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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 07:05

Albert Camus n’a jamais été un homme de paix, bien au contraire !


Publié sur le site d'Alger Républicain le 29 novembre 2009

Les autorités françaises font tout leur possible pour transférer la dépouille mortelle d’Albert Camus au Panthéon. Cette affaire a défrayé la presse française ces dernières semaines. Le prétexte ? Camus était un "révolté", un "homme de liberté" qui aurait combattu pour l’Algérie. Ce qui semble échapper à certains intellectuels français et autres, c’est qu’il a combattu pour l’Algérie, certes, mais française !


Que ce transfert au Panthéon se fasse ou pas, cela ne nous concerne pas pourront penser certains. C’est vrai. Mais ce qui nous concerne en l’occurrence ce sont ses prises de positions pro-colonialistes. Et nous n’allons pas nous attendrir et lui vouer un immense respect parce q’il a obtenu le prix Nobel. Kissinger a lui aussi eu ce prix alors qu’il était, pour le moins, un chaud partisan de la terrible guerre meurtrière faite au peuple vietnamien.


S’il est vrai que Camus s’est apitoyé sur le sort réservé aux Algériens qui survivaient dans la plus grande des misères, il leur a toujours dénié le droit à l’indépendance. Il n’a jamais condamné le colonialisme en tant que système et n’a jamais dénoncé les tortures et autres sévices et la guerre criminelle entreprise contre le peuple algérien. Il a même affirmé aux plus fort de la répression qu’il préférait sa mère à la justice.


Qui était sa mère ? La France colonialiste qu’il considérait comme sa mère patrie. Car il n’a jamais envisagé l’avenir de notre pays autrement que sous la domination de la France impérialiste.


Cet « homme de gauche » fut en réalité un fervent partisan de l’Alliance atlantique, un fervent anticommuniste opposé aux droits de notre peuple. Pour préciser encore un peu les choses rappelons simplement l’une de ses dernières déclarations : l’indépendance de l’Algérie serait « pour la nation française le prélude d’une sorte de mort historique et, pour l’Occident, le risque d’un encerclement qui aboutirait à la kadarisation de l’Europe et à l’isolement de l’Amérique ».


Certains intellectuels, y compris de chez nous, pensent qu’il appartient à notre littérature d’expression francophone et le placent au même rang, par exemple qu’un Mohamed Dib. Il serait ridicule de nier son talent. Il en avait à revendre, mais de là à affirmer qu’il appartenait à la famille des écrivains de la trempe d’un Kateb Yacine il y a un pas que nous ne ferons pas.


Malik Antar



Site d'Alger Républicain: http://www.alger-republicain.com/
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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 13:37








Dans un contexte de crise du capitalisme et d'aiguisement des luttes de classe, "la reconstitution des Partis communistes est une tâche décisive"



Intervention du PARTI ALGERIEN POUR LA DEMOCRATIE ET LE SOCIALISME (PADS)


 

11ème rencontre des Partis communistes et ouvriers à New Delhi du 20 au 22 novembre 2009






Thème de la rencontre: La crise capitaliste internationale, la lutte des travailleurs et des peuples, les alternatives et le rôle des communistes et du mouvement ouvrier 




Le monde est confronté à une aggravation de la crise du système capitaliste, accompagnée d'une agressivité redoublée de l'impérialisme pour imposer ses solutions aux peuples et à la montée, partout, du mécontentement, des luttes et des résistances des travailleurs et des peuples.


La crise financière qui a éclaté l'an dernier avec la faillite de grands groupes bancaires et financiers américains s'est propagée à l'ensemble des pays intégrés au système capitalistes. Les Etats capitalistes ont dévoilé ouvertement leur nature de machines d'exploitation et de domination au service des grands monopoles militaro-industriels et financiers. Ils ont mobilisé tous leurs moyens en se portant au secours des grandes banques pour sauver les intérêts de l'oligarchie financière. Jamais dans l'histoire du capitalisme le cynisme de la ploutocratie ne s'était étalé de façon aussi déclarée.


Les centres impérialistes -USA, UE, Japon- se sont tous unis dans la mise en oeuvre de façon coordonnée des moyens de leurs Etats respectifs pour tenter d’enrayer la débâcle des plus grands groupes financiers. Ils se sont unis pour faire supporter les conséquences de la crise par les travailleurs et les couches non-monopolistes. Ils ont réussi à atténuer momentanément le souffle puissant de la tempête que les contradictions inhérentes au capitalisme ont provoquée et obtenir un répit passager dans le développement de la crise. Mais les solutions adoptées sont de nature à relancer inévitablement l’aggravation de l’ensemble des contradictions, à exacerber les conflits de classe. Elles créent de sérieuses tensions dans les alliances de classe tissées de longue date par la grande bourgeoisie pour neutraliser les luttes prolétariennes. Le flot d’argent mis à la disposition des grandes banques et groupes financiers aggrave le déficit des budgets étatiques, gonfle la dette publique, pousse à la hausse des impôts qui frappent de plein fouet les travailleurs pendant que des cadeaux fiscaux de toutes sortes sont accordés aux capitalistes sous prétexte d’encourager l’emploi. La hausse des impôts réduit le pouvoir d’achat des travailleurs et des retraités. Elle accumule les ferments d’accentuation inévitable de la crise de surproduction. Le chômage s’étend, la misère touche des catégories de plus en plus nombreuses. Les tentatives de réduire les déficits budgétaires provoqués par les cadeaux fiscaux aux capitalistes se traduisent par la compression inouïe des effectifs des travailleurs sociaux et un recul de la santé. Les saisies immobilières aux USA en particulier ont jeté à la rue des millions de personnes devenues des SDF du jour au lendemain.


L’unité réalisée pour sauver les banques et tenter d’échapper au krach résultant de l’interdépendance des multinationales, ne peut empêcher le développement de facteurs de rivalités et de contradictions entre les puissances capitalistes en lutte les unes contre les autres pour que chacune puisse d’abord sauver sa peau, malgré les discours sur la nécessaire solidarité et la concertation collective face aux dangers de la crise.


L’impérialisme américain utilise et défend ses privilèges monétaires - qui ne peut se perpétuer qu’en raison de sa suprématie militaires et de l’immense accumulation d’avoirs en dollars dans d’autres pays- pour financer les déficits colossaux de sa balance commerciale et de sa balance des paiements. Il fabrique des billets pour continuer à importer gratuitement des biens qui lui permettent de hausser les taux de profit des capitalistes. Il fait supporter sa crise par les peuples du reste du monde et par les Etats qui disposent de créances énormes sur l’économie américaine et qui courent le risque de tout perdre avec la dépréciation du dollar. Le financement des importations américaines grâce à la planche à billets engendre une inflation internationale que subiront en fin de compte à travers la baisse de leur pouvoir d’achat les travailleurs, les petits paysans, les pays pauvres et non industrialisés.


Tout en maintenant ses liens avec l’impérialisme US, les grandes puissances impérialistes de l’Union européenne tentent de tirer à elles la couverture en pratiquant une politique des taux d’intérêt qui devrait aspirer les capitaux en excédent dans le monde. Il en résulte en réalité des crédits chers et une baisse des investissements productifs qui entretient et étend le chômage.


Les capitalistes cherchent tous en même temps leur planche de salut en délocalisant massivement la production industrielle vers les pays où les salaires sont trés bas. Le capital migre sans cesse et sans qu’il soit possible de maîtriser ses mouvements, plongeant les peuples dans l’incertitude et la perte brutale de leurs emplois. Les anciens pays socialistes dont l’industrie a été détruite par les pays capitalistes, qui ont attiré vers eux des usines délocalisées et se sont massivement endettés pour importer des biens ou financer le logement, subissent de plein fouet la fuite des capitaux. Ils sont à leur tour victimes des délocalisations vers d’autres pays. Leurs travailleurs connaissent une flambée de chômage sans précédent.


Les USA cherchent à sauver la suprématie du dollar en faisant pression sur la Chine pour qu’elle réévalue sa monnaie. Ils ne se contentent plus de la dévalorisation de fait du fruit du travail de la classe ouvrière en échange de créances sur les USA, de bons du Trésor de ce pays. Les USA veulent contraindre la Chine à davantage de concessions.


Les pays pétroliers dirigés par des classes féodalo-capitalistes rentières subissent des pertes importantes de revenus par suite de la réduction des quotas de production et de la baisse du prix du baril de petrole, corrélativement à la hausse démesurée de leurs dépenses parasitaires de prestige et au détournement des revenus pétroliers. Les classes possédantes tentent de se mettre à l’abri des effets de cette situation, de préserver leurs profits et leur part dans la répartition de la rente pétrolière à travers de sévères mesures d’austérité qui pénalisent les travailleurs et les catégories sociales les plus pauvres de la population. Ces mesures provoquent le mécontentement et l’opposition de larges couches sociales y compris parmi les couches moyennes qui leur servaient de relais dans la défense du système d’exploitation et de pillage.




La crise du système capitaliste provoque une profonde inquiétude au sein de la bourgeoisie et des classes possédantes. Les oligarchies militaro-industrielles et financières redoublent d’agressivité pour maintenir les peuples sous leur contrôle et leur domination, pour continuer à piller leurs richesses naturelles, pour surexploiter leurs travailleurs, pour briser les tentatives d’édification de système sociaux sur d’autres bases.


L’impérialisme américain tente de maintenir son hégémonie et de résoudre les problèmes créés par la crise économique aux dépens de ses rivaux. Avec Obama il pratique une tactique de duperie basée sur des promesses mensongères et le double langage. Les peuples trompés par l’appareil de propagande de la grande bourgeoisie perdent vite leurs illusions. En Amérique latine il poursuite la même politique que ses prédecesseurs, comme la montré le coup d’Etat du Honduras, les pressions continuent sur Cuba, le Venezuela, le Nicaragua, la Bolivie, le Costa Rica et tous les pays qui secouent la tutelle américaine. Au Moyen Orient il soutient de façon inconditionnelle Israël et sa politique d’occupation. Les réprimandes purement verbales qu’il adresse à cet Etat ne font qu’encourager la poursuite de l’occupation des territoires palestiniens. En Afrique les USA et l’UE ne renoncent pas à quadriller militairement le continent sous prétexte de lutter contre le terrorisme et sous couvert de “devoir d’ingérence humanitaire”.


Les USA et l’Union européenne marchent la main dans la main pour imposer leur domination conjointe au Moyen Orient et en Asie et assurer la préservation de leurs intérêts dans la région. Il n’y a pas de contradiction fondamentale entre eux comme le montre le retour de la France dans les structures de commandement de l’OTAN. Des divergences secondaires peuvent apparaître entre ces deux blocs impérialistes dans la course pour le partage des fruits du pillage des richesses des régions convoitées. Ils agissent de façon concertée pour étouffer les mouvements et les résistances populaires dans la région. Ils suscitent des actions préjudiciables aux peuples comme les actions suicidaires en Irak qui leur fournissent des alibis pour poursuivre leur politique d’occupation et d’ingérence dans toute la région.


La crise rend encore plus dangereuses les manoeuvres des ces deux blocs qui multiplient les intrigues aux frontières de la Russie, dont la bourgeoisie oligarchique tente de prendre sa part dans le partage des zones d’influence internationale et en Chine qu’ils tentent de faire éclater en utilisant les problèmes du Tibet et du Xinjiang.


Les menaces contre la Corée populaire planent toujours et se multiplient.


Face à cette crise, partout dans le monde les travailleurs résistent. Ils manifestent leur refus de payer les conséquences de la crise, expérimentent des formes d’action collective. Malgré l’absence dans de nombreux cas de riposte unitaire massive et généralisée à cause de la trahison des dirigeants syndicaux pratiquant la collaboration de classe, les luttes des travailleurs touchés par les suppressions d’emplois, les fermetures d’usines - délocalisées- ne faiblissent pas. L’idéologie de la collaboration de classe a subi des revers importants. La propagande sur la supériorité du capitalisme a perdu de sa crédibilité. La crédulité des catégories de travailleurs inexpérimentés recule face à la dure réalité de l’exploitation capitaliste, à son incapacité de satisfaire les besoins sociaux, à mettre en valeur de façon rationnelle et harmonieuse le formidable potentiel des forces productives existantes. Les syndicats réformistes et les organisations politiques dites de “gauche” cultivent le défaitisme. Ils propagent l’idée que la crise en tant que crise cyclique finira par être surmontée comme les précédentes à condition que les travailleurs soient patients et qu’ils se contentent d’exiger des patrons le versement d’indemnités de licenciement. Ils cherchent à détourner les travailleurs de la voie révolutionnaire et à leur faire peur en leur affirmant que le socialisme “serait pire”. Ils font croire qu’il est possible de sortir rapidement de la crise si les crédits bancaires sont orientés vers la production et non vers la finance. Ils tentent de masquer le fait que la cause fondamentale de la crise n’est pas dans la financiarisation, laquelle n’est en réalité que l’expression de la phase parasitaire du capitalisme à son étape impérialiste, mais dans le coeur de la nature des rapports de production capitalistes. De nombreux idéologues de la sociale-démocratie et de renégats qui avaient jadis appartenu aux partis communistes font semblant de revenir à Marx mais pour le déformer et éloigner les jeunes des conclusions révolutionnaires qui découlent de sa pensée, notamment la question du renversement de l’ordre capitaliste et l’instauration de l’Etat prolétarien en tant qu’instrument de refonte de la société sur des bases socialistes.


La bourgeoisie et la sociale-démocratie orchestrent une grande campagne de criminalisation du communisme pour cacher le bilan tragique de la restauration du capitalisme dans les anciens pays socialistes, étouffer les prises de conscience au sein de la classe ouvrière et éloigner celle-ci de la lutte pour la révolution socialiste. Avec l’aiguisement de la crise du capitalisme cette campagne s’intensifie. Mais la réalité de l’exploitation capitaliste créé les conditons pour la mettre en échec.


Une lutte idéologique sans merci doit être menée contre les faussaires qui poussent à la collaboration de classe et à la recherche de compromis qui ne s’attaquent pas à la propriété des grands moyens de production. Les courants trotskystes sont particulièrement choyés par la bourgeoisie parce qu’ils trompent les travailleurs en cantonnant la lutte des travailleurs aux revendications purement économiques. Ils ne lancent aucun mot d’ordre pour accuser le capitalisme et revendiquer le socialisme et la confiscation des grands moyens de production et d’échange.


En Algérie, les enseignants, les médecins, infirmiers et employés de la santé mènent des actions de protestation contre les tentatives de miner les protections statutaires et pour de meilleurs salaires. Ils sont en train de réussir à créer des cadres de concertation et de coordination échappant totalement à l’emprise du pouvoir. Leurs interventions et leurs luttes représentent un pas très positif dans l’apprentissage de la lutte collective et de l’organisation après des décennies de parti unique anti-ouvrier, même si ces interventions demeurent limitées aux revendications économiques et évitent de poser les problèmes de politique économique globale, même si elles subissent l’influence directe ou indirecte de courants sociaux-démocrates internationaux ou sont la cible de tentatives de récupération par des officines très actives liées à l’impérialisme comme la Fondation Ebert ou le MEPI (USA).


Les ouvriers des secteurs productifs que les ajustements structurels des années 1990 et le terrorisme islamiste dirigé contre les communistes et les progressistes avaient placés sur la défensive renouent progressivement avec les luttes revendicatives. Des grèves éclatent pour la première fois dans des usines du secteur privé et des unités privatisées ainsi que dans de nombreux chantiers de travaux publics dirigés par des entreprises étrangères. Des syndicats se constituent pour la première fois dans ces secteurs et affrontent la répression patronale. Les jeunes travailleurs employés sous contrat à durée déterminée réclament leur permanisation et les mêmes salaires que ceux des permanents. Le mouvement ouvrier commence à faire ses premiers pas dans la lutte de classe dans le secteur privé de création récente.


Les communistes sont placés devant de grandes responsabilités pour contribuer à orienter la combativité de la classe ouvrière et des larges masses dans la lutte contre l’impérialisme et l’exploitation capitaliste. Ou ils réussissent à influer sur le mouvement ouvrier et à créer les conditions politiques et idéologiques pour l’entraîner dans la lutte pour une sortie de la crise économique par l’abolition du capitalisme. Ou bien le réformisme continue à entretenir l’esprit de résignation et dans ce cas la ploutocratie va imposer ses “solutions” qui causeront plus de souffrances aux travailleurs, aux couches laborieuses, à la paysannerie, aux couches intermédiaires et multiplieront les facteurs de guerre et de conflits locaux ou généralisés



La reconstruction de partis communistes enracinés au sein de la classe ouvrière et des masses laborieurses, de partis décidés à abattre le capitalisme est une tâche décisive. Elle passe par une lutte idéologique intense pour démasquer et isoler les réformistes, les partisans de la collaboration de classe sous toutes ses formes et reduire leur influence sur la classe ouvrière. Cette lutte ne peut avancer que si elle est menée en liaison étroite avec les luttes quotidiennes des travailleurs contre l’exploitation, le démantèlement des conquêtes sociales.

Site du PADS: http://pads.ifrance.com/

 

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15 novembre 2009 7 15 /11 /novembre /2009 00:11
L’actualité de Kateb Yacine, partisan de la Paix.



Hommage rendu par Alger Républicain à Kateb Yacine, pour les 20 ans de sa disparition.



« On voit très clairement sur quoi va se construire la politique étrangère de Kateb : la guerre anti-impérialiste, la défense du bloc communiste, la lutte pour la paix et la guerre anticoloniale soudent les articles. »





Aujourd’hui le camp de la paix peine à se faire entendre, malgré de fortes démonstrations. Nous livrons la richesse exceptionnelle des articles de politique internationale de Kateb Yacine, facette méconnue de son œuvre où le lecteur découvrira comment il mène sa Guerre Froide.



L’année 1950 est une année particulière, un tournant dans le journalisme de Kateb Yacine ; il livre ses grands papiers de politique internationale. Alger Républicain mieux installé matériellement, plus structuré est en pleine mutation, et confie à Kateb Yacine la fonction de chef de rubrique de politique étrangère qu’il occupe avec une incroyable maturité du haut de ses 20 ans.



Il se montre fin commentateur de politique extérieure faisant sentir aux lecteurs tous les soubresauts de l’histoire de cette période qui ne sont pas sans rapport avec les secousses de l’histoire contemporaine que nous traversons. Il écrit une série d’articles - qui tissent un écho d’une brûlante actualité - par lesquels on apprend ce qu’a été la Guerre Froide pour le Maghreb et l’Afrique. Non seulement il est toujours en posture de réaction, surveillant de très près toutes les négociations internationales, sentinelle vigilante pour son pays, son continent et la terre arabe, mais il est essentiellement en état d’alerte faisant sa propre Guerre Froide, s’impliquant dans le moindre détail - c’est elle qui est la toile de fond de tous ses articles.



Son premier papier qui dénonce le chantage à la bombe H entre dans le vif du sujet, recentrant, resituant les campagnes américaines en matière d’armement atomique qui sont en fait dit-il une réponse au "renforcement de l’action pour la paix dans tous les pays d’où nécessité pour le Département d’Etat de rassurer les forces de réaction qui le soutiennent par des rodomontades de moins en moins efficaces".



Tous les articles du jeune Kateb interviennent dans une conjoncture internationale de tension extrême où la peur d’un embrasement mondial augmente. Il prend position face à la décision de Truman d’autoriser la fabrication de la bombe H. Pour Kateb Yacine c’est une "politique de désespoir". Fondamentalement ce sont les bonnes relations entre les Etats qui sont le centre de ses préoccupations mais il s’offusque aussi moralement au nom de " l’intérêt de l’humanité " et brandit à son tour le spectre d’une troisième guerre mondiale. Il intervient dans ce jeu, dans cette guerre politique pour offrir à ses lecteurs une connaissance plus globale de la situation internationale ; il révèle que c’est l’occasion pour les USA "d’une manœuvre de grand style : proposer un nouveau débat sur l’énergie atomique aux Nations Unies sous la menace de la bombe H". On le voit aux manœuvres d’hier répondent les grandes manœuvres d’aujourd’hui - le chantage aux armes chimiques. Le jeune Kateb, quant à lui, a choisi son camp, celui des partisans de la paix, il appelle au renforcement de son action et apporte son soutien actif au Comité Permanent Algérien, le journal se faisant l’écho de ses appels et il semble bien que l’ensemble de ses articles s’organisent aussi dans ce sens - fondamentalement anti-guerre.



On le voit bien à travers un billet à l’humour féroce ; on sait que les USA, plongés dans le maccarthysme entretiennent savamment à l’intérieur une psychose de la conspiration étrangère (comme aujourd’hui d’ailleurs !) que Kateb évoque par la plaisanterie rendant toute son insignifiance à la théorie du complot, à la menace étrangère. C’est à travers une veine satiro-politique mêlant drôlerie et gravité qu’il évoque à notre grand amusement l’histoire suicidaire d’un dirigeant de la politique extérieure des États Unis " qui grelotait en pyjama dans les rues de New York, en hurlant : "voilà les cosaques !" ", cédant à la panique orchestrée. Ce qui prime en fait chez Kateb, ce n’est pas l’information brute, bien au contraire, qu’il dépasse et c’est cette capacité qui lui permet de saisir des enjeux mondiaux derrière de simples faits dont il tire toujours la leçon pour les peuples opprimés. Il en profitera pour attaquer le camp des bellicistes "qui n’ont pu venir à bout de l’opinion… Et depuis par centaines de millions, les simples gens s’obstinent à exiger la paix ". Hier comme aujourd’hui.



On voit très clairement sur quoi va se construire la politique étrangère de Kateb : la guerre anti-impérialiste, la défense du bloc communiste, la lutte pour la paix et la guerre anticoloniale soudent les articles.



Kateb va étendre lui aussi sa Guerre Froide en Asie éventant toutes les supercheries. Quand la Chambre des Représentants Américains vote une aide financière aux " pays arriérés d’Asie ", il dévoilera que ce n’est au fond que " la continuation de la politique Américaine d’aide " à Tchang Kai Chek et que tous ces subsides des US vont juste permettre d’armer la créature du Gouvernement Français, Bao Dai contre le peuple du Viet Nam et renforcer " le bloc agressif du Pacifique ". Menant sa guerre d’information, faisant comprendre à ses lecteurs que la victoire des communistes en Chine pousse les Américains à transporter la Guerre Froide en Asie, il démontre bien que la Guerre d’Indochine, guerre coloniale qui oppose depuis 1946 la France et le Vietminh, est aussi selon ses propres mots "une guerre dans la Guerre Froide". Il fait de Bao Dai une marionnette entre les mains des Américains et Kateb, en tant que pacificateur, alerte l’opinion sur les dangers et les conséquences d’une telle politique, la guerre étant l’ultime recours pour continuer à dominer !



Il a compris que l’objectif est de "faire dégénérer la guerre coloniale d’Indochine en conflit mondial" ; il tire déjà la sonnette d’alarme et ne cessera de saisir toute occasion pour parler de la guerre du Vietnam, lui apportant son soutien (appel à une campagne de signatures), relevant toutes les contradictions du plan Truman. Il montre que les arcanes de la politique française et anglo-américaine n’ont pas de secret pour lui et propose à ses lecteurs " le dessous des cartes " entrecroisant constamment les évènements internationaux d’où il tire un fil d’Ariane et le lecteur d’aujourd’hui peut sentir, je pense, à quel point son journalisme politique est visionnaire.



Particulièrement, il maintient dans sa ligne de mire les négociations internationales déjouant les manœuvres de diversion. Dans la rivalité en Europe entre les deux blocs, Kateb s’introduit, met en exergue le ré-armement de l’Allemagne occidentale qu’il dénonce pointant déjà la remonté du nazisme, ils ont " repris de service " nous dit-il, retour toléré par les grandes puissances indexant ainsi une réelle collusion. On sent l’indignation, l’émotion, la perplexité et l’inquiétude du jeune Kateb qui craint pour la paix " non seulement en Europe mais en Afrique".



En pleine Guerre Froide, il veille sur son continent, guette, cherche à assurer la sécurité du Maghreb, de l’Afrique refusant que ses terres servent de base arrière aux manœuvres militaires du Pacte Atlantique qui débarque des avions en Tunisie. On décèle son sens profond de la fraternité ; se mettent en place dans un journalisme solidaire ses luttes fraternelles aux cotés des peuples de Tunisie, du Maroc et d’Afrique.



Un ensemble d’articles se dégage où il révèle ce que cache le plan Truman pour l’Afrique, sa terre natale, série remarquable où se construit une cohérence autour de son pacifisme, de son anticolonialisme. Il alarme ses lecteurs sur deux points précis - sur la mise en place d’un plan Marshall pour l’Afrique et sur la constitution " d’armées gendarmes " chargées de réprimer le mouvement pour la liberté et la paix. Il déjoue en stratège tous les complots, en particulier les propositions du ministre français Robert Schuman (appartenant à la démocratie - chrétienne et porteur de l’idée européenne) de mettre en commun l’arsenal franco-allemand et d’opérer "une mise en valeur commune de l’Afrique". Le plan Schuman, alliance des visées colonialistes et du Pacte Atlantique est senti par notre jeune journaliste comme une étape décisive extrêmement dangereuse pour "les territoires contrôlés par les colonialistes français". Il affirme que le projet contre lequel il s’insurge a vu le jour déjà sur " la table de l’état major hitlérien ", que la France n’a guère l’initiative du projet, que ce n’est qu’un vulgaire héritage hitlérien de 1939 !



Pour montrer cette continuité historique, Kateb exhibe cet héritage infamant en pages intérieures sous le vocable "Eurafrik, nouveau concept géo-politique, mettant en place une stratégie de la tension, interpellant ses lecteurs : "Ce n’est pas aux Algériens que pourra échapper le sens de tels "accords". C’est, en effet, une méthode éprouvée des impérialistes de se "partager" les colonies africaines à chaque fois que la crise sonne le glas de leur domination"



Il attaque la presse "occidentale", qu’il épluche, la démasque, montre son rôle actif. Il étaye toutes ses révélations et c’est ainsi que le lecteur peut voir comment COMBAT, le journal de la Résistance découvre le continent africain et s’extasie devant " les richesses fabuleuses qu’il recèle ". Irrévérencieux, Kateb est en train d’écrire l’Histoire souterraine, Histoire originale, page blanche de l’Histoire des historiens, celle de la Guerre Froide qui s’étend à l’Afrique avec un plan Monnet (économiste français) pour les Territoires d’Outre Mer en fonctionnement déjà depuis 1947 : investissements américains déversés sur l’Afrique du Nord, ressources stratégiques utilisées dans la machine de guerre atlantique, complot contre l’Afrique, collusion avec une "Eurafrik américaine" où, nous dit-il "les colonialistes français peuvent trouver leur compte, sinon leurs parts de bénéfices ".



En fait, Kateb nous offre les pages les plus obscures, les plus ignorées de la Guerre Froide, montrant ses effets pervers sur son continent comme, par exemple, les propositions de transfert de populations européennes "sur notre sol" dont il envisage déjà tous les risques surtout l’installation de millions de chômeurs exploitant et faisant trimer les salariés africains. Toujours à l’affût, déjouant les stratégies, il opère des rapprochements fulgurants par exemple entre le déplacement de cette "armée de chômeurs" avec l’opération militaire qui consiste à créer des "armées gendarmes" spécialement affectées à la répression des mouvements populaires de libération nationale. Bien sûr il apostrophe la presse de M. Naegelen, Gouverneur de l’Algérie, qui passe sous silence ces informations et il élabore une contre actualité en lieu et place. Il signale ainsi le démantèlement et la suppression du Centre d’Alger - Maison Blanche, "la presse du silence" se gardant de dire que c’est le matériel du plan Marshall, y compris l’acier allemand qui remplacera l’outillage ainsi liquidé. Soulignant le refus de M. Schuman d’ouvrir un débat public sur le projet d’union franco-allemande, Adenauer étant devenu le "compère" de Schuman qui déclare à ce dernier apporter" en dot son outillage et les marchés africains", Kateb se révolte contre cette farce tragique pour les peuples d’Afrique. Il met en garde les peuples qui se laissent prendre aux "illusions eurafricaines", illustre à partir de l’exemple du Moyen Orient où un million de réfugiés arabes de la guerre de Palestine triment sous un véritable régime concentrationnaire : 1500 calories / jour, pas d’hôpital, d’écoles, surveillances, persécutions. Voilà ce qui attend les salariés d’Afrique du Nord : le plan Schuman – Truman est dénoncé comme un véritable complot, "un plan d’agression" avec consécutivement un chômage plus accru en Afrique du Nord. "L’Algérie en danger" forme un très beau sous titre et le jeune Kateb invite les peuples à serrer les rangs pour :



" barrer la route à cette entreprise d’esclavage, de répression et de guerre ! "



Ouahiba Hamouda



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23 février 2008 6 23 /02 /février /2008 18:18

Un article dans le quotidien El Watan en hommage à Pierre Ghenassia, jeune martyr du maquis communiste algérien de Ténès

Mort au champ d’honneur le 22 février 1957

Hommage à Pierre Ghenassia

Ancien élève du lycée Bugeaud (aujourd’hui lycée Emir Abdelkader), Pierre Ghenassia n’a pas encore 17 ans quand il rejoint, en mai 1956, l’Armée de libération nationale (ALN) dans la région de Ténès, sa ville natale.

 

Il tombera au champ d’honneur le 22 février 1957, dans le djebel Béni Salah, au sud-ouest de Chréa, dans l’Atlas blidéen, au cours du bombardement par l’armée française d’une infirmerie de l’ALN au douar Béni Annès, sur la rive droite de oued Merdja. Avant de monter au maquis, il a fait d’abord partie du réseau « La Voix du soldat » dirigé par Lucien Hanoun, professeur de lettres, membre du Parti communiste algérien (PCA). Pierre Ghenassia était en contact aussi avec Raymond Hannon qu’il a connu au sein de l’Union de la jeunesse démocratique algérienne (UJDA). Raymond Hannon, qui connaît le chef du maquis de Miliana, devait être transféré vers ce maquis pour être secrétaire administratif du chef régional, mais il est arrêté par la police. A la suite de cette arrestation, Pierre Ghenassia entre en clandestinité, puis rejoint le maquis de Ténès, organisé par Rabah Benhamou, membre du PCA. Pierre Ghenassia, descendant d’une famille juive de Tétouan (son arrière-grand-père était rabbin) est né le 24 juillet à Ténès. Son père, Roger Ghenassia, était fonctionnaire de l’administration des impôts et sa mère, Nedjma Bensaïd, propriétaire d’une bijouterie à Ténès. Ils avaient pour voisin, le Dr Jean Massebœuf qui a été pour beaucoup dans la constitution du maquis de Ténès. Arrêté pour ses activités, le Dr Massebœuf avait été condamné aux travaux forcés par le tribunal militaire français. Dans son livre-témoignage On nous appelait fellaghas, le commandant Azzedine parle en termes émouvants de Pierre Ghenassia. « Parmi eux (les hommes en blanc), l’une des figures les plus attachantes était celle de notre infirmier zonal, Hadj. Nous l’appelions ainsi, mais son vrai nom était Ghenassia. Il était israélite et parlait très bien l’arabe. Pour tous ceux qui tiennent comme un fait établi le prétendu antagonisme de nos origines religieuses, je voudrais qu’on le sache : Hadj est mort, refusant d’abandonner ses blessés. » Pierre Ghenassia est mort pour l’indépendance de l’Algérie, mêlant son sang à celui d’autres jeunes lycéens de son âge, tombés eux aussi au champ d’honneur, comme Nour Eddine Bencherchali de Blida. Une rue de Ténès, sa ville natale, a porté le nom de Pierre Ghenassia, au lendemain de l’indépendance, mais des esprits malintentionnés, installés en 1990 à l’APC de Ténès, effacèrent son nom de la plaque et le remplacèrent – cyniquement – par El Qods. Des anciens de l’ALN en furent offusqués.

Mohamed Rebah , El Watan, 24 février 2008

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19 décembre 2007 3 19 /12 /décembre /2007 20:51
Communiqué du Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme - Section Immigration


Paris, le 13 décembre 2007

Le jour même de la commémoration des glorieuses manifestations du 11 décembre 1961 qui avaient enlevé leurs dernières illusions aux colonialistes et à la veille des fêtes de l’aïd  Eldha les terroristes islamistes ont endeuillé des dizaines de familles algériennes et étrangères, suite aux derniers attentats d’Alger.
 
 
Face à ces crimes barbares les travailleurs algériens immigrés, les exilés progressistes et toute la communauté immigrée dénoncent les assassins et expriment leur solidarité agissante avec notre peuple.  Ces terroristes ne reculent devant rien. Ils continuent de tuer tous les jours de modestes citoyens et n’hésitent plus, avec leurs attentats Kamikazes, à s’attaquer  aux symboles de l’Etat algérien ou aux institutions de l’ONU avec pour objectif de créer le chaos dans la capitale algérienne. Face à ces crimes ignobles nos responsables répètent tous les jours que la politique dite de « réconciliation nationale » ne sera pas remise en cause  c'est-à-dire que notre gouvernement continuera à ouvrir les bras aux tueurs quelques que soient leurs crimes. Alors que tous les Algériens constatent avec colère et amertume que cette politique ne fait qu’encourager les terroristes à redoubler de barbarie et que les autorités elles mêmes révèlent que c’est des prétendus « repentis » qui sont derrière les derniers attentats, le pouvoir de la bourgeoisie compradore maintient des orientations dont l’objectif fondamental est de renforcer le caractère antinational et antipopulaire du pouvoir.

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