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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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24 septembre 2013 2 24 /09 /septembre /2013 05:05

84396164 pUne victoire pour les banques et le grand capital allemand



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Analyse du Parti communiste allemand (DKP) sur le résultat des élections législatives





Ce que les médias dominants avaient annoncé depuis des mois s'est produit hier : la CDU-CSU est sortie grand gagnante – entre autre au détriment du FDP, qui n'est plus représenté au Bundestag.



Le président du DKP estime de son côté :



« Peu importe la coalition gouvernementale qui va se dessiner – pour le peuple de ce pays, cela ne va pas changer grand-chose : les manœuvres bellicistes de la Bundeswehr (armée allemande) vont se poursuivre. Le prochain plan de sauvetage de l'UE pour les banques sera adopté. Et la prochaine étape de la casse sociale va être actée pour renforcer la position dominante des banques et grandes entreprises allemandes dans l'UE, sur le dos des salariés de notre pays et du reste de l'Europe. En ce sens, ce résultat est une victoire pour les banques et les grandes entreprises. »



Le résultat des élections législatives est un reflet – quoique déformé – du niveau de conscience des travailleurs, dans le rapport de force actuel. Qu'une si grande partie de la classe ouvrière ait donné ses voix à des partis qui sont pour une politique de guerre, pour la démolition de nos droits sociaux et démocratiques, est un reflet de sa conscience sociale du moment : la propagande selon laquelle « l'Allemagne » se porte bien par rapport à d'autres pays en Europe a bien marché, attisant les peurs d'un déclassement social.



Le président du DKP souligne toutefois les contradictions de ce résultat :



« Si d'un côté, la CDU-CSU remporte les élections, d'autre part les sondages révèlent que 74 % des électeurs de la CDU sont pour un salaire minimum légal, ce qui indique clairement des lignes de fracture sur les questions de classe parmi les électeurs de la CDU ».



Il faudra donc partir des prochaines luttes extra-parlementaires, dans la rue – mais aussi des campagnes électorales de 2014 – pour mettre sur le devant de la scène les intérêts immédiats de la classe ouvrière, pour repousser les attaques du capital. Le maintien du parti « Die Linke » au Bundestag peut être un point d'appui.



La relative bonne performance de la force réactionnaire « Alternative pour l'Allemagne » sera de nouveau à l'ordre du jour du prochain comité exécutif du DKP, en vue des élections européennes de 2014 :



« Si un parti de ce type obtient près de 5 % des voix, alimentant un climat nationaliste et raciste, il est plus que jamais nécessaire que le Parti communiste présente des candidats qui lient le « NON » à l'UE des banques et du capital avec le « NON » au racisme et au nationalisme. Une chose est claire : la résistance à l'UE ne pourra vaincre que si les salariés en Allemagne se font solidaires avec les salariés des pays, poussés par les diktats de l'UE et de la Troika, par l'austérité, dans une pauvreté massive. »



 

Patrik Köbele a remercié expressément les candidats du DKP qui se sont présentés à Heidenheim, Brandebourg et Berlin, mais aussi les camarades qui ont fait leur campagne. Ils ont contribué à ce que le mot d'ordre : « Choisissez la voie de la résistance ! » puisse s'exprimer sur le bulletin de vote. C'est cette voie qu'il s'agit maintenant de suivre.

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23 septembre 2013 1 23 /09 /septembre /2013 04:35

grossflaeche_thema1_revolution_1130x800.pngÉlections législatives en Allemagne : nouveau recul pour un pâle « Die Linke », dans un pays plus à droite que jamais

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Plus à droite que jamais. L'Allemagne sortie des législatives du 22 septembre l'est avec une CDU au plus haut depuis 1990, un SPD qui continue sa dérive droitière et « Die Linke », empêtré dans une stratégie euro et SPD-compatible, encore en recul.

 

Le fait majeur de ce scrutin, c'est le triomphe de la CDU d'Angela Merkel. Avec plus de 43% des voix, le parti démocrate-chrétien a écrasé le scrutin. La seule incertitude reste sa capacité ou non à obtenir la majorité absolue.

 

Dans une campagne résolument conservatrice, axée sur la stabilité et la continuité, elle a fait le plein dans l'électorat de droite et du centre, sur fond d'un nationalisme (« L'Allemagne forte »), qui trouve sa pleine expression dans un européisme intéressé et prudent.

 

Merkel n'a pas hésité à récupérer l'héritage de l’œuvre de l'ex-chancelier social-démocrate Gerhard Schroder, dont les réformes (« Hartz IV »), au début des années 2000, ont plongé des millions d'Allemands dans l'enfer de la précarité et des bas salaires.

 

Plus subtilement, elle s'est distinguée de son prédécesseur social-libéral par des inflexionsen politique étrangère, moins suiviste vis-à-vis de l'OTAN, et jusqu'en politique intérieure, avec quelques mesures sur le salaire minimum limitées à certaines branches bien précises.

 

A droite, Merkel occupe tout l'espace et écrase ses partenaires-concurrents : le FDP est balayé sur ses fondamentaux, libéralisme et européisme (4,5%) tandis que le parti populiste anti-euro, « Alternative fur Deutschland », échoue aux portes du Bundestag (4,8%).

 

Mais la droitisation du pays se manifeste aussi à la faillite des partis dits de « gauche ». Les Verts, en recul avec 8 % des voix (- 2,7 points) et surtout du SPD qui avec 26 % des voix réalise un score décevant, bien qu'en progression par rapport au fiasco de 2009 (+ 3 points).

 

Parti dans un premier temps sur des propositions identitaires « de gauche » offrant un vernis de radicalité (salaire minimum, impôts progressifs), le SPD a fini par accentuer sa dérive vers la droite, aidé en cela par la figure idoine, Peer Steinbruck.

 

Représentant émérite de la « gauche caviar » allemande, Steinbruck a été le ministre des Finances de Merkel sous la « Grande coalition » de 2005 à 2009, maître d’œuvre du plan de renflouement des banques, et de l'austérité dans et hors des frontières allemandes.

 

Se revendiquant de l'héritage des réformes Schroder, défendant le recul de l'âge de départ à la retraite à 67 ans qu'il a fait passer, Steinbruck ne s'est finalement distingué de Merkel que par sa défense plus obstinée de l'austérité budgétaire et du fédéralisme européen.

 

Pris dans cette vague droitière, « Die Linke » l'a aussi alimentée.Dans la lignée des derniers scrutins régionaux, « Die Linke » s'effritte. Avec 8,4% des voix, elle pourrait rester troisième force du pays, mais en net recul par rapport aux scores de 2009, où elle avait obtenu 11,9 %.

 

Au-delà de son résultat, ce sont ces axes de campagne qui ont nourri la droitisation du pays : l'approfondissement de l'intégration européenne et la recherche d'une alliance avec la social-démocratie.

 

Approfondissement de l'intégration européenne, alliance avec le SPD : virage droitier ou continuité pour Die Linke ?

 

Die Linke s'est distinguée d'abord dans la campagne par son zèle dans la défense et l'approfondissement de l'intégration européenne.

 

On se souvient en mai de l'intervention du fondateur de « Linke », l'ancien ministre de l'Economie de Gerhard Schroder, Oskar Lafontaine se prononçant pour la sortie de l'Euro afin de pouvoir mettre en place une véritable « politique de relance » de gauche, toute keynésienne et social-démocrate.

 

La levée de boucliers a été instantanée chez les dirigeants de Linke, proclamant leur attachement politique à la construction européenne.

 

Ainsi, Bernd Riexinger, représentant les ex-sociaux-démocrates de RFA et co-président, répondit : « Certains disent Non à l'Euro et oui à l'Austérité (l'AfD/Alternative fur Deutschland), nous, nous disons non à l'austérité et oui à l'Euro. Ils sont de droite, nous sommes de gauche ! »

 

Katia Kipping, représentant l'ex-PDS de l'Est, elle aussi co-présidente, avait alors répondu dans un article dans Neues Deutschland au titre fort : « Nous disons oui à l'Euro ».

 

Le programme adopté par Die Linke lors de sa Conférence à Dresde en juin insiste sur la nécessité de lutter ... contre la fin de l'Euro en promouvant une réforme de l'Union économique et monétaire, notamment des missions de la Banque centrale européenne (BCE).

 

Un européisme zélé parfaitement compatible avec la position ultra-fédéraliste du SPD.Le deuxième point marquant étant la recherche obstinée pendant la campagne de convergences avec le parti social-démocrate, en vue d'un gouvernement de gauche plurielle « rouge-rouge-vert ».

 

Les dirigeants de Linke, en premier lieu les présidents Tanja Kipping et Bernd Reixinger, n'ont cessé de modérer leur discours, insistant sur leur disponibilité pour des accords avec le SPD.

 

Une position défendue par le dirigeant historique de l'ex-PDS d'Allemagne de l'Est, désormais représentant de l' « aile modérée » ou « pragmatique » du parti, Gregor Gysi, qui rêve désormais de moins en moins secrètement d'un poste aux Affaires étrangères.

 

Gregor Gysi a tenu à insister sur le fait que « le SPD ne ferait pas de chancelier sans nous », et qu'il était disposé à s'entendre sur un programme minimal de gouvernement, rappelant les « points de convergence »entre les deux formations.

 

Un programme minimal dans lequel il a renoncé progressivement à tous les points de friction avec le SPD :l'abandon de la lutte contre le recul de l'âge à la retraite à 67 ans, de la suppression des lois Hartz IV oudu retrait des troupes d'Afghanistan.

 

Die Linke se contentait en fin de compte de déclarations incantatoires sur la « justice sociale » et la « paix » et de mesures compatibles avec les propositions du SPD. C'est le cas pour la mise en place d'un salaire minimum à 10 € quand le SPD … le proposait à 8,50 €.

 

Gysi a affirmé que « lorsque Die Linkeest plus forte, c'est l'Allemagne qui est plus pacifique et sociale ». Die Linke a atteint un score historique en 2009, l'Allemagne n'est pas pour autant devenue plus « pacifique et sociale » … si ce n'est pour la paix sociale dans le pays, peut-être ?

 

Anecdote révélatrice de la position conservatrice du parti, Die Linke a choisi pendant la campagne de présenter une affiche avec le mot « Revolution ? » … suivie de la réponse : « Nein ! ».

 

Si Linke ne cesse de mettre en avant son rôle pour tirer le SPD à gauche, le SPD suit de son côté la campagne anti-communiste alimentée par la CDU, et refuse toute coalition « rouge-rouge », laissant toujours entre-ouverte la porte d'une « grande coalition » avec la CDU.

 

Cela n'a pas empêché Gregor Gysi, triomphaliste à l'annonce des résultats, de déclarer le soir même sa « disponibilité pour des entrevues » dans la perspective d'un accord gouvernemental.

 

La dérive droitière de « Die Linke » avait atteint son paroxysme lors des dernières élections présidentielles de mars 2012 où le parti « de gauche » avait soutenu une femme ouvertement de droite, amie de Nicolas Sarkozy, sioniste invétérée : Beate Klarsfeld.

 

Chez un personnage comme Gregor Gysi, elle s'est manifestée notamment par des sorties en faveur du sionisme(« l'anti-sionisme n'est plus une position défendable pour Die Linke », disait-il lors de la commémoration des 60 ans d'Israel en 2008), y compris pour condamner ceux dans les rangs de Linke qui avaient participé à la « Flotille de la liberté » pour Gaza.

 

Ou encore, selon la fuite de Wikileaks, par cet entretien avec l'ambassadeur américain en 2010 tenant à le rassurer du caractère inoffensif du mot d'ordre de « dissolution de l'OTAN » par rapport à celui du « retrait de l'Allemagne de l'OTAN ».

 

Gysi et le parti « Die Linke » est le cœur et la tête du parti européen dit « Parti de la gauche européenne » (PGE) qui, sur le modèle allemand, tend à transformer les partis communistes en « partis (parlementaires) de gauche », pro-européens et sociaux-démocrates de gauche.

 

Après ces élections, le cœur de l'Europe penche plus que jamais à droite, renforcé dans son consensus libéral et européiste. La ligne adoptée par les dirigeants de « Die Linke », orientée vers la défense de l'UE et d'une alliance avec le SPD, n'a fait qu'alimenter cette dérive.

 

 

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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 05:54

hartziv.jpgEn Allemagne, on conseille aux chômeurs ... de ne pas manger de viande ou de mettre des pierres dans leur chasse d'eau pour économiser!

 



Article publié par Avante, organe du Parti communiste portugais (PCP)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Ne pas manger de viande, mettre des pierres dans les toilettes pour économiser de l'eau, voilà les conseils que l'on trouve dans un livret pour les chômeurs édité en Allemagne, qui suscite la polémique dans le pays.



Le livret, distribué par le Centre pour l'emploi du district de Pinneberg, dans l’État fédéré de Schleswig-Holstein, s'adresse aux familles qui reçoivent l'aide Hartz IV, destinée aux chômeurs qui ne reçoivent plus les allocations-chômage.



Les conseils sont donnés sous la forme d'une bande dessinée, comprenant les « astuces de la famille Fischer », composée de quatre membres.



Parmi les propositions, on trouve le fait de renoncer à la consommation de viandes pendant une semaine : « De toute façon, je veux être végétarienne », affirme Lara la fille de la famille imaginaire.



Plus tard, la famille décide de vendre sur Internet des meubles anciens, réussissant ainsi à récolter 350 euros, et commence à boire l'eau du robinet pour ne pas gaspiller de l'argent avec de l'eau en bouteille.



Le livret comprend même d'autres conseils : mettre des pierres dans la chasse d'eau pour économiser sur la facture d'eau ; éviter que la température de la maison ne dépasse les 20 degrés ou ne pas faire d'achats au super-marché sans une liste et avec l'estomac vide.



Le Centre pour l'emploi de Pinneberg recommande également de faire le shopping dans des boutiques du temps des soldes et des liquidations : « les articles de la saison dernière peuvent aussi être intéressants ».



L'initiative pourrait être considérée comme une idée malheureuse de ce centre du Nord de l'Allemagne. Toutefois, elle a pris de l'importance quand le sous-directeur de l'Agence nationale pour l'Emploi, Heinrich Alt, a exprimé son enthousiasme, qualifiant le livret de « guide extraordinaire ».



Les aides Hartz IV sont une sorte de revenu minimum garanti qui comprend le paiement d'un loyer et un petit montant de subsistance de 350 €. Les bénéficiaires peuvent faire de petits boulots qui leur permettent de gagner jusqu'à 100 € de plus.



Pour accéder à ces aides, le candidat ne peut pas avoir d'actifs ou d'économies. Si il possède une maison, des bijoux ou d'autres articles de valeur, il doit les vendre. Il ne peut pas également recevoir d'aide de ses proches ou ses amis, et pour contrôler son niveau de vie, l'agence pour l'emploi a le droit d'envoyer un inspecteur à la maison pour vérifier si il existe des objets considérés comme « inappropriés ».



Selon des informations qui ont filtré dans la presse, le contrôle va jusqu'à surveiller les courses au super-marché, et même les boîtes aux lettres.



Le mobilier est une des rares choses qu'ils peuvent garder ou vendre, leur permettant de conserver l'argent ainsi récolté.



Contre ce système humiliant, se sont élevées des voix qui le considèrent inconstitutionnel, vu que la Loi fondamentale garantit dans son premier article le droit de chaque personne à la dignité.

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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 06:04

76117.jpgLes communistes allemands empêchent la démolition symbolique du mémorial Ernst Thalmann par la droite revancharde

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le révisionnisme historique continue son œuvre de destruction de la mémoire anti-fasciste en Europe de l'Est. Réhabilitation des collaborateurs dans les pays baltes ou en Ukraine, effacement des noms de rue ou destruction des monuments en Hongrie ou en Allemagne.

 

Ce 15 juin, l'initiative convoquée par les Jeunesses du Parti libéral (FDP) était un symbole fort : un dynamitage fictif du mémorial Ernst Thalmann, érigé dans le parc éponyme, dans un quartier ouvrier de Berlin-Est.

 

La réponse du Parti communiste allemand (DKP), en coordination avec d'autres organisations et associations locales, a été ferme : près de 200 militants ont mis en échec la tentative des jeunes « libéraux » anti-communistes.

 

La tentative de déboulonner « un héros de la RDA », selon les termes des dirigeants libéraux, a tourné court. Le nom d'Ernst Thalmann reste associé à celui d'une des grandes figures de la résistance anti-nazie.

 

Président du Parti communiste allemand de 1924 à 1933, maintenu en cellule d'isolement pendant onze ans, transféré en camp de concentration à Buchenwald, il y est abattu sur ordre d'Hitler en août 1944.

 

En 1986, le gouvernement d'Allemagne de l'Est décide d'ériger, pour le centième anniversaire de sa naissance, un monument en son honneur, réalisé par le célèbre sculpteur soviétique Lev Kerbel.

 

Ce que les libéraux du FDP, partie-prenante de la coalition gouvernementale avec la CDU d'Angela Merkel, tentent de déboulonner : c'est la mémoire anti-fasciste et révolutionnaire. Les libéraux proposent d'effacer tous les noms et symboles liés aux dirigeants révolutionnaires en ex-RDA.

 

Une tentative d'autant plus choquante que nous savons désormais que des partis comme le FDP ont servi de machine à recycler les dignitaires nazis après la guerre, sous la bannière de l'anti-communisme de combat, devenu raison d'être de la RFA à partir de 1949.

 

Nous ne pouvons pas non plus oublier que les efforts pour rayer la carte le monument Thalmann au cœur de Berlin s'inscrit aussi dans les opérations de spéculation immobilière qui transforment Berlin en une ville de plus en plus chère et réservée aux classes aisées.

 

Selon le Morgen Post, les investisseurs lorgnent sur le « parc Thalmann », dans un quartier en plein embourgeoisement. Les premiers menacés sont les locataires du grand parc HLM construit dans les années 1980 par la RDA. Leur crime, bénéficier de trois pièces pour 400 € au cœur de Berlin.

 

 

En Allemagne comme ailleurs en Europe, le fascisme idéologique ne passera pas : la lutte héroïque des Thalmann ou Dimitrov doit avoir une perspective, l'organisation de la résistance à la politique de casse sociale qui crée les bases de recrutement du mouvement fasciste !

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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 06:22

20101204 Lafontaine Melenchon2Les dirigeants de Die Linke défendent l'Euro... contre Oskar Lafontaine!

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Rien ne va plus pour Die Linke. En chute libre dans les sondages, la formation « de gauche » allemande est minée par les dissensions internes. La dernière en date, sur la monnaie unique, opposant les dirigeants du parti à leur père fondateur, l'économiste Oskar Lafontaine.

 

Il n'est plus besoin de présenter Oskar Lafontaine. L'ancien ministre des Finances de Schroder se définit comme viscéralement attaché à l'héritage social-démocrate, européiste du SPD, qu'il estime trahi par son actuelle direction.

 

C'est ce cheminement qui le conduit à claquer la porte du gouvernement social-démocrate en 1999, à quitter le SPD en 2005 puis à fonder « Die Linke » avec les dirigeants du PDS (Parti du socialisme démocratique), restes des communistes du Parti du socialisme unifié est-allemand.

 

Mais en 1999, La Fontaine restait un partisan de la monnaie unique européenne. Aujourd'hui, en 2013, fidèle à son orientation social-démocrate, européiste conséquente, sa position a changé. Sa déclaration du 30 avril a créé un débat enflammé dans le parti qu'il a contribué à fonder

 

Pour Lafontaine, il faut sortir de l'Euro pour mener une politique « de gauche »... et sauver l'Europe !

 

Lafontaine rappelle que son enthousiasme initial pour l'Euro allait de pair avec l'idée d'une « coordination économique européenne » allant vers une « harmonisation salariale ». La Fontaine est aujourd'hui déçu que l' « Euro n'ait pas conduit à l'adoption d'un comportement rationnel ».

 

Il souligne, avec acuité, que le capital allemand a en réalité pratiqué une politique de modération salaire pour gagner des parts de marché et ruiner les économies des pays du Sud, qu'il tente d'achever avec sa politique d'austérité.

 

De la crise actuelle de la zone euro, Lafontaine en tire une conclusion radicale en apparence : en finir avec l'Euro, revenir à une monnaie commune dans un Système monétaire européen. En réalité, la position de l'ex-leader du SPD est conséquente.

 

Sur le plan économique car la fin de l'Euro est nécessaire à la mise en place d'une politique de relance social-démocrate. La Fontaine avance l'idée que seule une dévaluation compétitive – supposant la souveraineté monétaire – peut représenter une alternative à la dévaluation salariale.

 

Mais sur le plan politique aussi, la fin de l'Euro est nécessaire au maintien de l'Union européenne. La politique de Merkel et de la classe dominante allemande de la terre brûlée alimente les tensions au sein de l'UE, risquant de faire imploser le projet européen.

 

La politique de nivellement par le bas des salaires imposée par le capital allemand se sert de l'instrument Euro. Paradoxalement, il faut, pour La Fontaine, en finir avec l'Euro pour rétablir un équilibre au sein de l'UE, assurant la pérennité du projet européen.

 

Si la position de Lafontaine est pétrie d'illusions idéalistes passées (« adoption de comportements rationnels » sic), elle est toutefois la plus conséquente, dans son cadre réformiste et européiste.

 

Or, cette position tranche radicalement avec celle promue par le PGE à l'échelle européenne et ses figures Tsipras ou Mélenchon. Elle s'oppose nettement à la position de la direction officielle de Die Linke, et ses architectes liés au PGE, Lothar Bisky ou Gregor Gysi.

 

Une levée de boucliers à la direction de Die Linke : « Nous disons oui à l'Euro ! »

 

La position exprimée publiquement par Lafontaine n'a pas encore reçue de réponse frontale, le respect pour l'illustre aîné, l'aura de l'économiste social-démocrate a conduit les dirigeants à lui répondre de façon détournée, ce qu'ont néanmoins fait les deux co-présidents actuels de Linke.

 

Tout d'abord, Katja Kipping, ancienne dirigeante du PDS (ex-communiste) de l'ex-RDA a répondu par un article dans la presse du parti Neues Deutschland au titre évocateur : « Nous disons Oui à l'Euro ! ».

 

Le principale argument avancé par la dirigeante du parti est la collusion avec le nouveau parti anti-euro « Alternative pour l'Allemagne » (AfD). Kipping a rappelé la position de Gysi en 1998 : oui à l'Euro, mais il faut une harmonisation sociale et fiscale. Donc plus d'Europe !

 

Bernd Riexinger, représentant les ex-sociaux-démocrates de RFA a répondu tout d'abord de façon laconique mais claire : « Certains disent Non à l'Euro et oui à l'Austérité (l'AfD), nous, nous disons non à l'austérité et oui à l'Euro. Ils sont de droite, nous sommes de gauche ! »

 

Les déclarations de soutien à la monnaie unique se sont multipliés dans la presse du parti. Le député européen Jurgen Klute a ainsi émis un vibrant article contre le retour du nationalisme, soulignant en ce sens la « réussite du projet européen » (sic), visant en réalité le retour à la monnaie nationale.

 

A la gauche du parti, la responsable de la plate-forme communiste Sarah Wagenknecht a, elle, rendu des déclarations peu claires. Aucun soutien explicite à la proposition de La Fontaine, puis une dénonciation du programme de l'AfD, enfin le refus de prendre position pour ou contre.

 

En vue de la réunion à Dresde en juin, pour adopter le programme du parti pour les élections de septembre, le groupe dirigeant de Die Linke a déjà tiré des conclusions sur l'UE et la monnaie unique :

 

« Même si l'Union monétaire européenne a été très mal construite, Die Linke ne veut pas la fin de l'Euro. Au contraire, l'Union monétaire doit être totalement réorganisée, afin que l'on défende la coopération pacifique en Europe plutôt que d'exacerber les divisions ».

 

Au moment où l'idée d'une sortie progressiste de l'Euro s'impose de plus en plus dans le débat européen, désormais mises en avant par des Partis communistes au Portugal ou à Chypre, par les JC d'Espagne, le débat parvient au cœur de l'Europe capitaliste.

 

Mais pour les dirigeants de Die Linke et du PGE, malgré le bon sens des meilleurs économistes réformistes, la question de l'Euro est politique : il s'agit de sauver le projet d'intégration capitaliste européenne, coûte que coûte.

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