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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 09:18

barbara-figueroa-cut[1]Victoire historique du syndicalisme de classe au Chili

La liste menée par les communistes renverse la direction réformiste de la CUT

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Image: Barbara Figueroa, nouvelle présidente de la CUT



Depuis plus d'un an, le Chili connaît des mouvements de lutte inédits depuis la chute de la dictature. Manifestations étudiantes et enseignantes, occupations de lycées, grèves de mineurs : la lutte a touché tous les secteurs et s'est assuré la solidarité de l'immense majorité d'un peuple exaspéré par les réformes libérales du gouvernement de droite.



Pourtant, hormis dans certaines branches plus combatives, la direction de la CUT (Centrale unitaire des travailleurs) est apparue comme avançant à reculons dans ce mouvement, privilégiant la voie du « dialogue social » à celle de la grève générale, suscitant la défiance des bases militantes.



Ce 23 août, les 750 000 syndiqués de la CUT étaient appelés à ré-élire leurs instances dirigeantes, à travers l'élection indirecte de 60 conseillers nationaux.



Les communistes à la tête de la CUT, une première depuis 40 ans



Quatre listes étaient présentées au vote : la liste A (« Alternative unitaire ») menée par le syndicaliste du pétrole, démocrate-chrétien, Nolberto Diaz, la liste C (« Les travailleurs au pouvoir») conduite par les gauchistes du MIR et surtout les deux listes principales :



  • la liste D (« Autonomie syndicale ») de la direction sortante réformiste, menée par le socialiste Arturo Martinez, à la tête de la centrale depuis douze ans, prônant un syndicalisme de co-gestion ;



  • la liste B (« Unité et lutte ») conduite par les dirigeants syndicaux communistes, Barbara Figueroa, du syndicat des enseignants, et Cristian Cuevas, secrétaire du syndicat des mineurs de cuivre (CTC) ;



Les résultats définitifs tombés le 27 août confirment la victoire étroite de la liste soutenue par le Parti communiste avec 320 000 voix (44%) et 27 délégués, devant la liste de la direction sortante avec 300 000 voix (42%) et 25 délégués. La liste A, démocrate-chrétienne, obtient 98 000 voix (13%) et la liste C, gauchiste, 6 000 (1%).



La victoire est historique. Cela faisait quarante ans que les communistes n'étaient plus à la tête de la Centrale unitaire des travailleurs (CUT), la confédération syndicale historiquement dominante au sein de la classe ouvrière chilienne.



Tensions au sein du Parti communiste : soutien à la direction réformiste du syndicat ou liste d'opposition sur des bases de classe ?



Et pourtant, la mise sur pied de cette liste « communiste » a été tout sauf un long fleuve tranquille. Elle a révélé de profondes tensions non seulement au sein du syndicat mais aussi dans le Parti communiste.



D'une part, les débats préalables à la constitution de la liste ont confirmé l'existence d'un puissant courant réformiste dans les rangs communistes.



Au cours des dernières années, aussi au nom des alliances politiques « de gauche » avec le PS, les dirigeants du Parti communiste se sont souvent accommodés de la direction syndicale réformiste de Arturo Martinez. Ils n'ont tout du moins pas manifesté une ligne cohérente vis-à-vis du mouvement syndical.



Des syndicalistes affiliés au Parti communiste ont par ailleurs accédé aux plus hautes sphères du syndicat : Jaime Gajardo, président du Syndicat des professeurs, était devenu secrétaire-général de la CUT tandis que Guillermo Salinas s'installait comme sous-secrétaire de la CUT, et devenait le bras droit officieux du président Martinez.



D'autre part, les mouvements de lutte dans les secteurs des mines et de l'éducation ont mis sur le premier plan des figures d'un syndicalisme plus combatif. On pense à Camila Vallejo, jeune communiste et secrétaire du syndicat des étudiants de l'Université du Chili (FECH), mais aussi Cristian Cuevas, secrétaire de la Centrale des travailleurs du cuivre (CTC).


 

Cristian Cuevas, militant du Parti communiste, n'a pas hésité dans les dernières semaines à exprimer son opposition frontale à la ligne réformiste, de concertation, et à la gestion du syndicat quasi mafieuse d'Arturo Martinez, appelant les dirigeants communistes à s'en dissocier.



Après des tensions vives entre dirigeants syndicaux « communistes », partagés entre ceux intégrés à la direction réformiste et contestataires de la ligne de la direction, c'est une liste de compromis qui a été établie par le Parti communiste :



Cristian Cuevas nommé numéro 2 de la liste et Barbara Figueroa, secrétaire-générale du syndicat enseignant, figure de la lutte de l'an dernier pour l'éducation publique, était désignée tête de liste.

 

Parmi les membres actuels de la direction de la CUT, si Jaime Gajardo se ralliait – après une période de tensions assez vives avec Cuevas – à la liste communiste, Guilllermo Salinas décidait lui de soutenir jusqu'au bout la liste de la direction syndicale réformiste.



A la suite de la victoire, la nouvelle présidente de la CUT, Barbara Figueroa, a tenu à affirmer la victoire, non pas d'un « courant » politique mais bien d'une conception de la lutte syndicale et politique alternative, plus combative :



« On a perdu en crédibilité et en confiance, car pendant des années on a soutenu une ligne de concertation, de petits accords, avec la logique du 'on fait ce qu'on peut'. Cela manquait cruellement de combativité. Cette façon de faire du syndicalisme, c'est terminé. C'est une nouvelle étape qui s'ouvre, plus combative, où non seulement on va aller au combat, mais où surtout nous devrons être capables de gagner des avancées ».



Au Chili, comme en Uruguay en octobre 2011, les communistes – avec des contradictions et des tensions internes – sont parvenus à mettre en échec les directions réformistes des centrales syndicales unitaires.



Au moment où la lutte des étudiants et des enseignants est relancée, où le mouvement des mineurs pour la défense de leurs conditions de vie et la re-nationalisation du cuivre est toujours d'actualité, la victoire historique du courant de classe dans la CUT ouvre aux travailleurs chiliens de meilleures perspectives pour mettre en échec les projets gouvernementaux et ouvrir, par la lutte, une alternative au système hérité de Pinochet.

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 09:17

LOGOECUADORBVSINTRABINFANTILLOGO.jpgEn cinq années, le gouvernement progressiste d’Équateur a permis à 450 000 enfants d'abandonner le travail et de se consacrer aux études



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/





Les derniers chiffres officiels de l'Institut de statistiques Équatorien (INEC) offrent une idée de l'impact des politiques sociales du gouvernement équatorien sur la réduction des inégalités, de la pauvreté et sur la garantie d'un accès à l'éducation autrefois nié aux couches les plus pauvres des sociétés latino-américaines.



La réussite de ses politiques sociales est révélatrice dans le domaine du travail infantile. En seulement cinq ans, ce sont près de 450 000 enfants et adolescents équatoriens qui ont été extraits du monde du travail infantile et ont pu poursuivre une scolarité normale.



En 2006, lorsque le gouvernement progressiste de Rafael Correa arrive aux commandes, plus de 650 000 enfants travaillaient en Équateur, soit 16,9% des mineurs. En 2012, ils ne sont plus que 200 000, représentant 5,8% de la population entre 5 et 17 ans.



Le taux de scolarisation des 4 millions de mineurs que compte le pays est ainsi passé de 76,8 à 90% entre 2006 et 2012.



Ce travail s'inscrit dans le projet lancé en 2006 d' « éradication du travail infantile ». Un projet dont l'efficacité a été salué récemment par l'UNICEF, dont la représentante en Équateur, Nayda Vazquez a ainsi reconnu que le nombre d'enfants exploités au travail avait diminué tandis que le nombre de mineurs scolarisés avait considérablement augmenté.



Une réussite qui trouve une explication d'une part dans le rétablissement de l'entière gratuité de l'éducation publique et d'une politique d'investissement dans l'éducation, qui ont notamment permis cette année de garantir la gratuité des manuels scolaires et, pour les plus pauvres, des cantines et des uniformes.



En cinq ans, les dépenses publiques en faveur de l'éducation ont été multipliées par quatre, passant de 235 millions de dollars en 2006 à près d'1 milliard prévus pour 2012.



D'autre part, les aides sociales du gouvernement Équatorien ont également incité à scolariser leurs enfants. Le « bon pour le développement humain », dont bénéficient cette année 1,2 millions de mineurs, consiste en une aide étatique de 35 $/mois, garantie pour tout enfant scolarisé, suivant des examens médicaux réguliers.



Selon le secrétaire national à la Planification et au Développement, Fander Falconi, si les coûts de l'éradication du travail infantile sont estimés à 960 millions de $, « les bénéfices dépassent largement les coûts, notre mission est bien de concentrer nos efforts pour parvenir à une élimination du travail infantile ».



Lors de la présentation du budget du gouvernement la semaine dernière, le président Correa a affirmé que l'essence de sa « Révolution citoyenne » était de transformer « l’État bourgeois en un État populaire » et d'assurer la suprématie de l'être humain sur le capital.



Il a également réaffirmé que l'objectif de son gouvernement restait d' « éliminer la pauvreté et les inégalités ». Entre 2006 et 2012, le taux de pauvreté a chuté de neuf points en Equateur, passant de 37,6 à 28,6%.



Avec toutes ses limites, la politique du gouvernement équatorien, comme celle d'Evo Morales en Bolivie ou d'Hugo Chavez au Vénézuela, montre qu'il est possible de mener une autre politique que celle des libéralisations et des privatisations, prônées par le FMI, l'UE et les États-Unis, ou que celle d'un capitalisme régulé suivie par les « pays émergents ».

 



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20 août 2012 1 20 /08 /août /2012 07:21

unasur.jpgLes nations sud-américaines soutiennent le droit souverain de l’Équateur à accorder l'asile à Julian Assange et dénoncent les menaces proférées par le Royaume-Uni



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Déclaration de l'UNASUR en soutien à la République d’Équateur



Ce dimanche, les ministres des Affaires étrangères de l'Union des nations sud-américaines (Unasur), ont décidé de soutenir le gouvernement souverain de Rafael Correa, dans la décision prise par le pays d'offrir l'asile diplomatique à Julian Assange et ont exprimé leur opposition aux menaces du gouvernement de Royaume-Uni contre l'ambassade d’Équateur à Londres.



Le secrétaire général de l'UNASUR Ali Rodriguez a lu la déclaration du bloc régional qui comprend 7 points :



1 – Une expression de sa solidarité et de son soutien au gouvernement de la République d’Équateur face aux menaces de violation de sa mission diplomatique ;



2 – Une réaffirmation du droit souverain des États à accorder l'asile ;



3 – Une condamnation énergique de la menace d'un recours à la force entre États tout comme la réaffirmation de la validité des principes consacrés dans le droit international, le respect de la souveraineté et l'application à la lettre des traités internationaux ;



4 – La réaffirmation du principe fondamental de l'inviolabilité des locaux des missions diplomatiques et bureaux consulaires et des obligations des États hôtes, conformément à ce qui a été instauré par la Convention de Vienne de 1961 sur les Relations diplomatiques et par la Convention de Vienne de 1963 sur les Relations consulaires ;



5 – La réaffirmation du principe du droit international en vertu duquel il n'est pas possible d'invoquer le droit national afin de ne pas conformer à une obligation de nature internationale, comme cela est inscrit dans l'article 27 de la Convention de Vienne sur le Droit des traités de 1969 ;



6 – La réaffirmation de la validité des concepts de l'asile et du réfugié pour protéger les droits humains des personnes qui considèrent que leur vie ou leur intégrité physique se trouve menacée ;



7 – Un appel aux parties en présence à poursuivre le dialogue et la négociation directe à la recherche d'une solution mutuellement acceptable au regard du droit international ;



Déclaration signée à Guyaquil, en Equateur par les douze pays membres de l'UNASUR : l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, Guyana, l'Equateur, l'Uruguay, le Paraguay, le Pérou, le Surinam et le Vénézuela.







alba-assange.jpgDéclaration de l'ALBA de soutien au droit souverain de l’Équateur d'accorder l'asile diplomatique au citoyen Julian Assange





Déclaration du IX ème Conseil politique extraordinaire de l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA)* sur l'inviolabilité de la mission diplomatique de l’Équateur à Londres, et de soutien à son droit souverain d'accorder l'asile diplomatique au citoyen Julian Assange.



Les menaces proférées par le gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord, qui laisse ouverte la possibilité d'une entrée illégale dans l'Ambassade d’Équateur à Londres pour arrêter Julian Assange, constituent des actes d'intimidation qui portent atteinte à la intégrité territoriale de la République d'Equateur



Le gouvernement de l'Equateur a exercé son droit souverain en accordant l'asile diplomatique au citoyen Julian Assange, qui l'a demandé, se sentant menacé dans ses droits humains et civiques.



Le concept d'asile diplomatique est prévu par de nombreuses conventions, traités et autres instruments internationaux, appliqués en conformité avec les principes du Droit international.



L’Équateur a agi dans le plus strict respect des normes du Droit international, et tout acte hostile du Gouvernement du Royaume-Uni signifierait une remise en cause inacceptable de sa souveraineté, par lequel le monde civilisé connaîtrait un recul vers un état de barbarie et d’irrationalité.



Les arguments livrés par le gouvernement du Royaume-Uni, invoquant des normes du Droit interne auxquels les traités internationaux ne peuvent se subordonner, sont en contradiction avec ses obligations internationales, et aux décisions précédentes de ce même gouvernement, ce qui révèle dans ses agissements une politique du deux poids deux mesures.



Conscients de la nécessité d'épuiser tous les recours diplomatiques pour sortir de la situation actuelle, à la lumière de la protection et de l'asile accordé par le gouvernement d’Équateur au citoyen Julian Assange, en faisant en sorte que prévalent la souveraineté, la libre détermination des nations et le respect du droit international:



Déclaration :



1 – Nous rejetons les menaces d'intimidation proférées par les porte-paroles du gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne comme violant les principes de souveraineté et d'intégrité territoriale des nations, et des principes du Droit international ;



2 – Nous réaffirmons notre soutien catégorique au droit souverain du gouvernement d’Équateur d'accorder l'asile diplomatique au citoyen Julian Assange ;



3 – Nous exprimons notre rejet de la position du Royaume-Uni qui cherche à résoudre ses conflits avec les nations du monde entier, en particulier celles d'Amérique latine et des Caraibes, par des méthodes contraires au droit international ;



4 – Nous soutenons l'appel lancé par l'Union sud-américain des nations (UNASUR) à débattre sur la position hostile exprimée par le gouvernement du Royaume-Uni envers le gouvernement de la République d’Équateur, et à fixer une position claire de soutien à l’Équateur ;



5 – Nous estimons qu'il est important de faire avancer l'idée d'un grand débat à l'ONU sur l’inviolabilité des bâtiments diplomatiques et le respect plein et entier de la part de tous les États des principes du droit international ;



6 – Nous mettons en garde le gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne sur les graves répercussions que déclencherait, dans le monde entier, une violation directe de l'intégrité territoriale de la République d’Équateur à Londres ;



7 – Nous lançons un appel à tous les gouvernements du monde, aux mouvements sociaux, aux intellectuels, afin qu'ils s'opposent à cette nouvelle tentative du gouvernement britannique d'imposer par la force sa volonté à des nations souveraines ;



8 – Nous nous engageons à faire le maximum pour accorder à cette déclaration la diffusion et la publicité la plus large possible ;



Déclaration signée par les ministres des Affaires étrangères de la Bolivie, Cuba, l’Équateur, le Nicaragua et le Vénézuela



Sources : Telesur et Juventud Rebelde

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 14:40

amp-pobres-en-bolivia-2011-12-07-36757.jpgLes politiques sociales du gouvernement d'Evo Morales ont permis à 1 million de boliviens de sortir de la pauvreté en six ans

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

 

Les chiffres tout juste annoncés par le ministre de l’Économie bolivien, Luis Arce, reflètent l'ampleur des transformations accomplies, six ans après l'arrivée au pouvoir d'Evo Morales.

 

En six ans, un million de boliviens sont sortis de la pauvreté, 600 000 ruraux vivant dans une « pauvreté extrême » (1,25 dollars par jour), 400 000 citadins subissant une « pauvreté modérée ».

 

La pauvreté a reculé de 19% entre 2006 et 2011, passant de 62 à 43%. En 2006, la Bolivie était le deuxième pays comptant la plus forte proportion de pauvres, derrière Haïti. Par sa politique volontariste, la Bolivie a depuis laissé derrière elle le Paraguay, le Honduras, le Salvador ou encore la Colombie.

 

Parmi les pays ayant connu une réduction aussi spectaculaire de la pauvreté, deux autres pays progressistes, suivant une politique de transition vers le socialisme : l'Equateur qui a vu son taux de pauvreté passer de 37,6 à 28,6% depuis l'arrivée du président Correa en 2006 et le Venezuela qui a vu la pauvreté chuter, de 49,4 à 27,6% de la population du pays en treize ans, sous la direction d'Hugo Chavez.

 

Les politiques sociales du gouvernement d'Evo Morales ont joué un rôle crucial dans cette réussite.

 

  • le Bono Juana Azurdui, offrant une assistance médicale gratuite à 200 000 femmes enceintes ou nouvelles mères ;

 

  • la Renta dignidad, qui garantit une allocation vieillesse de 20€/mois (un quart du salaire moyen) à 700 000 personnes âgées n'ayant pas droit à la retraite ;

 

  • le Bono Juancito Pino, qui assure aux parents de 2 millions d'enfants une allocation de rentrée scolaire de 20€ pour couvrir les dépenses les plus urgentes.

 

Cette politique d'aide sociale s'inscrit dans une politique d'investissement public volontariste. Entre 2005 et 2011, les investissements publics dans les infrastructures ont augmenté de 600 millions à 3,5 milliards de $.

 

Des politiques sociales et des investissements publics financés par la réappropriation publique des richesses du sous-sol bolivien.

 

Depuis 2006, le gouvernement Morales a re-négocié avec les multi-nationales, en des termes avantageux, des contrats d'exploitation des richesses minières. Il a surtout nationalisé le gaz, et dernièrement le réseau d'électricité ainsi que d'une mine d'argent et d'indium concédée dans un premier temps à une entreprise canadienne.

 

L'exemple de la Bolivie d'Evo Morales, avec toutes ses contradictions et ses limites, montre qu'il est possible de mener une autre politique que celle des coupes sociales et des privatisations, dictée par le FMI mais aussi par l'UE sur notre continent

 

Une politique de progrès social passant par la réappropriation sociale des richesses, une politique de nationalisations qui remet le socialisme à l'ordre du jour.

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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 15:09

mapa.pngLa plus grande grève de l'histoire universitaire Brésilienne continue contre la précarisation de la carrière des enseignants et contre la casse de l'éducation publique


Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ et http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/

 

Depuis le 17 mai, et le lancement par le syndicat des enseignants du supérieur ANDES de la grève, plus de 143 000 professeurs et membres du personnel universitaire ont rejoint la grève. 57 universités fédérales sur 59, soit 95% des établissements publics sont paralysés par la grève.

 

Ce qui représente déjà la plus grande grève de l'histoire universitaire brésilienne a pu par ailleurs compter sur le ralliement du personnel technique et administratif avec son syndicat FASUBRA, mais aussi du soutien du syndicat étudiant, l'UNE, avec une grève étudiante suivie dans plus de la moitié des établissements.

 

Des revendications enseignantes légitimes : contre la précarisation et le 'salaire minimum' à 600 €

 

En cause tout d'abord, la dégradation de la condition d'enseignant universitaire. Sans garantie de progression, les professeurs commencent leur carrière avec un plancher de 1 500 reais soit... 600 euros.

 

Bloqués dans des statuts de professeur auxiliaire, adjoint, assistant, les jeunes enseignants sont condamnés à une précarisation permanente, ne leur offrant qu'une paie inférieure à celle d'un modeste agent de la circulation de la police fédérale.

 

Les enseignants exigent comme base de discussion une restructuration de leur plan de carrière avec 12 échelons, une augmentation de salaires de 5% entre chaque palier. Et un plancher minimum relevé à 2 300 reais (920 euros) au lieu de 1 500 actuellement.

 

Les professeurs réclament également une hausse de salaire immédiate de 22%, couvrant l'inflation entre mai 2010 et mai 2012, alors que le gouvernement ne leur propose, après négociations, encore que 4%.

 

Mais la colère des enseignants, du personne et des étudiants va au-delà de simples revendications matérielles. Elle repose sur la critique d'une politique délibérée du gouvernement PT de Lula/Dilma, de sous-investissement dans les universités publiques, et de soutien direct ou indirect aux établissements privés.

 

On manque de tout, de professeurs, de livres, de logements et... jusqu'au papier toilette !

 

L'état de l'enseignement supérieur public se dégrade dans un pays où l'éducation est loin d'être encore un droit universel. 15 millions de brésiliens sont analphabètes, 4 millions d'enfants (entre 4 et 17 ans) n'étaient pas scolarisés en 2010.

 

Dans ce contexte particulier, l'université est traditionnellement réservée aux enfants des couches moyennes et supérieures. Une dynamique récemment infléchie par l'explosion du nombre d'étudiants, de 3 millions en 2000 à près de 6 millions en 2012.

 

Or, pour cette nouvelle population étudiante issue de couches plus modestes, l'accès aux plus grandes universités qu'elles soient publiques (Université fédérale de Sao Paulo, de Rio) ou privées (les instituts catholiques) reste proscrit, moins pour des raisons financières qu'au vu du niveau d'exigence académique de cette petite minorité d'établissements.

 

De fait, ces nouveaux étudiants sont dirigés vers le reste des universités publiques moins prestigieuses, et surtout vers le secteur en pleine expansion des facultés privées à but lucratif.

 

La grève porte cette critique d'une politique volontaire de sous-investissement du gouvernement de « gauche ». L'objectif affiché du gouvernement était de porter le budget de l'éducation à 10% du PIB, il est encore inférieur à 5%.

 

Alors que le nombre d'étudiants a quasiment doublé dans le secteur public en dix ans, de 900 000 à 1,6 millions, les moyens donnés aux universités fédérales n'ont pas progressé dans les mêmes proportions.

 

Le programme ambitieux REUNI (Restructuration et expansion des universités fédérales) était censé favoriser l'émergence de nouveaux pôles universitaires publiques. Elle n'a contribué qu'à renforcer les inégalités entre établissements, et à niveler vers le bas le niveau général, faute d'investissements dans les infrastructures et de personnel qualifié.

 

Les conditions de travail se dégradent, les cours sont bondés faute de professeurs. Il y a pénurie de tout : de laboratoires, de bibliothèques, de restaurants universitaires, de logements étudiants et même d'eau et de papier toilette !

 

Un exode des étudiants vers les universités privées encouragé et financé par le gouvernement de « gauche »

 

Face à la dégradation des conditions d'étude dans le public, les étudiants fuient vers le privé. 75% des étudiants, soit 4 millions d'entre eux, sont scolarisés dans des Instituts privés, dans près de 2 000 établissements à fin lucrative. Entre 2000 et 2012, 3 millions de nouveaux étudiants ont rejoint l'enseignement supérieur privé.

 

Non-content de favoriser indirectement l'exode des étudiants du public vers le privé, le gouvernement subventionne directement les étudiants choisissant, un choix souvent contraint, d'étudier dans le privé.

 

Héritant de dispositifs des gouvernements néo-libéraux précédents (mécanisme FIES), le gouvernement Lula a créé en 2005 le dispositif ProUni, des bourses sociales et au mérite concédées en 2010 à 200 000 étudiants scolarisés dans le privé.

 

Derrière une façade sociale, le gouvernement PT favorise donc l'exode des étudiants vers le privé, et encourage la hausse de frais d'inscription couverte par les bourses publiques.

 

Face à un gouvernement « de gauche », qui avait soulevé des espoirs lors de l'arrivée au pouvoir de l'ancien dirigeant syndical Lula en 2002 mais qui les a vite trahis pour s'inscrire dans la continuité des gouvernements libéraux précédents, la colère gronde dans les universités brésiliennes, mais aussi dans l'ensemble de la fonction publique et dans la classe ouvrière.

 

Comme au Brésil, en Colombie ou au Québec, étudiants et professeurs sont unis pour dire non à la privatisation des universités, et oui à une éducation publique, gratuite et de qualité accessible à tous !

 

 

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