Présentation

    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclarations, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

Recherche

5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 05:36

Fidel-Castro-y-Maradona-580x464.jpgLettre de Fidel à Maradona



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Mon inoubliable ami,



Tous les jours, j'ai le plaisir de suivre ton programme, pour Telesur, sur cette spectaculaire Coupe du monde de football, grâce à cela, j'ai pu observer le niveau extraordinaire de ce sport universel.



Je ne crois pas possible une éducation adéquate pour les jeunes, de quelque pays que ce soit, sans le sport, et dans le cas spécifique des jeunes garçons, sans inclure le football.



Aujourd'hui je suis un homme politique, mais lorsque j'étais enfant, adolescent et jeune, j'ai été sportif, et j'ai consacré à cette noble pratique l'essentiel de mon temps libre.



J'admire ta conduite pour de nombreuses raisons. J'ai eu le privilège de te connaître lorsque les idées les plus justes de notre peuple triomphaient, et aucun pouvoir n'a pu les écraser.



Comme latino-américains, nos relations n'ont alors jamais été aussi étroites. Tu as triomphé des épreuves les plus difficiles, comme athlète et comme jeune d'origine modeste.



Comme toi, je salue Messi, formidable athlète qui remplit de gloire le noble peuple d'Argentine, rien ne peut séparer vous deux, qui avez la gloire et le prestige, si ce n'est les efforts mesquins des intrigants.



Je félicite également Telesur, qui a agrémenté heureusement cet été brûlant, et je salue fraternellement, comme toi, les excellents et prestigieux footballeurs de Notre Amérique, sans oublier évidemment, le magnifique et visionnaire Victor Hugo Morales, qui nous fait découvrir tes qualités et qui a tant fait pour la diffusion de la noble valeur du sport, et vous deux représentez honorablement le peuple argentin.



Naturellement, Diego, je n'oublierai jamais l’amitié et le soutien que tu as toujours apporté au Lider Bolivarien Hugo Chavez, promoteur du sport et de la Révolution d'Amérique latine et des peuples opprimés du monde.



Fraternellement

Fidel Castro Ruz



Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Amérique Latine
commenter cet article
20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 06:00

W-PAZ-ES-JUSTICIA-SOCIAL-PALOMA-LUCHA.jpgRé-élection de Santos en Colombie : les communistes vigilants et mobilisés dans la lutte pour la paix, contre l'injustice sociale

 

Communiqué du Parti communiste colombien (PCC) sur les élections présidentielles



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



L'élection de Juan Manuel Santos au second tour face à Oscar Ivan Zuluaga clôt pour le moment l'incertitude née de la position de l'extrême-droite militariste, déterminée à mettre fin au processus de dialogue et aux accords négociés entre les FARC et le gouvernement colombien.



Au premier tour, Zuluaga devançait Santos de près d'un demi-million de voix. Aujourd'hui, la différence en faveur de Santos de 900 000 voix est suffisamment claire.



Ce changement ne fut possible que grâce au soutien explicite de la gauche, avec l'appui du Parti communiste colombien (PCC) et de l'Union patriotique (UP).



La coalition unitaire de Clara Lopez et Aida Avella [NdT : la candidature de « gauche » portée par le Pôle démocratique alternatif comprenant le PCC et l'UP, elle a obtenu 15,3 % au premier tour] a rempli avec succès sa tâche.



Le triomphe de Santos n'élimine pas la contradiction entre les couches dominantes, qui prétendent perpétuer par la guerre leurs odieuses sources d'enrichissement, et l'immense majorité qui souhaite une solution politique pour mettre fin au drame de la guerre contre-insurrectionnelle.



Santos gouvernera avec une forte pression de sa propre classe, par rapport à son modèle social néo-libéral et aux puissants éléments bellicistes ancrés dans le pouvoir économique et dans l’État.



Le rapport de forces qui a soutenu sa candidature depuis la gauche, les mouvements sociaux et l'opinion publique craignant un retour d'Uribe exige l'adoption de positions fermes face aux attitudes revanchardes, à l'échafaudage para-militaire associé au gouvernement surtout aux niveaux régionaux, les menaces et les crimes contre l'opposition démocratique.



Le droit à la critique, à la protestation populaire, à la récupération des terres usurpées, à la mobilisation et à la défense de la vie doivent être protégés face à toute remise en cause de la part des agents étatiques ou para-étatiques.



La lutte contre le fascisme et les manifestations du terrorisme d'Etat est toujours actuelle.



Nous soutenons la déclaration commune des candidates de la gauche Clara Lopez et Aida Avella quant à la réaffirmation de la nécessité de donner un nouvel élan au processus de dialogue, l'importance de l'unité, la justesse du vote, l'indépendance et la non-participation au gouvernement tout comme la réaffirmation de leur opposition au modèle économique, social et politique existant.



La vigilance et la mobilisation populaire sont à l'ordre du jour.



La bannière du cessez-le-feu bilatéral, de la fin des bombardements dans les régions rurales, des « faux positifs » [NdT : des opposants pacifiques au gouvernement assassinés, présentés comme guérilleros et morts dans la lutte contre-insurrectionnelle], la reconnaissance et la libération des prisonniers politiques, des garanties pour l'expression d'une opposition populaire, est toujours d'actualité.



C'est la même chose pour la lutte pour les réformes politiques électorales, le statut de l'opposition, la réforme agraire, réforme du travail, de la santé et de l'éducation. L'heure est à la mobilisation populaire.



L'expérience de la convergence et de l'unité gagnent de nouveaux éléments. De nouveaux espaces se sont ouverts, et de nouveaux interlocuteurs émergent dans la perspective d'un large front pour la paix avec justice sociale. Sa force ne peut se trouver que dans la mobilisation populaire organisée et combative.



En appelant à travailler pour affiner les points de programme et la coordination des activités destinées à renforcer la base sociale, politique et culturelle du processus de dialogue pour la paix, nous insistons sur l'ampleur de cette tâche et la responsabilité des forces avancées pour répondre de façon conséquente à ce nouveau moment unitaire.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Amérique Latine
commenter cet article
11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 06:22

PCB-ato-do-15M.jpgMondial, J - 1 : les communistes brésiliens (PCB) dans la rue ... face à un ministre des Sports à l'étiquette « communiste » (PCdoB) !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

A la veille de la Coupe du monde de football, les pouvoirs publics brésiliens, les sponsors/multi-nationales, la FIFA de Blatter et Platini s'inquiètent : et si le printemps des luttes brésilien venait contester cette fête de moins en moins populaire et toujours plus mercantile ?

 

La grève du métro de Sao Paulo, entamée ce jeudi 5 juin, a fait monter la pression d'un cran : dans la plus grande ville du pays (une agglomération deux fois plus peuplée que Paris), son poumon économique, la cité qui accueille le match inaugural dans la Corinthians Arena.

 

Grèves, manifestations dans tout le Brésil : une majorité de Brésiliens contre le Mondial

 

Le Brésil est en ébullition sociale, pas une semaine sans qu'une grève n'éclate. Nous l'avions annoncé en avril dernier : 16 syndicats catégoriels représentant 4 millions de travailleurs étaient prêts à mobiliser avant et pendant le Mondial pour réclamer des augmentations salariales.

 

Ce fut le cas non seulement des salariés des transports mais aussi des policiers en grève depuis le 7 mai (pour la Police fédérale), ainsi que des enseignants de Rio et de Sao Paulo, depuis la fin du mois d'avril.

 

Du côté des mouvements sociaux, le « Mouvement des sans-abris » a mené des manifestations dans les rues des villes-hôte du pays, réunissant plusieurs milliers de manifestants.

 

Il serait réducteur de faire de cette colère l'expression uniquement de mouvements catégoriels, isolés, à contre-courant. Une majorité de Brésiliens est mécontente de l'organisation de ce Mondial, plus de 54 % selon le dernier sondage, un comble au pays du football.

 

Mais il y a de quoi être en colère : la facture de 10 milliards d'euros en fait la Coupe la plus chère de l'histoire (trois fois plus qu'en Allemagne, en 2006).

 

Une facture payée à 85 % par l'Etat … pour des bénéfices exclusivement privés, puisque l'intégralité des 12 stades sera exploitée par des opérateurs privés.

 

Il est en de même pour les aéroports, ports, massivement cédés à des opérateurs brésiliens et internationaux. Une politique suicidaire pour le budget de l'Etat brésilien déjà grevé pour moitié (48%) par le paiement des intérêts de la dette : 230 milliards d'euros par an !

 

Et pourtant, il ne manque pas de besoins urgents dans un pays comme le Brésil où 3 millions d'enfants et adolescents sont exclus du système scolaire, où la santé privatisée se révèle incapable d'assurer les soins de santé dans des zones entières du pays … forçant la 6 ème économie du monde à appeler les médecins cubains à la rescousse !

 

Le Parti communiste brésilien du côté des luttes contre cette « Coupe des élites capitalistes » ...

 

Alors, de quel côté sont les communistes brésiliens ?

 

Pour le Parti communiste brésilien (PCB), héritier du Parti historique, il n'y a jamais eu le moindre doute : du côté des mouvements sociaux, des travailleurs en lutte, des 250 000 gens du peuple chassées de leurs domiciles, contre une Coupe du monde « élitiste, privatisatrice et anti-populaire ».

 

Dans toutes les initiatives, généralement organisées par des mouvements sociaux, que ce soient à Rio, à Sao Paulo, mais aussi à Goiania, Brasilia, on retrouve des drapeaux du PCB, agrémentés de banderoles où on pouvait lire entre autres : « FIFA go home ! ».

 

Le PCB a apporté récemment son soutien à la grève des travailleurs du métro de Sao Paulo, avec l'appel de solidarité lancé par sa branche syndicale « Unité de classe ».

 

Le Parti s'était également associé à l'appel lancé par 10 mouvements sociaux et populaires (dont celui des sans-abris) le 15 mai dernier pour organiser des manifestations sur six séries de revendication :

 

logement (contre la spéculation immobilière), justice (contre les lois anti-manifestation), santé (plus d'argent pour la santé publique), éducation, transport (gel des tarifs), souveraineté (« FIFA go home »!).

 

A la question « une Coupe pour qui ? », le PCB répond sans équivoque : pour les élites capitalistes du pays.

 

face à un ministre des Sports (PC do B) qui condamne « la démagogie de la rue » !

 

Or, cette position de principe n'est pas partagée par tout le monde. Et notamment pas par le Parti rival du PCB, le PC do B.

 

Le PC do B est né d'une scission pro-chinoise de 1964 du PCB. Originairement sur des positions gauchistes, le PC do B a glissé depuis les années 1990 vers des positions d'accompagnement du développement capitaliste brésilien.

 

Alors que les deux partis communistes ont apporté leur soutien au départ à l'expérience Lula, le PCB s'en est vite distancié au vu de la continuité de la politique de libéralisation-privatisation, de soutien au patronat local, d'impérialisme régional poursuivie par le PT.

 

Le PC do B a renforcé cette alliance avec le PT, obtenant en échange des positions dans l'appareil d'Etat. Une de ces positions, aujourd'hui d'une grande importance, celle du Ministère des Sports depuis 2003.

 

Le ministre actuel, Aldo Rebelo, est ainsi sur le devant de la scène depuis le début de l'année. Il se distingue par sa description idyllique de la Coupe du monde, sa dénonciation acerbe des manifestations ainsi que par sa foi dans les vertus économiques du Mondial.

 

Il serait vain de détailler toutes les dernières déclarations de Rebelo, la dernière : il se dit « confiant dans la fin de la grève des travailleurs du métro », saluant « la décision de la justice fédérale, qualifiant la grève d'abusive et demandant sa fin ».

 

Un bon attaché de presse du gouvernement Dilma … au ton étonnant pour quelqu'un qui porte l'étiquette communiste.

 

En effet, il y a un mois jour pour jour, il participait à l'émission télévisée « Bom dia ministro » (Bonjour ministre), où il prédisait un Mondial « qui sera celui de la fête et de la fraternisation » (sic), où « les manifestations seront des actes isolés » car « je ne crois pas que les gens veuillent que la Coupe soit perturbée par des manifestations violentes ».

 

Rappelant les manifestations de l'an dernier lors de la Coupe des Confédérations, il faisait noter que celles-ci n'ont pas empêché le déroulement de l'épreuve : on croirait entendre une voix familière, celle du « maintenant quand il y a une grève au Brésil, personne ne s'en aperçoit » !

 

Mais M.Rebelo a foi en … les forces de police : « je crois que les forces de sécurité vont faire leur travail et protéger l'intégrité des joueurs, des supporteurs ».

 

Il a foi en la loi également qui « préviendra les abus en termes de manifestations ». Abus comme des grèves des travailleurs du métro ?

 

Ce 1 er juin, Aldo Rebelo en a remis une couche dans le Diario de Sao Paulo, qualifiant les protestations de « démagogie dans les rues », pestant contre les corporatismes, ces professeurs qui ont osé perturber un entraînement de la sainte Selecao. Un vrai discours de droite !

 

Certes, la situation est complexe, les manifestations ne sont pas exemptes de manœuvres politiciennes de la part de la droite traditionnelle, de coups bien calculés de la part de syndicats à la tradition corporatiste très puissante au Brésil.

 

L'arrêt à quelques jours de la Coupe du monde de la grève des policiers, puis celle des enseignants et enfin celle des travailleurs du métro hier incite à la prudence sur la vigueur de ce « printemps brésilien ».

 

Mais comment soutenir avec autant de zèle une Coupe du monde aussi impopulaire, aussi manifestement liée aux intérêts des grands groupes capitalistes brésiliens, aussi ouvertement entachée de détournement de fonds publics ?

 

1486902_726156624097385_569772357259722660_n.jpgNos camarades disaient : « Il n'y aura pas de Coupe ». Il y aura certainement la Coupe, il n'y a plus qu'à espérer que la compétition réunisse les travailleurs de tous les métiers, les exploités de toutes les villes d'un pays où la coupe est pleine … de corruption et des privatisations !

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Amérique Latine
commenter cet article
27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 06:53

nvtc.jpgAu Brésil, l'opposition au Mondial de foot monte en puissance : les syndicats prêts à la grève pour l'ouverture

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

En France, la presse est obnubilée par un patriotisme de substitution derrière la compétition, au Brésil, pays du football, l'opposition à la Coupe du monde gagne un ampleur inédite, dans tous les secteurs. Et si la Coupe du monde était éclipsée par un été très chaud de luttes ?

 

Ouvriers des chantiers, usagers des transports, habitants des favelas, activistes sociaux, travailleurs de la santé, leur point commun : ils ne veulent pas de ce Mondial.

 

Alors qu'en 2008, 79 % de la population était favorable à la Coupe du monde, aujourd'hui, en 2014, à quelques semaines de l'ouverture, 54 % de la population brésilienne est opposée à la réalisation du Mondial.

 

Quatre années de grève dans les stades …

 

Jamais un Mondial de football n'avait connu une telle agitation sur ses stades. La preuve en est que sur les 12 stades qui devaient être finis au début de l'année 2014, 6 accusaient un retard important et n'étaient pas encore terminés en janvier de cette année.

 

Les 25 000 ouvriers présents sur les chantiers ont été attirés par les salaires, faibles mais séduisants pour des migrants ruraux – entre 150 et 400 € comme rémunération de base – avec des écarts importants entre les régions.

 

En échange, ils ont été soumis à des conditions de travail extrêmes : mépris des normes de sécurité, travail de nuit, heures supplémentaires non-payées, précarité de l'emploi avec licenciements facilités.

 

Huit ouvriers sont tout de même morts sur les chantiers du Mondial. Si on atteint pas les records morbides du mondial au Qatar, c'est déjà quatre fois plus qu'en Afrique du sud en 2010.

 

Ces conditions de travail et la prise de conscience de l'exploitation salariale ont conduit les ouvriers à développer 26 mouvements de grève, l'équivalent de 1 145 heures de travail d'après le Syndicat du bâtiment brésilien. Aucun stade n'a été épargné.

 

Des victoires ont été conquises. Selon la Fédération internationale des travailleurs du bâtiment, les ouvriers ont obtenu entre 2009 et 2013 des augmentations comprises entre 0,78 et 7,35 points de pourcentage, la moyenne se chiffrant par exemple à 4,10 points pour l'année 2012.

 

Les travailleurs des chantiers ont obtenu au cas par cas diverses améliorations : paiement majoré des heures supplémentaires, avantages sociaux liés au logement, à la santé, droit à des congés pour voir sa famille restée au pays.

 

Une grève générale demain dans les stades :

« pendant la coupe, il va y avoir des luttes ! »

 

C'est en tout cas ce qu'annonçait la Folha de Sao Paulo le 13 avril : au moins 16 syndicats catégoriels représentant 4 millions de travailleurs, se préparent à organiser des mobilisations pendant le Mondial pour réclamer des améliorations salariales.

 

Parmi les secteurs les plus sensibles, celui de l'alimentation, de l’hôtellerie et avant tout les transports qui représentent la moitié des catégories concernées – métro, transport aérien, chemins de fer, bus, taxis.

 

Parmi les confédérations syndicales qui ont lancé des appels à la mobilisation, on retrouve surtout « Força sindical » (FS), qui n'est pas à proprement parler un syndicat révolutionnaire mais qui reste un syndicat critique du compromis social dominant. Dix catégories réunies dans la FS se sont réunis le 17 avril pour décider des méthodes d'actions pendant le Mondial.

 

D'autres syndicats adhérant à l' « Union générale des travailleurs » (UGT), à la « Centrale unique des travailleurs » (CUT) ou à la « Nouvelle centrale syndicale des travailleurs » (NCST) participeront aux manifestations.

 

La confédération syndicale « Conlutas » (Confédération des luttes), syndicat de lutte et anti-capitaliste, a également lancé un appel à la grève pendant le Mondial sous le titre « Nous allons retourner dans la rue : pendant la Coupe, il y aura des luttes ! ».

 

Cet appel marquait la conclusion d'une rencontre entre 2 500 représentants issus de 25 syndicats et collectifs de lutte réunis à Sao Paulo, avec une représentation certaine des syndicats de la Fonction publique, de la santé et et de l'éducation.

 

La privatisation du pays : profits monstres pour le privé, la facture pour la majorité

 

Cette coupe du Monde sera la plus chère de l'histoire : 10 milliards d'euros (contre 3 milliards pour celle en Allemagne en 2006). Sur cette somme, 85 % provient de l'Etat ou des collectivités locales, un chiffre qui atteint les 97 % pour la construction ou rénovation des 12 stades du mondial.



Or, sur ces 12 stades financés par les deniers publics, aucun ne sera sous contrôle public.



Trois stades étaient déjà privés avant le Mondial – ceux de Porto Alegre, Curitiba et Sao Paulo – ils le resteront après.



Cinq autres ont été construits sous un PPP (Partenariat public-privé), ce sont ceux de Salvador, Recife, Belo Horizonte, Fortaleza, Natal. Le consortium à l'origine de la construction du stade obtient alors une concession d'exploitation pour une période allant de 20 à 35 ans.



Enfin, les autres stades construits grâce à l'argent public – souvent par des prêts généreusement accordés par la BNDES (Banque nationale pour le développement) qui centralise le financement des monopoles privés au Brésil – vont aussi être concédés à des exploitants privés.



Deux stades ont notamment défrayé la chronique, celui du « Stade national Garrincha » de Brasilia et celui du mythique « Maracana » de Rio de Janeiro.



Le Maracana représente le caractère populaire du football au Brésil. En 1950, il accueillait près de 200 000 personnes pour la finale du Mondial entre l'Uruguay et le Brésil. Aujourd'hui, sa capacité se trouve réduite à 80 000 places.



Surtout, ce stade légendaire sera désormais sous contrôle privé, pour ce qui constitue un scandale national, et qui a déclenché une onde de manifestations sous le mot d'ordre : « Le Maracana est à nous : non à la privatisation ! ».



En effet, selon les estimations du groupe financier IMX du millardaire Eike Batista – gagnant du contrat public – le Maracana rapporte chaque année 4 millions d'euros par an alors que l’État de Rio a signé un contrat de concession se chiffrant à 1,5 millions par an.



Soit 2,5 millions par an au minimum – sans compter les hausses de prix, la marchandisation du stade – directement dans la poche d'un grand groupe privé.



Privatisation des stades et privatisations de toutes les infrastructures, en premier lieu les ports et les aéroports. Six des principaux aéroports du pays ont ainsi été privatisés, sous prétexte de rénovation dans la perspective du Mondial.



Ainsi, en février 2012, trois aéroports majeurs – les deux de Sao Paulo et celui de Brasilia, représentant 30 % du transport de passagers, 57 % du fret – ont été cédés à des opérateurs privés pour la somme de 8 milliards d'€, en échange de concessions d'exploitation sur 20 à 30 ans.



Parmi les vainqueurs des contrats, ce sont avant tout des monopoles brésiliens qui récoltent la mise – Invepar à Sao Paulo, Aeroportos Brasil à Brasilia –, avec la participation d'entreprises françaises (Egis), argentines et sud-africains.



En 2013, trois autres aéroports ont été cédés au privé, dont un dans la région de Natal (Nord-est) qui fut le premier construit à partir de zéro par un opérateur privé.



Deux autres – celui de Belo Horizonte et l'aéroport international de Rio – ont été octroyés encore une fois à des monopoles brésiliens, le premier à Consorcio Aero, le second à Odrebrecht, dans des consortiums montés avec des entreprises allemandes et chinoises.



Le Brésil vend ses joyaux pour des rentrées d'argent ponctuelles, creusant la dette future. Une dette qui grève déjà le budget public : près de la moitié du budget public (48 %), soit 230 milliards d'€, est réservé aux paiements des intérêts de la dette.



Dans le même temps, le Brésil accumule les budgets d'austérité, en particulier depuis 2011. Ainsi, en 2014, les coupes dans le budget des services publics s'élèvent à 15 milliards d'euros (soit 10 %).



Depuis 2011, ce sont 60 milliards d'économies qui ont été réalisées dans les dépenses publiques, dont 5 milliards dans les budgets de la santé et de l'éducation, « sanctuarisés » depuis l'an dernier.



Or, ce n'est pas que le Brésil ait atteint les objectifs de développement humain pour l'éducation et la santé.



Encore 3,6 millions d'enfants et d'adolescents sont exclus du système scolaire. Ils auraient besoin de 9 000 établissements scolaires pour étudier, pour un coût de construction de 9 milliards d'euros, la somme dépensée pour ce mondial au Brésil.



La santé privatisée au Brésil se révèle incapable d'améliorer sensiblement les indicateurs du pays, au point que la 6 ème économie du monde a été contrainte récemment d'appeler aux médecins cubains pour assister les médecins locaux dans les régions en difficulté.



On comprend mieux le slogan phare des manifestants : « Nous voulons des écoles, des hôpitaux dans l'accord avec la FIFA ! ».



Sachant que dans le même temps, l'Etat brésilien a du accorder (dans la « Loi générale sur la Coupe du monde ») à la FIFA un accord exclusif concernant la vente de produits dérivés liés au Mondial à proximité des sites de la Coupe du monde.



La FIFA bénéficie également d'une exonération fiscale se chiffrant à 400 millions d'euros.



Pendant que les travailleurs brésiliens subissent la hausse des tarifs, les coupes dans les services sociaux, les plus riches brésiliens ne connaissent pas la crise : le pays devrait connaître 17 293 nouveaux millionnaires en 2014, un chiffre en hausse de 9 %, s'ajoutant aux 195 000 existants.



Les 300 plus grandes entreprises brésiliennes ont engrangé 45 milliards d'euros de profits. Sur les 10 entreprises les plus profitables, 5 sont des banques.

 

La militarisation du pays : la réponse aux résistances populaires

 

Ces scandales de privatisation, de pillage des fonds publics ont suscité des manifestations dans toutes les villes du pays.

 

Les opérations de rénovation-gentrification dans les quartiers, accompagnés de déplacements forcés, d'expulsions, d'opérations de police musclés suscitent désormais des émeutes qui ont touché avant-hier une favela de Copacabana, à Rio.

 

Depuis 2008, la « guerre contre le crime organisé » à Rio s'est transformée en une véritable chasse aux populations des favelas, avec les méthodes para-militaires employées par la police, dans le cadre des UPP (« Unité de police pacificatrice »).

 

L'Etat brésilien entame, avec la coupe du Monde, une véritable militarisation du pays. Sur les 170 000 agents de sécurité mobilisés pour la Coupe du monde, 57 000 seront des militaires – le plus grand contingent militaire jamais utilisé pour un événement au Brésil.

 

L'Etat brésilien se réserve également le recours à une force ponctuelle composée de 21 000 militaires en « cas d'urgence », visant avant tout d'éventuelles grèves paralysant certains États pendant le Mondial.

 

Le gouvernement s'apprête également à voter une « loi anti-terrorisme » où le délit de terrorisme serait identifié à la « provocation d'une panique généralisée, par une tentative de porter atteinte à la vie, à l'intégrité physique, la santé ou la liberté d'une personne ».

 

Une définition vague qui permettrait de déchaîner une vague de répression contre le mouvement social au Brésil. Une répression déléguée aux unités de police, à l'armée mais aussi aux organismes de sécurité privés.

 

Il faut savoir que les dépenses privées de sécurité désormais dépassent celles publiques – se chiffrant à 20 milliards d'euros par an. Il y a officiellement 2,3 millions d'agents de sécurité privés … contre 400 000 policiers publics.

 

Que la coupe du Monde au Brésil donne le coup d'envoi d'un été chaud, un été de luttes, de ce côté-ci de l'Atlantique également !

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Amérique Latine
commenter cet article
19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 06:01

FIDEL_CASTRO_Y_GARCIA_MARQUEZ.jpgDécès de Gabriel Garcia Marquez : grand homme de lettres, ami intime de Fidel, défenseur de la révolution cubaine

 

 

Nous n'allons pas réaliser une nécrographie de Gabriel Garcia Marquez. Celui qui fut un des plus grands écrivains latino-américains du XX ème siècle, récompensé du Nobel de littérature; a produit une oeuvre poncutée par quelques titres connus de tous – de « Cent ans de solitude » à « l'Amour au temps du choléra ».

 

Il serait futile de résumer en quelques mots une œuvre que l'on a placé sous le signe du « réalisme magique », où les charmes projetés de l'exotisme, du fantastique ont fait oublier en Europe combien Garcia Marquez avait l'ambition de relater d'abord cette réalité latino-américaine, dans la richesse de son syncrétisme culturel comme dans le tragique de ses violences originelles.

 

Ici, nous nous concentrerons sur un aspect négligé dans la presse dominante, son engagement politique auprès des processus révolutionnaires, d'émancipation latino-américains : en premier lieu la révolution cubaine, et la relation spéciale entretenue avec Fidel Castro.

 

Une amitié forte, pour deux hommes qui ont marqué à leur façon l'histoire du XX ème siècle, deux grands révolutionnaires dans leurs champs respectifs.

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

(Article originellement paru dans le journal mexicain « La Jornada »)

 

 

Ami intime de Fidel Castro, Gabriel Garcia Marquez était « un homme qui avait une bonté d'enfant et un talent cosmique » selon le leader de la révolution cubaine qui l'a évoqué comme « un homme de demain, que nous remercions d'avoir vécu cette vie pour nous la raconter ».

 

Les deux hommes – le cubain n'est plus âgé que de sept mois – se connurent dans les premiers jours de la révolution, en janvier 1959, quand Gabo (le surnom de Gabriel Garcia Marquez) arriva sur l'île comme journaliste pour couvrir l'arrivée au pouvoir des guérilleros « barbus » que commandait Castro.

 

S'ensuivirent des décennies d'amitié, avec quelques désaccords entre deux hommes qui aimaient se lancer mutuellement les épithètes de « démesurés », et d' « exagérés ».

 

Critique des dictatures et des régimes autoritaires de droite d'Amérique latine, Garcia Marquez resta toujours fidèle à cette amitié avec Fidel Castro, y compris au risque d'être critiqué, à de multiples reprises.

 

« Notre amitié fut le fruit d'une relation cultivée pendant toute ces années où le nombre de conversations, toujours agréables pour moi, se chiffre par centaines », rappelle Castro en 2008 alors qu'il reçoit Gabo et son épouse Mercedes, deux années après la crise de santé qui l'a conduit à abandonner le pouvoir en 2006.

 

Garcia Marquez, qui restera très longtemps à son domicile à La Havane, a participé en 1959 à la fondation de l'agence cubaine Prensa Latina et en 1986 à la création de la Fondation du nouveau cinéma latino-américain et de l'Ecole internationale de cinéma de San Antonio de los Baños, à 30 km au sud-ouest de la Havane, qui a formé des générations de cinéastes.

 

Des visites nocturnes

 

Gabo, qui recevait dans son foyer de la Havane des visites nocturnes fréquentes de Fidel, soulignait à son tour sa « dévotion pour les mots, son pouvoir de séduction ». « Quand il était fatigué de parler, il se détendait en parlant », écrivait-il sur le leader cubain.



Une de ces nuits, racontait l'écrivain colombien en 1988, il lui demanda ce qu'il aurait aimé le plus faire au monde : « Me poser dans un coin », lui répondit immédiatement Fidel.



Leur histoire commune a pu avoir commencé en Colombie en avril 1948 : le lendemain de l'assassinat de l'homme politique de gauche Jorge Eliecer Gaitan, Fidel Castro et Gabriel Garcia Marquez, tous deux âgés de 21 ans, participèrent à la révolte qui est entrée dans l'histoire sous le nom de « El Bogotazo ».



« Aucun n'avait d'informations sur l'autre. Personne ne nous connaissait, et nous-mêmes, nous ne nous connaissions pas », rappelle Castro dans un article publié en 2002 à l'occasion du lancement du livre « Vivir para contarla » du Prix nobel de littérature.



Toujours un fidèle défenseur de la révolution cubaine, Garcia Marquez fit office d'émissaire spécial du leader cubain auprès du président nord-américain Bill Clinton.



En 1994, il participa à la solution de la crise qui culmina en un accord migratoire entre La Havane et Washington.



En 1997, Gabo porta à Bill Clinton – qui lui avait dit que Cent ans de solitude était son roman préféré – un message de Fidel Castro où il proposait aux Etats-unis une coopération dans la lutte contre le terrorisme.



La coopération cubano-américaine fut éphémère. Washington réagit en incarcérant les combattants anti-terroristes cubains en septembre 1998 qui mettait en garde depuis la Floride sur les plans, attentats criminels qu'organisaient les extrémistes de Miami.



Les amis de Gabo



Gabriel Garcia Marquez fut l'ami d'écrivains tels que Mario Vargas Llosa, Alvaro Mutis, Carlos Fuentes, Julio Cortázar et Pablo Neruda, également du réalisateur espagnol Luis Buñuel.



Mais aucune amitié ne l'a marqué autant que celle qu'il a cultivé pendant un demi-siècle avec Fidel Castro. Ils étaient si proches que, dit-on, Garcia Marquez envoyait les brouillons de ses romans à Fidel pour qu'il les lise avant de les publier.



« Je suis un ami de Fidel et je ne suis pas un ennemi de la révolution. Voilà tout », avait dit à une occasion Garcia Marquez, selon ce que rapporte le livre « Gabo et Fidel ».



Sa santé commença à faiblir en 1999, quand il fut traité d'un cancer lymphatique. En 2012, ses proches expliquèrent qu'il avait des problèmes de mémoire et qu'il avait cessé d'écrire.



Garcia Marquez fut hospitalisé fin mars à cause d'une infection pulmonaire. Et quand on le déclara guéri la semaine passée, les médecins l'avertirent que sa santé restait fragile.



Marié depuis plus que cinquante cinq ans avec Mercedes Barcha, García Márquez avait deux enfants. L'aîné, Rodrigo, a réalisé plusieurs films à Hollywood, comme Nine Lives et Albert Nobbs.



Ces dernières années, il était revenu de temps en temps en Colombie, bien que ce soit pour se réfugier dans sa résidence, dans la ville coloniale de Cartagena de Indias.



Gabo apparut pour la dernière fois en public à la porte de sa maison de Mexico le 6 mars, le jour de son 87 ème anniversaire. Il ne dit même pas un mot, il ne laissa qu'un sourire las aux journalistes qui lui chantèrent las Mañanitas, cette chanson d'anniversaire typiquement mexicaine. Sur le revers de sa veste, il portait une rose jaune.

Repost 0
Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Amérique Latine
commenter cet article