éclater en utilisant les problèmes du Tibet et du Xinjiang.


Les menaces contre la Corée populaire planent toujours et se multiplient.


Face à cette crise, partout dans le monde les travailleurs résistent. Ils manifestent leur refus de payer les conséquences de la crise, expérimentent des formes d’action collective. Malgré l’absence dans de nombreux cas de riposte unitaire massive et généralisée à cause de la trahison des dirigeants syndicaux pratiquant la collaboration de classe, les luttes des travailleurs touchés par les suppressions d’emplois, les fermetures d’usines - délocalisées- ne faiblissent pas. L’idéologie de la collaboration de classe a subi des revers importants. La propagande sur la supériorité du capitalisme a perdu de sa crédibilité. La crédulité des catégories de travailleurs inexpérimentés recule face à la dure réalité de l’exploitation capitaliste, à son incapacité de satisfaire les besoins sociaux, à mettre en valeur de façon rationnelle et harmonieuse le formidable potentiel des forces productives existantes. Les syndicats réformistes et les organisations politiques dites de “gauche” cultivent le défaitisme. Ils propagent l’idée que la crise en tant que crise cyclique finira par être surmontée comme les précédentes à condition que les travailleurs soient patients et qu’ils se contentent d’exiger des patrons le versement d’indemnités de licenciement. Ils cherchent à détourner les travailleurs de la voie révolutionnaire et à leur faire peur en leur affirmant que le socialisme “serait pire”. Ils font croire qu’il est possible de sortir rapidement de la crise si les crédits bancaires sont orientés vers la production et non vers la finance. Ils tentent de masquer le fait que la cause fondamentale de la crise n’est pas dans la financiarisation, laquelle n’est en réalité que l’expression de la phase parasitaire du capitalisme à son étape impérialiste, mais dans le coeur de la nature des rapports de production capitalistes. De nombreux idéologues de la sociale-démocratie et de renégats qui avaient jadis appartenu aux partis communistes font semblant de revenir à Marx mais pour le déformer et éloigner les jeunes des conclusions révolutionnaires qui découlent de sa pensée, notamment la question du renversement de l’ordre capitaliste et l’instauration de l’Etat prolétarien en tant qu’instrument de refonte de la société sur des bases socialistes.


La bourgeoisie et la sociale-démocratie orchestrent une grande campagne de criminalisation du communisme pour cacher le bilan tragique de la restauration du capitalisme dans les anciens pays socialistes, étouffer les prises de conscience au sein de la classe ouvrière et éloigner celle-ci de la lutte pour la révolution socialiste. Avec l’aiguisement de la crise du capitalisme cette campagne s’intensifie. Mais la réalité de l’exploitation capitaliste créé les conditons pour la mettre en échec.


Une lutte idéologique sans merci doit être menée contre les faussaires qui poussent à la collaboration de classe et à la recherche de compromis qui ne s’attaquent pas à la propriété des grands moyens de production. Les courants trotskystes sont particulièrement choyés par la bourgeoisie parce qu’ils trompent les travailleurs en cantonnant la lutte des travailleurs aux revendications purement économiques. Ils ne lancent aucun mot d’ordre pour accuser le capitalisme et revendiquer le socialisme et la confiscation des grands moyens de production et d’échange.


En Algérie, les enseignants, les médecins, infirmiers et employés de la santé mènent des actions de protestation contre les tentatives de miner les protections statutaires et pour de meilleurs salaires. Ils sont en train de réussir à créer des cadres de concertation et de coordination échappant totalement à l’emprise du pouvoir. Leurs interventions et leurs luttes représentent un pas très positif dans l’apprentissage de la lutte collective et de l’organisation après des décennies de parti unique anti-ouvrier, même si ces interventions demeurent limitées aux revendications économiques et évitent de poser les problèmes de politique économique globale, même si elles subissent l’influence directe ou indirecte de courants sociaux-démocrates internationaux ou sont la cible de tentatives de récupération par des officines très actives liées à l’impérialisme comme la Fondation Ebert ou le MEPI (USA).


Les ouvriers des secteurs productifs que les ajustements structurels des années 1990 et le terrorisme islamiste dirigé contre les communistes et les progressistes avaient placés sur la défensive renouent progressivement avec les luttes revendicatives. Des grèves éclatent pour la première fois dans des usines du secteur privé et des unités privatisées ainsi que dans de nombreux chantiers de travaux publics dirigés par des entreprises étrangères. Des syndicats se constituent pour la première fois dans ces secteurs et affrontent la répression patronale. Les jeunes travailleurs employés sous contrat à durée déterminée réclament leur permanisation et les mêmes salaires que ceux des permanents. Le mouvement ouvrier commence à faire ses premiers pas dans la lutte de classe dans le secteur privé de création récente.


Les communistes sont placés devant de grandes responsabilités pour contribuer à orienter la combativité de la classe ouvrière et des larges masses dans la lutte contre l’impérialisme et l’exploitation capitaliste. Ou ils réussissent à influer sur le mouvement ouvrier et à créer les conditions politiques et idéologiques pour l’entraîner dans la lutte pour une sortie de la crise économique par l’abolition du capitalisme. Ou bien le réformisme continue à entretenir l’esprit de résignation et dans ce cas la ploutocratie va imposer ses “solutions” qui causeront plus de souffrances aux travailleurs, aux couches laborieuses, à la paysannerie, aux couches intermédiaires et multiplieront les facteurs de guerre et de conflits locaux ou généralisés



La reconstruction de partis communistes enracinés au sein de la classe ouvrière et des masses laborieurses, de partis décidés à abattre le capitalisme est une tâche décisive. Elle passe par une lutte idéologique intense pour démasquer et isoler les réformistes, les partisans de la collaboration de classe sous toutes ses formes et reduire leur influence sur la classe ouvrière. Cette lutte ne peut avancer que si elle est menée en liaison étroite avec les luttes quotidiennes des travailleurs contre l’exploitation, le démantèlement des conquêtes sociales.

Site du PADS: http://pads.ifrance.com/

 

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Algérie
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