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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 21:32
Après l'attaque des groupes obscurantistes de Aïn Defla: revenir sur les enseignements idéologiques et politiques

L'attaque menée le 17 juillet, la veille de l'Aïd, dans la région de Aïn Defla contre des membres de l'ANP par les groupes terroristes de l'obscurantisme et qui s'est soldée par la mort en martyrs de 9 militaires, enfants du peuple, montre que l'existence persistante de ces groupes, actifs ou dormants, ne doit en aucun cas être sous-estimée.

Le PADS s'incline à la mémoire des militaires tués dans leur combat contre la terreur obscurantiste. Il réitère sa condamnation des actes perpétrés par les hordes obscurantistes. Il appelle, pour déjouer leurs opérations criminelles, à la vigilance, à l'action organisée, au réarmement et à la reconstitution des groupes d'auto-défense populaires que le pouvoir a démantelés ces dernières années au nom de sa politique de "concorde".

De rudes coups ont été portés à l'obscurantisme armé après sa tentative d'arriver au pouvoir durant les années 1990 en semant la terreur au sein du peuple. Il s'est retrouvé isolé au sein de la grande majorité du peuple à cause de ses massacres de masse. Mais son influence et ses dangereuses capacités d'action n'ont pas disparu et ne disparaîtront pas par la magie des discours sur une "bonne éducation" islamique et la "déradicalisation". Ce nouveau thème vient d'être emprunté par nos gouvernants à la propagande des Etats impérialistes. Pour ces Etats le "mauvais djihadiste" - qu'ils manipulent savamment- est celui qui tue sur leur sol et le "bon" celui qui combat les régimes qui refusent de courber l'échine sous leur diktat. Le seul but de leurs appels à la "déradicalisation" est de cadrer vers les "bonnes cibles" les jeunes influencés et trompés par la propagande obscurantiste.

L'existence des groupes armés obscurantistes, la propagation dans de larges couches de la société algérienne d'une vision intolérante de l'Islam, qui alimente à son tour le recrutement d'individus fanatisés, sont liées à l'action ouverte ou souterraine de nombreuses forces sociales internes et externes qui défendent leurs intérêts économiques sociaux acquis par l'exploitation des travailleurs et le pillage des ressources du pays.

La politique de réconciliation, le dialogue officiel avec des chefs de l'obscurantisme qui se vantent d'avoir tué de jeunes soldats, entretiennent au sein des courants obscurantistes l'espoir de reprendre leur revanche. Elles favorisent les attitudes opportunistes au sein d'une partie de la population qui hésite à les affronter adoptant une attitude de neutralité. La politique de "réconciliation" du pouvoir a été officiellement proclamée pour rétablir soi-disant la sécurité. En réalité son objectif de classe véritable a été de réaliser un nouvel arrangement entre courants bourgeois réactionnaires camouflés sous l'étendard de l'Islam les plus divers et courants dits "modernistes", arrangement traduisant les intérêts des différentes classes et couches sociales exploiteuses et affairistes mafieuses, enrichies par l'exploitation de la classe ouvrière, le commerce spéculatif, l'accaparement des biens de la nation, la corruption à grande échelle. Le fond de cette politique, dont l'application a été confiée à Bouteflika, a consisté à établir un climat de tranquillité leur permettant de jouir ensemble et "équitablement" des fruits du pillage des recettes des hydrocarbures, de la libéralisation de l'économie, de la privatisation des secteurs les plus juteux, de la redistribution des terres de la nation, des subventions et des crédits publics, de la monopolisation du commerce extérieur par des groupes privés de toutes obédiences idéologiques réactionnaires, de la mise au pas de la classe ouvrière et des travailleurs sous le "Pacte social" UGTA-Patronat-gouvernement.

Le poids des propagandistes réactionnaires qui instrumentalisent l'éducation religieuse, dans les écoles, les mosquées, et à travers des journaux à grand tirage, arabophones ou francophones, et des chaînes de télévision, pour diffuser au sein de la jeunesse l'irrationalisme, le fanatisme, l'intolérance, la violence contre les femmes et la haine. Ce travail idéologique ne rencontre aucune opposition du pouvoir, quand celui-ci ne le laisse pas sciemment se développer dans le cadre de sa stratégie de chantage et de "recours en dernière instance" contre le danger qu'il n'aura pas combattu jusqu'au bout. Le terrain favorable au recrutement dans les rangs des hordes terroristes est alimenté par la propagation en toute liberté de ces idéologies.

L'emprise idéologique de l'obscurantisme sur une partie de la société est également stimulée par des calculs politiciens, y compris de certains leaders de l'opposition dite démocratique qui ont promis durant leur campagne électorale de rétablir les chefs de l'obscurantisme dans la totalité de leurs "droits" politiques à la faveur d'une loi d'amnistie qui les lavent complètement de leurs crimes.

Les hordes obscurantistes sont encouragées à intensifier leurs actions criminelles par le soutien ouvert ou grossièrement masqué que les Etats impérialistes apportent partout dans les pays arabes et musulmans à ces courants pour qu'ils mettent à feu et à sang les pays de la région. Les Etats impérialistes appliquent différentes tactiques en même temps pour arriver à leurs fins. Ils créent et exploitent les prétextes en or pour justifier leur "devoir d'ingérence humanitaire et démocratique", comme ils l'ont fait en Libye, en Syrie, au Mali, etc. La récente déclaration de Sarkozy en Tunisie sur l'avenir de l'Algérie, dont selon lui l'Union européenne devrait s'occuper, son éloge de la stabilité du Maroc, où l'impérialisme français se sent chez lui, sont une expression éloquente de la tendance des chefs de l'impérialisme à souffler sur les braises de l'obscurantisme, à dresser les peuples les uns contre les autres, à créer des conflits à leurs frontières pour "légaliser" leurs interventions et s'emparer des richesses des pays de la région.

Les forces de l'obscurantisme ont également bénéficié du climat politique créé par la propagande anti-syrienne menée depuis 4 ans par les journaux algériens auto-proclamés dits "démocratiques". Ces journaux se sont servilement alignés sur les mensonges diffusés par les Etats impérialistes et leurs médias au point que les anti-impérialistes algériens les qualifient de journaux "otaniens". Les mêmes éditorialistes qui critiquent la politique de "réconciliation" de Bouteflika, reprochent à Assad de ne pas la pratiquer en Syrie. Ils critiquent Bouteflika pour avoir affaibli la lutte contre le terrorisme mais ils traitent de criminel Assad pour la mener de façon implacable, contre Daech ou Front de Nosra, lequel a été loué par Fabius pour son "bon boulot". Dans leur vison abstraite de la démocratie ou dictée par leur volonté de chercher pour leurs propres buts des appuis auprès des puissances impérialistes, ils ont fait passer les chacals pour des agneaux victimes de la terreur du régime. Ils innocentent à la fois les hordes obscurantistes, mensongèrement qualifiées de combattants de la démocratie et les Etats impérialistes ainsi que les monarchies qui les soutiennent et les financent pour réduire le pays en cendres. Les chefs, les conseillers, les commanditaires politiques de l'offensive obscurantiste se frottent les mains en constatant à quel point ces courants "démocratiques" ont contribué à semer la confusion sur la question syrienne et à affaiblir gravement en Algérie et dans le monde la solidarité avec les Syriens contre les monstres fabriqués par l'impérialisme et les monarchies du Golf.

Les courants obscurantistes tirent profit des entraves créés par le pouvoir à la mobilisation démocratique et indépendante des forces populaires. Il ne peut y avoir de lutte sérieuse et de processus irréversible pour neutraliser l'obscurantisme sans la reconnaissance du droit à s'organiser librement, sans l'abrogation de toutes les lois qui empêchent les masses de se doter de leur organisation hors de toute tutelle du régime.

La lutte contre l'influence, la diffusion, l'extension, l'instrumentalisation de l'obscurantisme est intimement liée à la lutte politique, idéologique et socio-économique contre l'exploitation capitaliste, le pillage impérialiste, source d'arriération économique, de paupérisation, d'inégalité de développement, de domination, de frustrations au sein des peuples des pays arabes et musulmans. Les exploiteurs internes ou externes de ces pays nourrissent les idéologies ultra-réactionnaires, obscurantistes, pour détourner la partie de la jeunesse subjuguée par ces idéologies et trompée du combat contre les racines économiques de l'exploitation: le système capitaliste-impérialiste mondial. Le système impérialiste est en proie à une crise sans fin. Les forces de l'obscurantisme sont pour lui une armée fasciste de réserve. Il les manipule et les téléguide en fonction de ses besoins tactiques. La lutte soi-disant "anti-terroriste" a pour finalité d'entretenir l'angoisse, d'affaiblir la mobilisation contre la bourgeoisie. En même temps cette armée de réserve agit pour semer le chaos dans les pays qui résistent à l'impérialisme, diviser à l'échelle mondiale et sur des bases religieuses les travailleurs et les peuples contre leur exploiteurs communs, leur interdire de réfléchir à la lutte pour le socialisme. Les classes et couches sociales exploiteuses et affairistes se sont enrichies à une échelle sans précédent à la faveur du climat instauré par la terreur obscurantiste et de la division que cette terreur a créée au sein des masses dans les années 1990. La réaction bourgeoise, quelles que soient ses couleurs idéologiques, obscurantistes ou "modernistes" n'hésitera pas un instant, quand ses intérêts sont sérieusement menacés, à mobiliser ces forces pour écraser l'aspiration des travailleurs au socialisme. Les institutions étatiques, les assemblées "élues" continuent à abriter des alliés et sympathisants des groupes armés. L'éradication définitive de toute force fasciste, en Algérie et dans le monde, nécessite non seulement l'élévation du niveau de conscience des masses populaires indispensable à l'isolement de ces groupes criminels, mais surtout l'élimination des rapports d'exploitation capitalistes, de domination économique de classe, l'instauration de la société socialiste, du pouvoir de la classe ouvrière et de ses alliés.

Le PADS considère que l'action consciente, organisée et indépendante de la classe ouvrière est la condition pour que se constituent autour d'elle et de son mouvement la mobilisation indispensable de toutes les forces populaires pour faire échouer les plans des commanditaires politico-idéologiques des actions criminelles des groupes armés obscurantistes visant à détourner l'attention des masses des nouveaux plans d'appauvrissement des masses populaires, d'accaparement des richesses du pays par les sociétés capitalistes étrangères et locales.

Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme

Le 22 juillet 2015

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13 juillet 2015 1 13 /07 /juillet /2015 18:29
Sur les tueries de Ghardaïa (Algérie) – Communiqué du PADS

Sur les tueries de Ghardaïa (Algérie) – Communiqué du PADS (Parti algérien pour la démocratie et le socialisme), 10 juillet 2015

Les tueries organisées ces derniers jours à Ghardaïa par des groupes de fanatiques manipulés contre les citoyens d'origine mozabite sont le résultat de la passivité criminelle du pouvoir depuis deux ans. Un nouveau pas dans la dégradation de la sécurité des personnes et des biens vient d'être franchi avec l'emploi d'armes à feu par des bandes cagoulées circulant dans de grosses motos et tirant sur les uns et les autres. 25 personnes ont été assassinées en l'espace de quelques heures. Des dizaines d'autres ont été blessées, des locaux et des moyens de transport ont été détruits, des habitants contraints sous la menace de quitter leurs logements qui ont été incendiés.

Le chef de l'Etat et le gouvernement se sont enfin décidés à annoncer des mesures de fermeté pour neutraliser l'action des groupes qui terrorisent la population. Leur passivité devant les événements a eu pour conséquence d'encourager le développement de groupes de criminels et d'incendiaires apparemment assurés de jouir d'une impunité totale dans la persécution et l'assassinat des citoyens d'origine mozabite. Les jours prochains montreront si ces décisions sont réellement appliquées ou ne sont qu'un rideau de fumée pour tenter de calmer l'indignation des citoyens face à ces actes.

Des intérêts et des objectifs imbriqués de l'impérialisme et des classes exploiteuses et affairistes internes antinationales sont à la source de l'escalade dans les affrontements dans cette région:

- L'action de groupes obscurantistes qui, depuis des années, attisent les discordes entre rites religieux, sèment la haine entre malékites et ibadites, jusque dans les écoles sans que le pouvoir n'ait tenté de sanctionner leurs auteurs. Les groupes obscurantistes jugent que le moment est favorable à leurs actions criminelles au vu du soutien apporté par l'impérialisme à leurs acolytes en Libye, Irak, Syrie, Caucase, Chine, etc. Ils sont au service des plans des Etats impérialistes, des monarchies moyenâgeuses du Golfe dont le but est de disloquer le pays, séparer de lui les régions sahariennes, s'emparer de leurs richesses. Des éléments aventuriers rêvent de régner à la tête d'émirats assis sur les nappes pétrolières et gazières du Sahara algérien.

- Les opérations de subversion des puissances impérialistes qui ont enrôlé ces dernières années des milliers de citoyens sous couvert de défense des "droits de l'homme", des droits des "minorités", des droits des chômeurs, etc. Les Etats impérialistes se servent d'eux pour atteindre leurs objectifs, dont les principaux sont l'accaparement des ressources énergétiques du pays et la transformation de l'armée algérienne en gendarme de leurs intérêts dans la région, en supplétif de leurs plans dans le monde. Ils incitent ces citoyens, trompés ou consentants, à lancer des mots d'ordre incendiaires ou à appeler à l'autonomie du Mzab. Ils les assurent de leur couverture politique, comme en témoignent de façon hypocrite le récent rapport du gouvernement US sur l'état des "droits de l'homme en Algérie " et la résolution des parlementaires européens du 30 avril. Ils appliquent les mêmes procédés expérimentés en Libye, en Irak et en Syrie pour justifier leurs interventions politiques et militaires en Algérie.

- Le travail de diversion mené par les politiciens des classes parasitaires, exploiteuses et affairistes mafieuses, dans le pouvoir ou l'opposition, pour détourner l'attention des mesures mises en application par le pouvoir contre les intérêts des travailleurs et des autres couches sociales populaires pour soi-disant faire face à la gravité des conséquences de la chute des recettes pétrolières. Le régime, avec le silence complice de la prétendue opposition, va faire payer par les travailleurs les conséquences de sa politique de fuite en avant dans la dilapidation des ressources en devises. De nouvelles baisses d'impôts et de nouveaux cadeaux fiscaux et "sociaux" de toutes sortes, sont décidés sous prétexte de stimuler l'activité économique, de créer des emplois. D'autres mesures, comme la dévaluation de fait du dinar et la hausse des taxes locales ont ou vont toucher de plein fouet les travailleurs et les couches populaires. D'autres décisions en faveur des couches bourgeoises et des multinationales sont en préparation, d'autres plans d'accaparement des richesses du pays par la grande bourgeoisie et des grands affairistes sont en marche. Ceux-ci ne cachent plus leur intention de s'emparer directement des gisements de pétrole. Pour atteindre leurs objectifs, la bourgeoisie et son régime ont besoin de diviser les travailleurs et les masses populaires, d'empêcher leur mobilisation unie.

Les opérations subversives et les manœuvres de l'impérialisme et de la réaction se déroulent sur un terrain fertile à Ghardaïa et dans d'autres régions du pays: l'ampleur du chômage qui frappe les plus jeunes et l'injuste répartition des revenus accaparés par une minorité. Ce chômage est le résultat du refus du régime de relancer l'industrialisation et le développement des secteurs productifs dans le cadre de la réhabilitation des entreprises publiques économiques. Mû par la recherche du profit facile et immédiat, le secteur capitaliste privé a montré son incapacité à résoudre les graves problèmes d'emploi, de revenu et de dépendance économique du pays.

Le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme se recueille en mémoire des victimes des tueries. Il exige du gouvernement qu'il neutralise et châtie de façon exemplaire les groupes et les éléments criminels qui ont endeuillé la région, qu'il sanctionne les responsables et les agents de l'Etat complices de ces criminels.

Il exhorte les travailleurs et les enfants du peuple à ne pas se laisser entraîner dans les divisions régionalistes ou tribales dont les seuls bénéficiaires sont tous ceux, nationaux ou entreprises capitalistes étrangères, qui s'enrichissent en pillant les richesses de la nation et en exploitant férocement les travailleurs.

Il les appelle à créer des syndicats de classe, des organisations de jeunes et de femmes, de petits paysans, de petits artisans et commerçants qui luttent pour leurs propres intérêts et non pour ceux du capitalisme local et international.

Parti des communistes algériens qui luttent pour une société de bien-être pour les travailleurs, débarrassée de l'exploitation, de l'oppression et des injustices, de la misère et de la pauvreté, de l'ignorance et de l'inculture, le PADS invite les travailleurs conscients et combatifs à renforcer leur parti communiste, parce que avec l'aggravation de la crise du capitalisme, le seul choix qui permet aux peuples de vivre dans la paix, le plein-emploi, la sécurité et la garantie du lendemain, est le régime socialiste.

PADS, 10 juillet 2015

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 06:34

lienpadsLes communistes algériens dénoncent l'odieux attentat de Paris, « aubaine providentielle » pour l'impérialisme français



Communiqué du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) repris par http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/



Les attaques criminelles perpétrées au nom d'une conception moyenâgeuse de l'Islam par un groupe de fanatiques intégristes contre le périodique satirique français Charlie Hebdo puis contre une épicerie "casher" continuent de susciter une indignation légitime dans le larges milieux en France et dans le monde. Leurs tenants et aboutissants, les buts de leurs véritables commanditaires, suscitent également beaucoup d'interrogations dans les milieux politiques qui se méfient des services impérialistes. 

 

La condamnation de ces assassinats ne doit pas faire oublier que le journal Charlie Hebdo s'est illustré par une ligne anticléricale et antireligieuse primaire faite d'offenses gratuites à la foi des croyants de toutes confessions, une ligne marquée par le soutien depuis 20 ans à toutes les guerres et les ingérences impérialistes, une ligne qui a objectivement contribué à discréditer les communautés musulmanes vivant en France malgré les convictions antiracistes affichées par ses rédacteurs et caricaturistes.

 

Ces attentats sont une aubaine providentielle pour la bourgeoisie impérialiste occidentale. Avec un chômage qui frappe des millions de personnes et des opérations incessantes de remise en cause des conquêtes sociales des travailleurs, elle fait feu de tout bois. Elle cherche avec fébrilité les diversions qui détournent vers d'autres cibles ou d'autres sujets la montée du mécontentement populaire contre les causes de la crise capitaliste et le refus des politiciens de droite ou de gauche de s'attaquer à ses racines économiques, la propriété monopoliste des moyens de  production. Sous couvert de prévenir les actions terroristes, la bourgeoisie impérialiste occidentale profite du climat d'émotion créé par ce crime et exacerbé par ses médias pour accélérer la réalisation de ses plans de fascisation et de guerre: mise sous surveillance de la population et flicage concomitant des courants contestataires anticapitalistes, dans le cadre d'un "patrioct act" européen ouvert ou masqué, pour soi-disant traquer les mouvements des candidats au terrorisme; légitimation de ses interventions armées dans le monde et notamment en Syrie où ses tentatives de renversement par la force du régime syrien se heurtent à une résistance déterminée de la majorité du peuple syrien; tentative artificielle d'effacer l'antagonisme de classe fondamental entre exploités et exploiteurs, opprimés et oppresseurs de toute la planète en le remplaçant par une démagogique "union nationale sacrée face au terrorisme" à un moment où s'aiguise la crise du capitalisme et s'étend une paupérisation qui frappe encore plus durement les communautés immigrées marginalisées, objet d'un racisme clamé par les partis d'extrême-droite dans les médias qui leur offrent des tribunes permanentes au nom de la "liberté d'expression"; exacerbation du faux clivage entre musulmans et non-musulmans dans le but de dresser les uns contre les autres les exploités et les laissés pour compte de toutes confessions.

 

Indépendamment de l'émotion provoquée par ces actes ignobles, les communistes algériens rappellent que les plus grandes victimes de l'intégrisme religieux et de ses appuis extérieurs sont les peuples musulmans eux-mêmes. Ces peuples sont livrés aux appétits expansionnistes criminels de l'impérialisme occidental appuyé dans ses campagnes de guerre par ses alliés féodalo-bourgeois les plus obscurantistes des pays arabes et islamiques. Les Etats impérialistes occidentaux portent la responsabilité de l'extension de l'intégrisme dans le monde et par effet de boomerang chez eux. Ce sont eux qui ont soutenu et soutiennent depuis des décennies et par tous les moyens les courants obscurantistes pour contrer les courants anticapitalistes et antiimpérialistes dans le monde arabe et musulman. Ils les ont utilisés pour abattre l'URSS ou les régimes progressistes et patriotiques attachés à la défense de leur indépendance. Afghanistan, Yémen, Tchétchénie, Yougoslavie, Algérie, Libye, Syrie, Mali, Centrafrique, etc., dans tous ces pays le prétendu "monde libre et éclairé" tenu en main par la bourgeoisie impérialiste a systématiquement utilisé l'obscurantisme afin d'étendre sa domination économique et politique. Il y a semé mort et destruction pour diviser les masses laborieuses, évincer par la plus extrême violence les forces de progrès. Il y a installé ou tente d'y installer à leur place des valets corrompus et serviles. Afin d'affaiblir ses rivaux russes et chinois il instrumentalise les groupes rétrogrades qui se réclament soit d'un Islam dévoyé par les forces de l'argent et de l'affairisme soit d'un Dalaï Lama ouvertement rétribué par le gouvernement américain.


 

Qu'ils aient été manipulés ou qu'ils aient commis leurs actes en toute connaissance de leurs conséquences, les auteurs de ces actes appartiennent à ce même courant idéologique réactionnaire obscurantiste qui a lynché le dirigeant libyen Kaddafi sous la protection de l'aviation et des agents spéciaux français, des drones américains, sous les applaudissements de la droite et de la "gauche" impérialiste. C'est ce même courant qui participe depuis trois ans à la destruction de la Syrie pour renverser par la force le régime laïque de ce pays avec le soutien militaire, financier, matériel et politique des Etats impérialistes et des monarchies théocratiques du Golfe. Des dizaines de milliers de jeunes musulmans, de plus de 80 pays, dont la France, fanatisés ou trompés par une propagande réactionnaire mondiale orchestrée de façon effrénée sous le drapeau d'une prétendue défense des "sunnites" contre les "impies chiites et allaouites", ou de la lutte contre le "boucher de Damas", ont été directement ou moralement encouragés à se rendre dans ce pays. Ils ont été entraînés au maniement des armes et des instruments de communication les plus sophistiqués par les officiers instructeurs de l'OTAN en Turquie, en Jordanie, etc. 

 

A l'occasion de la condamnation populaire spontanée et massive de ces attentats, les dirigeants, les politiciens et les journalistes-valets des Etats impérialistes ont battu tous les records d'hypocrisie. Dans leur guerre pour dominer le monde, pour mettre la main sur les sources d'énergie et les voies de leur acheminement, les Sarkozy, Hollande, Fabius, Camerone, Merkel et Obama, ont toléré que des centaines de propagandistes professionnels d'une vision rétrograde de la religion intoxiquent en toute impunité les jeunes depuis des années dans les mosquées de France, ou d'autres pays. Ils ont fermé les yeux sur le fait que ces propagandistes soient rétribués par leurs alliés de l'Arabie saoudite et du Qatar. La participation du ministre algérien des Affaires étrangères à cette manifestation aux côtés des politiciens français, anglais, américains, etc., qui avaient contribué à innocenter les forces de l'obscurantisme de leurs crimes de masse en Algérie dans les années 1990 est une caution impardonnable à la duplicité des dirigeants de l'impérialisme.

 

Le dirigeant d'un des plus grands Etats terroristes du monde, Netanyahou, le plus grand massacreur de femmes, de vieillards et d'enfants, le responsable d'un Etat qui piétine impunément les résolutions de l'ONU et dénie aux Palestiniens leur droit imprescriptible à créer leur Etat pleinement souverain sur les territoires occupés par Israël le 5 juin 1967, ce criminel de guerre s'est pavané dans les rues de Paris aux côtés des chefs des Etats impérialistes, dont certains comme le chef du gouvernement espagnol sympathisent avec les fascistes et répriment durement les grévistes. Les images de Netanyahou en tête du cortège des chefs d'Etat qui ont mis le monde à feu et à sang contribuent à renforcer la haine des communautés arabes et musulmanes pour les complices des occupants israéliens. Mais aussi à entretenir le confusionnisme attisé par les chiens de garde de l'impérialisme afin de diviser sur des bases confessionnelles les travailleurs et les chômeurs français à l'heure où ils ont tous besoin de s'unir pour se battre contre le système capitaliste, source fondamentale des injustices, des exclusions et des guerres. Les criminels de guerre israéliens, les défenseurs d'une vision sioniste d'Israël, menacés d'isolement par le processus de reconnaissance de l'Etat palestinien, inquiets devant leur possible poursuite par la Cour Pénale Internationale, bien qu'il ne faille pas se faire d'illusions à ce sujet, cherchent à tirer profit de ces attentats pour améliorer leur image et justifier la poursuite du massacre des Palestiniens. Ils en profitent pour faire admettre par l'opinion européenne leur vision raciste et sectaire d'une terre exclusivement juive s'étendant jusqu'au Jourdain et débarrassée des Palestiniens. Ils préparent de nouvelles tragédies humaines par une propagande insensée qui présente Israël comme un foyer assurant une prétendue sécurité aux juifs du monde entier.

 

Les communistes algériens sont solidaires de la lutte de leurs camarades français pour dénoncer les manipulations de la bourgeoisie, de la sociale-démocratie, de leurs appareils de propagande et d'encadrement en ordre de marche pour une factice "union nationale" qui range dans le même camp l'ouvrier jeté à la rue et son patron "délocaliseur", les chômeurs et les gens du CAC 40, les jeunes marginalisés des banlieues et les milliardaires de Neuilly. Les communistes algériens vivant en France appuient le travail politique et idéologique de leurs camarades français pour combattre les opérations de division des travailleurs exploités et des victimes des antagonismes capitalistes à partir de différences confessionnelles, pour contrer les campagnes racistes et islamophobes. Ils appellent tous les communistes à redoubler d'efforts pour que les exploités et opprimés d'origine musulmane évitent de tomber dans le piège mortel d'une vision rétrograde de la religion, dans les pièges que leur tendent des provocateurs persistant dans leurs piques grossières contre leurs sensibilités religieuses. Le travail politique et idéologique doit s'intensifier pour que les exploités et les victimes de la marginalisation de confessions musulmane s'unissent à leurs camarades et amis français dans les luttes pour abattre le régime capitaliste, pour instaurer une société de fraternité, une société sans classe, la société socialiste, pour appuyer le combat de toutes les forces de progrès afin d'en finir avec les régimes théocratiques du Moyen Orient, alliés de l'impérialisme, et leurs réseaux propagandistes dans le monde.

 

PADS 13 JANVIER 2015

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 07:05

traitement image.phpDéclaration du Parti communiste algérien (PCA) sur le 1er novembre 1954

 

Repris par http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Cette déclaration datée du 2 novembre a d’abord été publiée dans Alger Républicain, puis la même semaine dans l’hebdomadaire Liberté du jeudi 4 novembre 1954 puis El Djazaïr al Djadida (mensuel en arabe).


« Le Bureau politique du Parti communiste algérien, après avoir analysé les informations au sujet des différentes actions armées qui ont eu lieu dans plusieurs points du territoire algérien et en particulier dans les Aurès, estime qu’à l’origine de ces événements il y a la politique colonialiste d’oppression nationale, d’étouffement des libertés et d’exploitation, avec son cortège de racisme, de misère et de chômage, dont les sphères officielles sont obligées de reconnaître aujourd’hui l’existence.


« Le Bureau politique estime par conséquent que les responsabilités fondamentales dans ces événements incombent entièrement aux colonialistes qui, malgré les expériences du Vietnam, du Maroc et de la Tunisie, s’obstinent dans une politique d’opposition et de force, face aux aspirations légitimes du peuple algérien, pour maintenir les privilèges d’une poignée de gros propriétaires fonciers, de banquiers et de trusts coloniaux.


« Il rappelle que la répression n’a jamais réglé et ne réglera pas les problèmes politiques, économiques et sociaux que pose devant le monde contemporain l’essor irrésistible des mouvements nationaux de libération.


« Il estime que la meilleure façon d’éviter les effusions de sang, d’instaurer un climat d’entente et de paix, consiste à faire droit aux revendications algériennes par la recherche d’une solution démocratique qui respecterait les intérêts de tous les habitants de l’Algérie, sans distinction de race ni de religion, et qui tiendrait compte des intérêts de la France.


« Le Bureau politique dénonce la violente campagne de panique, de haine raciale et de diversion de la presse réactionnaire et colonialiste, dont le but est de dresser les uns contre les autres Musulmans et Européens, appelés à vivre ensemble en Algérie, leur patrimoine commun à tous.


« Il dénonce les appels à la répression bestiale de cette presse aux ordres des gros seigneurs de la colonisation dont la richesse est faite de l’immense détresse de millions d’Algériens.


« Le Bureau politique invite les Algériens, sans distinction d’origine, et plus particulièrement les travailleurs européens, à ne pas se laisser influencer par la propagande mensongère des milieux colonialistes, à réfléchir à ces événements, à rejeter toute arrière-pensée raciale, pour les juger sainement. Il leur demande de se souvenir que cette même propagande et ces mêmes menaces proférées et appliquées au début de la crise en Tunisie ont dû faire place –parce qu’elles ont fait faillite- après une douloureuse expérience, à une ère nouvelle pour le règlement du problème tunisien.

« Il souligne les contradictions entre la thèse officielle suivant laquelle le calme règne actuellement en Algérie et les véritables mesures de guerre prises par le gouvernement général en accord avec le gouvernement français.


« Le Bureau politique proteste contre ces mesures de terreur qui tendent, en créant un climat d’insécurité générale à ouvrir la voie à une répression généralisée frappant tous les patriotes, tous les hommes épris de liberté et de démocratie.


« Le Bureau politique appelle tous les patriotes, tous les démocrates musulmans et européens, à s’unir et à agir pour obtenir que soient rapportées les mesures répressives de l’administration, pour demander la libération de tous les progressistes, démocrates et militants syndicaux, arbitrairement arrêtés, et pour qu’enfin soit amorcée une politique nouvelle qui, rompant avec les solutions de force, fera droit aux justes et légitimes aspirations du peuple algérien. »


Alger, le 2 novembre 1954 Le Bureau politique du parti communiste algérien

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 06:48

_traitement_image.php.jpgNovembre 1954, le Parti communiste français dénonce la répression contre le mouvement de libération nationale algérien

 


Déclaration du Bureau politique du PCF le 8 novembre 1954 reprise par http://www.pcf-paris15.fr/ (puis par http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/)

 


La situation devient chaque jour plus sérieuse en Algérie. Plusieurs régions sont mises en état de siège, des villages entiers sont ratissés, des organisations dissoutes, des centaines d’hommes emprisonnés, des journaux démocratiques saisis ou suspendus. Les colonialistes et la presse à leur service poussent à une répression sans cesse accrue. Une telle situation préoccupe à juste titre la classe ouvrière et l’ensemble des Français.


Le Parti communiste français souligne que les événements qui se déroulent actuellement en Algérie résultent essentiellement du refus opposé par les gouvernants français aux revendications nationales de l’immense majorité des Algériens, ce refus s’ajoutant à une misère généralisée et croissante, conséquence directe du régime colonial qui sévit dans ce pays.


En prétendant nier l’existence en Algérie de problèmes politiques de caractère national, en s’obstinant à camoufler le régime colonial sous le vocable de « trois départements français », le gouvernement tourne le dos à la réalité algérienne et notamment à la volonté de tout un peuple de vivre libre et de gérer démocratiquement ses propres affaires.


Le Parti communiste français dénonce les mesures de violence prises pour tenter de briser le mouvement national algérien, qu’il s’agisse des véritables opérations de guerre actuellement en cours ou de la dissolution arbitraire du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, prétexte à une répression encore accentuée. La politique de force pratiquée par le gouvernement ne résoudra pas davantage les problèmes qui se posent en Algérie qu’elle n’a résolu ceux qui se sont trouvés posés en Indochine, en Tunisie et au Maroc ; ainsi qu’il en a été dans ces divers pays, une telle politique ne peut qu’aggraver la situation et rendre les problèmes encore plus difficiles à régler.


En de telles circonstances, fidèle à l’enseignement de Lénine, la Parti communiste français, qui ne saurait approuver le recours à des actes individuels susceptibles de faire le jeu des pires colonialistes, si même ils n’étaient pas fomentés par eux, assure le peuple algérien de la solidarité de la classe ouvrière française dans sa lutte de masse contre la répression et pour la défense de ses droits.


Il demande aux travailleurs, à tous les démocrates de manifester leur solidarité agissante à l’égard des centaines de milliers de travailleurs algériens obligés de s’exiler en France parce que les conditions du colonialisme les empêchent de vivre dignement, eux et leurs familles, dans leur propre pays.


Les travailleurs, les démocrates, les patriotes français s’opposent d’autant plus vigoureusement à la politique férocement colonialiste pratiquée en Algérie et dans toute l’Afrique du Nord qu’elle est étroitement liée à la politique de renaissance du militarisme allemand. Elle tend, en effet, à faciliter l’implantation de l’impérialisme germanique sur le sol africain, suivant les projets « d’industries franco-allemandes en Afrique du Nord et au Sahara » annoncés par le Président du Conseil. Elle en est, par cela même, plus néfaste encore et plus contraire à l’intérêt français et à la cause de la paix.


Le Parti communiste français déclare avec force que la seule voie permettant de mettre un terme à la situation présente consiste :


1-      A arrêter immédiatement la répression et à ramener en France les troupes et les forces de police acheminées en Algérie depuis trois mois ;


2-      A reconnaître le bien-fondé des revendications à la liberté du peuple algérien ;


3-      A discuter de ces revendications avec les représentants qualifiés de l’ensemble de l’opinion publique algérienne : délégués de tous les partis et mouvements nationaux, délégués des organisations démocratiques, professionnelles et culturelles, personnalités.


4-      C’est là le seul moyen d’avancer vers une solution démocratique des problèmes qui se posent en Algérie ; une solution conforme à la volonté ou à l’intérêt de l’ensemble des hommes et des femmes vivant en Algérie, mise à part une poignée de profiteurs de la colonisation ; une solution assurant la défense des intérêts de la France, ceux-ci ne pouvant être garantis que si les relations entre les peuples algérien et français se situent dans un climat d’amitié et de confiance réciproques.


5-      Le Parti communiste français est ainsi, une fois de plus, l’interprête de l’internationalisme des travailleurs, inséparable de l’intérêt national.


LE PARTI COMMUNISTE FRANCAIS.

Le 8 novembre 1954

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Algérie
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