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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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31 juillet 2015 5 31 /07 /juillet /2015 18:13
Situation en Grèce : une analyse du secrétaire général du Parti communiste allemand (DKP)

Tribune publiée dans le journal « Junge Welt » daté du 16 juillet 2015, traduction MlN pour Solidarité internationale PCF

« Un pays colonisé » : tribune de Patrick Köbele, secrétaire général du Parti communiste allemand (DKP) sur la politique de l’UE à l’encontre de la Grèce

Alexis Tsipras a accepté le chantage crapuleux exercé par l’UE. Une grande coalition incluant les « vieux partis » sanctionnés par le peuple, le PASOK et la Nea Dimocratia et des composantes du parti « porteur d’espoir », Syriza, s’apprêtent à valider cette politique au Parlement grec. Parmi les principaux points de ce chantage, on dénombre une attaque dramatique contre le pouvoir d’achat des masses, déjà largement entamé, via la hausse de la TVA, une coupe claire sur les retraites ainsi que le transfert de biens nationaux vers un fonds de liquidation, qui ôte encore davantage sa souveraineté à l’Etat grec.

Cette dernière mesure rappelle beaucoup l’annexion de la RDA, du moins son volet économique. Ce parallèle n’est pas déplacé. Les directives des maîtres-chanteurs augmenteront le chômage, la pauvreté des masses, la misère sociale en Grèce. Et elles ne supprimeront pas l’endettement.

Elles poursuivent ce que l’UE a déjà commencé : elles jettent l’économie grecque, le peuple grec dans les griffes du capital monopoliste des plus grandes puissances impérialistes, d’abord l’Allemagne, mais aussi des monopoles grecs qui, soit se font dévorer, soit sont dans le train des profiteurs, sans que par ailleurs le sort des propriétaires des monopoles avalés leur soit défavorables pour eux-mêmes.

Avec ce chantage, l’UE a montré de façon dramatique à l’extrême son caractère d’alliance impérialiste. Dans le même temps, cet épisode donne une photographie du processus de transformation du caractère de l’Union européenne en une UE toujours plus allemande. Il porte en soi des conflits. Les contradictions entre la France, l’Italie et l’Allemagne ont été flagrantes. Ces contradictions ont été remisées au profit des intérêts communs. Avec l’exemple de la Grèce a été démontré que quiconque refuse le joug est contraint de se plier au chantage.

Les auteurs et les victimes du chantage ne se trouvent jamais sur un pied d’égalité. Cela vaut également pour le gouvernement grec. Cependant, l’illusion d’une discussion d’égal à égal entre une économie faible et les impérialistes dominants, et avec elle, l’illusion d’une issue à l’intérieur de l’UE, ont facilité le travail des maîtres-chanteurs, et ont rendu possibles maintenant la grande coalition au parlement grec et les menaces qu’elle porte. Le danger est grand que tout cela conduise à une frustration parmi les masses et à une poussée à droite.

Mais il faut aussi parler de la responsabilité des forces progressistes en Allemagne. Elles n’ont pas réussi à repousser le soi-disant « penser local » et à faire valoir à nouveau l’internationalisme. Au contraire, l’idéologie dominante, ses médias et ses politiciens, ont réussi à ancrer le nationalisme. Changer cela exige une clarté d’analyse, des actions de masse et le développement de la lutte des classes, en Grèce, en Allemagne comme dans toute l’UE.

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 11:10
Grève historique aux hôpitaux de Berlin, « La Charité » : premiers succès.

Grève historique aux hôpitaux de Berlin, « La Charité » : premiers succès.

MlN, pour Solidarité internationale PCF, d’après correspondances locales, 4 juillet 2015

Le grand hôpital universitaire de Berlin, la Charité, vient de connaître une grève historique. Les 13.000 salariés ont massivement approuvé l’appel à la grève illimitée du syndicat Ver.di. Le mouvement a été suspendu le 1er juillet après 11 jours et des concessions de la direction.

Le 2 juillet, une manifestation commune a rassemblé les hospitaliers et les postiers, eux aussi engagés dans une grande grève, devant le Parlement (Bundestag) où a commencé à être examiné le projet de loi de restructuration des hôpitaux, autrement dit d’austérité renforcée.

La coïncidence avec la situation française, le récent mouvement à l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, le projet de loi santé de Mme Touraine, est tout sauf fortuite !

Les personnels de la Charité sont à bout comme ceux de l’AP-HP.

Les principales revendications portées par le syndicat berlinois portent sur les conditions de travail. Il a mis en avant notamment l’exigence d’un plafonnement du nombre de patients par soignant :

  • Au moins deux personnels soignants par service la nuit
  • Dans les services de soins intensifs et les services pédiatriques : pas plus de 2 patients par soignant
  • Dans les autres services : pas plus de 5 patients par soignant

La direction a fini par accepter, par écrit auprès du syndicat, d’intégrer ces objectifs de diminution de la surcharge de travail à l’ordre du jour des prochaines négociations collectives annuelles obligatoires.

Ce succès n’a rien de définitif et la grève n’est que suspendue.

Car le lien est direct entre la question de l’allègement de la surcharge de travail et celle de l’emploi et des financements. Et si la direction de la Charité semble être prête à lâcher des dispositions sur la première, le gouvernement reste engagé dans une politique de coupe des moyens de l’hôpital public.

Là encore, le parallèle est direct avec Paris et la France. La volonté du directeur de l’AP-HP de supprimer des jours de récupération et d’intensifier la journée de travail correspond à l’objectif d’économiser l’équivalent de 4000 emplois. C’est la quote-part de l’AP-HP dans le cadre du plan gouvernemental de prélèvement de 3 milliards d’euros sur les hôpitaux publics d’ici 2017.

A Berlin comme à Paris, la grève bénéficie d’un large soutien de l’opinion publique, malgré le report de milliers de consultations et d’opérations non urgentes. Plusieurs initiatives de soutien se sont tenues. Des convergences avec d’autres mouvements se développent.

La grève est suspendue au plus fort de la combattivité des personnels, sur la base d’une première avancée. Elle est prête à repartir.

A Berlin comme à Paris ?

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18 décembre 2014 4 18 /12 /décembre /2014 11:35

streikamazon.jpgGrève illimitée de Noel chez Amazon en Allemagne contre l'exploitation effrénée ... l'entreprise délocalise en Pologne !

 

 

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 


Les salariés d'Amazon vivent l'exploitation capitaliste dans sa plus grande brutalité, une inhumanité voilée pour les consommateurs dans la chose-marchandise tant désirée pour Noel. Les travailleurs allemands ont mené une grève de 3 jours pour obtenir des salaires, des conditions de travail dignes. Les enjeux de cette lutte sont éclairants.

 

Cela fait un an et demi, depuis mai 2013, que les salariés d'Amazon en Allemagne multiplient les grèves pour exiger leur intégration aux conventions collectives du commerce, pour obtenir un salaire et des conditions de travail dignes.

 

Une « grève de Noel » inédite : une semaine de mobilisation massive

 

La grève entamée ce lundi 15 décembre, et poursuivie jusqu'à mercredi, est sans doute la plus importante qu'ait connue l'entreprise américaine en Allemagne, le seul réel mouvement de masse qu'il endure en Europe.

 

Cette « grève de Noel » frappe Amazon dans son pic de production. L'an dernier, le 15 décembre, Amazon a reçu 4,6 millions de commandes le 15 décembre, soit 53 marchandises par seconde.

 

Une « grève de Noel » qui, selon le syndicat du commerce VERDI, aurait impliqué 2 500 salariés, soit près du tiers des 9 000 employés permanents du groupe en Allemagne. Un taux de grévistes colossal dans un secteur où règnent le despotisme de l'usine, la terreur patronale.

 

Enfin, une « grève de Noel » qui pour la première fois implique 6 des 8 centres de travail d'Allemagne : à Hersfeld (Hesse), Graben (Bavière), Rheinberg et Werne (Rhénanie), Leipzig (Saxe) et pour la première fois l'atelier de Coblence.

 

Et une « grève de Noël » qui, d'après les dernières déclarations du syndicat Verdi, devrait continuer jusqu'à samedi prochain, voire jusqu'à Noël.

 

L'ampleur de cette grève est une réponse massive, et significative aussi dans son symbole, aux tentatives de l'entreprise américaine, au début de l'année 2014, de mettre en scène un soutien de ses employés à l'entreprise, par des vidéos en ligne montrant des déclarations de soutien des salariés, ou imprimant des T-Shirt : « Moi, je suis pour mon entreprise, Amazon ».

 

La lutte pour le droit aux conventions collectives au XXI ème siècle

 

Les salariés d'Amazon demandent tout simplement l'intégration de leur entreprise dans les conventions collectives du commerce de détail, qui prévoit des salaires minimums ainsi qu'une réglementation des conditions de travail, et la pleine intégration des syndicats aux négociations.

 

Comme partout, Amazon joue sur les failles de la réglementation – ou sur les avantages que fournit ce droit du travail aux grandes entreprises qui maîtrisent son architecture –, elle considère que l'entreprise s'intègre à la branche de la logistique.

 

Cela lui permet dans l'immédiat trois choses :

 

1 – de faire régner son arbitraire dans les conditions de travail dans les ateliers. On connaît les conditions de travail chez Amazon en Allemagne, en Grande-Bretagne, aux USA ou en France : des cadences infernales, des températures inhumaines, la pression de l'encadrement, l'automatisation des comportements, l'isolement des salariés. Le tout sans regard des Inspections du travail.

 

2 – de payer les salariés à un tarif inférieur, le salaire minimum serait de 9 € dans la logistique, contre jusqu'à 13 € – selon les régions – dans le commerce. Selon les syndicats, un aligement sur les conditions des conventions collectives du commerce conduiraient à une hausse du salaire mensuel pouvant aller jusqu'à 700 €. Pour l'instant, Verdi se bat pour 3 % d'augmentation de salaire ;

 

3 – enfin de ne pas reconnaître Verdi, syndicat du commerce, comme partenaire légitime, donc d'exclure les syndicats de toute négociation sur les salaires, les conditions de travail. A prétendre suivre la convention collective de la logistique, Amazon n'en suit aucune, et ne reconnaît aucun syndicat dans ses entreprises.

 

Le dialogue social façon Amazon : obtenir la collaboration du gouvernement et des syndicats au statu quo

 

Face à cette mobilisation massive, au pire moment pour Amazon, quelle est la réaction de ce géant commercial américain ?

 

Tout d'abord, il ne désespère pas de trouver un soutien au sommet de l'Etat allemand, y compris des directions syndicales, contre la grève. Amazon n'est pas effrayé par l'introduction d'un salaire minimum à 8 € de l'heure … qui serait en-dessous des conventions collectives de la logistique.

 

Récemment, la Ministre du Travail (SPD) de Rhénanie, Sabine Bätzing a proposé sa médiation car « le dialogue social est bon pour tous », dit-elle.

 

Au même moment, la Ministre du travail fédérale, aussi une social-démocrate, Andrea Nahles prépare un projet de loi qui prévoit d'annihiler tout pouvoir de négociation aux syndicats de base, ou catégoriels, plus enclins à lancer des mouvements de grève.

 

Une remise en cause du droit de grève, au nom de la représentativité syndicale (« tariffeinheit ») qui renforcerait la collaboration de la centrale syndicale unitaire, la DGB, avec le gouvernement.

 

Ainsi, récemment, dans Tagesspiegel, le secrétaire du syndicat Verdi, Frank Bsirske n'a pas tari d'éloges sur le gouvernement et la chancellière Merkel en particulier, qu'il voit comme « intelligente et réfléchie », plus prête à « dialoguer avec nous », ferme « dans sa politique ».

 

La délocalisation en Pologne comme solution ?

 

Mais Amazon a déjà entamé depuis l'an dernier un vaste plan de délocalisation de son activité vers l'Europe de l'Est, la République tchèque et surtout la Pologne.

 

La presse polonaise, acquise au discours patronal, jubile : « Les Polonais travaillent, pendant que les Allemands font la grève ».

 

Amazon a commencé la délocalisation de son activité en Pologne en 2013. Aujourd'hui, on compte 4 500 employés permanents, et 7 500 saisonniers.

 

Et la première expédition de colis d'Allemagne depuis la Pologne a eu lieu fin septembre 2014.

 

Cependant, le puissant, mais peu compétitif, secteur du petit et moyen commerce polonais ainsi que la grande distribution font pression pour éviter toute implantation en Pologne dans la distribution. Il n'y a toujours pas d' « Amazon.pl », et il n'y aura pas à moyen-terme.

 

Les salariés polonais offrent un avantage : ils sont payés en moyenne 3 € de l'heure, trois fois moins qu'en Allemagne, mais un tarif qui paraît décent en Pologne pour des employés non-qualifiés.

 

Amazon s'attendait par contre à trouver des salariés dociles. Il a vite déchanté, les salariés entamant des poursuites judiciaires, se plaignant des allées et venues considérables dans les centres de travail – 95 000 m2 en moyenne, soit 13 terrains de football –, de cadences intenables ainsi que d'un temps de travail de 10 h par jour.

 

La grève des salariés d’Amazon, inédite par son ampleur, montre néanmoins qu’il est possible de mobiliser les salariés parmi les plus exploités, les plus isolés du capitalisme moderne. Les salariés, syndicalistes français ne peuvent être que solidaires de ce mouvement.

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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 06:10

25_Jahre_DDR_stamp.jpgIVG/avortement : la RDA (Allemagne de l'est) communiste le légalise dès 1972. La RFA capitaliste a toujours refusé

 

Article AC pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

Les commémorations se sont multipliées ces derniers temps pour saluer l'adoption de la loi sur l'IVG en France en 1974. Peu ont souligné que la Russie soviétique était déjà parvenu à ce progrès en 1920, que l'Allemagne communiste avait devancé de loin l'Allemagne capitaliste.

 

En Allemagne réunifiée, le Code Pénal du Reich est encore en vigueur. Il criminalise dans son article 218 l'avortement : passible à l'origine de 5 ans d'emprisonnement pour la femme et la pratiquant, la peine a depuis été réduite à 3 ans de prison maximum.

 

Il existe toutefois depuis 1995 une tolérance avant trois mois, en cas de situation de détresse sociale ou médicale avérée. L'opposition des régions conservatrices, de l'Eglise catholique, reste un frein à toute légalisation claire, et à l'abrogation du tristement célèbre article 218.

 

Le poids de l'Allemagne conservatrice : « kinder, küche, kirche »

 

Quand l'Allemagne était deux, les choses étaient beaucoup simples. Enfin, de l'autre côté du mur.

 

Dans l'après-guerre, l'Allemagne sortait de la chape de plomb de l'Allemagne nazie, après cinq décennies de II nd Reich réactionnaire, puis une décennie de République conservatrice. « Kinder, küche, kirche » (Enfants, cuisine, Eglise) avaient été le seul horizon pour les femmes.

 

Il a fallu du temps pour que les mentalités changent. Elles ont changé plus vite, massivement à l'Est. Ce fut l'effet d'un gouvernement communiste qui a valorisé l'égalité homme-femme au travail, dans l'éducation, le sport, a osé l'éducation sexuelle très tôt, s'est émancipé de la tutelle des Églises.

 

Le mouvement communiste a été à l'avant-garde de la revendication de l'abrogation du § 218. Le KPD (Parti communiste allemand) le revendiquait dès les années 1920, il participé à un mouvement de masse contre le « paragraphe de classe » porté par des artistes renommés tels Käthe Kollwitz, Bertolt Brecht ou Kurt Tucholsky.

 

L'Allemagne nazie avait dévoyé la revendication de l'avortement, cyniquement instrumentalisée mais aussi brutalement réprimée : pour les « non-aryennes », la généralisation de l'avortement au nom de l'eugénisme, d'abord limité aux malades congénitaux ; pour les « aryennes », la criminalisation radicale de l'avortement, soumise à la peine de mort à partir de 1943.

 

La révolution tranquille en RDA : l'avortement légalisé en 1972

 

En RFA capitaliste, rien ne change jusqu'aux années 1970 où la revendication d'abrogation du § 218 remonte, sur fond de libéralisation des mœurs. Elle trouve un écho dans le gouvernement social-démocrate de Willy Brandt mais rencontre une opposition conservatrice farouche.

 

En RDA communiste, l'affaire ne crée aucun problème. Le 9 mars 1972, le gouvernement de alter Ullbricht fait voter « La loi sur l'IVG » (« Gesetz über die Unterbrechung der Schwangerschaft »), intégrée à une logique de « planning familial ». Un consensus rompu seulement par 14 députés chrétiens-démocrates qui voteront contre le projet du SED (Parti du socialisme unifié).

 

L'échec de la légalisation de l'avortement en RFA

 

En RFA, le projet de « Fristenlösung » (« loi réglementant l'IVG selon des délais ») de Willy Brandt en 1974 est modéré. Il permet l'avortement dans les trois premiers mois, après consultation préalable, sous certaines conditions précises. La Cour Constitutionnelle fédérale annule la loi.

 

Elle est retoquée en 1976. L'avortement y est toujours puni d'une peine de prison allant jusqu'à trois ans, sauf quatre « exceptions » : pour raisons médicales, eugéniques (sic), criminologiques (viol) et de détresse sociale.

 

Cette dernière indication sera l'objet de toutes les attaques de la droite conservatrice. Elle sera prétexte au grand Procès de Memmingen fin des années 1980 – au moment où on célèbre en France la chute du Mur de Berlin – qui verra la condamnation de praticiens et de femmes accusées d'IVG.

 

La réunification, un recul pour les femmes d'Allemagne de l'est

 

La réunification a signifié pour les femmes de RDA un recul. Dans un premier temps, les deux gouvernements ont fixé la co-existence de lois contradictoires : celle très libérale en RDA, celle encore fort restrictive en RFA.

 

La réunification ne résoudra pas la querelle entre les deux systèmes. Un nouveau projet en 1992 (reprenant la version déjà restrictive de 1974) est repoussé par la Cour constitutionnelle qui n'était composée d'aucun juge de l'ex-RDA, d'une seule femme contre huit hommes.

 

La réforme de l'article 218 a finalement eu lieu en 1995. Il est limité à un avortement avant la fin de la 12 ème semaine, et doit répondre à une de ces exigences : que l'acte sexuel était un viol, que l'enfant représente un danger pour la mère, que la femme ait réalisé un entretien avec un spécialiste.

 

Si la femme n'a pas été victime d'un viol, ou que sa santé n'est pas clairement en danger, l'opération – autour de 400 € – n'est pas remboursée par la Sécurité sociale.

 

Ce recul objectif par rapport aux temps de la RDA n'est pas ressenti dans les têtes des Lander d'ex-RDA : sur les 9 premiers Lander pour le taux d'avortement, on retrouve les 6 ex-Lander de RDA. Les 6 lander en-dessous de la moyenne nationale sont tous des ex-lander de RFA.

 

C'est une autre histoire de l'Allemagne, une autre réalité de la guerre sans merci que se sont livrés système capitaliste et socialiste en Europe et dans le monde. Pour le droit des femmes (et des hommes) à l'amour libre, à la maîtrise de leur corps, à la Sécurité sociale, à l'égalité réelle, c'est clair : le communisme a constitué un progrès incontestable.

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 06:37

Molinari_s.jpgUne fondation de l'armée allemande au nom d'un criminel de guerre nazi qui a fait tuer 106 résistants ardennais : débaptisons-la !

 

Article AC (sur invitation de GH *) pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/

 

La fondation Karl-Theodor Molinari (KTMS) organise des séminaires pour défendre la re-militarisation de l'Allemagne et de sa société. Elle porte le nom d'un général ouest-allemand qui s'est distingué pour ses crimes de guerre, condamné à mort à la Libération puis réhabilité en Allemagne de l'ouest. Un cas exemplaire, sur lequel il est temps de faire justice.

 

Un travail historique a été fait depuis les années 60, notamment par Philippe Lecler, repris récemment par Roland Petrini et René Visse, pour démontrer la culpabilité de ce grand officier allemand d'1 m 96 responsable d'un des crimes les plus odieux de l'occupation.

 

Une fondation active dans la re-militarisation du pays

 

Karl-Theodor Molinari est aujourd'hui un nom respectable en Allemagne, celui d'une fondation reconnue par la Bundeswehr (l'armée allemande), associée à l'EUROMIL (Organisation européenne des associations militaires).

 

Elle multiplie les séminaires, recherches, programmes éducatifs pour expliquer la nécessité pour l'armée allemande d'intervenir à l'étranger, de se réarmer, et de tisser un lien plus étroit entre l'armée et la société allemande.

 

Mais qui est ce fameux Karl-Theodor Molinari, lui qui a fini sa carrière en 1970 au grade élevé de major-général (général de division), mais qui a servi pendant la Seconde guerre mondiale comme lieutenant-colonel de la Wehrmacht, décoré de la croix de fer ?

 

Depuis longtemps, les historiens ardennais – comme ceux de la RDA en parallèle – ont traqué sa trace. A la mi-1944, il se trouve dans les Ardennes françaises, à proximité du « maquis des Manises » composé de 250 hommes, commandé par Jacques Paris de la Bollardière.

 

Qui est ce criminel de guerre condamné à mort par contumace à la Libération ?

 

Outre les résistants expérimentés, le maquis est vite renforcé par les réfractraires du STO. Peu prudents, ceux-ci paradent dans les rues de Revin, allument des feux visibles sur les hauteurs, s'exposant aux dénonciations des collabos, délateurs et agents de la Gestapo.

 

Molinari_0982.jpgLa Kommandatur de Charleville commandée par le colonel Grabowski identifie sans peine le maquis. Elle ordonne le 12 juin à la 36 ème division de Panzer d'attaquer le maquis. La 1 ère compagnie est dirigée par un jeune officier de 29 ans, d'1 m 96 : Karl-Theodor Molinari.

 

Le combat tourne rapidement à l'avantage des Allemands. Molinari annonce à Grabowski la « capture des terroristes » et de 5 t de matériel. La suite est épouvantable. Certains sont abattus sur place, d'autres fusillés dans la forêt, enfin le reste torturés.

 

Les témoins rappellent notamment cet officier de très grande taille qui a rassemblé des prisonniers dans un jardin privé avant de lier leurs mains avec un fil de fer, d'ordonner à ses soldats de les frapper avec leurs crosses, de sauter sur leurs corps réduit rapidement à l'état de loques. Cinq par cinq, ils sont transportés, puis abattus, dans le dos et enterrés au lieu-dit « Le bois des chênes ».

 

Après la guerre, le lieutenant-colonel Molinari – décoré de la croix de fer et celle de chevalier de la croix de fer – rencontre la justice militaire française : le tribunal militaire de Metz le condamne le 13 avril 1951 à mort par contumace. Mais qu'en advint-il de ce criminel de guerre ?

 

Un criminel de guerre réhabilité en RFA

 

La vie de M.Molinari après 1945 est remarquable, illustrant bien comment la RFA a fait table rase avec son passé nazi : en les réintégrant après une phase de purgatoire.

 

En effet, Karl-Theodor Molinari se recycle après-guerre dans le business, il s'occupe d'une scierie dans la région de Cologne. Il devient militant puis élu de la CDU (droite chrétienne-démocrate), dont il devient le représentant régional.

 

En 1956, la Bundeswehr ré-créée manque d'officiers. Elle en appelle à Molinari, lavé du soupçon de crime de guerre. Sa carrière est un modèle : colonel à la fin des années 50, il devient général en 1961, finissant au grade de major-Général, commandant la IV ème division militaire à Mayence.

 

Il occupe également un rôle très politique puisqu'il est le président-fondateur de l'Association des forces armées – qui porte désormais son nom – en 1957. Et il joue un rôle dans la modernisation de l'armée allemande, conseillant pour la réalisation du char d'assaut Leopard.

 

Molinari n'a jamais été inquiété par la justice allemande et est mort de façon naturelle le 11 décembre 1993.

 

L'enquête ré-ouverte : historiens de RDA et communistes ardennais

 

Sans les enquêtes soulevées par la RDA, sans l'action courageuse en France de militants et partisans communistes, rien aujourd'hui ne serait connu sur ce Karl-Theodor Molinari, blanchi par Bonn.

 

Car Molinari est bien connu des services est-allemands.Il figure sur le « Livre brun » des anciens criminels de guerre nazis, réhabilités en RFA. Si il faut toujours être prudent en ce contexte de guerre froide, les faits qu'il révèle sont troublants de véracité.

 

En France, un ancien résistant, élu communiste à Vivier-au-Court, Marcel Noiret, décide de mobiliser ces anciens camarades résistants, la presse, les élus, jusqu'à en informer le Président Pompidou.

 

Le travail paye … mais en Allemagne. Après la nomination de Moolinari comme chef de la région de Mayence – un quart de la RFA – l'affaire commence à être connue au-delà du DKP (Parti communiste allemand) et rencontre un écho dans la presse nationale, comme Der Spiegel.

 

L'enquête de Der Spiegel avance et révèle des éléments troublants, après consultation du dossier du procès de Metz, et l'écoute d'une cinquantaine de témoins. Oui, Molinari était dans les Ardennes en juin 1944. Oui, il se trouve une fiche Molinari parmi les 500 000 fiches rassemblant les crimes nazis. Un fait négligé lors de l'enquête de respectabilité de la Bundeswehr en 1957.

 

Molinari doit s'expliquer. Après l'avoir nié, il reconnaît sa présence mais prétend que c'est Grabowski qui donnait les ordres et ce qu'est Arendt, responsable d'une compagnie de fantassins, qui les a exécutés. Lui n'a appris le massacre que 27 heures plus tard.

 

Ses lieutenants qui l'avaient tous chargés à Metz reviennent sur leurs témoignages, invoquant une erreur de traduction. Non, Molinari n'était pas là. Bien que de nombreux témoins signalent cet officier de très grande taille en noir. On voit mal par ailleurs comment il aurait pu échapper à un ordre donné par son supérieur.

 

Mais Molinari est intouchable – certains ont parlé de relations avec les services secrets britanniques – en tout cas il est dans les milieux de pouvoir allemands.

 

En 1970, il assiste au congrès de la CDU et son enquête sur son passé est arrêtée. Le procureur charge Grabowski, mort entre-temps.

 

L'affaire est un scandale. Si la presse ouest-allemande dénonce la subversion communiste contre la RFA, les soldats protestent contre ce général-criminel et refusent de servir sous ses ordres. Le Général Molinari est prié de prendre une retraite anticipée.

 

De Maire-Claude Vaillant-Couturier à René Visse : le combat pour l'histoire

 

En France, rares sont les courageux à avoir porté cette affaire sur la scène publique. Outre l'ancien résistant communiste Marcel Noiret, on trouve un député UDR et surtout Marie-Claude Vaillante-Couturier, résistante, députée communiste qui demande le 5 décembre 1969 que des poursuites soient entamées contre le criminel de guerre Molinari.

 

170x170-ct.jpgAujourd'hui, on ne lâche pas le combat pour l'histoire. Outre un article excellement bien documenté et objectif de Roland Petrini (pour le Centre français de recherche sur le renseignement), c'est aujourd'hui René Visse, dirigeant historique du PCF dans les Ardennes, député entre 1978 et 1981, qui mène le combat .

 

René Visse a récemment envoyé une lettre au Ministère de la Défense pour exiger que la fondation soit débaptisée. Un courrier repris dans la presse locale, ainsi que dans l'hebdomadaire du PCF des Ardennes, « Nouvelle des Ardennes ».

 

Nous vous encourageons à signer la pétition exigeant la dissolution de la Fondation Karl-Theodor Molinari : http://www.petitions24.net/exigeons_la_dissolution_de_la_fondation_ktms. C'est une urgnece politique, historique.

 

Il est temps de mener le combat pour l'histoire au moment où le nazisme, sous ses formes anciennes et nouvelles, est blanchi dans nos manuels d'histoire, nos émissions de TV, dans la tournure des événements en Europe de l'est, dans la remilitarisation de l'Allemagne : exigeons la dissolution de cette Fondation qui porte le nom d'un criminel de guerre !

 

* Nous le remercions le camarade Georges Hallermayer, journaliste à Junge Welt, pour l'envoi de cette information et sa sollicitation à la publication

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