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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclarations, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 22:41

Le Parti communiste allemand (DKP) solidaire des salariés d’Opel



Traduction EDT pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Heinz Stehr, président du DKP a adressé ce message de solidarité aux salariés des usines allemandes d’Opel, 6 novembre 2009



Chers collègues,



Il se trouve rarement des exemples montrant aussi nettement combien les intérêts financiers pèsent sur les conditions de vie.



Pour le capital, vos emplois, l’ensemble des sites de production d’Opel ne sont que des marges de manœuvre. Il n’a qu’un seul objectif : dégager un profit maximal pour les actionnaires. Il ignore les acquis sociaux, les besoins des salariés et de leurs familles.



C’est rarement aussi net que ces jours-ci chez le trust General Motors.



Le grand capital international commande. Les gouvernants peuvent dans le meilleur des cas corriger.

 

La connaissance de cette réalité doit conduire, encore plus qu’avant, à des initiatives directement politiques, pour porter efficacement les intérêts des salariés et les faire prévaloir. De nouveau se vérifie dans la pratique le vieil enseignement: accepter des baisses de salaires ne garantit en rien le maintien des emplois.

 

C’est vous seuls qui pouvez répondre à la question de ce qui est à faire maintenant.

 

Toute la solidarité et le soutien extérieurs, nécessaires, restent sans effet tant que les salariés concernés, avec le soutien du syndicat de la métallurgie (IG-Metall) et celui des salariés des autres entreprises du secteur automobile, n’entrent pas eux-mêmes en action.

Les salariés d’Opel, dans la situation actuelle, peuvent donner le signal qu’il est plus que temps d’opposer une résistance efficace à la casse des emplois et des usines.

 

De notre point de vue, la résistance ne peut aboutir que si elle est liée à des alternatives et à des perspectives. La garantie du maintien des sites de production et des emplois doit être liée à un débat sur les possibilités de reconversion dans l’industrie automobile.



C'est-à-dire sur les possibilités de fabrication de productions analogues, comme par exemple, d’installations destinées à l’énergie éolienne, à la cogénération, d’équipements pour les transports lointains ou de proximité répondant à une conception moderne avec des coûts socialement supportables.



Un tel processus est impensable sans remise en cause des droits de propriété. Les représentants du capital font la preuve tous les jours qu’ils ne veulent pas faire des choix allant dans le sens des salariés et des populations, qu’ils en sont incapables.



C’est pour cela que la constitution du Land de Rhénanie du nord – Westphalie et que la Loi fondamentale de la République fédérale doivent être mises en application. La propriété doit être attachée à une responsabilité sociale. Si ce n’est pas le cas, il est possible d’exproprier et d’imposer, à la place de la propriété privée, la propriété publique.



Chers collègues,



Dans le cadre de leurs possibilités et de leurs forces, les membres du DKP soutiendront votre combat et vos initiatives. Nous voulons contribuer à la constitution de comités de solidarité. Cela ne réussira que si nous apportons à la population éclairage et motivation pour que sa solidarité s’exprime aussi au travers d’actions de lutte.

 

Nous vous souhaitons bien de la force et bien du succès. En fin de compte il en va non seulement de votre avenir, de l’avenir de vos enfants mais aussi de l’avenir des conditions sociales et politiques dans ce pays. 



Site du Parti Communiste Allemand (DKP): http://www.dkp-online.de/

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 23:08
Des raisons à l'ostalgie: retour sur la vie en RDA


Titre original: Looking back at life in the GDR

 

Par John Green, pour le Morning Star (quotidien du Parti communiste de Grande-Bretagne)

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Il y a soixante ans, la République Démocratique Allemande (RDA) était créée à partir de la zone d'occupation Soviétique en Allemagne et en réaction à l'introduction d'une monnaie distincte dans les secteurs occidentaux et à la décision unilatérale de créer la République Fédérale en Septembre 1949.



Elle a été dissoute en 1990 quand le peuple a voté pour son rattachement à la République Fédérale.



Le premier gouvernement est-allemand était composé d'individus dont le parcours personnel était marqué par une opposition active au régime nazi. Nombre d'entre eux avaient passé des années en camps de concentration, en prison ou en exil.



Ils sont revenus déterminés à construire une Allemagne démocratique, anti-fasciste. Une Allemagne qui a commencé dans la vie avec un grand désavantage par rapport à l'Allemagne de l'Ouest. Elle comprenait seulement un tiers du territoire allemand et 17 millions d'allemands, à comparer aux 63 millions à l'Ouest, et était bien plus pauvre, n'ayant que peu d'industrie lourde et très peu de ressources naturelles.



« La RDA était probablement devenue la société la plus égalitaire en Europe »



L'une des plus grande réalisation de la RDA a été la création d'une société plus égalitaire. Des mesures ont été prises pour lutter contre les privilèges de classe et de genre et pour offrir aux enfants de la classe ouvrière de véritables perspectives tant dans le système éducatif que dans leur carrière professionnelle.



Par conséquent, la RDA était probablement devenue la société la plus égalitaire en Europe. L'égalité totale homme-femme, avec égalité salariale, était aussi consacrée dans la loi.



Les différences de salaires entre les différents types de salariés étaient tellement minimes que même les cadres supérieurs ou les ministres pouvaient difficilement être qualifiés de riches, selon les canons occidentaux.



Même en terme de logement, les différences économiques et de classe jouaient un rôle mineur. Dans toutes les régions, on trouvait une certaine mixité sociale et la cohabitation d'une population de cadres avec une population ouvrière.



L'absence de grandes différences de richesses et de privilèges de classe a créé une société plus solidaire et plus harmonieuse. Certains n'étaient pas prêt à accepter cet égalitarisme et préféraient céder aux sirènes des plus gros salaires et des opportunités de carrière venues de l'Ouest, dont l'attrait restait fort. Ce qui a mené à une hémorragie continue de travailleurs qualifiés et de cadres avant la construction du mur en 1961.



Droit à l'éducation, au travail et au logement



La RDA était une société très largement libérée des peurs existentielles. Tout le monde avait droit à l'éducation, au travail et au logement. L'accent était mis sur la société et non sur l'individualisme, ainsi que sur la coopération et la solidarité.



Ce processus de socialisation commençait avec les crèches, continuait à l'école ainsi que sur les lieux de travail et dans les HLM.



Le gouvernement déclarait que ce sont les travailleurs, qui produisaient les biens dont la société avait besoin, qui devaient être mis en avant dans la société.



Ceux qui faisaient des travaux manuels pénibles, comme les mineurs ou les métallurgistes, bénéficiaient de certains privilèges – de meilleurs salaires et une meilleure couverture médicale que ceux qui exerçaient des métiers moins éprouvants ou dangereux comme le travail dans les bureaux ou l'enseignement.



Il y avait des centres médicaux sur les lieux de travail, des docteurs et des dentistes étaient affectés aux grandes usines et à certaines institutions.



Entreprises et syndicats étaient en grande partie responsables de la garantie des soins médicaux, de l'organisation des loisirs, des mécanismes de garde d'enfants et de colonies de vacances, et même se devaient de trouver des solutions aux cas individuels de recherche de logement.



Le syndicat était propriétaire et gérait un grand nombre de maisons de retraite, de sanatoriums et de logements de vacance dont les travailleurs et leurs familles bénéficiaient pour une somme symbolique.



Le système aidait les parents qui travaillaient à résoudre le problème de la garde de leurs enfants pendant les vacances scolaires.



Dans les années 1980, près de 80% de la population pouvait partir en vacances d'une manière ou d'une autre, bien que dans la grande majorité des cas ils les passent en RDA, dans un de ces centres de vacances aux prix dérisoires.



Aucun travailleur ne pouvait être licencié, sauf pour faute grave ou incompétence. Toutefois, même dans ces cas-là, un autre travail lui était proposé.



Le revers de la médaille, c'est qu'il y avait aussi un devoir social de travailler – la RDA n'avait aucun système d'allocations chômage parce que le concept même de chômage n'existait pas.



La place centrale du « salaire socialisé » en RDA



Les niveaux de rémunération en général n'étaient pas très élevés si on les comparait aux standards européens. Mais tout le monde savait que les profits qu'ils avaient créé iraient dans le « pot commun » et qu'ils seraient utilisés pour améliorer la vie de tout le monde, et pas seulement celle d'une poignée de patrons ou d'actionnaires qui empocheraient cet excédent.



La plupart des gens reconnaissait que l'excédent qu'ils avaient créé contribuait à augmenter ce que l'on appelait le « salaire socialisé » - les aides d'Etat pour la nourriture, les vêtements, le logement, l'accès aux transports pour un prix modique et les billets bon marché pour les activités culturelles, sportives et de loisir.



L'idée d'un salaire socialisé est un concept essentiel pour toute société qui se déclare égalitaire. Elle a contribué à assurer la mise en œuvre d'une plus grande égalité entre les sexes et à saper les privilèges et l'hégémonie de classe.



Bien que de nombreuses personnes vivaient alors dans des logements sociaux aux loyers modérés, une minorité non-négligeable était propriétaire de leurs propres maisons et certains construisaient même leurs propres maisons.



Les loyers n'ont pratiquement pas bougé dans toute l'histoire de la RDA et personne ne pouvait être expulsé de sa maison. Il n'y avait donc pas de SDF ni de peur de devenir SDF.



Quand système socialiste et économie publique rimaient avec grande puissance économique



D'un pays avec peu de ressources naturelles et une industrie sous-développée, dévastée par la seconde guerre mondiale, la RDA s'est relevée au point de devenir la cinquième économie européenne et d'entrer dans le top 10 mondial.



L'économie est-allemande était caractérisée par la planification centralisée. Cela permettait au gouvernement de planifier la croissance, de fixer des priorités et de déterminer les secteurs dans lesquels investir, mais cette planification avait comme inconvénient de devenir, à grande échelle, trop rigide et trop lourde.



Cependant, un élément essentiel qui a freiné le développement de l'économie est-allemande était le boycott inflexible imposé par les gouvernements Occidentaux, empêchant l'exportation de technologies de pointe.



Plus de 90% des actifs en RDA étaient détenus par le peuple sous la forme des VEB: des « entreprises publiques ».



En revanche, en Allemagne Fédérale, à peine 10% des ménages concentraient 42% de la richesse alors que 50% des ménages détenaient 4,5% de la richesse nationale.



Le système des coopératives agricoles comme réponse à la question paysanne et rurale en RDA



Après la guerre, les grands domaines appartenant à l'ancienne aristocratie foncière, les Junkers, ont été démantelés. 500 grands domaines ont été expropriés et transformés en coopératives ou en fermes d'Etat et des milliers d'hectares ont été redistribués à près de 500 000 fermiers, travailleurs agricoles et réfugiés.



Plus tard, le gouvernement a encouragé, et parfois choyé, les fermiers afin de les pousser à rejoindre les fermes coopératives, mais les fermiers ont conservé les droits de propriété sur leurs terres.



En 1960 près de 85% des terres arables étaient incorporés aux coopératives agricoles.



En 1989, il y avait 3 844 coopératives agricoles et elles étaient une des principales réalisations de la RDA, se révélant être efficaces et une meilleure option pour les travailleurs eux-mêmes.



Pour la première fois dans l'histoire, les travailleurs agricoles ont été libérés du travail 24 heures sur 24 pour un salaire de subsistance.



Avec les coopératives agricoles gérées sur une base industrielle, les travailleurs ont pu bénéficier d'horaires de travail fixes et de systèmes de travail en rotation, de congés, de crèches pour leurs enfants, de séances de formation et des cantines d'entreprise. Tout cela a sans aucun doute contribué à enrayer le phénomène d'exode rural.



Réalisation dans les faits de la pleine égalité Homme/Femme



Pour la première fois en Allemagne, les femmes jouissaient d'une égalité de droit pleine et entière avec les hommes, que ce soit dans leur sphère privée ou sur le lieu de travail.



On leur a donné les moyens et les opportunités de pouvoir développer leur personnalité et d'avoir une carrière au-delà ou en opposition à leurs rôles traditionnels dans le foyer, comme femmes, mères et sœurs.



Près de 91% des femmes entre 16 et 60 ans étaient sur le marché du travail. La plupart des femmes voyaient dans le succès professionnel le principal critère de réussite – dans des proportions équivalentes à ce que l'on pouvait rencontrer chez les hommes.



Près de 88% de l'ensemble population adulte féminine travaillait et 8,5% suivaient des études à temps-plein



La majorité de la main d'œuvre était également hautement qualifiée. Seuls 6% des femmes n'avaient pas du tout de qualifications, tandis qu'en Allemagne Fédérale ce taux s'élevait à 24%.



Malgré ces chiffres, à la direction du gouvernement et du parti, le patriarcat continuait à sévir.



Internationalisme et soutien aux luttes d'émancipation



Les faits d'armes de la RDA en terme d'internationalisme sont exemplaires. Elle a pris au sérieux les idées de solidarité avec les nations en lutte.



Elle a envoyé des docteurs et du personnel médical au front, au Vietnam, au Mozambique et en Angola. Elle a apporté un soutien militaire, éducatif et logistique à de nombreux pays.



Elle a aussi donné à de nombreux étudiants étrangers, luttant pour s'émanciper de l'héritage colonial, la possibilité de se former et de s'éduquer en RDA.



Bien sûr, la RDA avait un certain nombre de graves lacunes en ce qui concernait les droits individuels et son caractère démocratique laissait grandement à désirer.



Mais insister uniquement sur ces aspects comme les médias dominants l'ont fait en Occident, c'est ignorer ces réalisations bien réelles.



Depuis sa disparition, de nombreuses personnes en sont venues à reconnaître et à regretter que ces véritables « acquis sociaux » dont ils bénéficiaient aient été cassés.



Malheureusement, l'effondrement de la RDA et du « socialisme d'Etat » en 1989 s'est déroulé juste avant l'effondrement du système occidental – tant loué – de « libre marché ».



John Green et Bruni de la Motte viennent d'écrire une nouvelle brochure: « Stasi Hell Or Workers' Paradise? Socialism In The German Democratic Republic - What Can We Learn From It? » (« Enfer de la Stasi ou paradis des travailleurs? Socialisme en RDA – Que pouvons-nous en apprendre? »)



Site du Morning Star: http://www.morningstaronline.co.uk/

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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 10:45

Elections en Allemagne : sanction des partis au pouvoir, éclatement de la social-démocratie entre le SPD, die Linke, …

 

Par EDT pour http://vivelepcf.over-blog.fr/


 

Les élections législatives avaient lieu dimanche 27 septembre en Allemagne.


Elles marquent la fin d’une période de quatre ans de « grande coalition », seule formule trouvée à l’issue des élections de 2005, c'est-à-dire d’alliance au pouvoir des partis conservateurs CDU-CSU menés par la chancelière Merkel et du Parti social-démocrate SPD. Mme Merkel restera au pouvoir avec cette fois-ci une majorité stable sans le SPD mais avec le Parti libéral, le FDP.

 

L’analyse du scrutin montre un net recul des partis de la coalition sortante qui ont poursuivi ensemble, en temps de crise, la politique de casse sociale voulue par le patronat allemand dont le passage de l’âge de la retraite à 67 ans est un symbole.


La CDU et sa branche bavaroise, la CSU, perdent 1,5% passant à 33,9%. Le SPD s’effondre passant de 34,2% des suffrages en 2005 à 23,0% en 2009.

 

La débâcle électorale du SPD n’est une surprise pour personne, surtout pas pour les cadres du SPD eux-mêmes qui balançaient hier soir entre tristesse et soulagement.

La « grande coalition » a fait jouer au SPD un rôle de caution de  la politique de Mme Merkel. Elle a fait apparaître au grand jour le consensus CDU/SPD sur les orientations de fond comme sur le Traité de Lisbonne qu’ils viennent de ratifier ensemble.

Le seul sens à donner au vote SPD en 2009 était de permettre de continuer la coalition pour essayer de limiter à la marge, au sein du gouvernement, des excès « libéraux » de la droite. On comprend que cette perspective n’ait guère enthousiasmé les électeurs !

Délivré du discrédit de la « grande coalition », le SPD peut maintenant envisager se refaire une virginité comme force d’alternance à « gauche », avec de nouveaux dirigeants, d’ici les prochaines élections de 2013. C’est exactement la route tracée dès hier par ses chefs de campagne.

Le maintien inattendu du SPD à la tête du Brandebourg, région de l’est, autour de Berlin, où les élections régionales avaient lieu le même jour que les élections fédérales, leur sert de signal encourageant.

 

La sanction des partis sortants est encore plus sensible en voix qu’en pourcentages. La CDU et la CSU perdent 2 millions de voix tandis que le SPD passe de 16,2 millions de voix à moins de 10 millions.

 

Car un autre trait marquant de l’élection est l’augmentation de l’abstention qui progresse de 22,2% à 29,3%, soit 3,2 millions d’abstentionnistes en plus, notamment, comme en France, dans les quartiers pauvres et parmi les travailleurs. Voilà qui relativise également les transferts de voix vers les autres partis.

 

La Parti Libéral, FDP, passe de 10 à 14,5% et gagne 1,6 million de voix, soit moins que ce que perdent la CDU et la CSU. Parti de droite « libérale » assumé sur les questions économiques et sociales, il est le partenaire politique logique et naturel de la CDU/CSU. Les media n’ont cessé de le mettre en avant ainsi que son, relativement jeune leader aux allures de cadre dynamique, Guido Westerwelle.

 

A gauche, les 6,2 millions de voix perdues par le SPD se retrouvent très partiellement dans les autres partis.

On peut présumer que les 800.000 voix (2,0%) remportées par les « Pirates », adeptes de la « liberté » sur internet viennent principalement de l’électorat social-démocrate.

Comme les 800.000 voix gagnées également par les Verts qui passent nationalement de 8,1% à 10,7% des suffrages exprimés, à la suite d’une campagne entièrement autonome, centrée sur les questions de l’environnement et clairement dans l’opposition au gouvernement sortant.

 

Contextes du progrès de die Linke

 

Le parti « die Linke » (en français « la gauche ») progresse de 8,7% à 11,9% par rapport aux partenaires de la coalition électorale de 2005 qui ont fusionné par la suite pour lui donner naissance. Il gagne exactement 1 million de voix.

 

Dans les régions correspondant à l’ancienne RDA, il se maintient à un haut niveau, de l’ordre de 25%, mais plafonne et perd 87.000 voix, malgré le contexte d’effondrement du SPD. Même constat aux élections régionales du Brandebourg.


Aux régionales en Saxe le 30 août dernier, il avait reculé de 3% (de 23 à 20%), comme en général il a régressé aux européennes dans ces régions.


Il demeure que die Linke, héritier du PDS et du SED, constitue toujours l’expression électorale de ceux qui continuent de se sentir (et ont de bonnes raisons pour cela) les victimes économiques, sociales, politiques et culturelles de l’annexion de la RDA par la RFA, vingt ans après.


Pour autant, die Linke représente de plus en plus, et se place entièrement comme un parti institutionnel de gestion social-démocrate, aux côtés du SPD dont il est partenaire au gouvernement du Land de Berlin pour une politique largement identifiée comme « social-libéral ».  

 

A l’ouest, die Linke progresse nettement par rapport à 2005. C’est là qu’il gagne toutes ses voix nouvelles. Le progrès est le plus spectaculaire dans les régions les plus réactionnaires : de 3,5% à 6,5% en Bavière, de 3,8% à 7,2% en Bade-Wurtemberg. Dans la plus grande région et la plus industrielle, en Rhénanie du Nord, il passe de 5,4% à 8,4%. Dans la petite Sarre, chez son leader Lafontaine, il ne progresse que de 18,5 à 21,2%, ayant sans doute déjà fait le plein en 2005.


Il apparaît nettement que die Linke a capté une partie de l’électorat social-démocrate traditionnel, d’autant plus logiquement que Oskar Lafontaine est identifié comme social-démocrate, ayant été premier dirigeant du SPD et ministre des finances de Schröder dans les années 90.


A l’ouest en général, où aucun parti de gauche, « à gauche du SPD », n’a pu réellement exister aux élections depuis les années 50, die Linke représente, même pour ceux qui sont conscients de ses limites, un moyen inédit pour une gauche « radicale » de gagner en visibilité.

 

Pour nous, communistes français, le succès électoral de Linke, même très relativisé par le contexte du SPD allemand, devrait-il représenter un encouragement, un repère stratégique ?

 

Jean-Luc Mélenchon s’est précipité pour saluer die Linke et notamment Oskar Lafontaine auquel il voudrait tant s’identifier en France, oubliant que, comme social-démocrate dans le PS, il n’a jamais joué un rôle national. Mais l’enthousiasme de Mélenchon est logique devant la montée d’un deuxième parti social-démocrate, « de gauche », en Allemagne.

 

Les communistes français n’ont pas les mêmes motifs d’enthousiasme. Nous pouvons comprendre et partager la satisfaction d’amis et de camarades allemands, devant le progrès d’une organisation à « gauche » du SPD, notamment dans la partie occidentale de l’Allemagne.


Mais die Linke, dont le président Lothar Bisky, est aussi président du PGE, représente une voie ouvertement social-démocrate, réformiste, favorable à l’intégration dans l’UE du capital, reniant toute conception du parti communiste et de son rôle dans la lutte des classes.

 

Le gain électoral circonstanciel de die Linke ne saurait valider sa stratégie ni celle du PGE pour des communistes conséquents.

 

La perspective de die Linke : « resocialdémocratiser » le SPD (Gregor Gysi)

 

Le mérite des dirigeants de Linke, par delà la composition hétéroclite de ses membres et de ses élus (ex-SPD, ex-PDS, même ex-trotskystes…), est de ne pas cacher leur parti pris social-démocrate.

 

Au soir du scrutin, Gregor Gysi, dirigeant historique de « die Linke » (ex-PDS), a rappelé sa perspective : « resocialdémocratiser le SPD », dont il souhaite la remontée, pour pouvoir gouverner avec lui nationalement aux prochaines élections générales de 2013, régionalement dans le maximum de régions dès maintenant. Et il complète en indiquant que pour se « resocialdémocratiser », le SPD n’a qu’a faire le bout de chemin qui le sépare de « die Linke ».

 

Cette perspective d’union de la gauche était au cœur du congrès extraordinaire de « die Linke » organisé en juin pour préparer les élections. Il y a été par exemple décidé de condamner la retraite à 67 ans mais sans proposer le retour à la retraite à 60 ans pour ménager des possibilités d’union avec le SPD.

 

Plus qu’une défaite de la social-démocratie, les élections allemandes ont montré un éclatement de la social-démocratie allemande, entre un SPD momentanément affaibli, des Verts toujours disponibles et « die Linke », aile gauche qui se charge de jouer le garde-fou « à gauche » et de canaliser l’expression politique de la colère sociale « anticapitaliste ».

 

Die Linke se charge aussi, dans les faits, d’éliminer toute forme d’organisation de la référence historique majeure que représente le mouvement communiste en Allemagne.

 

On est très loin des objectifs que les communistes peuvent avoir en France aussi bien pour l’avenir de leur propre parti, le PCF que pour une véritable alternative politique partant du mouvement réel des luttes qui refuse la politique au service du capital français et européen.

 

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22 août 2009 6 22 /08 /août /2009 23:09
Les Allemands de l'Est préfèrent toujours la RDA 


Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Republié par la section du PCF 14ème - Raymond Losserand: http://pcf-paris14.over-blog.org/

 

La majorité des Allemands de l'Est continue à préférer le régime socialiste de la RDA au nouvel ordre capitaliste instauré à partir du 9 novembre 1989, avec la démolition symbolique du mur de Berlin.


Selon un sondage de l'Institut Emnid, publié vendredi 26 juin dans le journal le Berliner Zeitung, la majorité des personnes interrogées considère que l'ancienne République Démocratique Allemande (RDA) avait « plus de côtés positifs que négatifs ».


Sur un panel de 1208 personnes, 49% des personnes interrogées dans l'Est du pays ont répondu qu' « il y avait quelques problèmes, mais que dans l'ensemble nous vivions bien ». Si nous ajoutons les 8% qui ont répondu qu' « en RDA, il y avait surtout des côtés positifs et que nous vivions heureux et mieux que dans l'Allemagne réunifiée d'aujourd'hui », nous en concluons que, après plus de 20 ans d'annexion, 57% de la population de l'ex-RDA continue à défendre le socialisme.


Le gouvernement allemand a tenté de dévaloriser les conclusions du sondage, laissant entendre que tout se résume à un problème d'information. Wolfgang Tiefensee, délégué du gouvernement fédéral pour la reconstruction de l'Allemagne de l'Est, a affirmé que les résultats « prouvaient qu'il fallait continuer à parler de l'histoire de la RDA ».


Tiefensee propose donc que les écoles parlent plus du quotidien qui existait en Allemagne de l'Est et de la soi-disant « révolution pacifique » de 1989/1990. En d'autres termes, ce responsable considère qu'il est nécessaire de persévérer dans la voie de la propagande pour effacer la mémoire d'un peuple. Peut-être a-t-il raison, mais il va falloir qu'il attende quelque temps encore, au moins tant que subsisteront les conditions de vie actuelles qui ne supportent même pas la comparaison avec les conditions qui existaient il y a 20 ans.


En réalité, la « modernisation » capitaliste de la RDA n'a débouché que sur un des taux de chômage les plus élevés d'Europe (13,2%), quasiment le double des taux constatés à l'Ouest. Et avec l'approfondissement de la crise, la situation sociale n'est pas prête de s'améliorer.

 

Numéro 1857 du 2 juillet 2009 d'Avante, hebdomadaire du PC Portugais: http://www.avante.pt/

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 07:17

Les Allemands de l'Est préfèrent toujours la RDA

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La majorité des Allemands de l'Est continue à préférer le régime socialiste de la RDA au nouvel ordre capitaliste instauré à partir du 9 novembre 1989, avec la démolition symbolique du mur de Berlin.

Selon un sondage de l'Institut Emnid, publié vendredi 26 juin dans le journal le Berliner Zeitung, la majorité des personnes interrogées considère que l'ancienne République Démocratique Allemande (RDA) avait « plus de côtés positifs que négatifs ».

Sur un panel de 1208 personnes, 49% des personnes interrogées dans l'Est du pays ont répondu qu' « il y avait quelques problèmes, mais que dans l'ensemble nous vivions bien ». Si nous ajoutons les 8% qui ont répondu qu' « en RDA, il y avait surtout des côtés positifs et que nous vivions heureux et mieux que dans l'Allemagne réunifiée d'aujourd'hui », nous en concluons que, après plus de 20 ans d'annexion, 57% de la population de l'ex-RDA continue à défendre le socialisme.

Le gouvernement allemand a tenté de dévaloriser les conclusions du sondage, laissant entendre que tout se résume à un problème d'information. Wolfgang Tiefensee, délégué du gouvernement fédéral pour la reconstruction de l'Allemagne de l'Est, a affirmé que les résultats « prouvaient qu'il fallait continuer à parler de l'histoire de la RDA ».

Tiefensee propose donc que les écoles parlent plus du quotidien qui existait en Allemagne de l'Est et de la soi-disant « révolution pacifique » de 1989/1990. En d'autres termes, ce responsable considère qu'il est nécessaire de persévérer dans la voie de la propagande pour effacer la mémoire d'un peuple. Peut-être a-t-il raison, mais il va falloir qu'il attende quelque temps encore, au moins tant que subsisteront les conditions de vie actuelles qui ne supportent même pas la comparaison avec les conditions qui existaient il y a 20 ans.

En réalité, la « modernisation » capitaliste de la RDA n'a débouché que sur un des taux de chômage les plus élevés d'Europe (13,2%), quasiment le double des taux constatés à l'Ouest. Et avec l'approfondissement de la crise, la situation sociale n'est pas prête de s'améliorer.

 

Numéro 1857 du 2 juillet 2009 d'Avante, hebdomadaire du PC Portugais: http://www.avante.pt/

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