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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 06:22

RTR48VTA.jpgAu Mexique, 49 étudiants « disparus » retrouvés dans des fosses communes : 50 000 manifestants dénoncent un crime d'Etat

 

Article pour http://www.solidarite-internationale-pcf.fr/ *

 

Le Mexique est rempli d'effroi. Ce 26 septembre, entre 49 et 63 étudiants ont été massacrés dans l'Etat de Guerrero, au sud du pays – par une alliance sordide entre la police locale et des gangs mafieux. Pour nos dirigeants, il n'y a pas de quoi s'émouvoir dans un pays soumis aux intérêts américains.

 

C'est sans doute le plus grand massacre de militants étudiants au Mexique depuis le tristement fameux 2 octobre 1968 – juste avant les Jeux olympiques – quand le pouvoir avait assassiné 300 étudiants sur la place centrale de Mexico.

 

« Disparus », « massacres », « gangs para-militaires » : bienvenue dans la « démocratie » au Mexique en 2014 !

 

Nous sommes en 2014, et on parle de « disparus », de « massacres », d' « escadrons de la mort ». Et on est au Mexique, présenté comme une « démocratie » en Europe, partenaire économique modèle – car soumis aux USA – dans le Traité de libre-échange nord-américain (ALENA).

 

Dans ce pays « démocratique », ce 26 septembre, dans le village d'Ayotzinapa, Etat de Guerrero, 6 étudiants ont été tués de sang froid par la police locale qui empêchait le bus des étudiants-professeurs syndicalistes, marqués à gauche, de l'Ecole normale de sortir de la Gare centrale pour se rendre à une mobilisation sociale dans la ville de Chilpancingo.

 

Des 43 « disparus » aux fosses communes

 

RTR49ATL.jpg57 autres ont été arrêtés – ce que confirment les caméras de sécurité –, emmenés au poste de la police de la ville d'Iguala puis portés « disparus » le lendemain. La presse locale fait état par la suite de 43 « disparus ».

 

Hélas, l'incertitude ne dure pas longtemps. Le 4 octobre, quatre fosses communes révèlent le corps de 28 jeunes gens, calcinés, méconnaissables, mais rapidement identifiés comme correspondant à ceux des « disparus ». Le sort des autres ne fait plus aucun doute.

 

Le lendemain, 5 octobre, deux tueurs membres du gang mafieux « Guerrero unidos » – lié au puissant cartel de la drogue Beltran-Leyva – reconnaissent en avoir tué au moins 17, les avoir torturé puis ensuite avoir brûlé leurs cadavres.

 

Les liaisons dangereuses : gangs mafieux et police locale

 

Depuis, l'enquête lancée par le Procureur général révèle les liaisons dangereuses entre pouvoir local et trafiquants de drogue.

 

Concernant le massacre, c'est le chef de la sécurité locale qui a donné l'ordre d'arrêter les étudiants – en coordination avec des hommes du gang « Guerrero unidos » – mais ce seraient les mafieux qui auraient décidé finalement de les tuer. Telle est la version officielle.

 

Au sens le plus large, il apparaît désormais que la police locale (comme celle régionale) est organiquement liée aux gangs mafieux, para-militaires : 30 policiers ont été identifiés comme proches du gang, 22 arrêtés car impliqués directement dans le massacre. Du sang des étudiants a même été retrouvé sur plusieurs voitures de police.

 

Cela ne se limite pas à la police. Le maire d'Iguala (troisième ville de l'Etat) José Luis Abarca ainsi que sa famille se révèlent avoir conclu un pacte de pouvoir avec les trafiquants de drogue, collaborant avec la police locale pour intimider les opposants, en échange de l'impunité sur leurs kidnappings, cambriolages, racket des commerçants locaux et trafic de drogue naturellement

 

Actuellement, le maire d'Iguala, comme le chef de la sécurité locale sont en fuite. De plus en plus, l'étau se resserre également sur le gouverneur régional. Mais les responsabilités de l'Etat fédéral ne peuvent être éludées non plus.

 

Entre 50 et 100 000 manifestants dans la rue :

syndicats étudiants, zapatistes, militants communistes

 

A l'ampleur du massacre a répondu l'ampleur de la mobilisation de solidarité, de l'hommage venant de l'ensemble de la gauche militante mexicaine, avec sans doute entre 50 et 100 000 militants dans les rues.

 

Miles-Ciudad-Mexico-Iguala-DPA_CLAIMA20141009_0141_27.jpgCe mercredi 8 octobre, on comptait 15 000 manifestants à Mexico qui ont occupé la place centrale du Zocalo exigeant la justice, militants étudiants mais aussi syndicalistes ouvriers et paysans.

 

A Chilpancingo, ville majeure de l'Etat de Guerrero, 10 000 manifestants étudiants et enseignants ont participé à une marche de la colère.

 

Dans l'Etat de Guerrero, les militants du Parti communiste du Mexique (PCM) a occupé le siège du gouvernement de l'Etat de Guerrero.

 

Enfin, dans le Chiapas, les militants de l'EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) ont manifesté dans le silence, ils étaient 20 000 dans les rues de San Cristobal de las Casas, fief des révolutionnaires zapatistes.

 

Pourquoi s'indigner face à si peu au Vénézuela, en Chine, et se couvrir de silence au Mexique ou en Colombie ?

 

Les jeunes communistes français ont de quoi être indignés, révoltés même par le traitement médiatique ici, inexistant, de ce scandale.

 

On se souvient du battage contre le Vénézuela révolutionnaire au printemps, quand des manifestants étudiants violents ont embrasé Caracas, causant la mort de 6 manifestants dans des scénarios de guerre de rue. On remarque aujourd'hui la condamnation de la Chine qui n'a pas tué le moindre manifestant étudiant à Hong-Kong, dans des troubles à l'agenda politique peu clair.

 

Ici, au Mexique, on abat de sang-froid 49 étudiants désarmés, pacifiques, avec la complicité de la mafia locale, mais rien de nouveau dans la « démocratie » du Mexique, comme on parle de démocratie en Colombie, le pays au monde où on tue le plus de syndicalistes par an.

 

Mexique, un pays à la dérive depuis l'Accord de libre-échange avec les USA : misère, émigration, casse de la production et dépendance américaine

 

Le Mexique, au moins depuis 1994 et l'Accord de libre-échange avec les Etats-unis (ALENA), est un pays à la dérive : l'image même du capitalisme du désastre, alors que ce fut des années 1960 aux années 1980 un pays relativement développé, indépendant.

 

Aujourd'hui, c'est un pays qui connaît la misère et la famine : 53 % de la population (63 millions de personnes!) sont pauvres, alors que le pays abrite l'homme le plus riche du monde : Carlos Slim.

 

Le pays – longtemps auto-suffisant en produits alimentaires – connaît désormais la famine, comme l'a révélée la « crise de la tortilla » en 2007, où les Mexicains ne pouvaient plus acheter leur plat de base, victime de la spéculation internationale.

 

C'est un pays qui brade ses ressources naturelles aux multi-nationales. Ont déjà été vendus les banques, la sidérurgie, les chemins de fer, les télécoms, l'électricité. Maintenant, c'est le joyau national qui va être vendu aux multi-nationales américaines : le pétrole

 

C'est un pays soumis aux intérêts des Etats-unis qui ont cassé l'appareil productif national, et contraint son peuple à la migration de masse.

 

L'industrie mexicaine a été réduite aux « maquiladoras » à la frontière, fournissant une main d'oeuvre pas chère pour les entreprises américaines de l'automobile ou du textile. Aujourd'hui, un ouvrier mexicain est moins bien payé qu'un ouvrier chinois !

 

La petite agriculture mexicaine a été détruite forçant des millions de Mexicains à emprunter la voie de l'émigration : environ 7 millions de Mexicains ont quitté le pays pour aller aux Etats-unis entre 1990 et 2010.

 

C'est un pays où le crime organisé règne et sème la terreur avec la complicité du pouvoir. Depuis 8 ans, il y a eu au Mexique 150 000 assassinats, dont seulement 23 000 pour l'an dernier, soit une moyenne terrifiante de 62 assasinats par jour.

 

Le Mexique est devenu – avec la complicité d'une partie des autorités, l'hypocrisie des Etats-unis – le paradis des trafiquants de drogue, qui règnent en maître sur les territoires.

 

Car le trafic de drogue brasse des sommes colossales : on parle d'entre 10 et 40 milliards de $ par an, selon les estimations prudentes. De quoi alimenter une corruption généralisée, à tous les niveaux de l'appareil d'Etat.

 

Sur les dizaines de milliers d'assassinats, un certain nombre sont des personnes « gênantes » pour le pouvoir : syndicalistes paysans et étudiants, militants politiques révolutionnaires.

 

Le Parti communiste rappelle que dans le seul Etat de Guerrero, 7 de ses militants ont été assassinés depuis 2008. En mai 2006, à San Salvador de Atenco, 5 militants communistes avaient été tués par la police locale.

 

Nous exprimons toutes nos condoléances à nos camarades, nos frères du Mexique. Et nous souhaitons questionner nos dirigeants sur leur silence face à ce crime d'Etat, sur leur indignation sélective qui nous révolte tout particulièrement.

 

* Article d'abord paru sur http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/

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19 juillet 2014 6 19 /07 /juillet /2014 05:45

Livro-Saldanha.jpgCe militant communiste qui a entraîné la plus grande sélection brésilienne de football de l'histoire, c'était en 1970 ...



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



La coupe du monde vient de se terminer pour le Brésil sur fond de contestation sociale en dehors du terrain, d'humiliation sur le terrain. L'occasion de revenir sur une histoire méconnue : celle de la rencontre d'un militant communiste avec la plus grande seleção de tous les temps.



Qui connaît Joao Saldanha ? Inconnu en France, ce nom est connu de tous les passionnés de football de plus de 35 ans. Pendant près de 30 ans, il fut la voix du football au Brésil sur les radios, dans la presse écrite mais aussi un éphémère et brillant entraîneur.



Joao Saldanha est d'abord un joueur de football à la carrière et la jambe brisées, à la fin des années 1930 dans le club carioca (de Rio de Janeiro) de Botafogo. Il retrouvera le club de Botafogo comme entraîneur en 1957 et, sans la moindre expérience jusque-là, il remporte le championnat de Rio.



« Jean sans peur » : le journaliste le plus adulé et craint du pays



Saldanha change donc de vocation. Après des études de droit puis de journalisme, il devient chroniqueur sportif en 1960, devenant le journaliste le plus populaire du pays, présent sur les ondes de Radio Nacional, Globo, dans les quotidiens nationaux Última Hora, O Globo, Jornal do Brasil.



Sa popularité, Saldanha le doit à son ton sans concession à l'antenne, critiquant ouvertement joueurs, entraîneurs mais aussi dirigeants.



Sa verve, son franc-parler lui ont valu le surnom de « Jean sans peur » tant ses expressions, non exemptes de critique sociale durant la période de la dictature, pénétraient l'imaginaire populaire comme « si on gagnait des matchs par la concentration (de joueurs/en formant un bloc compact), c'est l'équipe des prisonniers qui serait championne ! ».



Saldanha était en effet un apôtre du beau jeu, construite autour d'une organisation rigoureuse, mettant les individualités au service du collectif.



Un journaliste communiste à la tête de la Seleção !



Après le fiasco de la Coupe du monde 1966, la Confédération de football brésilienne (CFB) décide de mettre son pire détracteur à la tête de la sélection : le journaliste sportif Joao Saldanha !



Nul doute que le machiavélique homme de pouvoir Joao Havelange – plus tard président corrompu de la FIFA – avait comme idée de se mettre dans la poche le milieu critique des journalistes, le peuple dont Saldanha était la voix.



Mais c'était un pari risqué car Saldanha était aussi un militant communiste du PCB depuis ses années universitaires, qui se revendiquait comme tel, qui utilisait sa tribune médiatique pour exprimer son opposition à la dictature qui s'était imposée à partir de 1964.



Sur le terrain, ce fut un triomphe. Son 4-2-4 au jeu chatoyant, renouant avec le schéma de l'épopée de 1958 parvenait à une alchimie rare avec un quatuor offensif de rêve : Jairzinho, Tostao, Rivelino et Pelé bien sûr.



Le dictateur obtient la tête de Saldanha



Le Brésil remporte tous ses matchs de qualification pour la Coupe du monde 1970 avec Saldanha comme sélectionneur, avec des démonstrations en particulier contre le Paraguay ou le Vénézuela, contre lequel le Brésil passe six buts.



Le peuple brésilien loue la renaissance de la Selecao de Saldanha, une équipe qu'il a même qualifié des « bêtes de Saldanha ». En effet, Saldanha avait annoncé dès sa nomination son intention de ne « convoquer que des bêtes » !



Mais l'idylle va tourner court. Saldanha agace jusqu'au Président de la République, le dictateur et général Emilio Médici, inquiet de l'influence de ce communiste à ce poste sensible.



Médici prend comme prétexte la non-sélection de la star de l'Atlético Mineiro Dario Maravilha. Saldanha ne bouge pas de sa position : « C'est un bon joueur, mais pas assez pour mon équipe (…) Si j'accepte Dario, c'est une humiliation, je ne vais pas me laisser humilier ».



La tension monte, et Saldanha sort de sa tannière. Il refuse de rencontrer le dictateur à Porto Alegre, sur invitation de la Fédération de football et se justifie dans la presse :



« Je n'aurais aucun plaisir à serrer la main d'un homme qui a tué plusieurs de mes amis. Je ne sais pas si c'est lui qui a donné l'ordre ou s'il a laissé faire. Ce qui est sûr, c'est que plus de 300 personnes sont mortes sous ce gouvernement, le plus assassin de l'histoire du Brésil ».



Saldanha ne survivra pas à cette sortie saignante. La décision de sa démission dépassa le cadre de la Fédération, et est discuté à la tête du régime. La junte préfère se séparer de ce communiste bien dérangeant, et fait pression sur la Fédération qui nomme Mario Zagallo à sa place.



Zagallo récupère les « bêtes de Saldanha » et gagne avec cette équipe extraordinaire la troisième coupe du monde du Brésil, aux yeux de beaucoup d'observateurs, la plus belle remportée par la Selecao.



Saldanha a continué sa carrière de journaliste, critique de plus en plus acerbe de la professionnalisation, marchandisation du football mais aussi du caractère de plus en plus conservateur, défensif mais aussi individualiste du jeu brésilien.



Il resta fidèle jusqu'à la fin de sa vie à son militantisme communiste, lui qui fut dans les années 1940-1950 un cadre du Parti dans la clandestinité, aidant à l'organisation d'une guérilla paysanne dans l'Etat du Parana entre 1947 et 1951, écrivant dans la presse clandestine du parti.



 

Saldanha est mort en 1990, à Rome, en commentant la Coupe du monde en Italie. Avec Oscar Niemeyer, il reste aux yeux des brésiliens le plus célèbre des communistes du pays, le plus aimé également.

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 05:36

Fidel-Castro-y-Maradona-580x464.jpgLettre de Fidel à Maradona



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Mon inoubliable ami,



Tous les jours, j'ai le plaisir de suivre ton programme, pour Telesur, sur cette spectaculaire Coupe du monde de football, grâce à cela, j'ai pu observer le niveau extraordinaire de ce sport universel.



Je ne crois pas possible une éducation adéquate pour les jeunes, de quelque pays que ce soit, sans le sport, et dans le cas spécifique des jeunes garçons, sans inclure le football.



Aujourd'hui je suis un homme politique, mais lorsque j'étais enfant, adolescent et jeune, j'ai été sportif, et j'ai consacré à cette noble pratique l'essentiel de mon temps libre.



J'admire ta conduite pour de nombreuses raisons. J'ai eu le privilège de te connaître lorsque les idées les plus justes de notre peuple triomphaient, et aucun pouvoir n'a pu les écraser.



Comme latino-américains, nos relations n'ont alors jamais été aussi étroites. Tu as triomphé des épreuves les plus difficiles, comme athlète et comme jeune d'origine modeste.



Comme toi, je salue Messi, formidable athlète qui remplit de gloire le noble peuple d'Argentine, rien ne peut séparer vous deux, qui avez la gloire et le prestige, si ce n'est les efforts mesquins des intrigants.



Je félicite également Telesur, qui a agrémenté heureusement cet été brûlant, et je salue fraternellement, comme toi, les excellents et prestigieux footballeurs de Notre Amérique, sans oublier évidemment, le magnifique et visionnaire Victor Hugo Morales, qui nous fait découvrir tes qualités et qui a tant fait pour la diffusion de la noble valeur du sport, et vous deux représentez honorablement le peuple argentin.



Naturellement, Diego, je n'oublierai jamais l’amitié et le soutien que tu as toujours apporté au Lider Bolivarien Hugo Chavez, promoteur du sport et de la Révolution d'Amérique latine et des peuples opprimés du monde.



Fraternellement

Fidel Castro Ruz



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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 06:00

W-PAZ-ES-JUSTICIA-SOCIAL-PALOMA-LUCHA.jpgRé-élection de Santos en Colombie : les communistes vigilants et mobilisés dans la lutte pour la paix, contre l'injustice sociale

 

Communiqué du Parti communiste colombien (PCC) sur les élections présidentielles



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



L'élection de Juan Manuel Santos au second tour face à Oscar Ivan Zuluaga clôt pour le moment l'incertitude née de la position de l'extrême-droite militariste, déterminée à mettre fin au processus de dialogue et aux accords négociés entre les FARC et le gouvernement colombien.



Au premier tour, Zuluaga devançait Santos de près d'un demi-million de voix. Aujourd'hui, la différence en faveur de Santos de 900 000 voix est suffisamment claire.



Ce changement ne fut possible que grâce au soutien explicite de la gauche, avec l'appui du Parti communiste colombien (PCC) et de l'Union patriotique (UP).



La coalition unitaire de Clara Lopez et Aida Avella [NdT : la candidature de « gauche » portée par le Pôle démocratique alternatif comprenant le PCC et l'UP, elle a obtenu 15,3 % au premier tour] a rempli avec succès sa tâche.



Le triomphe de Santos n'élimine pas la contradiction entre les couches dominantes, qui prétendent perpétuer par la guerre leurs odieuses sources d'enrichissement, et l'immense majorité qui souhaite une solution politique pour mettre fin au drame de la guerre contre-insurrectionnelle.



Santos gouvernera avec une forte pression de sa propre classe, par rapport à son modèle social néo-libéral et aux puissants éléments bellicistes ancrés dans le pouvoir économique et dans l’État.



Le rapport de forces qui a soutenu sa candidature depuis la gauche, les mouvements sociaux et l'opinion publique craignant un retour d'Uribe exige l'adoption de positions fermes face aux attitudes revanchardes, à l'échafaudage para-militaire associé au gouvernement surtout aux niveaux régionaux, les menaces et les crimes contre l'opposition démocratique.



Le droit à la critique, à la protestation populaire, à la récupération des terres usurpées, à la mobilisation et à la défense de la vie doivent être protégés face à toute remise en cause de la part des agents étatiques ou para-étatiques.



La lutte contre le fascisme et les manifestations du terrorisme d'Etat est toujours actuelle.



Nous soutenons la déclaration commune des candidates de la gauche Clara Lopez et Aida Avella quant à la réaffirmation de la nécessité de donner un nouvel élan au processus de dialogue, l'importance de l'unité, la justesse du vote, l'indépendance et la non-participation au gouvernement tout comme la réaffirmation de leur opposition au modèle économique, social et politique existant.



La vigilance et la mobilisation populaire sont à l'ordre du jour.



La bannière du cessez-le-feu bilatéral, de la fin des bombardements dans les régions rurales, des « faux positifs » [NdT : des opposants pacifiques au gouvernement assassinés, présentés comme guérilleros et morts dans la lutte contre-insurrectionnelle], la reconnaissance et la libération des prisonniers politiques, des garanties pour l'expression d'une opposition populaire, est toujours d'actualité.



C'est la même chose pour la lutte pour les réformes politiques électorales, le statut de l'opposition, la réforme agraire, réforme du travail, de la santé et de l'éducation. L'heure est à la mobilisation populaire.



L'expérience de la convergence et de l'unité gagnent de nouveaux éléments. De nouveaux espaces se sont ouverts, et de nouveaux interlocuteurs émergent dans la perspective d'un large front pour la paix avec justice sociale. Sa force ne peut se trouver que dans la mobilisation populaire organisée et combative.



En appelant à travailler pour affiner les points de programme et la coordination des activités destinées à renforcer la base sociale, politique et culturelle du processus de dialogue pour la paix, nous insistons sur l'ampleur de cette tâche et la responsabilité des forces avancées pour répondre de façon conséquente à ce nouveau moment unitaire.

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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 06:22

PCB-ato-do-15M.jpgMondial, J - 1 : les communistes brésiliens (PCB) dans la rue ... face à un ministre des Sports à l'étiquette « communiste » (PCdoB) !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

A la veille de la Coupe du monde de football, les pouvoirs publics brésiliens, les sponsors/multi-nationales, la FIFA de Blatter et Platini s'inquiètent : et si le printemps des luttes brésilien venait contester cette fête de moins en moins populaire et toujours plus mercantile ?

 

La grève du métro de Sao Paulo, entamée ce jeudi 5 juin, a fait monter la pression d'un cran : dans la plus grande ville du pays (une agglomération deux fois plus peuplée que Paris), son poumon économique, la cité qui accueille le match inaugural dans la Corinthians Arena.

 

Grèves, manifestations dans tout le Brésil : une majorité de Brésiliens contre le Mondial

 

Le Brésil est en ébullition sociale, pas une semaine sans qu'une grève n'éclate. Nous l'avions annoncé en avril dernier : 16 syndicats catégoriels représentant 4 millions de travailleurs étaient prêts à mobiliser avant et pendant le Mondial pour réclamer des augmentations salariales.

 

Ce fut le cas non seulement des salariés des transports mais aussi des policiers en grève depuis le 7 mai (pour la Police fédérale), ainsi que des enseignants de Rio et de Sao Paulo, depuis la fin du mois d'avril.

 

Du côté des mouvements sociaux, le « Mouvement des sans-abris » a mené des manifestations dans les rues des villes-hôte du pays, réunissant plusieurs milliers de manifestants.

 

Il serait réducteur de faire de cette colère l'expression uniquement de mouvements catégoriels, isolés, à contre-courant. Une majorité de Brésiliens est mécontente de l'organisation de ce Mondial, plus de 54 % selon le dernier sondage, un comble au pays du football.

 

Mais il y a de quoi être en colère : la facture de 10 milliards d'euros en fait la Coupe la plus chère de l'histoire (trois fois plus qu'en Allemagne, en 2006).

 

Une facture payée à 85 % par l'Etat … pour des bénéfices exclusivement privés, puisque l'intégralité des 12 stades sera exploitée par des opérateurs privés.

 

Il est en de même pour les aéroports, ports, massivement cédés à des opérateurs brésiliens et internationaux. Une politique suicidaire pour le budget de l'Etat brésilien déjà grevé pour moitié (48%) par le paiement des intérêts de la dette : 230 milliards d'euros par an !

 

Et pourtant, il ne manque pas de besoins urgents dans un pays comme le Brésil où 3 millions d'enfants et adolescents sont exclus du système scolaire, où la santé privatisée se révèle incapable d'assurer les soins de santé dans des zones entières du pays … forçant la 6 ème économie du monde à appeler les médecins cubains à la rescousse !

 

Le Parti communiste brésilien du côté des luttes contre cette « Coupe des élites capitalistes » ...

 

Alors, de quel côté sont les communistes brésiliens ?

 

Pour le Parti communiste brésilien (PCB), héritier du Parti historique, il n'y a jamais eu le moindre doute : du côté des mouvements sociaux, des travailleurs en lutte, des 250 000 gens du peuple chassées de leurs domiciles, contre une Coupe du monde « élitiste, privatisatrice et anti-populaire ».

 

Dans toutes les initiatives, généralement organisées par des mouvements sociaux, que ce soient à Rio, à Sao Paulo, mais aussi à Goiania, Brasilia, on retrouve des drapeaux du PCB, agrémentés de banderoles où on pouvait lire entre autres : « FIFA go home ! ».

 

Le PCB a apporté récemment son soutien à la grève des travailleurs du métro de Sao Paulo, avec l'appel de solidarité lancé par sa branche syndicale « Unité de classe ».

 

Le Parti s'était également associé à l'appel lancé par 10 mouvements sociaux et populaires (dont celui des sans-abris) le 15 mai dernier pour organiser des manifestations sur six séries de revendication :

 

logement (contre la spéculation immobilière), justice (contre les lois anti-manifestation), santé (plus d'argent pour la santé publique), éducation, transport (gel des tarifs), souveraineté (« FIFA go home »!).

 

A la question « une Coupe pour qui ? », le PCB répond sans équivoque : pour les élites capitalistes du pays.

 

face à un ministre des Sports (PC do B) qui condamne « la démagogie de la rue » !

 

Or, cette position de principe n'est pas partagée par tout le monde. Et notamment pas par le Parti rival du PCB, le PC do B.

 

Le PC do B est né d'une scission pro-chinoise de 1964 du PCB. Originairement sur des positions gauchistes, le PC do B a glissé depuis les années 1990 vers des positions d'accompagnement du développement capitaliste brésilien.

 

Alors que les deux partis communistes ont apporté leur soutien au départ à l'expérience Lula, le PCB s'en est vite distancié au vu de la continuité de la politique de libéralisation-privatisation, de soutien au patronat local, d'impérialisme régional poursuivie par le PT.

 

Le PC do B a renforcé cette alliance avec le PT, obtenant en échange des positions dans l'appareil d'Etat. Une de ces positions, aujourd'hui d'une grande importance, celle du Ministère des Sports depuis 2003.

 

Le ministre actuel, Aldo Rebelo, est ainsi sur le devant de la scène depuis le début de l'année. Il se distingue par sa description idyllique de la Coupe du monde, sa dénonciation acerbe des manifestations ainsi que par sa foi dans les vertus économiques du Mondial.

 

Il serait vain de détailler toutes les dernières déclarations de Rebelo, la dernière : il se dit « confiant dans la fin de la grève des travailleurs du métro », saluant « la décision de la justice fédérale, qualifiant la grève d'abusive et demandant sa fin ».

 

Un bon attaché de presse du gouvernement Dilma … au ton étonnant pour quelqu'un qui porte l'étiquette communiste.

 

En effet, il y a un mois jour pour jour, il participait à l'émission télévisée « Bom dia ministro » (Bonjour ministre), où il prédisait un Mondial « qui sera celui de la fête et de la fraternisation » (sic), où « les manifestations seront des actes isolés » car « je ne crois pas que les gens veuillent que la Coupe soit perturbée par des manifestations violentes ».

 

Rappelant les manifestations de l'an dernier lors de la Coupe des Confédérations, il faisait noter que celles-ci n'ont pas empêché le déroulement de l'épreuve : on croirait entendre une voix familière, celle du « maintenant quand il y a une grève au Brésil, personne ne s'en aperçoit » !

 

Mais M.Rebelo a foi en … les forces de police : « je crois que les forces de sécurité vont faire leur travail et protéger l'intégrité des joueurs, des supporteurs ».

 

Il a foi en la loi également qui « préviendra les abus en termes de manifestations ». Abus comme des grèves des travailleurs du métro ?

 

Ce 1 er juin, Aldo Rebelo en a remis une couche dans le Diario de Sao Paulo, qualifiant les protestations de « démagogie dans les rues », pestant contre les corporatismes, ces professeurs qui ont osé perturber un entraînement de la sainte Selecao. Un vrai discours de droite !

 

Certes, la situation est complexe, les manifestations ne sont pas exemptes de manœuvres politiciennes de la part de la droite traditionnelle, de coups bien calculés de la part de syndicats à la tradition corporatiste très puissante au Brésil.

 

L'arrêt à quelques jours de la Coupe du monde de la grève des policiers, puis celle des enseignants et enfin celle des travailleurs du métro hier incite à la prudence sur la vigueur de ce « printemps brésilien ».

 

Mais comment soutenir avec autant de zèle une Coupe du monde aussi impopulaire, aussi manifestement liée aux intérêts des grands groupes capitalistes brésiliens, aussi ouvertement entachée de détournement de fonds publics ?

 

1486902_726156624097385_569772357259722660_n.jpgNos camarades disaient : « Il n'y aura pas de Coupe ». Il y aura certainement la Coupe, il n'y a plus qu'à espérer que la compétition réunisse les travailleurs de tous les métiers, les exploités de toutes les villes d'un pays où la coupe est pleine … de corruption et des privatisations !

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