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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 04:48

code-travail.jpgLe plan de la nouvelle offensive du gouvernement contre ce qui reste de conquêtes sociales des travailleurs commence à être dévoilé



Déclaration du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Code du travail va être refondu dans un sens ouvertement anti-ouvrier.

 

Selon les informations divulguées par des syndicalistes qui ont eu en main la mouture finale des modifications projetées, les contrats à durée déterminée (CDD) sont généralisés. L'employé est à la merci du patron. Il ne bénéficie d'aucune protection. Le contrat à durée indéterminée devient une exception. La clause de l'autorisation préalable de l'inspection du travail pour le recrutement des travailleurs en CDD, pour des raisons liées à la nature objective des activités, avait été levée par les lois sociales de 1990, donnant liberté totale au patron de fixer arbitrairement la durée du contrat sans possibilité de recours pour le travailleur. Les nouveaux textes ont entériné cette régression anti-ouvrière. Le projet ne prévoit pas d'article punissant l'employeur qui refuse de reconnaître le droit du travailleur en CDD à se syndiquer. Le syndicat du pouvoir UGTA est le premier à dénier ce droit aux travailleurs en CDD pour les empêcher de porter à la tête des syndicats des éléments combatifs qui refusent le "pacte social" passé avec leurs exploiteurs.

 

Les lois anti-grèves introduites en 1990 par le gouvernement "réformateur" de Hamrouche sont aggravées. Le dispositif mis en place avait pour but de rendre pratiquement impossible une grève "légale". C'est sur cette base que presque toutes les grèves qui ont eu lieu dans le secteur privé, ainsi que dans certaines entreprises publiques, ont été systématiquement déclarées illégales par les tribunaux et les représentants des travailleurs jetés à la rue, condamnés à payer des amendes ou à des peines de prison. Les amendements renforcent l'arsenal répressif en ajoutant de nouvelles exigences. Les organisateurs des grèves sont tenus de fixer à l'avance leur durée, leur date, leur lieu et les effectifs engagés dans l'action. Des sanctions sont prévues contre eux s'ils les modifient en fonction des impératifs de la lutte revendicative. Plus grave aussi, le projet considère que la relation de travail est suspendue en cas de grève. C'est une forme grossièrement déguisée d'octroi au patron du droit de "lock-out".



Le projet légalise la pratique scélérate des patrons en leur reconnaissant le droit de ne pas réintégrer les travailleurs, et notamment les syndicalistes, abusivement licenciés même si les tribunaux donnent raison à ces derniers. L'amendement introduit en 1997 par le Conseil de transition est maintenu: pour être reconnu par le patron, le syndicat doit lui remettre la liste nominative de ses adhérents qui prouve qu'il regroupe 20% au minimum des travailleurs. Autant dire que le syndicat envoie ses adhérents à la guillotine patronale!

 

D'autres amendements portent la trace profonde de cette régression.

 

Ces amendements rétrogrades ont été concoctés de façon anti-démocratique, sans consultation des premiers concernés, les travailleurs qui produisent les richesses du pays. Ils sont  l'expression parfaite de la nature de classe du système bourgeois et mafieux qui gouverne le pays, un système qui sert les intérêts des capitalistes exploiteurs et des sociétés étrangères assoiffés de profits, cherchant à saigner à blanc le peuple.

 

Ces amendements sont avancés derrière le rideau de fumée de l'abrogation annoncée pour le 1er janvier prochain de l'article 87 bis des lois sociales adopté après l'accord passé avec le FMI en 1994. Cet article avait inclus les primes dans le salaire minimum garanti (SNMG), privant de la sorte de ses augmentations les travailleurs situés au bas de l'échelle. L'annonce hypocrite de cette décision a cependant soigneusement évité de soulever les problèmes du non respect du SNMG par les patrons, en toute impunité, et la pratique largement répandue de la non déclaration des travailleurs à la sécurité sociale.

 

Le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, parti des communistes, dénonce ce projet dont le contenu a été écrit par les valets du capitalisme sous la dictée des patrons algériens et des sociétés étrangères à la recherche de tous les moyens pour précariser les travailleurs, renforcer leur exploitation et réaliser des taux de profit astronomiques.

 

Les représentants de la bourgeoisie au pouvoir ou dans l'opposition, comme c'est le cas de Hamrouche, père de l'arsenal juridique mis en place en 1990 pour paralyser les luttes ouvrières et faciliter le processus de passage déclaré au capitalisme, sous couvert des "réformes", sont et seront toujours d'accord pour mettre en vigueur des textes anti-ouvriers. C'est pourquoi la classe ouvrière doit se battre dans ses propres organisations de classe d'une façon indépendante et élargir ses alliances avec les catégories sociales qui sont elles aussi l'objet de l'exploitation capitaliste et dont les conditions de vie se rapprochent de celles qu'elle subit. 

 

 

lienpadsIl appelle à renforcer la mobilisation et à l'unité d'action de tous les travailleurs pour faire échouer cette nouvelle offensive du patronat et de son régime contre les droits minimum des travailleurs à une vie digne, à de meilleures conditions de travail et de rémunération.

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 05:47

bouteflikaverdun.jpgLa participation algérienne au défilé militaire du 14 juillet à Paris est une caution aux ingérences de l'impérialisme français dans le monde

 

Déclaration du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Le ministre algérien des Affaires étrangères vient d'annoncer que le gouvernement a accepté qu'une délégation représentera l'Algérie au défilé militaire du 14 juillet à Paris à l'invitation des autorités françaises dans le cadre de la commémoration du centième anniversaire du déclenchement de la Première guerre mondiale. Il a prétendu que cette participation exprimera l'hommage rendu aux combattants algériens pour leur contribution à la cause de la Liberté des peuples.

 

Les communistes algériens réprouvent totalement à cette décision et sa justification en des termes qui déforment l'histoire de façon inacceptable.

 

La Première Guerre mondiale n'était pas une guerre de libération, ni les autres guerres déclenchées par les puissances capitalistes. C'était une guerre impérialiste pour le repartage des colonies, des zones d'influence, des marchés, des réservoirs de main d'oeuvre, des sources de matières premières et d'énergie, entre les capitalistes français, anglais, allemands, russes, américains. Des dizaines de millions de travailleurs sont morts, jetés les uns contre les autres dans une boucherie effroyable, pour étendre les conquêtes territoriales et grossir les profits de leurs exploiteurs. Les Algériens, opprimés, méprisés et privés des droits les plus élémentaires par les colonialistes français ne sont pas partis se battre en France de leur propre gré. Ils avaient été enrôlés de force, et envoyés en premières lignes sur les fronts les plus meurtriers des champs de bataille, pour assouvir la soif de domination des impérialistes.

 

Le défilé militaire du 14 juillet n'a aucun lien avec la célébration de la révolution démocratique bourgeoise française de 1789. La bourgeoisie française exploite la commémoration de cet événement historique pour exhiber sa puissance guerrière, manifester sa capacité à envahir toute nation qui contrarie sa soif de profits. L'armée française est l'instrument militaire de sauvegarde de la domination de la bourgeoisie française dans le monde et en France même.

 

La décision d'envoyer des militaires ou des civils algériens parader aux côtés des militaires français est une caution ouverte aux ingérences de l'impérialisme français dans le monde. C'est un soutien objectif à la destruction de la Libye, à l'invasion du Mali, de la république centrafricaine, au coup de force en Côte d'Ivoire, aux intimidations contre la Syrie, au jeu dangereux en Ukraine et sur les frontières de la Russie, etc.

 

Cette décision exprime clairement la tendance du régime algérien, en tant qu'appareil de domination des classes exploiteuses et parasitaires, à renforcer de plus en plus ses liens avec l'impérialisme en vue de sauvegarder les intérêts de ces classes, à apporter sa contribution à la défense de l'ordre impérialiste mondial. Elle ne fera qu'encourager les impérialistes à accroître leurs pressions sur l'Algérie pour pousser le pouvoir à brader les richesses du pays, à démanteler ses barrières protectrices, à poursuivre l'oeuvre de démolition de la souveraineté nationale entamée par la signature de l'accord d'association avec l'Union européenne, à continuer à encercler l'Algérie pour la faire éclater.

 

Le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, parti des communistes algériens, condamne la décision des autorités algériennes de participer à ce défilé. La position des communistes n'est pas une marque d'hostilité au peuple et aux travailleurs français. Des liens d'amitié véritable se sont noués entre les deux peuples durant la lutte contre le colonialisme. Après l'indépendance, des milliers de progressistes français avaient apporté leur concours à l'oeuvre d'édification nationale.

 

 

Ces liens continueront à se renforcer dans les luttes pour combattre les ingérences impérialistes, préparer la révolution socialiste, abattre la domination de la bourgeoisie, instaurer un monde de paix et d'entraide mutuellement bénéfique à tous les peuples de la planète.

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 06:39

Timbre_commemoratif_algerien_-8_mai_1945_artimage_221197_.jpgLa dure et sanglante épreuve des 1er et 8 mai 1945 sur le chemin de l’indépendance de l’Algérie

 

L'an dernier, notre camarade William Sportisse – figure historique du mouvement communiste algérien, toujours militant au Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) – livrait cet article passionnant à la Jeunesse communiste du 15 ème arrondissement de Paris sur la signification contradictoire et douloureuse des 1 er mai et 8 mai 1945 pour le peuple d'Algérie.



Nous le publions en cette année 2014 sur le blog: http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Alors que les peuples du monde entier fêtaient dans la liesse la fin de la seconde guerre mondiale, la défaite militaire et politique de l’Allemagne hitlérienne et de ses alliés fascistes d’Italie et du Japon, le peuple Algérien assoiffé de liberté a été pour sa part privé par les colonialistes français de participer à cette joie légitime auquel pourtant il avait apporté sa contribution en partageant les sacrifices consentis pour l’imposer.



Victime de la haine des seigneurs de la colonisation il connaîtra en ces premiers jours de mai les larmes, les assassinats, les arrestations et les condamnations à la prison de la justice coloniale. Les estimations concernant les victimes algériennes de la répression coloniale survenues au cours des manifestations du 8 mai et du soulèvement populaire qui a suivi sont très diverses. Selon l’administration coloniale elles s’élèveraient à 7 000 ou 8 000 morts Algériens dont une centaine d’Européen. alors que le Consul américain en poste à Alger à ce moment là retient le chiffre de 40 000 et l’Association des Oulémas celui de 80 à 85 000.

.

Mais que s’est-il passé exactement en Algérie ce 8 mai 1945 ? Les autorités officielles et des organisations politiques et syndicales du pays organisèrent des défilés afin de célébrer uniquement la victoire remportée sur le fascisme. Ils rassemblèrent surtout la population d’origine européenne. De leur côté, les Amis du Manifeste et de la liberté, un mouvement unitaire nationaliste qui rassemblait dans ses rangs les partisans de Ferhat Abbas et les membres du parti nationaliste du PPA que présidait Messali Hadj, organisa de son côté des manifestations pour célébrer la défaite du fascisme et réclamer en même temps l’indépendance de l’Algérie et la satisfaction de revendications immédiates à caractère national dont notamment la libération de Messali Hadj, alors en résidence surveillée, et de tous les patriotes algériens détenus dans les prisons coloniales en raison de leur action anticolonialiste. A juste titre ce mouvement revendiquait, au lendemain de la participation de l’Algérie à la défaite du fascisme, la reconnaissance du droit du peuple Algérien à gérer librement ses propres affaires en se débarrassant du système colonial. Les Algériens avaient pris au sérieux les promesses de satisfaire les aspirations des peuples opprimés présentées par des dirigeants des puissances de la coalition anti hitlérienne et anti fasciste, notamment le Président des USA Roosevelt, pour gagner leur participation et leur contribution au combat antifasciste sur les théâtres d’opérations militaires aussi bien en Asie, en Afrique et en Europe. En manifestant le 8 mai 1945, pour leurs revendications nationales, les Algériens mettaient au défi les puissances de la coalition anti hitlérienne de mettre à exécution leurs promesses.



L’administration coloniale française avait été contrainte d’accorder une autorisation officielle au mouvement desAmis du Manifeste et de la liberté(AML) qui permettait le déroulement de ces manifestations dans plusieurs villes d’Algérie. Tout en accordant cette autorisation, l’administration coloniale française, comme à son habitude, ne manqua pas de l’assortir de restrictions à la liberté de manifester et de menaces qui ont été exprimées aux organisateurs. Ces restrictions et ces menaces cachaient mal les intentions provocatrices de cette administration coloniale que les Amis du Manifeste et de la libertéavaient devinées en insistant auprès de leurs militants afin que les défilés conservent un caractère pacifique tout au long de leur déroulement. Prévenu par les déclarations de la colonisation sur l’utilité de « laisser murir l’abcès pour mieux le crever », la direction des AML donna aux participants la consigne de se garder de porter une arme même un simple canif au cours de ces manifestations. Cette consigne avait été appliquée rigoureusement lors de la manifestation célébrant la fête du travail du 1er mai 1945 qui s’était déroulée à Alger à l’appel des militants nationalistes et qui fut durement réprimée et désorganisée par les forces répressives coloniales. Ce qui s’était produit le 1er mai 1945 à Alger laissait prévoir ce qui allait se produire le 8 mai 1945.



A Sétif, ce jour là vers 9 heures du matin, le cortège des participants au défilé dont le nombre est estimé entre 8 000 et 15 000 personnes démarra de la Mosquée Abou Dher El Ghiffari. Le défilé devait prendre fin au Monument aux morts où une gerbe de fleurs devait être déposée. Au départ, les scouts musulmans qui ouvraient la marche étaient suivis par les porteurs des drapeaux des pays de la coalition anti hitlérienne : français, anglais, américain, soviétique. Tout se passait bien écrit Boucif Mekhaled dans son ouvrage « Chroniques d’un massacre » [1].



Mais ensuite, à hauteur de l’avenue principale Georges Clemenceau lit-on dans cette chronique : « subitement, les pancartes, les banderoles et les drapeaux furent déployés. Le drapeau algérien était déployé par le jeune scout Saal Bouzid … Les pancartes et les banderoles portaient les inscriptions suivantes : « Libérez Messali », « Vive l’Algérie libre et indépendante », « Vive la charte de l’Atlantique », « Nous voulons être vos égaux », « A bas le colonialisme », « Vivent les Nations Unies ».



Le commissaire de police coloniale Oliveri qui se trouvait sur les lieux voulut s’emparer du drapeau et des banderoles. Les manifestants refusèrent de céder le drapeau. Une bagarre aux poings opposant manifestants et policiers suivit. Puis des coups de feu éclatèrent en provenance des rangs des policiers. Touché mortellement le jeune scout porteur du drapeau s’écroula à terre. Il serait long de décrire le déroulement des massacres qui suivirent. L’ouvrage de Boucif Mekhaled raconte avec beaucoup d’objectivité et force détails les massacres qui ont été commis. Le même scénario s’est produit également à Guelma où le défilé s’est déroulé dans l’après-midi du 8 mai et s’est achevé dans le sang quand les policiers pour s’emparer des banderoles et du drapeau algérien eurent recours à leurs armes. Les tirs de leurs balles firent un mort et de nombreux blessés. La situation tournera au drame dès le lendemain dans toute la région quand les populations algériennes apprennent la férocité de la répression colonialiste dont ont été victimes les manifestants de Sétif et Guelma.



Le même phénomène se produisit dans la région de Kherata. Les Algériens de ces deux régions se soulèvent pour exprimer leur solidarité avec leurs frères réprimés à Sétif et pour afficher leur haine du système colonial. De leur côté, l’armée, la police et des milices, composées de civils européens armés mises en place par l’administration coloniale avant le 8 mai, s’engagent dans une répression féroce des Algériens.



Dans son ouvrage « La révolution nationale Algérienne » [2], Jacques Jurquet estime qu’elle a revêtu le caractère d’un génocide. L’armée, l’aviation, la marine française sont mises à contribution pour réprimer les soulèvements qui se déclarent dans plusieurs secteurs de la région de Constantine. La population des douars de la région de Kherata est pilonnée par les croiseurs de la marine Dugay- Trouin et le Triomphant. L’aviation entre en action. Elle bombarde et mitraille les douars de toute cette région. Les armes lourdes, les auto mitrailleuses ont été utilisées par les forces répressives pour ramener « le calme en Algérie pendant dix années » suivant les déclaration du général Duval commandant les forces de l’armée coloniale de la région de Constantine. Mais ce calme ne pouvait en aucun cas éteindre la flamme patriotique du peuple algérien ni étouffer sa voix ni sa volonté de poursuivre le combat, en tirant les leçons de cet échec, afin d’aboutir dix sept ans plus tard à sa libération.



La compréhension des événements du 8 mai 1945 est liée à la connaissance du rapport des forces politiques dans le monde et en Algérie qui s’était dessinée au cours et au lendemain de la seconde guerre mondiale. Il est marqué par un affaiblissement de certains grands pays impérialistes dont la France et l’Angleterre au bénéfice des Etats-Unis. Cet affaiblissement intervient au moment où les peuples qui sont opprimés et exploités par ces deux puissances ont pris conscience de la possibilité qui s’offrait à eux de se libérer. En Algérie, cette prise de conscience se traduit en 1943 par la naissance du mouvement unitaire les « Amis du manifeste » qui réussit à rassembler dans ses rangs des patriotes algériens influencés par des courants idéologiques différents (nationalistes ou progressistes). Les rangs de ce mouvement sont ouverts à tous les courants idéologiques de la mouvance patriotique du pays. Le peuple algérien voit dans ce mouvement un instrument qui peut contribuer à le conduire vers sa libération. Dans les faits, le 8 mai 1945 est à la fois un phénomène de conjoncture internationale et nationale. Internationale parce que les combats antifascistes de la seconde guerre mondiale réveilleront non seulement les Algériens mais de nombreux peuples colonisés du monde. La proclamation de l’indépendance de l’Indonésie, des Philippines, du Vietnam en mars 1945, les événements qui se déroulent au même moment en Syrie et au Liban montrent que les peuples opprimés par les puissances impérialistes d’Europe prennent conscience qu’il peut être mis un terme à l’ère du colonialisme.



Sur le plan interne, les larges couches populaires algériennes des villes et des campagnes ne peuvent plus supporter les conditions politiques, économiques et sociales du système colonial. Ces conditions se sont aggravées avec toutes les restrictions alimentaires qui leur ont été imposées au cours de la seconde guerre mondiale surtout durant l’occupation de la France quand une part non négligeable de la production agricole était destinée à l’armée allemande. Les stocks de sécurité en céréales n’existaient plus. De plus, la politique agricole de la grosse colonisation basée sur le profit donnait la préférence aux plantes fourragères destinée à nourrir son bétail ou à la production de la vigne pour l’exportation du vin, alors que la population algérienne avait plus besoin de céréales pour se nourrir.



Dans les campagnes algériennes la misère et la famine règne. Près d’un million cinq cent mille habitants ruraux sont sans terre et souvent sans emploi. Pour calmer leur faim, nombreux sont les Algériens des campagnes qui se nourrissant de racines dont la « Talrouda ». Dans leur propre pays les Algériens sont considérés par le système colonial comme des hommes inférieurs. Ils n’ont pas les mêmes droits politiques économiques et sociaux que la minorité européenne. Alors que la population d’origine européenne est évaluée à un million et que celle autochtone est de près de 7 millions, la représentation de ces derniers dans les assemblées élues est minoritaire. En outre, les dirigeants et les militants des partis nationalistes sont sans cesse l’objet de mesures répressives. Certes les gouvernants français de Paris tentent d’apporter des « réformes » destinées à atténuer sans les guérir les souffrances du peuple algérien, comme celles envisagées par le général De Gaulle en 1945.



La bourgeoisie capitaliste française veut à tout prix conserver l’Algérie et accepte de faire de minces concessions qui ne correspondent pas aux légitimes aspirations du peuple algérien avec l’espoir de calmer sa colère justifiée. Mais la grosse colonisation terrienne, spéculant sur la peur et le racisme de fractions importantes de la minorité européenne refuse la moindre réformette. Elle est épaulée par une administration coloniale à son service qui est plus encline à écouter ses instructions que celles en provenance de Paris. Administration coloniale et grosse colonisation terrienne européenne d’Algérie sont à l’origine de tous les complots fomentés contre le peuple algérien pour écraser et noyer dans le sang toute tentative de sa part de mettre en cause « l’ordre colonial ». Ceci explique qu’à la veille des manifestations pacifiques prévues pour le 8 mai, des dirigeants de l’administration ont pris les dispositions pour mettre en échec les réformettes du gouvernement français et en même temps pour écraser toute velléité de soulèvement populaire contre le système colonial. Le préfet de Constantine Lestrade Carbonnel , au mois d’avri 1945 déclarait au docteur Saadane, dirigeant des Amis du manifeste et de la liberté (AML), alors Conseiller général : « Des troubles vont se produire et un grand parti va être dissous ».



A Sétif, le 5 mai 1945, le sous-préfet avait réuni le capitaine de gendarmerie, le commissaire Oliveri de la police judiciaire afin d’examiner les forces de police disponibles pour le « maintien de l’ordre ». A Guelma, le sous-préfet Achiary qui avait torturé des militants communistes sous Vichy, alors qu’il exerçait dans la police coloniale, organisa des Européens dans des milices civiles qui furent pourvues des armes nécessaires utilisées le 8 mai 1945 et les jours qui suivirent contre les Algériens. Ce sont ces mêmes personnages qui sont intervenus au cours des manifestations pacifiques pour semer le désordre afin de justifier ensuite la répression. Devant la crainte de perdre l’Algérie, la bourgeoisie française et son représentant au pouvoir le général De Gaulle donna à ce moment là tous les moyens à la grande colonisation terrienne et à son administration.



La conjonction des intérêts primordiaux entre la bourgeoisie impérialiste française et de la grosse colonisation terrienne l’emportait ainsi sur leurs divergences bien minces sur la manière de conserver l’Algérie. Malheureusement, comme l’a reconnu plus tard Raymond Aubrac, l’un des dirigeants de la résistance française au fascisme hitlérien, le programme du conseil national de la résistance française n’avait rien prévu pour la libération des colonies du joug colonial. Cette faiblesse a été sans aucun doute mise à profit par les forces colonialistes pour empêcher toute avancée à caractère libératrice et émancipatrice dans les pays colonisés par la France.



A l’époque, les communistes algériens avaient refusé de rejoindre les Amis du manifeste et de la liberté, et avaient édulcoré leurs orientations anticolonialistes. Même s’ils exprimaient toujours leur hostilité au système colonial, aux yeux de la grande majorité des couches populaires algériennes cela demeurait insuffisant. Leur abandon du mot d’ordre de l’indépendance et leur sectarisme envers les dirigeants nationalistes les ont coupé des larges masses populaires et leur absence du mouvement de libération nationale l’a privée d’une force politique qui pouvait lui être nécessaire dans la conduite des manifestations pour faire échec aux manœuvres du colonialisme. Prenant conscience aussitôt de leur profonde erreur, les communistes algériens organisés dans le PCA prirent toutes les mesures pour lancer le grand mouvement d’amnistie qui permettra en 1946 la libération de la plus grande partie des patriotes emprisonnés et condamnés par les tribunaux colonialistes au lendemain du 8 mai 1945. En s’intégrant pleinement ensuite au mouvement de libération nationale, le Parti communiste Algérien, mobilisant dans ses rangs et dans les syndicats les éléments les plus conscients de la classe ouvrière algérienne et de la paysannerie laborieuse, apportera une contribution clairvoyante et précieuse. Même si elle peut paraître modeste, cette contribution du PCA a favorisé l’élimination des insuffisances relevées en 1945, notamment par une meilleure orientation et un encadrement des luttes populaires si nécessaires pour vaincre le colonialisme.



Le mouvement de libération nationale a encore grandi au lendemain du 8 mai 1945. Les souffrances endurées au cours de cette période ont mûri la conscience et la capacité de lute du peuple algérien. Il aboutira ensuite après sept années de guerre de novembre 1954 à juillet 1962 sous la direction du Front de libération Nationale à imposer l’indépendance de l’Algérie.



[1] Chronique d’un massacre – 8 mai 1945 – Sétif- Guelma- Kherrata de Boucif Mekhaled, Éditions Syros

[2] La Révolution nationale algérienne de Jacques Jurquet, Éditions du centenaire



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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 05:34

lienpadsLe Premier mai 2014 des communistes algériens

 

 

Communiqué du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

 

Action unie de la classe ouvrière et des masses populaires

pour:


-défendre le pays contre les intrigues et ingérences impérialistes

-arracher les libertés d'organisation et d'expression politiques et syndicales

-mettre en échec les plans de la bourgeoisie pour démanteler les conquêtes sociales

-accumuler les forces pour des changements radicaux dans la perspective du socialisme

 

La classe ouvrière et les travailleurs algériens célèbrent ce premier mai 2014 dans un contexte dangereux.


L’élection présidentielle du 17 avril  s'est terminée par la réélection de Bouteflika représentant de la bourgeoisie et des couches moyennes toutes enrichies par les trafics et l'exploitation féroce des travailleurs. A l'occasion de cette élection des conflits aigus ont opposé ouvertement différents courants de la bourgeoisie et des couches moyennes dans le pouvoir ou dans l'opposition pour la suprématie sur le pays. En recourant à l'appui des Etats impérialistes pour se maintenir au pouvoir ou s'en emparer, ces multiples groupes ont montré qu'ils sont capables de faire exploser le pays.

 

Depuis des années, un large éventail de forces sociales lutte pour les libertés démocratiques et notamment pour des élections sans fraude.


La classe ouvrière a participé de différentes manières à ces luttes. Elle est directement concernée par ces combats démocratiques car c'est elle qui subit le plus et sur tous les plans le diktat et les pratiques mafieuses de la bourgeoisie, des affairistes. C'est elle qui a le moins de possibilités de faire entendre sa voix et de s'organiser librement pour défendre ses intérêts et réaliser ses aspirations politiques et sociales, en raison du système des lois sur les partis et les syndicats ainsi que de l'emprise de la bourgeoisie sur la presse et les télévisions privées ou publiques.


Le programme économique et social des Benbitour, Benflis, Djaballah, Mokri, Sadi et celui que le régime de Bouteflika met en application sont les mêmes. Son contenu est anti-ouvrier, anti-populaire et anti-national. Les uns et les autres sont lancés dans une course pour gagner le prix du meilleur valet de l'impérialisme, de celui qui lui livrera les richesses du pays, permettra aux multinationales d’amasser de gros profits. Des secteurs du pouvoir et de l’opposition veulent ramener la condition des ouvriers algériens à celle de leurs camarades du Bangladesh ou du Cambodge. Dans ces pays, les ouvrières et les ouvriers sont  sauvagement exploités, payés entre 30 et 60 dollars par mois, pour 60 heures de travail par semaine, violemment réprimés par la police quand ils protestent. Voilà le modèle secrètement rêvé des capitalistes algériens, de leurs politiciens, de leurs économistes et de leurs journalistes!

 

Le capitalisme est en crise à l'échelle mondiale. Pour satisfaire leur soif illimitée de profits, les impérialistes cherchent à surmonter leur crise par une offensive furieuse partout dans le monde contre les conquêtes sociales des travailleurs. Ils font pression sur tous les peuples de la planète pour obtenir la destruction des législations sociales qui protègent les travailleurs. Ils travaillent main dans la main avec les bourgeoisies locales pour réaliser leurs buts. Ils ont déclenché des guerres en Irak, Libye, Syrie, Mali, Centrafrique, pour s'emparer des ressources énergétiques des peuples et de leurs richesses, étendre leurs zones de domination, briser la résistance des peuples. C’est pour les mêmes raisons qu’ils s’ingèrent ouvertement et sèment le chaos en Ukraine et au Venezuela .

 

En tant que classe la plus exploitée, la classe ouvrière est celle qui a le plus intérêt à poser et à résoudre les graves problèmes de l'heure que le régime et ses opposants ultra-libéraux passent sous silence: la mobilisation pour la défense du pays contre les ingérences des puissances impérialistes et les agissements antinationaux de leurs agents, la relance du développement industriel sur la base de la réhabilitation du rôle stratégique du secteur public et de la planification, seuls moyens sérieux pour créer des emplois dignes de ce nom et résorber rapidement le chômage, l'arrêt de l'importation massive de marchandises de luxe et superflues qui saignent nos ressources en devises, la confiscation des biens nationaux accaparés par les responsables, le châtiment exemplaire des gros corrompus, etc.

 

Travailleurs, organisez-vous, unissez-vous, développez la solidarité entre vous!

 

Continuez vos luttes pour l'amélioration de votre pouvoir d'achat, l'indexation des salaires et des pensions de retraite sur les prix, pour résister au terrorisme social des patrons, mettre  fin aux licenciements arbitraires, réintégrer les travailleurs licenciés, obliger les capitalistes à respecter les libertés syndicales, à déclarer les travailleurs à la sécurité sociale, permaniser les contractuels et mettre fin à la pratique éhontée des pré-emplois, obtenir l'institution de l'aide de l'Etat au logement des travailleurs à faible revenu, relancer la médecine socio-professionnelle, réhabiliter les hôpitaux publics et mettre fin à leur sabotage organisé en haut lieu pour favoriser les cliniques privées, etc.

 

Soyez vigilants et intensifiez vos luttes car le pouvoir prépare des lois qui généralisent les emplois précaires et à durée déterminée. Il cherche à transformer les travailleurs en travailleurs "jetables"pour que les exploiteurs augmentent leurs profits.


Combattez les entreprises de division sur des bases régionalistes, ethniques ou religieuses. Travailleurs de toutes les régions du pays, d'Alger, de Annaba, de Mascara, de Tizi Ouzou, de Béjaïa, de Ghardaïa, de Ouargla, de Tamarasset et de In Amenas, ne laissez pas les trafiquants, les affairistes mafieux, les exploiteurs, les agents de l'impérialisme semer les querelles parmi vous!


Travailleurs algériens immigrés en France ou dans d'autres pays, renforcez vos liens avec vos camarades de ces pays, adhérez à leurs syndicats de classe combatifs pour affronter ensemble vos exploiteurs communs et leurs organisations racistes-fasciste!

 

Créez, de la base à l'échelle nationale, des syndicats de classe, démocratiques, unitaires, de masse, indépendants de la domination des capitalistes et de leur idéologie, des syndicats qui refusent de pratiquer la collaboration avec les exploiteurs. Coordonnez vos actions. Il ne peut exister ni de pacte social avec la bourgeoisie, ni de liens de "partenariat" entre les travailleurs et leurs exploiteurs. La classe ouvrière et la bourgeoisie ont des intérêts diamétralement opposés, inconciliables. Il n'y a pas de différence entre capitalistes compradores et capitalistes industriels.

 

Renforcez vos liens avec les syndicats internationalistes de classe authentiques, avec la Fédération syndicale mondiale (FSM) pour faire front à l'échelle mondiale aux organisations du Capital: FMI, Banque mondiale, Organisation internationale du Travail, OMC et aux syndicalistes à leurs bottes de la Confédération syndicale internationale.

 

 

N'écoutez pas les faux syndicalistes qui vous conseillent de laisser de côté vos revendications politiques de classe, d’attendre une “transition démocratique pacifique” et l'instauration d'un "Etat de droit" qui soi-disant règleront vos problèmes.

 

En intensifiant vos batailles maintenant pour vos revendications sociales et vos aspirations politiques vous forgerez les armes organisationnelles syndicales et politiques qui vous permettront de vous faire entendre. C’est par ces moyens que vous vous préparerez à prendre le pouvoir en alliance avec la petite paysannerie et les couches populaires qui vivent de leur travail, la jeunesse qui n'a que ses bras et son cerveau pour vivre, les cadres honnêtes qui contribuent à la vie du pays.

 

La classe ouvrière ne mettra fin à son exploitation et à sa condition misérable que lorsqu'elle abolira le système capitaliste, qu'elle sera maîtresse des moyens de production, qu’elle construira la société socialiste. Ce n’est que par ces changements radicaux qu'elle pourra alors développer les forces productives suivant un plan pour satisfaire ses besoins sociaux croissants.

 

Renforçons le PADS, parti communiste révolutionnaire qui a pour but l’émancipation des travailleurs, l’instauration de la société socialiste, l'établissement de liens de fraternité entre les prolétaires du monde entier!

 

Prolétaires de tous les pays et peuples opprimés unissez-vous!

 


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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Algérie
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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 06:01

610px-Flag and map of Algeria.svgRé-élection de Bouteflika en Algérie : pour les communistes, les luttes doivent continuer

 

 

Communiqué du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Réélection de Bouteflika :

 

Les luttes des travailleurs et des masses populaires continuent pour leurs revendications sociales, les libertés démocratiques réelles, la relance du développement, la défense de la souveraineté du pays face au danger des ingérences impérialistes, la perspective stratégique du socialisme


 

Les résultats officiels de l’élection présidentielle du 17 avril ne constituent pas une surprise. Bouteflika l'aurait remportée par 8,3 millions de voix sur un total de 11,3 millions de votants selon les chiffres annoncés par le ministre de l'Intérieur. Ces chiffres sont à prendre avec des pincettes*. La machine de la fraude a fonctionné. Cependant, l'ampleur des trucages a été cette fois-ci relativement moindre. Les chiffres des votes en faveur de Bouteflika ont pu être grossièrement gonflés surtout dans les campagnes et les endroits reculés où l’emprise des appareils du régime est quasi-absolue et où la combativité des masses est très faible. Son principal rival, Benflis, affirme que la fraude a été massive et qu’il ne reconnaîtra pas les résultats proclamés.


 

Les luttes démocratiques de différentes catégories de la société ont porté. Si elles n'ont pas fait complètement disparaître la fraude, elles l'ont rendue plus difficile. Les divergences qui ont éclaté au sein du régime quelques semaines avant le scrutin électoral ont également contribué à les compliquer. Preuve en est que les chiffres annoncés ne peuvent cacher le fait que Bouteflika a récolté 4,6 millions de voix de moins qu’en 2009.


 

Les chiffres du ministre de l'Intérieur n'ont pu dissimuler que les abstentionnistes et les votes nuls représentent la majorité du corps électoral. Si l'on tient compte des millions de citoyens qui ne sont pas inscrits sur les listes électorales et que le ministère de l’Intérieur passe sous silence, il apparaît que deux tiers au moins de la population en âge de voter ne se reconnaissent pas dans le régime.


 

De très nombreux jeunes ne se sont pas inscrits sur les listes électorales. Ce refus traduit leur dégoût pour la consultation électorale. Ils n’en attendent rien de concret pour la satisfaction de leurs besoins immédiats à un emploi, à une vie et à un avenir dignes. La seule chose que le régime de la bourgeoisie leur a offerte c'est de quitter leur pays pour d'autres à la recherche de leur gagne-pain quotidien. Ils n’ont pas choisi d'émigrer de leur propre gré. La bourgeoisie leur a volé leur patrie.


 

Représentant la grande bourgeoisie et les couches moyennes enrichies par les affaires lucratives, Bouteflika a regroupé autour de lui tous ceux qui veulent la stabilité pour continuer à piller les ressources du pays dans la bonne entente avec les puissances impérialistes.


Benflis n’aurait réuni autour de son nom que 1 245 000 voix. Il n’a pas reçu le soutien des travailleurs conscients qui ont compris que par ses objectifs économiques et sociaux il n’était qu’un simple candidat parmi d’autres de la bourgeoisie. De très nombreux démocrates se sont également détournés de lui après sa promesse de réhabiliter politiquement les chefs du FIS, mouvement fasciste qui a utilisé la religion pour tromper les masses populaires, responsable du massacre de plus de 100 000 citoyens civils et militaires durant les années 1990.


 

Louisa Hanoune, responsable du parti trotskyste dit des travailleurs, aurait réalisé 140 000 voix contre 604 000 en 2009. Elle a été chouchoutée par le régime depuis 1989 puis par Bouteflika qu’elle a soutenu sans défaillance pour sa politique de réconciliation avec le FIS. Son existence médiatique et électorale fait partie du jeu du régime qui la tient en laisse et veut faire croire que les travailleurs sont représentés sur la scène politique. Le régime l'a toujours récompensée, aux législatives ou aux présidentielles, en lui octroyant des voix dont nul ne peut certifier l’ampleur véritable et l’authenticité. Cette fois-ci, il l’a lâchée, probablement à cause de ses hésitations au début à appuyer le 4 ème mandat de Bouteflika. Beaucoup parmi ceux qui avaient l’habitude de voter pour elle ont fini par découvrir son double jeu. Elle s’est maintenant complètement déconsidérée par ses déclarations sur l’honnêteté du scrutin et sur son affirmation que la stabilité du pays passait avant ses résultats électoraux.


 

Les trois autres candidats ont reçu des miettes pour avoir servi à donner crédit à la fiction d’une élection ouverte.


 

La peur de l’exploitation des conflits internes du pays par les Etats impérialistes, la hantise du retour aux années noires du terrorisme des groupes obscurantistes, le climat de tension créé par l’éclatement au grand jour des divergences au sein du régime, ont freiné la combativité des masses. Ils ont incité des franges populaires de la société à voter en faveur de Bouteflika. La propagande du régime l'a inlassablement présenté comme le garant de la paix civile. De plus, la large médiatisation par les chaînes de télévision privées internes ou étrangères, notamment françaises, de la soudaine agitation de petits groupes d'opposants contre le quatrième mandat a provoqué, jusqu’au sein des masses, un climat de méfiance vis à vis de tous ceux qui contestent le régime. Elle a servi la stratégie de ce dernier.


 

En définitive, une majorité écrasante de la population a exprimé son rejet du régime que ce soit en s’abstenant de voter ou en votant nul.


 

Les motifs politiques de ce rejet ne sont pas les mêmes. Il y a la masse des travailleurs qui exprime son indignation contre les inégalités sociales, la misère, la corruption, l’arbitraire et l’étouffement des libertés démocratiques, qui aspire à des changements qui améliorent son sort. Il y a dans les couches moyennes ceux qui défendent le capitalisme et réclament des réformes accélérées pour protéger ses “acquis” d’une révolte populaire. Ceux-là pensent que le meilleur moyen d’arriver à cette fin est de changer de méthodes de gouvernement et de s’appuyer sans fard sur les puissances impérialistes.


 

Il y a au sein des couches de la petite-bourgeoisie des franges qui croient pouvoir éliminer les manifestations les plus intolérables du régime de la bourgeoisie et arracher des libertés démocratiques sans remettre en cause ce régime dans ses fondements. Il existe aussi une proportion de citoyens encore influencés par l’idéologie obscurantiste dont le contenu économique et social réel est l’instauration d'une domination terroriste des exploiteurs à l’ombre d’un Etat théocratique.


 

Les luttes politiques et sociales de ces dernières années ont cependant élevé le niveau de conscience de nombreuses couches sociales, notamment parmi les jeunes. Elles ont exacerbé l'indignation des masses, renforcé la recherche d'une alternative démocratique populaire de progrès. Elles ont suscité des craquements au sein du régime. Malgré leur fardage frauduleux, les résultats avoués révèlent un affaiblissement politique du régime.


 

Ces élections et la victoire de Bouteflika ne changent pas la contradiction criante qui opposent la grande masse des travailleurs et du peuple à une petite minorité d’affairistes mafieux et d’exploiteurs.


 

Le vote est une forme de luttes parmi d'autres qui préparent des lendemains plus favorables à l'activité des masses pour un changement radical. Il faudra continuer à combiner toutes les formes de lutte, électorales ou non électorales, en vue de cet objectif. Mais ce n'est pas des urnes qu'il faut attendre l’amélioration des conditions de vie des travailleurs et des masses laborieuses, les libertés démocratiques politiques et syndicales, les changements socio-politiques radicaux et l'instauration d'un régime démocratique populaire de progrès qui ouvre la voie à la perspective socialiste. La réalisation de ces aspirations sera le résultat de la lutte quotidienne, de façon organisée et unitaire, dans les usines, les chantiers de construction, les universités, les quartiers populaires, dans les villes et les campagnes.


 

Les communistes organisés dans le Parti Algérien pour la Démocratie et le socialisme, inspirés par le combat de leurs aînés du PCA et du PAGS, feront tout pour se placer à la tête de toutes les luttes des ouvriers, des paysans, des jeunes, des femmes et des autres couches laborieuses du pays pour la satisfaction de leurs aspirations immédiates et à venir, pour la construction de la société socialiste. Le renforcement de l'avant-garde communiste, le PADS, demeure la clé du succès de ces luttes.

 

 

 

*Le taux officiellement proclamé de 81,5 % ne tient pas compte du 1,1 million de nuls, alors qu’il les réintègre dans ses calculs pour faire admettre qu’une majorité d’électeurs, soit 51,7% des inscrits s’est rendue aux urnes. Jusque dans le détail, le ministère de l’Intérieur veut faire croire à un triomphe écrasant. Le nombre d’abstentionnistes officiellement reconnu est de 10,6 millions. Au total, sur un corps électoral officiel de 21,9 millions, le nombre des abstentionnistes et des votes nul ou blanc, a été de 11,6 millions. Le taux des voix exprimés est de 46,7%. Celui des électeurs qui ont exprimé leur défiance pour le chef de l’Etat et les autres candidats est de 53,3%.

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