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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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4 novembre 2014 2 04 /11 /novembre /2014 06:48

_traitement_image.php.jpgNovembre 1954, le Parti communiste français dénonce la répression contre le mouvement de libération nationale algérien

 


Déclaration du Bureau politique du PCF le 8 novembre 1954 reprise par http://www.pcf-paris15.fr/ (puis par http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/)

 


La situation devient chaque jour plus sérieuse en Algérie. Plusieurs régions sont mises en état de siège, des villages entiers sont ratissés, des organisations dissoutes, des centaines d’hommes emprisonnés, des journaux démocratiques saisis ou suspendus. Les colonialistes et la presse à leur service poussent à une répression sans cesse accrue. Une telle situation préoccupe à juste titre la classe ouvrière et l’ensemble des Français.


Le Parti communiste français souligne que les événements qui se déroulent actuellement en Algérie résultent essentiellement du refus opposé par les gouvernants français aux revendications nationales de l’immense majorité des Algériens, ce refus s’ajoutant à une misère généralisée et croissante, conséquence directe du régime colonial qui sévit dans ce pays.


En prétendant nier l’existence en Algérie de problèmes politiques de caractère national, en s’obstinant à camoufler le régime colonial sous le vocable de « trois départements français », le gouvernement tourne le dos à la réalité algérienne et notamment à la volonté de tout un peuple de vivre libre et de gérer démocratiquement ses propres affaires.


Le Parti communiste français dénonce les mesures de violence prises pour tenter de briser le mouvement national algérien, qu’il s’agisse des véritables opérations de guerre actuellement en cours ou de la dissolution arbitraire du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, prétexte à une répression encore accentuée. La politique de force pratiquée par le gouvernement ne résoudra pas davantage les problèmes qui se posent en Algérie qu’elle n’a résolu ceux qui se sont trouvés posés en Indochine, en Tunisie et au Maroc ; ainsi qu’il en a été dans ces divers pays, une telle politique ne peut qu’aggraver la situation et rendre les problèmes encore plus difficiles à régler.


En de telles circonstances, fidèle à l’enseignement de Lénine, la Parti communiste français, qui ne saurait approuver le recours à des actes individuels susceptibles de faire le jeu des pires colonialistes, si même ils n’étaient pas fomentés par eux, assure le peuple algérien de la solidarité de la classe ouvrière française dans sa lutte de masse contre la répression et pour la défense de ses droits.


Il demande aux travailleurs, à tous les démocrates de manifester leur solidarité agissante à l’égard des centaines de milliers de travailleurs algériens obligés de s’exiler en France parce que les conditions du colonialisme les empêchent de vivre dignement, eux et leurs familles, dans leur propre pays.


Les travailleurs, les démocrates, les patriotes français s’opposent d’autant plus vigoureusement à la politique férocement colonialiste pratiquée en Algérie et dans toute l’Afrique du Nord qu’elle est étroitement liée à la politique de renaissance du militarisme allemand. Elle tend, en effet, à faciliter l’implantation de l’impérialisme germanique sur le sol africain, suivant les projets « d’industries franco-allemandes en Afrique du Nord et au Sahara » annoncés par le Président du Conseil. Elle en est, par cela même, plus néfaste encore et plus contraire à l’intérêt français et à la cause de la paix.


Le Parti communiste français déclare avec force que la seule voie permettant de mettre un terme à la situation présente consiste :


1-      A arrêter immédiatement la répression et à ramener en France les troupes et les forces de police acheminées en Algérie depuis trois mois ;


2-      A reconnaître le bien-fondé des revendications à la liberté du peuple algérien ;


3-      A discuter de ces revendications avec les représentants qualifiés de l’ensemble de l’opinion publique algérienne : délégués de tous les partis et mouvements nationaux, délégués des organisations démocratiques, professionnelles et culturelles, personnalités.


4-      C’est là le seul moyen d’avancer vers une solution démocratique des problèmes qui se posent en Algérie ; une solution conforme à la volonté ou à l’intérêt de l’ensemble des hommes et des femmes vivant en Algérie, mise à part une poignée de profiteurs de la colonisation ; une solution assurant la défense des intérêts de la France, ceux-ci ne pouvant être garantis que si les relations entre les peuples algérien et français se situent dans un climat d’amitié et de confiance réciproques.


5-      Le Parti communiste français est ainsi, une fois de plus, l’interprête de l’internationalisme des travailleurs, inséparable de l’intérêt national.


LE PARTI COMMUNISTE FRANCAIS.

Le 8 novembre 1954

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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 06:01

Balles affiche copieLe 14 juillet 1953, un massacre oublié : 6 algériens, 1 communiste exécutés par la police française en plein Paris

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

L'histoire officielle a la mémoire sélective. Elle passe sous silence le 17 octobre 1961, comme elle oublie le 8 février 1962. Mais qui connaît le 14 juillet 1953 ? Qui sait qu'il s'agit d'un des plus grands crimes de la police française du XX ème siècle ? Qui sait qu'un massacre de 7 militants a été commis en plein Paris ?

 

Le film de Daniel Kupferstein « Les balles du 14 juillet 1953 », tout juste sorti, a un mérite indéniable : celui de sortir de l'ombre un massacre oublié, exhumé déjà par Danielle Tartakowsky, entre autres.

 

1952, 1953 : la police tue des Algériens à Paris et dans le reste de la France

 

14 juillet 1953, on est en pleine guerre d'Indochine. L'armée française ploie sous l'organisation et la détermination du Vietminh, les communistes indochinois menés par Ho-Chi-Minh. La police française intensifie la répression contre les militants pacifistes. Raymonde Dien et Henri Martin deviennent des symboles de la résistance en France au colonialisme, incarnée par le PCF.

 

En Afrique du nord, les tensions montent aussi, le mouvement indépendantiste se radicalise. En France, les nationalistes alors regroupés dans le MTLD de Messali Hadj multiplient les manifestations, réclament l'indépendance, sortent le drapeau algérien.

 

En mai 1952, après l'annonce de l'assignation à résidence de Messali Hadj, les manifestations de solidarité foisonnent dans les villes de province, la police les réprime dans le sang : 1 mort à Mézières, 1 autre au Havre et un dernier à Montbéliard.

 

Le MTLD se joint à certains défilés de la classe ouvrière, organisée par le PCF et la CGT, comme le 1 er mai 1953 avec ses mots d'ordre, portraits (de Messali Hadj), drapeaux algériens.

 

Le 28 mai 1952, le militant communiste algérien Hocine Belaid est tué par la police, lors des manifestations contre la venue du Général américain Ridgway, responsable de la guerre sale en Corée.

 

La police a donc déjà tué au moins quatre fois entre 1950 et le 14 juillet 1953. Ce jour-ci, la CGT et le PCF organise comme chaque année depuis 1935 – avec l'interruption de la guerre – un défilé populaire, anti-fasciste entre Bastille et Nation qui rassemble plusieurs dizaines de milliers de militants ouvriers français et plusieurs milliers d' algériens.

 

Il ressort des archives de police, des témoignages de survivants que la police avait l'intention ce 14 juillet de ne plus reculer face aux cortèges disciplinés et résolus du MTLD. Cette fois, ils emploieraient la manière forte.

 

Une provocation policière préméditée

 

De fait, au moment où la manifestation est en train de se disperser, à Nation, des coups de feu sont tirés, l'incompréhension domine la tribune, la panique saisit la foule. Les versions divergent, entre la police qui prétend la légitime défense, les manifestants l'agression délibérée de la police.

 

Ce sont les versions reprises dans la presse. L'Humanité communiste dénonce l' « odieuse provocation policière », pleure les victimes algériennes et communistes. L'Aurore, le Figaro pointent une « émeute communiste », une « agression algérienne » et justifient les méthodes policières. Le Populaire socialiste se désintéresse de l'affaire.

 

Aujourd'hui, les témoignages, les archives permettent d'arriver sur certains points d'accord :

 

1 – les manifestants étaient sans armes alors que les policiers ont tiré à balles réelles, à l'horizontale ;

 

2 – ce ne sont pas « 12 douilles » comme prétendus alors qui ont été tirés mais plusieurs centaines de balles ;

 

3 – l'événement déclencheur est la tentative d'un brigadier de confisquer le drapeau algérien des manifestants. Celui-ci bousculé aurait glissé dans le cortège. Sans vélléité agressive des manifestants, et sans sommation, les policiers ont alors ouvert un feu nourri vers les manifestants ;

 

4 – les témoignages des agents de police encore vivants, les documents d'archive semblent indiquer une vraie préméditation de la part de l'encadrement, une volonté d'en « découdre avec les Algériens » ;

 

Tous ces éléments infirment la thèse de la légitime défense, et confirment ce que l'Humanité dénonçait dès le 15 juillet : une « odieuse provocation » au bilan sanglant, 6 jeunes nationalistes sont morts, tout comme un militant de la CGT, également communiste. Il faut ajouter une cinquantaine de blessés selon la Police, mais le chiffre est sans doute sous-évaluée.

 

Leurs noms : Amar Tabjadi, 26 ans ; Abdallah Bacha, 25 ans ; Larbi Daoui, 27 ans ; Abdelkader Dranis, 31 ans ; Mohammed Isidore Illoul, 20 ans, ; Medjen Tahar ; et Maurice Lurot, 40 ans, mort après avoir tenté de secourir un Algérien tombé sous les balles de la police.

 

Ré-organisation de la police : vers des brigades de choc

 

On retrouve dans cette violence déchaînée, la violence sanguinaire de la troupe à la fin du XIX ème siècle contre la classe ouvrière. On se souvient de la répression du 1er mai 1891 à Fourmies et ses 9 morts. Il ne faut pas oublier non plus qu'en 1947-1948 la police comme l'armée avaient violemment réprimé les grèves organisées par la CGT et le PCF, jusqu'à envoyer les chars.

 

Les débats parlementaires après le massacre du 14 juillet 1953 ne manquent pas de sel. Le ministre de l'Intérieur radical-socialiste défend les victimes policières, contraintes à la légitime défense. Des députés de centre-droit demandent l'interdiction des manifestations, la déchéance de nationalité pour les Algériens de France.

 

De fait, ce massacre ne sera pas sans conséquence. Les défilés du 1 er mai comme ceux du 14 juillet seront interdits à Paris entre 1953 et 1968. Le défilé populaire du 14 juillet ne s'en remettra jamais.

 

La police est aussi fortement réorganisée. En 1951, les anciens policiers collaborateurs étaient ré-intégrés à la police « républicaine », alors que Maurice Papon est nommé secrétaire-général de la Préfecture de police.

 

Après 1953, des « brigades de choc » sont créées pour lutter contre les Algériens subversifs.

 

C'est la Brigade agressions et violences (BAV). Elle est présentée comme une force de défense contre les agressions nocturnes imputées aux Algériens. Elle est de facto une police d'exception pour les Nord-Africains, chargés de les surveiller, les contrôler, les ficher.

 

Elle ne s'arrête pas à la surveillance. Elle sera spécialiste des rafles dans les quartiers populaires, tandis que le préfet de police Papon tentera d'importer via cette brigade les méthodes de la « stratégie contre-insurrectionnelle » expérimentée en Algérie, non sans résistances internes.

 

De l'autre, ce sera tardivement la recréation des Brigades nord-africaines actives entre 1925 et 1945, et notamment les « forces de police auxiliaire » (FPA), composées d'Algériens, qui à partir de 1960 va employer toutes les méthodes pour lutter contre le FLN, dont la torture généralisée.

 

L'armement de la police régulière change aussi, pour devenir plus meurtrier. C'est en 1953 que l'on équipe la police du « bidule », une sorte de manche de pioche d'un mètre de long et de 5 cm de diamètres capables, dixit les services de police de « fracasser un crâne aussi facilement qu'un œuf à la coque ».

 

Les « assassins de la mémoire », les « criminels de l'histoire »,

ce sont d'abord l'Etat français, les socialistes !

 

Ce massacre du 14 juillet 1953 fut donc la répétition générale des deux grands carnages parisiens de la guerre d'Algérie.

 

Le 17 octobre 1961 où plus d'une centaine de nationalistes algériens sont massacrés par la police de Papon, jetés à la Seine. Et le « massacre de Charone », le 8 février 1962, quand 8 militants CGT et PCF trouvent la mort, écrasés contre la grille de métro, ou le crâne fracassé après une charge policière.

 

Comment ce massacre peut-il être oublié aujourd'hui ? Certes, certains regrettent que le FLN en Algérie, le PCF en France n'aient pas fait assez pour faire connaître ces faits, les intègrent à leur mémoire.

 

Mais ce procès occulte les vrais responsables, les « assassins de la mémoire », mais aussi les criminels de l'histoire.

 

Il faut pointer du doigt la police française, le gouvernement composé alors de la « Troisième force ». En 1953, les radicaux-socialistes, les démocrates-chrétiens (MRP), la droite du CNIP, ainsi que les sociaux-démocrates de l'UDSR dont François Miterrand.

 

Les socialistes de la SFIO – qui font alors partie de la « Troisième force » anti-communiste, colonialiste, atlantiste avec le MRP et les radicaux – sont les premiers « assassins de la mémoire », silencieux dès le 15 juillet 1953, au cœur de la répression des nationalistes algériens sous la main sanglante de Guy Mollet et François Mitterrand.

 

Le PCF, la CGT étaient alors engagés pleinement dans la lutte contre la guerre d'Indochine. Ils étaient aussi au cœur de l'énorme grève des agents de la fonction publique qui va paralyser le pays.

 

Cela ne les empêchera pas le PCF d'organiser un grand meeting-hommage au Cirque d'Hiver le 21 juillet qui sera un succès de masse, tandis qu'à la section PCF du 18 ème (celle de Maurice Lurot) une chapelle ardente était érigée pour un dernier hommage aux 7 victimes.

 

Les corps sont ensuite exposés à la Maison des métallos – le corps de métier de Maurice Lurot – avant que ce dernier soit enterré au Père-Lachaise et que le corps des six jeunes Algériens soient rapatriés en Algérie.

 

Que les communistes n'en aient pas fait assez pour rappeler cette mémoire tragique, peut-être. Mais une concurrence macabre des mémoires n'a pas lieu d'être. Surtout, ils occultent les vrais criminels, les vrais complices, en premier lieu la famille socialiste – au cœur de l'agenda colonial.

 

François Hollande a mis son mandat sous l'égide de Jules Ferry. L'apôtre de la « mission civilisatrice » française, le conquérant du Tonkin et de la Tunisie. Ferry « le tonkinois » n'est pas notre modèle, c'est en 2014 celui de notre président.

 

Nous avons été gouvernés pendant 14 ans par un président socialiste qui proclamait que la France s'étendait des « Flandres au Congo » que l' « Algérie, c'était la France ». Sous son passage au Ministère de l'intérieur, 45 nationalistes algériens sont guillotinés.

 

 

Au moment où nous commémorons le 53 ème anniversaire du 17 octobre 1961, où on veut nous enfermer dans une fratricide guerre des mémoires – quand on ne peut plus garantir l'oubli imposé –, souvenons-nous du 14 juillet 1953, dénonçons les responsables de ce crime odieux.

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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 04:48

code-travail.jpgLe plan de la nouvelle offensive du gouvernement contre ce qui reste de conquêtes sociales des travailleurs commence à être dévoilé



Déclaration du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le Code du travail va être refondu dans un sens ouvertement anti-ouvrier.

 

Selon les informations divulguées par des syndicalistes qui ont eu en main la mouture finale des modifications projetées, les contrats à durée déterminée (CDD) sont généralisés. L'employé est à la merci du patron. Il ne bénéficie d'aucune protection. Le contrat à durée indéterminée devient une exception. La clause de l'autorisation préalable de l'inspection du travail pour le recrutement des travailleurs en CDD, pour des raisons liées à la nature objective des activités, avait été levée par les lois sociales de 1990, donnant liberté totale au patron de fixer arbitrairement la durée du contrat sans possibilité de recours pour le travailleur. Les nouveaux textes ont entériné cette régression anti-ouvrière. Le projet ne prévoit pas d'article punissant l'employeur qui refuse de reconnaître le droit du travailleur en CDD à se syndiquer. Le syndicat du pouvoir UGTA est le premier à dénier ce droit aux travailleurs en CDD pour les empêcher de porter à la tête des syndicats des éléments combatifs qui refusent le "pacte social" passé avec leurs exploiteurs.

 

Les lois anti-grèves introduites en 1990 par le gouvernement "réformateur" de Hamrouche sont aggravées. Le dispositif mis en place avait pour but de rendre pratiquement impossible une grève "légale". C'est sur cette base que presque toutes les grèves qui ont eu lieu dans le secteur privé, ainsi que dans certaines entreprises publiques, ont été systématiquement déclarées illégales par les tribunaux et les représentants des travailleurs jetés à la rue, condamnés à payer des amendes ou à des peines de prison. Les amendements renforcent l'arsenal répressif en ajoutant de nouvelles exigences. Les organisateurs des grèves sont tenus de fixer à l'avance leur durée, leur date, leur lieu et les effectifs engagés dans l'action. Des sanctions sont prévues contre eux s'ils les modifient en fonction des impératifs de la lutte revendicative. Plus grave aussi, le projet considère que la relation de travail est suspendue en cas de grève. C'est une forme grossièrement déguisée d'octroi au patron du droit de "lock-out".



Le projet légalise la pratique scélérate des patrons en leur reconnaissant le droit de ne pas réintégrer les travailleurs, et notamment les syndicalistes, abusivement licenciés même si les tribunaux donnent raison à ces derniers. L'amendement introduit en 1997 par le Conseil de transition est maintenu: pour être reconnu par le patron, le syndicat doit lui remettre la liste nominative de ses adhérents qui prouve qu'il regroupe 20% au minimum des travailleurs. Autant dire que le syndicat envoie ses adhérents à la guillotine patronale!

 

D'autres amendements portent la trace profonde de cette régression.

 

Ces amendements rétrogrades ont été concoctés de façon anti-démocratique, sans consultation des premiers concernés, les travailleurs qui produisent les richesses du pays. Ils sont  l'expression parfaite de la nature de classe du système bourgeois et mafieux qui gouverne le pays, un système qui sert les intérêts des capitalistes exploiteurs et des sociétés étrangères assoiffés de profits, cherchant à saigner à blanc le peuple.

 

Ces amendements sont avancés derrière le rideau de fumée de l'abrogation annoncée pour le 1er janvier prochain de l'article 87 bis des lois sociales adopté après l'accord passé avec le FMI en 1994. Cet article avait inclus les primes dans le salaire minimum garanti (SNMG), privant de la sorte de ses augmentations les travailleurs situés au bas de l'échelle. L'annonce hypocrite de cette décision a cependant soigneusement évité de soulever les problèmes du non respect du SNMG par les patrons, en toute impunité, et la pratique largement répandue de la non déclaration des travailleurs à la sécurité sociale.

 

Le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, parti des communistes, dénonce ce projet dont le contenu a été écrit par les valets du capitalisme sous la dictée des patrons algériens et des sociétés étrangères à la recherche de tous les moyens pour précariser les travailleurs, renforcer leur exploitation et réaliser des taux de profit astronomiques.

 

Les représentants de la bourgeoisie au pouvoir ou dans l'opposition, comme c'est le cas de Hamrouche, père de l'arsenal juridique mis en place en 1990 pour paralyser les luttes ouvrières et faciliter le processus de passage déclaré au capitalisme, sous couvert des "réformes", sont et seront toujours d'accord pour mettre en vigueur des textes anti-ouvriers. C'est pourquoi la classe ouvrière doit se battre dans ses propres organisations de classe d'une façon indépendante et élargir ses alliances avec les catégories sociales qui sont elles aussi l'objet de l'exploitation capitaliste et dont les conditions de vie se rapprochent de celles qu'elle subit. 

 

 

lienpadsIl appelle à renforcer la mobilisation et à l'unité d'action de tous les travailleurs pour faire échouer cette nouvelle offensive du patronat et de son régime contre les droits minimum des travailleurs à une vie digne, à de meilleures conditions de travail et de rémunération.

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 05:47

bouteflikaverdun.jpgLa participation algérienne au défilé militaire du 14 juillet à Paris est une caution aux ingérences de l'impérialisme français dans le monde

 

Déclaration du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) reprise par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Le ministre algérien des Affaires étrangères vient d'annoncer que le gouvernement a accepté qu'une délégation représentera l'Algérie au défilé militaire du 14 juillet à Paris à l'invitation des autorités françaises dans le cadre de la commémoration du centième anniversaire du déclenchement de la Première guerre mondiale. Il a prétendu que cette participation exprimera l'hommage rendu aux combattants algériens pour leur contribution à la cause de la Liberté des peuples.

 

Les communistes algériens réprouvent totalement à cette décision et sa justification en des termes qui déforment l'histoire de façon inacceptable.

 

La Première Guerre mondiale n'était pas une guerre de libération, ni les autres guerres déclenchées par les puissances capitalistes. C'était une guerre impérialiste pour le repartage des colonies, des zones d'influence, des marchés, des réservoirs de main d'oeuvre, des sources de matières premières et d'énergie, entre les capitalistes français, anglais, allemands, russes, américains. Des dizaines de millions de travailleurs sont morts, jetés les uns contre les autres dans une boucherie effroyable, pour étendre les conquêtes territoriales et grossir les profits de leurs exploiteurs. Les Algériens, opprimés, méprisés et privés des droits les plus élémentaires par les colonialistes français ne sont pas partis se battre en France de leur propre gré. Ils avaient été enrôlés de force, et envoyés en premières lignes sur les fronts les plus meurtriers des champs de bataille, pour assouvir la soif de domination des impérialistes.

 

Le défilé militaire du 14 juillet n'a aucun lien avec la célébration de la révolution démocratique bourgeoise française de 1789. La bourgeoisie française exploite la commémoration de cet événement historique pour exhiber sa puissance guerrière, manifester sa capacité à envahir toute nation qui contrarie sa soif de profits. L'armée française est l'instrument militaire de sauvegarde de la domination de la bourgeoisie française dans le monde et en France même.

 

La décision d'envoyer des militaires ou des civils algériens parader aux côtés des militaires français est une caution ouverte aux ingérences de l'impérialisme français dans le monde. C'est un soutien objectif à la destruction de la Libye, à l'invasion du Mali, de la république centrafricaine, au coup de force en Côte d'Ivoire, aux intimidations contre la Syrie, au jeu dangereux en Ukraine et sur les frontières de la Russie, etc.

 

Cette décision exprime clairement la tendance du régime algérien, en tant qu'appareil de domination des classes exploiteuses et parasitaires, à renforcer de plus en plus ses liens avec l'impérialisme en vue de sauvegarder les intérêts de ces classes, à apporter sa contribution à la défense de l'ordre impérialiste mondial. Elle ne fera qu'encourager les impérialistes à accroître leurs pressions sur l'Algérie pour pousser le pouvoir à brader les richesses du pays, à démanteler ses barrières protectrices, à poursuivre l'oeuvre de démolition de la souveraineté nationale entamée par la signature de l'accord d'association avec l'Union européenne, à continuer à encercler l'Algérie pour la faire éclater.

 

Le Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme, parti des communistes algériens, condamne la décision des autorités algériennes de participer à ce défilé. La position des communistes n'est pas une marque d'hostilité au peuple et aux travailleurs français. Des liens d'amitié véritable se sont noués entre les deux peuples durant la lutte contre le colonialisme. Après l'indépendance, des milliers de progressistes français avaient apporté leur concours à l'oeuvre d'édification nationale.

 

 

Ces liens continueront à se renforcer dans les luttes pour combattre les ingérences impérialistes, préparer la révolution socialiste, abattre la domination de la bourgeoisie, instaurer un monde de paix et d'entraide mutuellement bénéfique à tous les peuples de la planète.

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10 mai 2014 6 10 /05 /mai /2014 06:39

Timbre_commemoratif_algerien_-8_mai_1945_artimage_221197_.jpgLa dure et sanglante épreuve des 1er et 8 mai 1945 sur le chemin de l’indépendance de l’Algérie

 

L'an dernier, notre camarade William Sportisse – figure historique du mouvement communiste algérien, toujours militant au Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS) – livrait cet article passionnant à la Jeunesse communiste du 15 ème arrondissement de Paris sur la signification contradictoire et douloureuse des 1 er mai et 8 mai 1945 pour le peuple d'Algérie.



Nous le publions en cette année 2014 sur le blog: http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Alors que les peuples du monde entier fêtaient dans la liesse la fin de la seconde guerre mondiale, la défaite militaire et politique de l’Allemagne hitlérienne et de ses alliés fascistes d’Italie et du Japon, le peuple Algérien assoiffé de liberté a été pour sa part privé par les colonialistes français de participer à cette joie légitime auquel pourtant il avait apporté sa contribution en partageant les sacrifices consentis pour l’imposer.



Victime de la haine des seigneurs de la colonisation il connaîtra en ces premiers jours de mai les larmes, les assassinats, les arrestations et les condamnations à la prison de la justice coloniale. Les estimations concernant les victimes algériennes de la répression coloniale survenues au cours des manifestations du 8 mai et du soulèvement populaire qui a suivi sont très diverses. Selon l’administration coloniale elles s’élèveraient à 7 000 ou 8 000 morts Algériens dont une centaine d’Européen. alors que le Consul américain en poste à Alger à ce moment là retient le chiffre de 40 000 et l’Association des Oulémas celui de 80 à 85 000.

.

Mais que s’est-il passé exactement en Algérie ce 8 mai 1945 ? Les autorités officielles et des organisations politiques et syndicales du pays organisèrent des défilés afin de célébrer uniquement la victoire remportée sur le fascisme. Ils rassemblèrent surtout la population d’origine européenne. De leur côté, les Amis du Manifeste et de la liberté, un mouvement unitaire nationaliste qui rassemblait dans ses rangs les partisans de Ferhat Abbas et les membres du parti nationaliste du PPA que présidait Messali Hadj, organisa de son côté des manifestations pour célébrer la défaite du fascisme et réclamer en même temps l’indépendance de l’Algérie et la satisfaction de revendications immédiates à caractère national dont notamment la libération de Messali Hadj, alors en résidence surveillée, et de tous les patriotes algériens détenus dans les prisons coloniales en raison de leur action anticolonialiste. A juste titre ce mouvement revendiquait, au lendemain de la participation de l’Algérie à la défaite du fascisme, la reconnaissance du droit du peuple Algérien à gérer librement ses propres affaires en se débarrassant du système colonial. Les Algériens avaient pris au sérieux les promesses de satisfaire les aspirations des peuples opprimés présentées par des dirigeants des puissances de la coalition anti hitlérienne et anti fasciste, notamment le Président des USA Roosevelt, pour gagner leur participation et leur contribution au combat antifasciste sur les théâtres d’opérations militaires aussi bien en Asie, en Afrique et en Europe. En manifestant le 8 mai 1945, pour leurs revendications nationales, les Algériens mettaient au défi les puissances de la coalition anti hitlérienne de mettre à exécution leurs promesses.



L’administration coloniale française avait été contrainte d’accorder une autorisation officielle au mouvement desAmis du Manifeste et de la liberté(AML) qui permettait le déroulement de ces manifestations dans plusieurs villes d’Algérie. Tout en accordant cette autorisation, l’administration coloniale française, comme à son habitude, ne manqua pas de l’assortir de restrictions à la liberté de manifester et de menaces qui ont été exprimées aux organisateurs. Ces restrictions et ces menaces cachaient mal les intentions provocatrices de cette administration coloniale que les Amis du Manifeste et de la libertéavaient devinées en insistant auprès de leurs militants afin que les défilés conservent un caractère pacifique tout au long de leur déroulement. Prévenu par les déclarations de la colonisation sur l’utilité de « laisser murir l’abcès pour mieux le crever », la direction des AML donna aux participants la consigne de se garder de porter une arme même un simple canif au cours de ces manifestations. Cette consigne avait été appliquée rigoureusement lors de la manifestation célébrant la fête du travail du 1er mai 1945 qui s’était déroulée à Alger à l’appel des militants nationalistes et qui fut durement réprimée et désorganisée par les forces répressives coloniales. Ce qui s’était produit le 1er mai 1945 à Alger laissait prévoir ce qui allait se produire le 8 mai 1945.



A Sétif, ce jour là vers 9 heures du matin, le cortège des participants au défilé dont le nombre est estimé entre 8 000 et 15 000 personnes démarra de la Mosquée Abou Dher El Ghiffari. Le défilé devait prendre fin au Monument aux morts où une gerbe de fleurs devait être déposée. Au départ, les scouts musulmans qui ouvraient la marche étaient suivis par les porteurs des drapeaux des pays de la coalition anti hitlérienne : français, anglais, américain, soviétique. Tout se passait bien écrit Boucif Mekhaled dans son ouvrage « Chroniques d’un massacre » [1].



Mais ensuite, à hauteur de l’avenue principale Georges Clemenceau lit-on dans cette chronique : « subitement, les pancartes, les banderoles et les drapeaux furent déployés. Le drapeau algérien était déployé par le jeune scout Saal Bouzid … Les pancartes et les banderoles portaient les inscriptions suivantes : « Libérez Messali », « Vive l’Algérie libre et indépendante », « Vive la charte de l’Atlantique », « Nous voulons être vos égaux », « A bas le colonialisme », « Vivent les Nations Unies ».



Le commissaire de police coloniale Oliveri qui se trouvait sur les lieux voulut s’emparer du drapeau et des banderoles. Les manifestants refusèrent de céder le drapeau. Une bagarre aux poings opposant manifestants et policiers suivit. Puis des coups de feu éclatèrent en provenance des rangs des policiers. Touché mortellement le jeune scout porteur du drapeau s’écroula à terre. Il serait long de décrire le déroulement des massacres qui suivirent. L’ouvrage de Boucif Mekhaled raconte avec beaucoup d’objectivité et force détails les massacres qui ont été commis. Le même scénario s’est produit également à Guelma où le défilé s’est déroulé dans l’après-midi du 8 mai et s’est achevé dans le sang quand les policiers pour s’emparer des banderoles et du drapeau algérien eurent recours à leurs armes. Les tirs de leurs balles firent un mort et de nombreux blessés. La situation tournera au drame dès le lendemain dans toute la région quand les populations algériennes apprennent la férocité de la répression colonialiste dont ont été victimes les manifestants de Sétif et Guelma.



Le même phénomène se produisit dans la région de Kherata. Les Algériens de ces deux régions se soulèvent pour exprimer leur solidarité avec leurs frères réprimés à Sétif et pour afficher leur haine du système colonial. De leur côté, l’armée, la police et des milices, composées de civils européens armés mises en place par l’administration coloniale avant le 8 mai, s’engagent dans une répression féroce des Algériens.



Dans son ouvrage « La révolution nationale Algérienne » [2], Jacques Jurquet estime qu’elle a revêtu le caractère d’un génocide. L’armée, l’aviation, la marine française sont mises à contribution pour réprimer les soulèvements qui se déclarent dans plusieurs secteurs de la région de Constantine. La population des douars de la région de Kherata est pilonnée par les croiseurs de la marine Dugay- Trouin et le Triomphant. L’aviation entre en action. Elle bombarde et mitraille les douars de toute cette région. Les armes lourdes, les auto mitrailleuses ont été utilisées par les forces répressives pour ramener « le calme en Algérie pendant dix années » suivant les déclaration du général Duval commandant les forces de l’armée coloniale de la région de Constantine. Mais ce calme ne pouvait en aucun cas éteindre la flamme patriotique du peuple algérien ni étouffer sa voix ni sa volonté de poursuivre le combat, en tirant les leçons de cet échec, afin d’aboutir dix sept ans plus tard à sa libération.



La compréhension des événements du 8 mai 1945 est liée à la connaissance du rapport des forces politiques dans le monde et en Algérie qui s’était dessinée au cours et au lendemain de la seconde guerre mondiale. Il est marqué par un affaiblissement de certains grands pays impérialistes dont la France et l’Angleterre au bénéfice des Etats-Unis. Cet affaiblissement intervient au moment où les peuples qui sont opprimés et exploités par ces deux puissances ont pris conscience de la possibilité qui s’offrait à eux de se libérer. En Algérie, cette prise de conscience se traduit en 1943 par la naissance du mouvement unitaire les « Amis du manifeste » qui réussit à rassembler dans ses rangs des patriotes algériens influencés par des courants idéologiques différents (nationalistes ou progressistes). Les rangs de ce mouvement sont ouverts à tous les courants idéologiques de la mouvance patriotique du pays. Le peuple algérien voit dans ce mouvement un instrument qui peut contribuer à le conduire vers sa libération. Dans les faits, le 8 mai 1945 est à la fois un phénomène de conjoncture internationale et nationale. Internationale parce que les combats antifascistes de la seconde guerre mondiale réveilleront non seulement les Algériens mais de nombreux peuples colonisés du monde. La proclamation de l’indépendance de l’Indonésie, des Philippines, du Vietnam en mars 1945, les événements qui se déroulent au même moment en Syrie et au Liban montrent que les peuples opprimés par les puissances impérialistes d’Europe prennent conscience qu’il peut être mis un terme à l’ère du colonialisme.



Sur le plan interne, les larges couches populaires algériennes des villes et des campagnes ne peuvent plus supporter les conditions politiques, économiques et sociales du système colonial. Ces conditions se sont aggravées avec toutes les restrictions alimentaires qui leur ont été imposées au cours de la seconde guerre mondiale surtout durant l’occupation de la France quand une part non négligeable de la production agricole était destinée à l’armée allemande. Les stocks de sécurité en céréales n’existaient plus. De plus, la politique agricole de la grosse colonisation basée sur le profit donnait la préférence aux plantes fourragères destinée à nourrir son bétail ou à la production de la vigne pour l’exportation du vin, alors que la population algérienne avait plus besoin de céréales pour se nourrir.



Dans les campagnes algériennes la misère et la famine règne. Près d’un million cinq cent mille habitants ruraux sont sans terre et souvent sans emploi. Pour calmer leur faim, nombreux sont les Algériens des campagnes qui se nourrissant de racines dont la « Talrouda ». Dans leur propre pays les Algériens sont considérés par le système colonial comme des hommes inférieurs. Ils n’ont pas les mêmes droits politiques économiques et sociaux que la minorité européenne. Alors que la population d’origine européenne est évaluée à un million et que celle autochtone est de près de 7 millions, la représentation de ces derniers dans les assemblées élues est minoritaire. En outre, les dirigeants et les militants des partis nationalistes sont sans cesse l’objet de mesures répressives. Certes les gouvernants français de Paris tentent d’apporter des « réformes » destinées à atténuer sans les guérir les souffrances du peuple algérien, comme celles envisagées par le général De Gaulle en 1945.



La bourgeoisie capitaliste française veut à tout prix conserver l’Algérie et accepte de faire de minces concessions qui ne correspondent pas aux légitimes aspirations du peuple algérien avec l’espoir de calmer sa colère justifiée. Mais la grosse colonisation terrienne, spéculant sur la peur et le racisme de fractions importantes de la minorité européenne refuse la moindre réformette. Elle est épaulée par une administration coloniale à son service qui est plus encline à écouter ses instructions que celles en provenance de Paris. Administration coloniale et grosse colonisation terrienne européenne d’Algérie sont à l’origine de tous les complots fomentés contre le peuple algérien pour écraser et noyer dans le sang toute tentative de sa part de mettre en cause « l’ordre colonial ». Ceci explique qu’à la veille des manifestations pacifiques prévues pour le 8 mai, des dirigeants de l’administration ont pris les dispositions pour mettre en échec les réformettes du gouvernement français et en même temps pour écraser toute velléité de soulèvement populaire contre le système colonial. Le préfet de Constantine Lestrade Carbonnel , au mois d’avri 1945 déclarait au docteur Saadane, dirigeant des Amis du manifeste et de la liberté (AML), alors Conseiller général : « Des troubles vont se produire et un grand parti va être dissous ».



A Sétif, le 5 mai 1945, le sous-préfet avait réuni le capitaine de gendarmerie, le commissaire Oliveri de la police judiciaire afin d’examiner les forces de police disponibles pour le « maintien de l’ordre ». A Guelma, le sous-préfet Achiary qui avait torturé des militants communistes sous Vichy, alors qu’il exerçait dans la police coloniale, organisa des Européens dans des milices civiles qui furent pourvues des armes nécessaires utilisées le 8 mai 1945 et les jours qui suivirent contre les Algériens. Ce sont ces mêmes personnages qui sont intervenus au cours des manifestations pacifiques pour semer le désordre afin de justifier ensuite la répression. Devant la crainte de perdre l’Algérie, la bourgeoisie française et son représentant au pouvoir le général De Gaulle donna à ce moment là tous les moyens à la grande colonisation terrienne et à son administration.



La conjonction des intérêts primordiaux entre la bourgeoisie impérialiste française et de la grosse colonisation terrienne l’emportait ainsi sur leurs divergences bien minces sur la manière de conserver l’Algérie. Malheureusement, comme l’a reconnu plus tard Raymond Aubrac, l’un des dirigeants de la résistance française au fascisme hitlérien, le programme du conseil national de la résistance française n’avait rien prévu pour la libération des colonies du joug colonial. Cette faiblesse a été sans aucun doute mise à profit par les forces colonialistes pour empêcher toute avancée à caractère libératrice et émancipatrice dans les pays colonisés par la France.



A l’époque, les communistes algériens avaient refusé de rejoindre les Amis du manifeste et de la liberté, et avaient édulcoré leurs orientations anticolonialistes. Même s’ils exprimaient toujours leur hostilité au système colonial, aux yeux de la grande majorité des couches populaires algériennes cela demeurait insuffisant. Leur abandon du mot d’ordre de l’indépendance et leur sectarisme envers les dirigeants nationalistes les ont coupé des larges masses populaires et leur absence du mouvement de libération nationale l’a privée d’une force politique qui pouvait lui être nécessaire dans la conduite des manifestations pour faire échec aux manœuvres du colonialisme. Prenant conscience aussitôt de leur profonde erreur, les communistes algériens organisés dans le PCA prirent toutes les mesures pour lancer le grand mouvement d’amnistie qui permettra en 1946 la libération de la plus grande partie des patriotes emprisonnés et condamnés par les tribunaux colonialistes au lendemain du 8 mai 1945. En s’intégrant pleinement ensuite au mouvement de libération nationale, le Parti communiste Algérien, mobilisant dans ses rangs et dans les syndicats les éléments les plus conscients de la classe ouvrière algérienne et de la paysannerie laborieuse, apportera une contribution clairvoyante et précieuse. Même si elle peut paraître modeste, cette contribution du PCA a favorisé l’élimination des insuffisances relevées en 1945, notamment par une meilleure orientation et un encadrement des luttes populaires si nécessaires pour vaincre le colonialisme.



Le mouvement de libération nationale a encore grandi au lendemain du 8 mai 1945. Les souffrances endurées au cours de cette période ont mûri la conscience et la capacité de lute du peuple algérien. Il aboutira ensuite après sept années de guerre de novembre 1954 à juillet 1962 sous la direction du Front de libération Nationale à imposer l’indépendance de l’Algérie.



[1] Chronique d’un massacre – 8 mai 1945 – Sétif- Guelma- Kherrata de Boucif Mekhaled, Éditions Syros

[2] La Révolution nationale algérienne de Jacques Jurquet, Éditions du centenaire



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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Algérie
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