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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 09:15

europa-parteitag-linke.pngDie Linke adopte son programme européen : union sacrée pour la défense de l'Union européenne et de l'euro !



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



14-15 février, les « Journées européennes » de Linke à Hambourg devaient décider de la ligne du parti pour les européennes : 100 ans après 1914, une véritable « union sacrée » pour l'Union européenne et l'Euro, que le « Parti de gauche » désire sauver contre tous.



La mise en scène médiatique de ces dernières semaines entre aile « radicale » favorable à la sortie de l'euro, la rupture de l'UE et aile « réformatrice » pro-européenne a volé en éclats à Hambourg : Die Linke est unie pour la défense de l'Union européenne des monopoles, plus que jamais.



Le « Parti de gauche » allemand, partenaire du Front de gauche dans le PGE, a mis la barre à droite adoptant comme manifeste européen, un texte de 36 pages intitulé : « Une autre Europe est possible : sociale, pacifique, démocratique – pour une réorientation de l'Union européenne ».



Pour Die Linke, non l'UE n'est pas un bloc « militariste, non-démocratique, néo-libéral » !



La guerre de Hambourg n'a pas eu lieu. Les médias, ces dernières semaines, ont concentré leurs feux sur une formulation comprise dans le texte préparatoire aux « Journées européennes » : « l'Union européenne est un bloc militariste, non-démocratique et néo-libéral ».



Un constat qui avait permis à Gregor Gysi d'utiliser la tribune de der Spiegel pour dénoncer l'idée que l'on puisse critiquer l'Union européenne : « En tant qu'internationaliste, nous devons être les partisans de l'intégration européenne : c'est une idée de gauche ! »



Au début des « Journées européennes », la formule avait disparu : pour Die Linke l'Union euroépeenne n''est donc pas un bloc militaire, non-démocratique, néo-libéral !



Les « radicaux » menés par Sarah Wagenknecht n'ont pas mené la bataille, celle-ci préférant rejoindre le consensus dominant en appelant « à une autre Europe, une autre Union européenne ».



« Sauver l'euro » : la mission de die Linke



Les débats sur l'Euro ont occupé une bonne partie des discussions. Faut-il sortir de l'Euro ? Là encore, entre les caciques du parti, il n'y a pas eu de débat : c'est un « non » unanime.



Gysi, de l'aile-droite « réformatrice », a produit une défense serrée de la monnaie unique européenne. Pour lui, « il nous faut sauver l'Euro ». Pourquoi ?



« 1) la dissolution de l'euro, ce serait un pas en arrière dans l'intégration européenne, ce que nous ne voulons pas ; 2) il serait plus facile de spéculer contre les monnaies nationales ; 3) la dévaluation massive dans un pays comme la Grèce accélérait la désintégration sociale ; 4) l'économie d'exportation allemande rencontrerait des difficultés sérieuses. »



L'argumentaire patronal bien rôdé par Gysi qui débouche sur la nécessité de sauver les industriels allemands et la construction européenne qui la favorise actuellement !



Et dans la gauche dite « radicale », Sarah Wagenknecht avait déjà mis les choses au point avant le Congrès, dans une interview à Junge Welt :



« Non, je n'ai pas demandé la fin de l'Euro », précisant « le danger en cas de retrait de plusieurs pays, c'est le début d'une attaque spéculative contre les monnaies, la dégradation de la situation en Grèce par la hausse des biens importés ». Du Gysi, mais de gauche !



Finalement, dans son intervention au Congrès, Mme Wagenknecht n'a pas mentionné l'euro une seule fois. Ce qui a permis aux « centristes » opportunistes d'intégrer au Manifeste du Parti l'idée d'une « réforme du système monétaire européen », tout en excluant la sortie de l'Euro.



Die Linke se battra donc pour sauver l'Euro des griffes des dirigeants européens



Die Linke, le « parti pro-européen » contre les « anti-européens » de Merkel aux 'souverainistes' de l'AfD !



Les ficelles sont grosses au moment où l'Union européenne est plus impopulaire que jamais en Allemagne : en cas de référendum demain en Allemagne, selon un sondage Gallup, seuls 49 % voteraient pour rester dans l'UE, 31 % pour la sortie, avec 20 % d'indécis !



Comment justifier cette position conservatrice, défendre l'Europe des Schroder et Merkel ?



D'abord, c'est un paradoxe apparent, en présentant Merkel comme une « anti-européenne » contre laquelle Die Linke devrait nécessairement être « pro-européen » !



Gysi est toujours à la manœuvre : « quand je dis que nous devons sauver l'Euro, c'est d'une façon très différente de Merkel. Et si Merkel venait à détruire l'Euro, ce serait sa responsabilité ». Gysi est clair, nous ne laisserons pas l'euro-sceptique Merkel casser notre Euro !



Les « centristes » Cornelia Ernst et Katja Kipping ont mis le paquet. Pour Ernst, ce sont « les Merkels et cie qui sont les diviseurs de l'intégration européenne, les vrais anti-européens : Résistance ! ». Sauvons l'Europe des monopoles des griffes de Merkel !



Kipping défend l'idée européenne comme « idée de gauche », l' « Europe est à nous », c'est pourquoi il faut « critiquer la politique européenne de Merkel » qui privilégie la grande puissance allemande sur l'avenir de l'Europe.



Kipping se réjouit que le philosophe « libéral de gauche » Jurgen Habermas ait soulevé les mêmes mises en garde au congrès du SPD sur les risques de l' « Europe allemande » … une référence qu'on retrouve également dans l'intervention de la « radicale » Wagenknecht.



La « radicale » Wagenknecht qui dénonce, elle aussi, la « politique anti-européenne du gouvernement Merkel » pour mieux se rallier avec Habermas dans la défense de l'idée européenne.



Ensuite, en défendant l'idée d'une « autre Europe », à partir de la réforme de celle actuelle. L'argument est spécieux. Cette Europe-là ne nous convient pas, celle des banquiers et des industriels qui affament les peuples. Alors, nous allons nous battre pour améliorer, humaniser, cette Europe !



Gaby Zimmer, la nouvelle tête de liste pour les Européens pousse le plus loin cette schizophrénie, ici dans un entretien à Die Zeit, le 17 février :



« Nous ne critiquons pas l'Europe, mais cette Europe-là. Mais si la critique vise généralement à rejeter l'Union européenne, elle ne cherche pas à la traiter comme telle. La critique doit être concrète, on ne peut pas laisser croire qu'en sortant de l'UE, cela irait mieux ».



Elle raconte son parcours ensuite, de pauvre est-allemande dans un monde où l' « Europe n'existait pas » avec l'URSS, l'Europe de l'est. Mais « j'ai fait des études de français, mon rêve était de voyager n'importe où, à Paris d'abord ». Heureusement le mur est tombé, « moi qui ai toujours été européenne, mon parcours en Allemagne m'a menée vers l'Europe ».



La pédagogie de l'annexion de la RDA par la RFA, comme le dit la présidente de Linke Katja Kipping au Congrès : « C'est beau de voir qu'on a plus de mur dans les têtes entre Est et Ouest ». Tous des ouest-allemands !



Enfin, Die Linke agite l'épouvantail de la droite anti-européenne, l'AfD (Alternative pour l'Allemagne – un parti créé par une fraction euro-sceptique du capital allemand, sur le modèle de l'UKIP britannique) pour mieux justifier son adhésion au consensus dominant.



Le consensus est total dans le Parti, des « réformateurs » aux « radicaux ».



Toujours maître Gysi, « l'AfD est contre les hausses de salaire, de retraites, des allocations. Il est anti-social, très anti-social. Il est pour la sortie de l'euro, peut-être de l'Europe (…) alors nous, il nous faut nous battre pour faire cette Europe, nous battre pour l'idée européenne ».



Chez les « centristes », pour la tête de liste Gabi Zimmer « Linke est un contre-modèle à l'AfD » (Die Zeit, 17 février), nous n'avons rien à faire avec ce parti, ajoute-t-elle. Ce qui permet de défendre l'Union européenne de la finance.



Enfin, le clou, chez la « radicale » Wagenknecht qui oppose l'AfD « qui veut des baisses de salaire, une redistribution des richesses vers le haut » et Linke « qui se bat pour taxer les riches ». Linke est donc « l'opposé du programme de l'AfD ». Encore une fois : donc nous défendons l'UE.



« Nous sommes tous des européens » : de Gysi à droite à Wagenknecht à gauche, le même cri !



Nous sommes tous des européens. Il faut écouter Mme Wagenknecht pour y croire : « Certains veulent nous faire croire qu'il y aurait des anti-européens contre des pro-européens dans ce parti. En fait, il n'y a pas d'anti-européens ».



On a même eu droit au couplet sempiternel sur les « fondateurs de l'idée européenne ». Gysi a fait dans le sobre, du Victor Hugo. Kipping, présidente de Linke, est allée beaucoup plus loin.



Elle a osé faire référence au « Manifeste de Ventotene » écrit par trois militants anti-fascistes italiens pour une « Europe libre et unie », texte devenu depuis le Manifeste des fédéralistes européens, prétexte à la propagande sur la nécessité d'une « Europe de paix et de liberté ».



Selon Kipping, voici le « manifeste fondateur de la gauche socialiste européenne ». Ce qui est très juste. Pour elle, ce document est la preuve que « l'idée européenne est étroitement liée à l'anti-fascisme, que c'est une idée de gauche ! ».



Une étrange réécriture de l'histoire où un obscur texte écrit par trois individus, à la portée fort limitée, a plus de poids dans l'histoire de l'Allemagne que toute la propagande pro-européenne, l'organisation économique et politique européenne façonnées par le III ème Reich !



Cette œuvre de réhabilitation de l' « unité de l'Europe » passe chez Die Linke par une insistance sur la « chute du Mur » : « les murs sont tombés dans les têtes » pour Kipping, « le chemin en Allemagne m'a mené vers l'Europe » pour Zimmer. Une apologie de l'annexion de la RDA.



Enfin, bouquet final, le texte de Gysi est tout empli d'un rêve européen qui fait froid dans le dos, plus d'intégration européenne, culturelle, politique et militaire :



« Et si on lançait le projet que les enfants dans toute l'Europe parlent une même langue dès la petite-enfance ? Ce serait probablement l'anglais, difficile à faire accepter en France. Mon Dieu ! Cela créerait une génération qui pourrait communiquer avec autrui. Quelle progression européenne ! ».



Un projet d'assimilation culturelle, moulée dans la mondialisation capitaliste, qui peut effrayer !



Gysi enchaîne : « Et qu'en pensez-vous si on mettait en place une bonne petite armée européenne pour protéger l'UE, en supprimant les armées nationales ? Ce serait bien. » Quel filou, ce Gysi, une armée européenne sous hégémonie allemande, pour parler d'une seule voix derrière les USA et l'Allemagne, servir de bras armé au 'pilier européen' de l'OTAN.



Mais le petit kaiser Gysi va plus loin : « l'intégration européenne doit être défendue contre toutes les critiques, ses faux amis qui ont quitté cette belle idée humaniste. C'est notre travail. Cela concerne aussi l'Europe de l'est, jusqu'à la Russie. Nous voulons unir toute l'Europe ».



L'Ukraine ? Gysi renvoie dos à dos les deux positions … pour affirmer que l' « Ukraine peut être un pont entre l'Europe et la Russie ». Dans l'UE bien sûr !



La Turquie ? « Certes il y a des évolutions anti-démocratiques qui font peur ». Mais, il faut « utiliser les négociations d'adhésion pour forcer la démocratisation en Turquie ». CQFD.



Le manifeste de Linke repose ainsi sur une intégration maximale, à la fois irréaliste en l'état et terrifiante comme processus de dessaisissement de ce qu'il reste des droits démocratiques et sociaux : c'est le TSCG puissance dix !



Au programme, entre autres : harmonisation fiscale et salariale à l'échelle européenne ; défense d'une politique de services publics européens ; réforme de la BCE et de l'Euro. Que des solutions qui supposent une intégration monétaire, bancaire, budgétaire supérieure.



 

Ce congrès « européen » de Linke montre en tout cas qu'une partie de la « gauche européenne » est bien décidée à sauver l'Union européenne, l'Euro. Y compris contre l'avis des peuples, des travailleurs exigeant la rupture avec cette Europe-là.

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31 janvier 2014 5 31 /01 /janvier /2014 06:33

hartzivDans quel état se trouve l'Allemagne après les « réformes Hartz » ? Pauvreté record, précarité pour tous et méga-profits



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Peter Hartz, conseiller de François Hollande pour les nouvelles réformes du travail ? En tout cas, notre président socialiste avait déclaré s'inspirer pendant sa campagne des réformes libérales du chancelier Schroder. Retour sur l'état de l'Allemagne dix ans après les fameuses « Réformes Hartz ».



Un rapport publié juste avant les Fêtes contredit les données du gouvernement allemand ainsi que le mythe du miracle allemand qui se révèle être un mirage patronal : la « compétitivité » allemand, ce sont les peuples européens qui la payent, et d'abord les travailleurs allemands.



C'est le constat alarmant de l'organisation de bienfaisance DPWV dans son rapport « Entre prospérité et pauvreté – l'Allemagne mise à l'épreuve » :



l'Allemagne compte plus de pauvres que jamais depuis la dite réunification, 15,2 % se trouve sous le seuil de pauvreté, 16 autres % sont menacés de pauvreté, soit 31 % de pauvres réels ou potentiels dans le pays le plus prospère d'Europe.



Le rapport est d'autant plus inquiétant que la croissance de la production et celle de la pauvreté sont allés dans des sens opposés. Entre 2005 et 2013, le PIB allemand a augmenté de 12 % malgré la crise, tandis que la pauvreté est passé de 14 % à 15,2 %.



Les données de l'ONG rentrent en contradiction avec celles vantées par le gouvernement, celles de l'Institut allemand pour la recherche économique (DIW), financé par l'Etat et défendant les thèses patronales.



Or, le DIW s'était tout simplement arrêté aux données de 2010 … seule année sur ces dix dernières où le taux de pauvreté avait connu un léger recul. Depuis la pauvreté est repartie à la hausse. Un simple mensonge par omission.



L'étude portant sur les inégalités régionales souligne que se creusent les disparités entre régions riches, plutôt au Sud, et pauvres, naturellement à l'Est mais aussi de plus en plus à l'ouest : c'est le cas de Brême (23,1 % de pauvres), Mecklembourg (22,9 %), Berlin (21,2 %), Saxe (18,9 %) et Brandebourg (18,3 %).



Un cas dramatique est celui de la Ruhr, vieille région industrielle, bastion ouvrier, pour la première fois classée dans les régions pauvres ravagées par la désindustrialisation, 19,2 % en 2012 avec des pics de 26,4 % à Dortmund et 25,1 % à Duisbourg.



Selon les auteurs du rapport : « il faut pointer du doigt les bas salaires, la précarité, les emplois atypiques (…) les bons résultats sur le marché du travail se produisent évidemment au prix d'une américanisation du marché du travail, avec le phénomène des travailleurs pauvres. »



Pour le travail – Bas salaires et précarité pour tous : le résultat des « réformes Hartz »



Sur quoi repose le soi-disant « miracle allemand » ?



D'abord sur les bas salaires. La politique menée par le social-démocrate Schroder – dont se revendique Hollande – entre 2003 et 2005 a contribué à la baisse des salaires, à la généralisation de la précarité avec son cortège de « mini-jobs » et de « travailleurs pauvres ».



En chiffres, le salaire moyen allemand a baissé de 4 % entre 2000 et 2010, soit 100 € de moins par mois. Après une légère relance après 2010, l'année 2013 a vu les salariés allemands perdre encore (officiellement, les chiffres étant sous-évalués) 0,2 % de pouvoir d'achat.



La part des salaires dans le partage de la valeur ajoutée a reculé entre 2000 et 2010 de 68 à 63 % du PIB. Les bas salaires (2/3 du revenu médian) touchent désormais 23 % de la population mais 57,5 % des 15-24 ans entrant sur le marché du travail.



Symbole de cette sous-prolétarisation du salariat allemand, les lois « Hartz IV ». Sous prétexte de lutte contre le chômage, on lance en fait une chasse aux chômeurs. Si le taux de chômage a baissé de 11,5 à 6,5 % entre 2005 et 2013, le nombre de « Hartzi » a explosé.



Selon les lois Hartz, l'allocation-chômage classique (Arbeitslosengeld I) est réduite à 12 mois, le chômeur est considéré ensuite de longue durée (Arbeitslosengeld II) et touche 350 € par mois. Une allocation conservée à condition d'accepter tout emploi proposé par l'agence pour l'emploi.



6,6 millions de personnes - dont 1,7 millions d’enfants – sont victimes d’Hartz IV. Ces 4,9 millions d’adultes (les « Hartzi ») sont en fait des chômeurs, des « quasi-chômeurs ».



C'est dans le cadre de ces lois que se sont développés les mini-jobs payés au maximum 400 € par mois, voire les « jobs à 1 € » … par jour !



La précarité devient de plus en plus la norme, surtout pour les jeunes. Sept ans après « Hartz IV », le nombre de contrats atypiques a explosé, de 47 % pour les contrats à temps partiel et de 131 % pour les intérim entre 1999 et 2009 !



Selon DESTATIS (l'INSEE allemande), si 8 millions de salariés subissent déjà un contrat précaire, il faut savoir que seules 15 % des nouvelles embauches se font en CDI, le reste en CDD (43%) ou en intérim (42% en CDD)



Pour le capital – Méga-profits et 'avantage compétitif' : la vraie raison derrière les « Réformes Hartz »



Les salaires perdus par les travailleurs passent directement dans la poche des patrons allemands. Entre 2000 et 2012, le taux de marge des entreprises allemandes est passé de 37 à 41 %, avec un pic de 45 % en 2007. En comparaison, les entreprises français oscillent entre 28 et 30 % !



2012 a été l'année d'euphorie pour le DAX, l'équivalent du CAC 40 réunissant les 30 entreprises côtées à la bourse de Francfort : 104 milliards d'€ de profit, en hausse de 8 % par rapport à 2011.



Le cas d'une entreprise Volkswagen donne le vertige et est emblématique du « capitalisme allemand » : 15 milliards de profits en 2011, 11 milliards en 2012 … et 17 millions de rémunérations pour le PDG de l'entreprise.



Le succès de Volkswagen (VW), la délocalisation. Ou plutôt la « division du travail » dans l'Union européenne au profit du capital allemand, au détriment des travailleurs allemands : la nouvelle « Up » est produite en Slovaquie, la « Polo » en Espagne.



Autre recette, le chantage patronal dont l'ANI marque le début en France. En 2004 VW avait menacé de délocaliser 30 000 postes si les salariés n'acceptaient pas le gel des salaires et le retour à la semaine de 40 h sans compensation. Une fois le deal accepté, VW a licencié 20 000 salariés en 2006 !



Naturellement, le pari du capital allemand, c'est de jouer l'intégration européenne : se construire une Mitteleuropa en Europe de l'est pour délocaliser, casser les concurrents industriels étrangers grâce à l'euro fort, enfin jouer le dumping social et salarial avec les plans d'austérité coordonnés.



L'Ukraine, avec sa réserve en matières premières et sa main d’œuvre bon marché et bien formée, constitue un enjeu majeur dans l'élargissement de cette Mitteleuropa, ce qui permet de comprendre l'enjeu de la lutte actuelle autour de cet Etat de 46 millions d'habitants.



Le pari d'une « industrie d'exportation compétitive » a aussi ses contradictions. Si les exportations ont tenu l'industrie allemande pendant la dernière décennie, à force de créer un désert autour d'elle, l'Allemagne voit ses exportations chuter et la croissance allemande ralentir fortement.



Désormais, les journaux économiques français comme allemands passent de la célébration du « miracle allemand » à l'inquiétude face à un « mirage » qui cache l'image d'une Europe saignée à vif.



 

En tout cas, bas salaires, chômage déguisé en précarité généralisée, travailleurs pauvres, régions industrielles sinistrées d'un côté, méga-profits, intégration européenne et mondialisation à sens unique de l'autre, il est temps de dénoncer le mirage allemand, agité en nos rangs pour nous imposer la politique du capital, celle de Hollande, le Schroder français !

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 07:03

Symbol-der-grossen-Koalition-Faehnchen-von-SPD-und-CDU-vor-.jpg« La grande coalition SPD-CDU porte la vision d'avenir de la classe dominante allemande et de son impérialisme », selon le président du DKP



Article de Patrik Kobele, président du Parti communiste allemand (DKP)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Il serait trop superficiel de critiquer le pacte de grande coalition parce qu'il ne « traiterait pas les vrais problèmes », ou parce qu'il ne ferait que gérer les affaires quotidiennes au lieu d'avoir une vision d'avenir, comme l'ont fait certains politiciens de Die Linkeaprès la signature de l'accord.



C'est superficiel et c'est faux. Ce pacte a une vision d'avenir : celle de la classe dominante et de l'impérialisme allemand.



Pour le peuple allemand, pour le peuple portugais, italien, grec au sein de l'UE, pour ceux qui se trouvent à l'intérieur et hors des frontières de l'UE, tous ont de quoi craindre le pire avec cet accord.



Cette menace manifeste, chacun peut la reconnaître à la lecture de l'accord :



« La compétition accrue à l'échelle internationale, ainsi que la croissance rapide des pays émergents (…) et la raréfaction des ressources naturelle posent de nouveaux défis » (p 13).



« Un pilier primordial de notre succès, c'est la force des entreprises allemandes sur les marchés internationaux. Leur compétitivité internationale occupe une place déterminante dans notre succès et notre prospérité. Ainsi, nous devons faire en sorte de garantir la stabilité des marchés et des systèmes financiers mondiaux, car ce sont une condition préalable à un climat d'investissement favorable à la croissance ». (p 14).



A ces objectifs, correspond naturellement le fait que soit accordée une place plus importante à l'OTAN qu'à l'ONU. Les causes de cette position sont clairement formulées :



« L'Allemagne a une responsabilité internationale. Nous voulons contribuer à façonner l'ordre mondial. Nous sommes guidés par les intérêts et les valeurs de notre pays ». (p 168)



Les « intérêts et valeurs de notre pays » ? On peut s'en référer encore à Marx, sa déclaration reste toujours actuelle : « L’État moderne n'est que le conseil d'administration des affaires communes de l'ensemble de la classe capitaliste ».



Cette politique doit aussi trouver une application à l'intérieur du pays. Cela nécessite une forme de militarisme ou, tel que cela est formulé dans le pacte de coalition :



« nous prenons l'engagement solennel d'intégrer la Bundeswehr (1)dans la société démocratique. La coalition soutient le dialogue continu de la Bundeswehr dans et avec la société allemande. Nous voulons porter ensemble la responsabilité de nos anciens combattants. Cela vaut aussi pour l'aide aux blessés, aux invalides et à la commémoration dans la dignité du souvenir de nos morts. Les Jugendoffiziere (2)réalisent un travail important en informant le public sur les missions de la Bundeswehr. Nous apprécions que de nombreux établissements scolaires tirent profit de cette offre. Faire entrer la Bundeswehr dans les écoles, les collèges, lycées, universités, salons de l'éducation et pour l'emploi, c'est bien sûr une très bonne chose pour nous » (pp 176-177).



Une telle offensive nécessite une collaboration, avant tout des syndicats.C'est aussi le grand avantage d'intégrer le SPD. Cette collaboration ne coûtera pas cher, quelques miettes feront l'affaire. Cela comprend le salaire minimum, qui n'est suffisant, ni généralisé, et applicable qu'à partir de 2017. Que valent désormais ces 8,50 euros ? Quelques aumônes pour la retraite, que plus personne n'est susceptible d'atteindre à vrai dire. Et pour en finir avec ces mesures superficielles :



« Dans le respect du pluralisme syndical et de l'esprit de concertation sociale, nous voulons inscrire dans la loi le principe de l'unicité de la convention collective (3)dans l'entreprise , avec application de la règle de la représentativité dans l'entreprise, avec les principales organisations de salariés et d'employeurs » (page 70).



Va être imposé crûment ici ce que la CDU et le FDP n'avaient pas réussi à imposer : l'unicité de la convention collective dans l'entreprise, donc une restriction massive du droit de grève. Il n'est pas étonnant que les représentants des associations patronales aient du mal à ne pas accompagner leurs larmes de crocodile de sourires goguenards.



Non ce pacte n'est pas le « triste résultat » de longues négociations, c'est une attaque massive de la classe dominante.Les adhérents du SPD devraient l'avoir clairement en tête. De social et démocratique, ce pacte n'a décidément plus rien.



Notes :



(1) – Bundeswehr : l'armée allemande


 

 

(2) – Jugendoffiziere : officiers de l'armée allemande chargés de diffuser la propagande de la Bundeswehr auprès des élèves et des enseignants allemands


 

(3) – Grundsatz der Tarifeinheit : ce qu'on peut traduire par « unicité des conventions collectives ». Concrètement, cela renforce le pouvoir hégémonique de la centrale syndicale DGB liée au SPD, au nom de sa « représentativité » au sein des entreprises allemandes, face à l'émergence de syndicats de base, alternatifs (chrétiens) ou catégoriels, ce qui – selon les syndicats patronaux peut contribuer à l'explosion de conflits sociaux. Le syndicat patronal, DGA, et le syndicat des salariés DGB avaient signé un texte commun pour exiger le retour à cette « unicité conventionnelle », après plusieurs arrêts de la Cour fédérale du travail reconnaissant le pluralisme syndical, pour assurer la paix sociale.

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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 07:20

131113_JO_Munich-300x168.jpgLe Parti communiste allemand (DKP) félicite les Hauts-Bavarois qui ont rejeté la candidature de Munich aux Jeux Olympiques

 

Article EDT pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Les promoteurs de la candidature aux Jeux Olympiques d’hiver de 2022 se sont cassé le nez lors du référendum. Pour le rejet de la candidature, un vote négatif dans un seul district aurait suffi. Mais il y a eu une majorité pour le Non dans les quatre districts concernés : 51,56% à Garmisch-Partenkirchen, 59,67% à Traunstein, 54,02% dans le pays de Berchtesgaden, 52,10% à Munich même.


Ce résultat est d’autant plus appréciable que les promoteurs des JO ont utilisé tous les registres possibles de propagande. Même dans les transports publics, les voyageurs se voyaient infligés des slogans stupides « O-ja » (JO-Oui). La majorité des votants a montré que l’appareil de manipulation professionnel a ses limites. La population a gâché une bonne affaire au grand dam des affairistes et a infligé une défaite à leurs représentants de la CSU (branche bavaroise de la CDU de Mme Merkel, ndt) et du SPD.


Le spectacle allait coûter 33 milliards d’euros – et on sait d’expérience que ce type d’estimation a la tendance lourde d’être multiplié par deux à la fin. La masse des citoyens aurait réglé la note. Une poignée aurait empoché les bénéfices. Il n’en sera rien. Mesdames et messieurs les investisseurs qui avaient espéré en tirer un bon profit devront se retourner vers d’autres produits financiers innovants.

Salutations à ces Hauts-Bavarois si bien avisés !

 

Source originelle : http://vivelepcf.fr/

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 04:51

spd-linke-gruene100 v-panoramaDie Linke continue de prier le SPD d'accepter la formation d'un « gouvernement de gauche plurielle »

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

L'issue des élections législatives en Allemagne laisse un champ ouvert aux combinaisons politiciennes. « Grande coalition » CDU-SPD ou « gauche plurielle », rouge-rose-verte, de Die Linke au SPD.

 

La position de la direction du SPD est claire : pas de gouvernement de gauche avec Die Linke et recherche d'une « grande coalition » avec la droite de Merkel, déjà testée entre 2005 et 2009 dont le Ministre des Finances fut le candidat social-démocrate à la chancellerie, Peer Steinbruck.

 

Sur l'essentiel, CDU et SPD sont d'accord : statu quo sur la précarisation des travailleurs, la retraite à 67 ans, le renforcement de l'intégration et de l'austérité européenne, compensée par des mesurettes sur le salaire minimum et une réforme fiscale touchant les hauts revenus.

 

Une grande coalition SPD-CDU : une alliance de bon sens

 

Dans ces conditions, l'hypothèse d'une majorité de gauche SPD et Linke semble saugrenue. Le SPD ne s'est jamais démarqué de son héritage libéral, Steinbruck se revendiquant dans la campagne de l'héritage de Schroder, celui des lois Hartz qui ont plongé des millions d'allemands dans la précarité.

 

Die Linke avait tracé des « lignes rouges » sur lesquelles elle n'était pas censée transiger. Des lignes devenues, dans le discours de dirigeants comme Gregor Gysi, « oranges » puis « vertes ».

 

La dernière interview accordée par Katja Kipping au quotidien « Die Zeit », le 26 septembre, est révélatrice des positions du « parti de gauche » quant à l'alliance avec la social-démocratie. Extraits.

 

La recherche d'une coalition rouge-rose-verte : « Si la SPD a exclu une coalition, ce n'est pas notre cas »

 

Le journaliste de « Die Zeit » rappelle d'entrée que le SPD semble exclure une coalition « rouge-rouge-verte » et demande si Linke se sent bien dans l'opposition.

 

La réponse de Kipping : « L'opposition n'est pas une sinécure. Nous devons redoubler d'énergie pour nous faire entendre, peser pour changer les choses. Une coalition rouge-rouge-verte n'est pas gagnée mais c'est encore possible ».

 

« Est-ce que ce n'est pas une fausse proposition, voulez-vous vraiment le gouvernement ? », demande le journaliste. « Notre ligne, c'est : nous sommes ouverts aux négociations. Si la SPD a exclu une coalition avec nous, ce n'est pas notre cas ».

 

Les lignes rouges ? « On est prêt à faire des compromis »

 

« Et les lignes rouges ? », questionne le journaliste. La réponse de la présidente de Linke porte sur un point : « Pas de nouvelles opérations militaires à l'étranger ». Ce qui veut dire pas d'intervention armée en Syrie. Sur ce point, il peut y avoir convergence avec le SPD … jusqu'à Merkel.

 

Par contre, cela suppose de ne pas revenir sur les opérations en cours, comme en Afghanistan, ni sur les contrats d'armements juteux signés par l'industrie de l'armement allemande. Par ailleurs, comme le souligne Mme Kipping : « Il y a d'autres points sur lesquels on est prêt à faire des compromis ».

 

Le salaire minimum : « Un point de convergence majeur »

 

Et la présidente de Linke de rappeler sur-le-champ un point de convergence : le salaire minimum. « Nous voulons un salaire minimum, comme le SPD et les Verts. Sur notre proposition de 10 € ? L'idée est importante, après sur le montant, on peut discuter ».

 

On peut rappeler que le SPD avait dans son programme l'instauration du salaire minimum à 8 € 50. Une proposition à laquelle n'est pas hostile la CDU, plutôt favorable à des accords par branche.

 

Quand le journaliste évoque la potentialité de faire passer d'entrée un accord sur le salaire minimum, en utilisant la majorité de fait au Bundestag, prouvant ainsi la viabilité d'un gouvernement de gauche, la réponse de Mme Kipping est encore instructive :

 

« Je pense qu'il serait irresponsable de ne pas se saisir de cette occasion. La question du salaire minimum est un point de convergence majeur »

 

Une interview révélatrice de la ligne de « Die Linke » vis-à-vis de la social-démocratie historique : recherche des alliances à tous les niveaux, dans l'optique de « peser à gauche » dans les institutions.

 

Gregor Gysi avait déclaré après les élections que « Linke reste ouvert à la discussion. Le SPD et les Verts devraient s'engager dans des négociations avec nous ». Il avait qualifié de « grosse erreur » le refus du SPD d'envisager un gouvernement « rouge-rouge-vert ».

 

Le dirigeant du SPD, Sigmar Gabriel, a récemment marqué son souhait de voir émerger des « gouvernements de gauche » semblables à ceux expérimentés en Allemagne de l'Est.

 

Entre 2001 et 2011, Die Linke gouvernait le land de Berlin en coalition avec le SPD, appliquant une série de coupes qui en firent un laboratoire de l' « austérité de gauche » : baisse des salaires, licenciement de dizaines de milliers de fonctionnaires, coupes massives dans l'éducation et la santé.

 

Entre 2001 et 2011, le gouvernement de gauche à Berlin n'a non seulement rien fait pour freiner la spéculation immobilière et a même encouragé la privatisation du logement social.

 

Die Linke avait alors payé cher cette politique, passant de 22 % des voix en 2001 à 11,7% en 2011, à l'échelle de Berlin. Au niveau national, lors de ces élections, la ligne modérée et ambiguë de Linke n'a pas payé : passant de 11% en 2009 à 8,7% en 2013.

 

Aujourd'hui, dans l’État de Hesse, région-clé de l'Allemagne de l'Ouest qui abrite notamment Francfort, les tractations sont en cours après les élections régionales partielles pour un gouvernement SPD-Verts-Die Linke.

 

La dirigeante locale de Linke s'est déjà dite prête à faire des concessions, et à faire tomber une « ligne rouge » : celle de l'adoption de mesures d'austérité budgétaire au Parlement régional.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Allemagne
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