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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 00:11
L’actualité de Kateb Yacine, partisan de la Paix.



Hommage rendu par Alger Républicain à Kateb Yacine, pour les 20 ans de sa disparition.



« On voit très clairement sur quoi va se construire la politique étrangère de Kateb : la guerre anti-impérialiste, la défense du bloc communiste, la lutte pour la paix et la guerre anticoloniale soudent les articles. »





Aujourd’hui le camp de la paix peine à se faire entendre, malgré de fortes démonstrations. Nous livrons la richesse exceptionnelle des articles de politique internationale de Kateb Yacine, facette méconnue de son œuvre où le lecteur découvrira comment il mène sa Guerre Froide.



L’année 1950 est une année particulière, un tournant dans le journalisme de Kateb Yacine ; il livre ses grands papiers de politique internationale. Alger Républicain mieux installé matériellement, plus structuré est en pleine mutation, et confie à Kateb Yacine la fonction de chef de rubrique de politique étrangère qu’il occupe avec une incroyable maturité du haut de ses 20 ans.



Il se montre fin commentateur de politique extérieure faisant sentir aux lecteurs tous les soubresauts de l’histoire de cette période qui ne sont pas sans rapport avec les secousses de l’histoire contemporaine que nous traversons. Il écrit une série d’articles - qui tissent un écho d’une brûlante actualité - par lesquels on apprend ce qu’a été la Guerre Froide pour le Maghreb et l’Afrique. Non seulement il est toujours en posture de réaction, surveillant de très près toutes les négociations internationales, sentinelle vigilante pour son pays, son continent et la terre arabe, mais il est essentiellement en état d’alerte faisant sa propre Guerre Froide, s’impliquant dans le moindre détail - c’est elle qui est la toile de fond de tous ses articles.



Son premier papier qui dénonce le chantage à la bombe H entre dans le vif du sujet, recentrant, resituant les campagnes américaines en matière d’armement atomique qui sont en fait dit-il une réponse au "renforcement de l’action pour la paix dans tous les pays d’où nécessité pour le Département d’Etat de rassurer les forces de réaction qui le soutiennent par des rodomontades de moins en moins efficaces".



Tous les articles du jeune Kateb interviennent dans une conjoncture internationale de tension extrême où la peur d’un embrasement mondial augmente. Il prend position face à la décision de Truman d’autoriser la fabrication de la bombe H. Pour Kateb Yacine c’est une "politique de désespoir". Fondamentalement ce sont les bonnes relations entre les Etats qui sont le centre de ses préoccupations mais il s’offusque aussi moralement au nom de " l’intérêt de l’humanité " et brandit à son tour le spectre d’une troisième guerre mondiale. Il intervient dans ce jeu, dans cette guerre politique pour offrir à ses lecteurs une connaissance plus globale de la situation internationale ; il révèle que c’est l’occasion pour les USA "d’une manœuvre de grand style : proposer un nouveau débat sur l’énergie atomique aux Nations Unies sous la menace de la bombe H". On le voit aux manœuvres d’hier répondent les grandes manœuvres d’aujourd’hui - le chantage aux armes chimiques. Le jeune Kateb, quant à lui, a choisi son camp, celui des partisans de la paix, il appelle au renforcement de son action et apporte son soutien actif au Comité Permanent Algérien, le journal se faisant l’écho de ses appels et il semble bien que l’ensemble de ses articles s’organisent aussi dans ce sens - fondamentalement anti-guerre.



On le voit bien à travers un billet à l’humour féroce ; on sait que les USA, plongés dans le maccarthysme entretiennent savamment à l’intérieur une psychose de la conspiration étrangère (comme aujourd’hui d’ailleurs !) que Kateb évoque par la plaisanterie rendant toute son insignifiance à la théorie du complot, à la menace étrangère. C’est à travers une veine satiro-politique mêlant drôlerie et gravité qu’il évoque à notre grand amusement l’histoire suicidaire d’un dirigeant de la politique extérieure des États Unis " qui grelotait en pyjama dans les rues de New York, en hurlant : "voilà les cosaques !" ", cédant à la panique orchestrée. Ce qui prime en fait chez Kateb, ce n’est pas l’information brute, bien au contraire, qu’il dépasse et c’est cette capacité qui lui permet de saisir des enjeux mondiaux derrière de simples faits dont il tire toujours la leçon pour les peuples opprimés. Il en profitera pour attaquer le camp des bellicistes "qui n’ont pu venir à bout de l’opinion… Et depuis par centaines de millions, les simples gens s’obstinent à exiger la paix ". Hier comme aujourd’hui.



On voit très clairement sur quoi va se construire la politique étrangère de Kateb : la guerre anti-impérialiste, la défense du bloc communiste, la lutte pour la paix et la guerre anticoloniale soudent les articles.



Kateb va étendre lui aussi sa Guerre Froide en Asie éventant toutes les supercheries. Quand la Chambre des Représentants Américains vote une aide financière aux " pays arriérés d’Asie ", il dévoilera que ce n’est au fond que " la continuation de la politique Américaine d’aide " à Tchang Kai Chek et que tous ces subsides des US vont juste permettre d’armer la créature du Gouvernement Français, Bao Dai contre le peuple du Viet Nam et renforcer " le bloc agressif du Pacifique ". Menant sa guerre d’information, faisant comprendre à ses lecteurs que la victoire des communistes en Chine pousse les Américains à transporter la Guerre Froide en Asie, il démontre bien que la Guerre d’Indochine, guerre coloniale qui oppose depuis 1946 la France et le Vietminh, est aussi selon ses propres mots "une guerre dans la Guerre Froide". Il fait de Bao Dai une marionnette entre les mains des Américains et Kateb, en tant que pacificateur, alerte l’opinion sur les dangers et les conséquences d’une telle politique, la guerre étant l’ultime recours pour continuer à dominer !



Il a compris que l’objectif est de "faire dégénérer la guerre coloniale d’Indochine en conflit mondial" ; il tire déjà la sonnette d’alarme et ne cessera de saisir toute occasion pour parler de la guerre du Vietnam, lui apportant son soutien (appel à une campagne de signatures), relevant toutes les contradictions du plan Truman. Il montre que les arcanes de la politique française et anglo-américaine n’ont pas de secret pour lui et propose à ses lecteurs " le dessous des cartes " entrecroisant constamment les évènements internationaux d’où il tire un fil d’Ariane et le lecteur d’aujourd’hui peut sentir, je pense, à quel point son journalisme politique est visionnaire.



Particulièrement, il maintient dans sa ligne de mire les négociations internationales déjouant les manœuvres de diversion. Dans la rivalité en Europe entre les deux blocs, Kateb s’introduit, met en exergue le ré-armement de l’Allemagne occidentale qu’il dénonce pointant déjà la remonté du nazisme, ils ont " repris de service " nous dit-il, retour toléré par les grandes puissances indexant ainsi une réelle collusion. On sent l’indignation, l’émotion, la perplexité et l’inquiétude du jeune Kateb qui craint pour la paix " non seulement en Europe mais en Afrique".



En pleine Guerre Froide, il veille sur son continent, guette, cherche à assurer la sécurité du Maghreb, de l’Afrique refusant que ses terres servent de base arrière aux manœuvres militaires du Pacte Atlantique qui débarque des avions en Tunisie. On décèle son sens profond de la fraternité ; se mettent en place dans un journalisme solidaire ses luttes fraternelles aux cotés des peuples de Tunisie, du Maroc et d’Afrique.



Un ensemble d’articles se dégage où il révèle ce que cache le plan Truman pour l’Afrique, sa terre natale, série remarquable où se construit une cohérence autour de son pacifisme, de son anticolonialisme. Il alarme ses lecteurs sur deux points précis - sur la mise en place d’un plan Marshall pour l’Afrique et sur la constitution " d’armées gendarmes " chargées de réprimer le mouvement pour la liberté et la paix. Il déjoue en stratège tous les complots, en particulier les propositions du ministre français Robert Schuman (appartenant à la démocratie - chrétienne et porteur de l’idée européenne) de mettre en commun l’arsenal franco-allemand et d’opérer "une mise en valeur commune de l’Afrique". Le plan Schuman, alliance des visées colonialistes et du Pacte Atlantique est senti par notre jeune journaliste comme une étape décisive extrêmement dangereuse pour "les territoires contrôlés par les colonialistes français". Il affirme que le projet contre lequel il s’insurge a vu le jour déjà sur " la table de l’état major hitlérien ", que la France n’a guère l’initiative du projet, que ce n’est qu’un vulgaire héritage hitlérien de 1939 !



Pour montrer cette continuité historique, Kateb exhibe cet héritage infamant en pages intérieures sous le vocable "Eurafrik, nouveau concept géo-politique, mettant en place une stratégie de la tension, interpellant ses lecteurs : "Ce n’est pas aux Algériens que pourra échapper le sens de tels "accords". C’est, en effet, une méthode éprouvée des impérialistes de se "partager" les colonies africaines à chaque fois que la crise sonne le glas de leur domination"



Il attaque la presse "occidentale", qu’il épluche, la démasque, montre son rôle actif. Il étaye toutes ses révélations et c’est ainsi que le lecteur peut voir comment COMBAT, le journal de la Résistance découvre le continent africain et s’extasie devant " les richesses fabuleuses qu’il recèle ". Irrévérencieux, Kateb est en train d’écrire l’Histoire souterraine, Histoire originale, page blanche de l’Histoire des historiens, celle de la Guerre Froide qui s’étend à l’Afrique avec un plan Monnet (économiste français) pour les Territoires d’Outre Mer en fonctionnement déjà depuis 1947 : investissements américains déversés sur l’Afrique du Nord, ressources stratégiques utilisées dans la machine de guerre atlantique, complot contre l’Afrique, collusion avec une "Eurafrik américaine" où, nous dit-il "les colonialistes français peuvent trouver leur compte, sinon leurs parts de bénéfices ".



En fait, Kateb nous offre les pages les plus obscures, les plus ignorées de la Guerre Froide, montrant ses effets pervers sur son continent comme, par exemple, les propositions de transfert de populations européennes "sur notre sol" dont il envisage déjà tous les risques surtout l’installation de millions de chômeurs exploitant et faisant trimer les salariés africains. Toujours à l’affût, déjouant les stratégies, il opère des rapprochements fulgurants par exemple entre le déplacement de cette "armée de chômeurs" avec l’opération militaire qui consiste à créer des "armées gendarmes" spécialement affectées à la répression des mouvements populaires de libération nationale. Bien sûr il apostrophe la presse de M. Naegelen, Gouverneur de l’Algérie, qui passe sous silence ces informations et il élabore une contre actualité en lieu et place. Il signale ainsi le démantèlement et la suppression du Centre d’Alger - Maison Blanche, "la presse du silence" se gardant de dire que c’est le matériel du plan Marshall, y compris l’acier allemand qui remplacera l’outillage ainsi liquidé. Soulignant le refus de M. Schuman d’ouvrir un débat public sur le projet d’union franco-allemande, Adenauer étant devenu le "compère" de Schuman qui déclare à ce dernier apporter" en dot son outillage et les marchés africains", Kateb se révolte contre cette farce tragique pour les peuples d’Afrique. Il met en garde les peuples qui se laissent prendre aux "illusions eurafricaines", illustre à partir de l’exemple du Moyen Orient où un million de réfugiés arabes de la guerre de Palestine triment sous un véritable régime concentrationnaire : 1500 calories / jour, pas d’hôpital, d’écoles, surveillances, persécutions. Voilà ce qui attend les salariés d’Afrique du Nord : le plan Schuman – Truman est dénoncé comme un véritable complot, "un plan d’agression" avec consécutivement un chômage plus accru en Afrique du Nord. "L’Algérie en danger" forme un très beau sous titre et le jeune Kateb invite les peuples à serrer les rangs pour :



" barrer la route à cette entreprise d’esclavage, de répression et de guerre ! "



Ouahiba Hamouda



Site d'Alger Républicain: http://www.alger-republicain.com/

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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 18:18

Un article dans le quotidien El Watan en hommage à Pierre Ghenassia, jeune martyr du maquis communiste algérien de Ténès

Mort au champ d’honneur le 22 février 1957

Hommage à Pierre Ghenassia

Ancien élève du lycée Bugeaud (aujourd’hui lycée Emir Abdelkader), Pierre Ghenassia n’a pas encore 17 ans quand il rejoint, en mai 1956, l’Armée de libération nationale (ALN) dans la région de Ténès, sa ville natale.

 

Il tombera au champ d’honneur le 22 février 1957, dans le djebel Béni Salah, au sud-ouest de Chréa, dans l’Atlas blidéen, au cours du bombardement par l’armée française d’une infirmerie de l’ALN au douar Béni Annès, sur la rive droite de oued Merdja. Avant de monter au maquis, il a fait d’abord partie du réseau « La Voix du soldat » dirigé par Lucien Hanoun, professeur de lettres, membre du Parti communiste algérien (PCA). Pierre Ghenassia était en contact aussi avec Raymond Hannon qu’il a connu au sein de l’Union de la jeunesse démocratique algérienne (UJDA). Raymond Hannon, qui connaît le chef du maquis de Miliana, devait être transféré vers ce maquis pour être secrétaire administratif du chef régional, mais il est arrêté par la police. A la suite de cette arrestation, Pierre Ghenassia entre en clandestinité, puis rejoint le maquis de Ténès, organisé par Rabah Benhamou, membre du PCA. Pierre Ghenassia, descendant d’une famille juive de Tétouan (son arrière-grand-père était rabbin) est né le 24 juillet à Ténès. Son père, Roger Ghenassia, était fonctionnaire de l’administration des impôts et sa mère, Nedjma Bensaïd, propriétaire d’une bijouterie à Ténès. Ils avaient pour voisin, le Dr Jean Massebœuf qui a été pour beaucoup dans la constitution du maquis de Ténès. Arrêté pour ses activités, le Dr Massebœuf avait été condamné aux travaux forcés par le tribunal militaire français. Dans son livre-témoignage On nous appelait fellaghas, le commandant Azzedine parle en termes émouvants de Pierre Ghenassia. « Parmi eux (les hommes en blanc), l’une des figures les plus attachantes était celle de notre infirmier zonal, Hadj. Nous l’appelions ainsi, mais son vrai nom était Ghenassia. Il était israélite et parlait très bien l’arabe. Pour tous ceux qui tiennent comme un fait établi le prétendu antagonisme de nos origines religieuses, je voudrais qu’on le sache : Hadj est mort, refusant d’abandonner ses blessés. » Pierre Ghenassia est mort pour l’indépendance de l’Algérie, mêlant son sang à celui d’autres jeunes lycéens de son âge, tombés eux aussi au champ d’honneur, comme Nour Eddine Bencherchali de Blida. Une rue de Ténès, sa ville natale, a porté le nom de Pierre Ghenassia, au lendemain de l’indépendance, mais des esprits malintentionnés, installés en 1990 à l’APC de Ténès, effacèrent son nom de la plaque et le remplacèrent – cyniquement – par El Qods. Des anciens de l’ALN en furent offusqués.

Mohamed Rebah , El Watan, 24 février 2008

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19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 20:51
Communiqué du Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme - Section Immigration


Paris, le 13 décembre 2007

Le jour même de la commémoration des glorieuses manifestations du 11 décembre 1961 qui avaient enlevé leurs dernières illusions aux colonialistes et à la veille des fêtes de l’aïd  Eldha les terroristes islamistes ont endeuillé des dizaines de familles algériennes et étrangères, suite aux derniers attentats d’Alger.
 
 
Face à ces crimes barbares les travailleurs algériens immigrés, les exilés progressistes et toute la communauté immigrée dénoncent les assassins et expriment leur solidarité agissante avec notre peuple.  Ces terroristes ne reculent devant rien. Ils continuent de tuer tous les jours de modestes citoyens et n’hésitent plus, avec leurs attentats Kamikazes, à s’attaquer  aux symboles de l’Etat algérien ou aux institutions de l’ONU avec pour objectif de créer le chaos dans la capitale algérienne. Face à ces crimes ignobles nos responsables répètent tous les jours que la politique dite de « réconciliation nationale » ne sera pas remise en cause  c'est-à-dire que notre gouvernement continuera à ouvrir les bras aux tueurs quelques que soient leurs crimes. Alors que tous les Algériens constatent avec colère et amertume que cette politique ne fait qu’encourager les terroristes à redoubler de barbarie et que les autorités elles mêmes révèlent que c’est des prétendus « repentis » qui sont derrière les derniers attentats, le pouvoir de la bourgeoisie compradore maintient des orientations dont l’objectif fondamental est de renforcer le caractère antinational et antipopulaire du pouvoir.

Suite...

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