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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 10:06

Zelaya de retour au Honduras

Le peuple défie la dictature dans la rue

 

Article publié dans Avante, Numéro 1869 du 24 septembre

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le président légitime du Honduras, Manuel Zelaya, est revenu au pays ce lundi, 21 septembre, et s'est réfugié dans l'ambassade du Brésil. Bien que le gouvernement usurpateur ait imposé un couvre-feu, le peuple est descendu dans la rue pour soutenir Zelaya.

 

La décision de Zelaya de rentrer clandestinement au pays, au 86ème jour de son exil manu militari, a surpris tout le monde. Le gouvernement de facto de l'entrepreneur Roberto Micheletti, qui a pris le pouvoir après le coup d'Etat du 28 Juin et qui a déposé et déporté Zelaya, a été totalement pris au dépourvu et a passé une bonne partie de la journée à démentir les nouvelles annonçant le retour du président. C'est seulement après que Zelaya ait donné une interview à la chaîne locale Canal 11 et qu'il soit apparu au balcon de l'ambassade brésilienne à Tegucigalpa pour saluer ses milliers de supporters qui s'était pressés à ses alentours, que les putschistes se sont rendus à l'évidence.

 

Les réactions ne se sont pas faites attendre: Micheletti a imposé le couvre-feu, fait fermer les quatre aéroports du pays et a donné l'ordre de réprimer les manifestants qui s'étaient rassemblés près de l'ambassade du Brésil. Les premiers affrontements ont eu lieu dans la matinée de mardi. Selon le correspondant de Telesur dans la capitale hondurienne, Adriana Sivori, les forces militaires ont pris position aux alentours de l'ambassade avec l'objectif exprès de faire évacuer la zone. On ne connaît pas, à l'heure où cette édition est bouclée, quelles conséquences auront ces actes dictés par le désespoir des putschistes, qui peuvent compter sur le soutien de l'oligarchie du pays mais pas sur celui du peuple. Ce que l'on sait, c'est que Zelaya, en rentrant clandestinement sur ses terres, a contrecarré les plans de ceux qui se préparaient à laisser filer le temps jusqu'à la mascarade électorale de Novembre qui était censé légitimer le coup d'Etat.


 

Faire ce qui doit être fait


 

Dans une interview à Canal 11, Zelaya a parlé franchement. « Je suis venu faire ce qui aurait du être fait dès le début, mettre un point final aux éléments de médiation dans ce processus et trouver une solution en face à face à ce problème » a dit le président légitime, soulignant que son retour est « pratiquement une question de conscience, un devoi ». Cela renforce l'idée, selon Zelaya, qu'il est nécessaire de mettre un terme à la situation d'isolement dans laquelle se trouve le pays et les conséquences dramatiques qui en découlent. « Le Honduras ne peut pas continuer à vivre dans cette situation, isolé de la communauté internationale, condamné par les organismes internationaux, avec une crise économique, politique et sociale très profonde », a-t-il dit, insistant sur le fait que « le peuple a déjà senti la poigne de fer de la répression qui ne peut pas perdurer ».

 

Tout en remerciant son homologue brésilien Lula da Silva et l'ambassadeur Celso Amorim de lui avoir « ouvert leurs portes afin de lutter pour la démocratie hondurienne », Zelaya a assuré qu'il dialogue directement avec le secteur patronal du pays qui a contribué au succès du coup d'Etat, et a réaffirmé être disposé à trouver une solution pacifique au conflit. « C'est pour cela que je suis revenu au pays, pour dire que nous allons reconstruire la démocratie, pour dire aux honduriens que c'est notre démocratie et que personne ne peut nous la voler », a-t-il affirmé.

 

Le président légitime a également regretté que le gouvernement ait instauré l'État de siège « parce qu'est revenu le président que le peuple a élu pour gouverner », et demandé la fermeture des aéroports « pour empêcher la venue du secrétaire-général de l'OEA [José Miguel Insulza] qui cherchait à trouver une solution au conflit ». Une telle attitude, a-t-il fait remarquer, est une preuve que le gouvernement putschiste n'est pas le moins du monde intéressé à se replacer dans la légalité et à restaurer la démocratie.

 

Zelaya est sûr de pouvoir compter sur le soutien des masses et même « d'entrepreneurs honnêtes ». Les professeurs ont décrété une grève générale illimitée et dans tout le pays des milliers de personnes marchent en direction de la capitale, et rencontrent en cours de route des forces armées et policières qui cherchent à leur bloquer le passage. A Tegucigalpa, malgré le couvre-feu et le déploiement des forces de l'ordre autour des édifices de l'ONU et de l'ambassade du Brésil, des milliers de personnes se sont déclarées disposées à rester dans la rue tout le temps qu'il serait nécessaire pour protéger l'intégrité du président qu'ils ont élu démocratiquement.


 

Appel à la communauté internationale


 

Dans une déclaration diffusée ce mardi 22 septembre, Manuel Zelaya en a appelé à la communauté internationale « pour qu'elle intervienne de manière plus vigoureuse » contre le gouvernement putschiste de Micheletti, dénonçant la répression des manifestants qui se sont rassemblés près de l'Assemblée du Brésil où il se trouvait.

 

Les inquiétudes de Zelaya sont justifiées. D'une part, la campagne de désinformation sur le Honduras est une réalité, aggravée par la censure imposée à l'intérieur du pays aux médias qui ne se rangent pas derrière le « gouvernement de fait ». D'autre part, tant les Etats-Unis que l'Union Européenne (UE) ont réagi de manière équivoque au retour du président du Honduras

 

Aux Etats-Unis, le porte-parole du département d'Etat, Ian Kelly, a appelé « au calme » les deux parties. « Je crois qu'en ce moment tout ce que l'on peut dire, c'est réitérer notre appel quotidien à ce que les deux parties se passent d'actions qui auraient un dénouement violent » a-t-il dit.

 

Dans le même temps, la secrétaire d'Etat, Hillary Clinton, et le président costa-ricain Oscar Arias, ont affirmé espérer que le retour de Zelaya au pays pourrait servir à ce que « toutes les parties retournent à la table des négociations ». Clinton et Arias trouvent naturel que l'on « négocie » avec les putschistes qui ont usurpé le pouvoir.

 

L'UE insiste également sur la « négociation ». Dans un communiqué publié par la présidence suédoise on souligne « l'importance d'une solution négociée pour la crise actuelle au Honduras ».

 

Le texte « exhorte toutes les parties à s'abstenir de toute action qui pourrait accroître la tension et la violence » ce qui paraît une critique à peine voilée à l'appel de Zelaya aux forces armées à ce qu'elles ne tournent pas leurs armes contre le peuple mais au contraire les retournent contre les ennemis du peuple.


 

L'ALBA soutient le retour de Zelaya

 

Les gouvernements de l'Alliance Bolivarienne pour les Peuples d'Amérique (ALBA) a publié ce mardi un communiqué exprimant son soutien au retour de Zelaya au Honduras et appelant la communauté internationale à ce qu'elle soutienne la décision prise « par le président légitime et constitutionnel » de « se voir rétabli dans ses fonctions présidentielles ».



« Le retour du président Manuel Zelaya au Honduras est conforme aux décisions adoptées par l'Alliance Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique, par l'Assemblée Générale des Nations-Unies, par l'Organisation des Etats Américains, par le Groupe de Rio, entre autres, et ouvre le chemin à la restauration de la démocratie hondurienne, sérieusement atteinte par le coup d'Etat du 28 juin 2009 » - lit-on dans le communiqué.



Le texte, rendu public par l'ambassadee vénézuelienne, fait remarquer également que les gouvernements de l'ALBA, conscients des « violations continues des droits de l'Homme et des libertés fondamentales commises par la dictature [de Roberto Micheletti], exhortent les gouvernements d'Amérique Latine, des Caraïbes, et du monde, les organismes régionaux et internationaux, ainsi que les mouvements et organisations sociales, à mettre en œuvre des actions coordonnées qui permettent au gouvernement légitime de Manuel Zelaya d'être rétabli dans ses fonctions ».



Le document souligne, pour terminer, le fait que les gouvernements de l'ALBA considèrent que le rétablissement de Zelaya dans ses fonctions doit se dérouler « sans aucunes conditions préalables », en « conformité avec la volonté démocratique exprimée par le peuple hondurien, qui de manière souveraine l'a élu comme président de la République du Honduras ».



Chronologie:



28 Juin – Les militaires enlèvent Zelaya et le déportent au Costa Rica; Michelletti se saisit de ses fonctions présidentielles;



29 Juin – L'ONU condamne le coup d'Etat; des milliers de personnes manifestent pour revendiquer le rétablissement de la légalité démocratique;



1er Juillet - L'OEA demande le rétablissement de Zelaya dans ses fonctions dans un délai de 72 heures; l'État de siège est imposé, la censure instaurée et les libertés fondamentales restreintes;



5 Juillet – Zelaya tente de revenir au pays, mais les militaires bloquent l'aéroport de Tegucigalpa l'empêchant d'atterrir; des milliers de personnes qui sont venues sur place soutenir le président sont réprimées;



7 Juillet – Zelaya est reçu à Washington par Hillary Clinton; les Etats-Unis prônent la voie de la négociation avec le président du Costa Rica, Oscar Arias, comme « médiateur ».



18 Juillet – Arias présente un plan en sept points qui prévoit le rétablissement de Zelaya dans ses fonctions de président jusqu'à la fin de son mandat, en Janvier, mais le gouvernement putschiste refuse la proposition;



11 Août– Les forces de l'ordre répriment violemment des milliers des personnes qui, comme cela se passe tous les jours dans le pays, manifestaient à Tegucigalpa et à San Pedro Sula pour demander le retour de Zelaya;



21 Août – La Commission interaméricaine des Droits de l'Homme (CIDH) dénonce « l'usage disproportionnée de la force » par la Police et l'Armée honduriennes;



31 Août – La campagne pour les élections générales du 29 Novembre commence au Honduras;



14 septembre – Le représentant du Honduras à Genève, Delmer Urbizo, est expulsé du Conseil des Droits de l'Homme à l'ONU, après avoir manifesté son soutien au gouvernement putschiste;



21 septembre – Manuel Zelaya rentre clandestinement à Tegucigalpa est s'installe à l'ambassade du Brésil; le gouvernement putschiste impose le couvre-feu, ce qui n'empêche pas des milliers de personnes de se réunir près de l'ambassade pour soutenir le président légitime.



Site d'Avante: http://www.avante.pt/

 



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5 septembre 2009 6 05 /09 /septembre /2009 22:02

Honduras, une histoire mal racontée


Des urnes du coup d'État au coup d'État dans les urnes

d'Anabela Fino, rédactrice en chef adjoint d'Avante

Numéro 1866 du 3 septembre d'Avante, hebdomadaire du PC Portugais


Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


 

« Coup d'État au Honduras » - ce fut ainsi que l'influente chaine de télévision nord-américaine CNN a commencé par relayer la nouvelle, le 28 juin, de l'enlèvement et de la déportation du président constitutionnellement élu Manuel Zelaya. Quelques temps après, avec le changement de journaliste à l'antenne, la manchette à l'écran s'est transformée en « Succession forcée au Honduras ». On donnait ainsi le ton de la campagne de mystification et de mensonge qui s'est mise en place dès lors sur les événements au Honduras.

 

On n'imagine pas à quel point la désignation de la chose est source de querelles byzantines. Et pourtant. Preuve en est, le fait que les États-Unis, plus de deux mois après l'expatriation de Zelaya, en sont encore à « étudier » s'il s'agit oui ou non d'un coup d'État Le doute a des avantages pour la Maison Blanche. D'une part, cela justifie le manque de moyens de pressions réels utilisés contre les putschistes de Tegucigalpa, comme pourraient l'être la suspension de l'aide économique, estimée à plus de 680 millions de dollars, et des relations commerciales, sachant que les États-Unis absorbent près de 70% des exportations honduriennes (à ce jour, Washington s'est limité à « suspendre » l'aide militaire de 16,5 millions de dollars et l'émission de visas). D'un autre côté, cela donne aux putschistes la marge de manœuvre nécessaire pour leur permettre de poursuivre le simulacre de négociations de « sortie de crise », marqué par les déclarations successives contradictoires du président usurpateur Roberto Micheletti, tandis qu'ils gagnent le temps nécessaire pour organiser le processus électoral.

 

Il faut signaler que, un mois avant le coup d'État, les élections législatives étaient prévues pour le 29 novembre, et que la campagne électorale a commencé le 31 août comme si le pays vivait dans la plus complète normalité.

 

La situation a commencé à basculer dans l'anormalité avec le prétexte invoqué pour l'enlèvement et la déportation du président Zelaya: Zelaya voulait changer la Constitution pour rester indéfiniment au pouvoir. Le mensonge a été relayé internationalement par l'ensemble des médias et présenté comme un motif valable qui justifiait l'action des putschistes.

 

En vérité, ce que Zelaya proposait, c'était de réaliser un référendum non contraignant, le 28 juin, pour déterminer si les honduriens étaient favorables à l'élection d'une Assemblée Constituante. Si la réponse était affirmative, l'élection des députés à la Constituante devrait se réaliser simultanément aux élections législatives du 29 novembre (présidentielles, législatives et locales), c'est-à-dire, en même temps que l'élection du nouveau président. Cela signifie que Zelaya ne pouvait pas être candidat à sa propre succession, puisque l'éventuelle réforme de la Constitution, avec ce qu'elle impliquerait en termes de mandats présidentiels, ne pourrait seulement voir le jour bien après qu'il ait terminé son mandat.

 

Il faut ajouter que tant Micheletti que les mandataires du pouvoir législatif et judiciaire qui ont usurpé le pouvoir avec le soutien des militaires prétendent qu'ils n'y a eu aucun coup d'État avec l'enlèvement et la déportation de Zelaya puisque... il y avait contre lui un mandat d'arrêt émis par le Tribunal Suprême. Curieux argument, et l'élite hondurienne a une drôle de manière « d'exécuter » les décisions judiciaires. Au lieu d'emprisonner le criminel supposé, on l'emmène hors du pays, on empêche son retour et on usurpe ses fonctions. Un véritable prodige dans un État qui se dit État de droit!

 

Au-delà des autres « détails » rocambolesques, comme la fausse lettre de démission de Zelaya datée du 26 juin qu'on nous a présenté, et le prétendu soutien de tous les gouvernements étrangers au gouvernement de Micheletti, on ne peut que noter la campagne internationale déclenchée depuis pour présenter le président élu comme un dangereux admirateur de son homologue vénézuelien, Hugo Chavez, un aspirant-dictateur qui ambitionnait de se maintenir à vie au pouvoir. Dans un tour de passe-passe, les chevaliers blancs de la démocratie ont cessé d'accepter la validité des élections – même quand elles sont reconnues comme libres et justes par les observateurs internationaux, en accord avec le propres modèles mis en place par le système capitaliste – et en viennent à voir dans les consultations populaires un péché capital. Ce qui ne manque pas d'être curieux, c'est que dans les dernières années 13 des 18 pays de la région ont déjà modifié la durée des mandats présidentiels, sans que cela ne suscite ce type d'inquiétudes... sauf dans les cas où la politique menée par les pays impliqués cessait d'avoir comme feuille de route le suivisme derrière les États-Unis.

 

A titre de curiosité, cela vaut la peine de rappeler les mots de l'écrivain uruguayen Eduardo Galeano à ce sujet: « Je me demande ce que serait devenu les États-Unis si ses habitants avaient continu à obéir à leur première Constitution. La première Constitution des États-Unis établissait qu'un noir équivalait aux 3/5ème d'une personne. Obama ne pourrait pas être président puisque aucun pays ne peut avoir comme chef d'État les 3/5èmes d'une personne. »

 

La campagne de manipulation et de mensonge menée par les médias inclut encore la tentative – presque pathétique – de chercher à faire croire que les États-Unis n'ont rien à voir avec cet événement et qu'il aurait même « déconseillé » aux putschistes d'accomplir leur coup. Ce serait risible, si ce n'était pas tragique. Il suffit de penser à la dépendance économique du Honduras envers les États-Unis et à la présence de forces nord-américains, tant sur la base militaire de Palmerola (mieux connue sous le nom de Soto Cano), aujourd'hui consacrée surtout aux opérations d'espionnage, comme à tous les niveaux des organismes qui agissent dans le pays, pour percevoir l'absurdité de la thèse de l'innocence de Washington. C'est peut-être pour cela que l'on a aussi tenté de faire passer l'idée que la Maison Blanche aurait été dépassée par le Pentagone, une formule qui devient récurrente pour éviter que ne s'achève l'état de grâce d'Obama.


Sous d'autres cieux, comme au Portugal, la manipulation a donné lieu à un silence assourdissant. Au Honduras, rien de nouveau.



Le coeur du problème



Au début de son mandat, personne ne pouvait prévoir que Manuel Zelaya – élu président au premier tour en 2005 sous les couleurs du Parti Libéral, un des deux partis traditionnels honduriens, avec 49,9% des voix – allait entrer en conflit avec les États-Unis, surtout si on tient compte du fait qu'il disposait seulement d'une majorité relative au Parlement (48,4% des voix).


Mais le fait est que Zelaya a poursuivi lors de son mandat présidentiel la politique de décentralisation qu'il avait déjà lancé en tant que ministre, ce qui a élargi le fossé qui le séparait de l'élite de la capitale, et le premier grand clash avec Washington a eu lieu en Juin 2006, quand le président a annoncé son intention de transformer la base militaire de Soto Cano en un aéroport commercial. Le Pentagone n'a pas aimé l'idée, bien qu'officiellement il s'agissait d'une petite base, avec 600 militaires. Il s'agit cependant de sa seule piste en Amérique Centrale capable d'accueillir des grands avions pour le transport de troupes. Construite en 1985 par les États-Unis, dans le contexte de la lutte contre le gouvernement sandiniste du Nicaragua, la base a eu l'honneur d'accueillir un détachement de la force d'élite « Bravo », la seule du Commando Sud située en dehors des États-Unis.


On peut noter, à ce propos, que la base est actuellement sous les ordres du Colonel Richard A. Juergensss, ce même militaire nord-américain qui commandééé l'enlèvement du présidenhaïtiennn Jean-Bertrand Aristide quand il occupait le poste de directeur des Opérations Spéciales au sein du Special Operations Command.


Les attaques dans la presse contre le nouveau gouvernement ne se sont pas fait attendre, montant d'un ton quand la lutte contre la corruption menée par Zelaya a obligé certains hauts fonctionnaires à se démettre. C'est à ce moment-là que le projet de conspiration est né. Un des plus grands scandales publics, par exemple, fut l'implication de l'ancien directeur de la compagnie public de téléphonie, accusé d'avoir réalisé des écoutes du Président de la République.

 

Mais c'est avec le déclenchement de la crise des subprimes aux États-Unis que tout s'est précipité. Confronté à l'escalade du prix des combustibles et des aliments de nase, Zelaya s'est tourné vers l'Alternative Bolivarienne pour les Amériques (ALBA), organisation inter-gouvernementale d'initiative vénézuelienne qui – contrairement au Traité de Libre-Échange que le Honduras a aussi signé avec les États-Unis – garantit la sécurité alimentaire et énergétique des États membres, entre autres.

 

L'adhésion à l'ALBA a eu lieu le 25 août 2008, lors d'une session publique à Tegucigalpa à laquelle ont participé plus de 100 000 personnes, en présence des présidents Hugo Chavez, du Vénézuela; Evo Morales, de Bolivie; Daniel Ortega, du Nicaragua; Leonel Fernandez, de la République Dominicaine; et du vice-président cubain Carlos Lage.

 

La décision a bénéficié sans équivoque d'un véritable soutien populaire, mais Zelaya a commencé à être taxé de « populiste » et le Honduras sous sa présidence aurait intégré les rangs des république rebelles.


Selon l'enquêtrice de l'Université Nationale Leticia Salomon, spécialiste dans les questions militaires honduriennes, les mentors du coup d'État qui a destitué Zelaya étaient parfaitement identifiés. « Ce coup fut planifié par un groupe patronal mené par Carlos Roberto Facussé, ancien président du Honduras (1988-2002) et patron du journal La Tribuna, qui avec La Prensa, El Heraldo, les chaînes de télévision de la 2, la 3, la 5 et la 9 furent le pilier fondamental du coup d'État »

 

Le groupe auquel se réfère l'enquêtrice inclut Jaime Rosenthal et Gilberto Goldstein, dirigeants du Groupe Continental, l'empire qui domine la banque hondurienne, l'industrie agro-alimentaire et des médias comme El Tiempo et Canal 11; José Rafael Ferrari; Juan Canahuati; le financier Camilo Atala; l'industriel du bois José Lamas; le magnat du secteur de l'énergie Fredy Nasser; Jacobo Kattan; l'industriel du sucre Guillermo Lippman; et le constructeur Rafael Flores, qui ensemble contrôlent 90% de la richesse du pays

 

Si à cela on ajoute les intérêts des multi-nationales liées au secteur pharmaceutique, à l'exploitation des matières premières et, surtout, les rumeurs sur l'existence de gisements de pétrole au Honduras et d'accords entre Zelaya et le Vénézuela pour leur exploitation, nous avons tous les éléments de la radiographie de ce qui s'est passé et de ce qui est en train de se passer au Honduras où, après qu'une histoire d'urnes ait servi de prétexte au coup d'État, on prépare maintenant le coup d'État dans les urnes

 


Ce qu'il est bon de savoir...

 

  • Selon le Ministre des Finances du gouvernement légitime du Honduras, Rebeca Santos, en trois années de l'administration du président Zelaya l'inflation dans le pays a atteint son niveau le plus bas depuis 16 ans et les indices de pauvreté ont été réduits de 10%.


  • L'entrepreneur Roberto Micheletti (le « président actuel ») est patron de l'entreprise de transports urbains (TUPSA), qui a vu ses profits chuter quand Zelaya a réussi à baisser le prix des combustibles grâce à l'adhésion à l'ALBA et a exigé la réduction du prix des transports.


  • Les multi-nationales dominent 60% du système financier hondurien;


  • Des marques comme Nike et Adidas ont exprimé au Département d'Etat des Etats-Unis leur soutien au « gouvernement de fait » de Micheletti


  • Au Honduras, plus de 80% des médicaments sont fournis par des multinationales (Glaxo, Sanofi, Smiyh Kline, Pfizer, Stein, Novartis, Bristol Myers, Aventis), tandis que les matière-premières nécessaires à leur production sont à 100% importées

 

  • Au début de l'année 2009, après l'adhésion à l'ALBA et à la suite d'accords passés avec Cuba, le gouvernement de Zelaya a tenté d'acheter des médicaments génériques pour faire face aux prix élevés pratiqués par les multinationales; il n'a pas pu le faire. Les multinationales sont intervenus par le biais du complexe chimico-pharmaceutique, qui a invoqué des questions bureaucratiques pour empêcher les importations depuis Cuba de médicaments à des prix accessibles.

 

  • Le journal La Prensa, dans son édition du 29 mars 2009 (exactement trois mois avant le coup d'Etat) a noté dans sa colonne « Affaires » que, selon le ministre des Ressources Naturelles et de l'Environnement, Tomas Vaquero, l'entreprise Petroleos de Venezuela était intéressé par l'exploitation du pétrole au Honduras.

 

  • Une des premières mesures annoncées par l'usurpateur Micheletti fut la constitution d'une commission du Congrès (le Parlement) pour étudier le retrait du Honduras de l'ALBA;

 

  • Dans une interview à Publico du 28 août 2009, l'historienne vénézuelienne Margarida Lopez Maya, interrogée sur le projet de Chavez – qui a une mauvaise influence sur le libéral Zelaya – a affirmé que « nous assistons à une marche forcée vers le socialisme », mais qu'en réalité « c'est un modèle toujours plus autoritaire ». Sur les principales forces de Chavez, l'historienne est péremptoire: « Indubitablement la faiblesse endémique de l'opposition vénézuelienne. Et la solidité d'un État qui vit de ses recettes et les redistribue aux couches les plus pauvres, comme le fait massivement le gouvernement de Chavez » (souligné par nous, sans commentaires)


Site d'Avante: http://www.avante.pt/

 

 

 

 

 

 

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25 août 2009 2 25 /08 /août /2009 22:06

Joao Ferreira, député européen du PC Portugais, rencontre le Président Zelaya et lui exprime la solidarité des communistes européens

 

Note du Cabinet de Presse du Parti Communiste Portugais

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Joao Ferreira, député du PCP au Parlement Européen, a rencontré hier, 23 août, le Président de la République du Honduras, Manuel Zelaya, dans les installations de l'Ambassade du Honduras à Managua (Nicaragua). Dans sa rencontre avec le Président du Honduras, Joao Ferreira a réaffirmé la solidarité des communistes portugais envers le peuple hondurien et son gouvernement légitime dans leur lutte pour la restauration de la légalité constitutionnelle et pour la fin du coup d'État dans ce pays. Joao Ferreira a ensuite exprimé, au nom du Groupe de la Gauche Unitaire Européenne/Gauche Verte Nordique du Parlement Européen, la solidarité du groupe parlementaire. Manuel Zelaya a remercié le député communiste ainsi que le groupe GUE/NGL pour les initiatives que les députés communistes et progressistes au Parlement Européen ont mené pour exiger la restauration de la légalité constitutionnelle au Honduras.


 

Pour sa part, le Président hondurien a réaffirmé son intention de revenir dans sa patrie et a relevé le rôle du pouvoir économique oligarchique dans le coup d'État, tout en défendant la nécessité de mettre en œuvre des politiques qui garantissent une plus juste redistribution des richesses dans son pays.


 

Pendant sa visite à Managua, Joao Ferreira a eu l'opportunité de nouer des contacts et de rencontrer plusieurs membres du Gouvernement hondurien, notamment le Premier Ministre de Manuel Zelaya, le Ministre des Affaires Étrangères et le Ministre de l'éducation honduriens.


 

Le député Joao Ferreira part aujourd'hui, 24 août, pour la capitale hondurienne dans le cadre d'une visite de solidarité avec le peuple hondurien, où il rencontra différents éléments, parties prenantes du Front social et politique contre le coup d'État au Honduras.


 

Site du Parti Communiste Portugais: http://www.pcp.pt/

 

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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 15:36

Deuxième jour de grève générale au Honduras

 

Article de Granma

 

TEGUCIGALPA (PL).- Les trois centrales syndicales du Honduras ont maintenu, vendredi, l’ordre de grève générale pour les employés publics, tandis que les forces populaires continuaient de bloquer les routes pour protester une fois de plus contre le coup d’Etat.


Dans une entrevue à l’agence Prensa Latina, le dirigeant ouvrier Juan Barahona a déclaré que la veille, jeudi, des manifestants avaient bloqué les principales routes, paralysant ainsi le pays durant quelques heures.


Faisant le bilan de la première journée de protestation, le président de la Fédération unitaire des travailleurs, Barahona, a affirmé que la grève avait été un franc succès, les travailleurs ayant bloqué les routes et occupé les principales institutions gouvernementales.


Le mouvement de grève s’est également étendu aux principaux ports du pays, de la côte de l’Atlantique à la côte du Pacifique, y compris la région nord de la capitale.


Au même moment, des milliers de personnes ont commencé à se diriger vers la frontière du Nicaragua pour y attendre l’arrivée de leur président constitutionnel, Manuel Zelaya, qui a annoncé son retour imminent au pays.


Radio Globo, qui se maintient à l’écoute de la population, a déploré le fait que, selon plusieurs témoignages, l’armée tente d’empêcher les manifestants de se rendre au poste frontière et n’hésite pas à employer la manière forte.


Pendant ce temps, le gouvernement de facto, dirigé par l’homme d’affaires Roberto Michelleti, est aux prises avec un autre problème. Mécontents de ne pas avoir été payés depuis plusieurs semaines, des agents de police de la capitale ont entrepris un mouvement de grève.


Le porte-parole des forces policières, Daniel Molina, a aussitôt tenté de minimiser la chose, affirmant à la presse qu’il s’agissait d’un simple problème administratif.


Toutefois, des policiers ont déclaré, sur les ondes de la chaîne 36, la seule chaîne de télévision qui maintient un point de vue critique à l’égard du coup d’Etat du 28 juin dernier, qu’ils n’entendaient pas obéir aux ordres tant et aussi longtemps que leurs demandes ne seraient pas satisfaites.


Ce corps policier, qui comprend l’escadron spécial Cobras, apporte donc un problème de plus à ce régime qui est isolé sur la scène internationale et qui ne jouit d’aucun appui populaire, en sa 27e journée.


De leur côté, les dirigeants du Front national contre le coup d’Etat ont annoncé que les luttes populaires se poursuivraient jusqu’à la défaite des putschistes et le retour à l’ordre constitutionnel représenté par Zelaya.


Hier, alors que les manifestants bloquaient l’autoroute Panaméricaine, à la sortie nord de la capitale plus précisément, on exhortait les manifestants à se rendre massivement à la frontière du Nicaragua pour attendre Manuel Zelaya.

 

Site de Granma:http://www.granma.cu/frances/index.html

 

 

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 17:15

Micheletti lié au narcotrafic et au cartel de Cali

 

Document du Ministère de la Défense et de la Sécurité Publique du Honduras

 

Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le nom du chef putschiste hondurien Roberto Micheletti apparaît dans une longue liste de narco-traficants rédigé, à une date non-déterminée, par un haut fonctionnaire du Ministère de la Défense et de la Sécurité Publique du Honduras, qui le relie au Cartel de Cali, le réseau colombien de narco-trafic.

 

Le document signé par le Colonel d'Infanterie René Adalberto Paz et portant l'en-tête du ministère, il indique sous le numéro SN-FF A.A. 060, à ROBERTO MICHELLETI BAIN – avec la mauvaise orthographe pour le nom Micheletti – avec comme « RELATION » le Cartel de Cali et comme « LIEU », « Yoro » (voir le document ci-dessous).

 

Les éléments biographiques sur Micheletti précisent qu'il a commencé sa carrière politique dans les années 80, quand il a occupé le poste de président du Conseil Local à Yoro où il est toujours arrivé à se faire élire député au Congrès National.

 

Fils d'un citoyen italien, Umberto Micheletti et de Donatella Bain, l'actuel usurpateur de la présidence hondurienne est né le 13 août 1948 dans la ville d'El Progreso (Yoro).

 

Il a étudié le commerce aux Etats-Unis pour s'occuper ensuite de son entreprise dans sa ville natale, la TUPSA, spécialisée dans le transport.

 

L'apparition du nom de Micheletti dans une telle liste de narcotraficants ne laisse aucun doute sur la présence de son nom dans les fichiers de la DEA, l'agence nord-américaine anti-drogue.

 

Cependant, rien n'a filtré, du côté nord-américain, jusqu'à maintenant.

 

Cela nous rappelle, qu'il y a quelques jours, un groupe de congressistes nord-américain proche de l'extrême-droite mené par les représentants de la Floride, Mario et Lincoln Diaz-Balart, a tenté de salir le nom du président constitutionnel Manuel Zelaya en sollicitant du président Obama qu'il enquête sur sa supposée « relation avec le narcotrafic », par le biais de la DEA. Obama n'a même pas daigné leur répondre.

 

Les Diaz-Balart ont un lourd passé de relations troubles avec les cercles colombiens les plus proches du narcotrafic.

 

D'un autre côté, interviewé par Radio Pacifique ce 10 juillet, le président du Comité pour les Droits de l'Homme au Honduras Andrés Pavon a affirmé que le général Vazquez Velazquez, chef de l'Etat-major hondurien, a des liens avérés avec le narcotrafic.

 

« C'est un homme inséré dans la communauté du renseignement en Amérique Latine, proche des structures de la DEA et de la CIA », a expliqué dans une conversation téléphonique le journaliste Fernando Velazquez, interviewé par Radio Mundial de Venezuela.

 

Pavon a ajouté qu'il y a « des preuves que même l'ambassade des Etats-Unis, par le biais de la DEA, a été complice des opérations de narcotrafic ».

 

Traduit depuis Tribuna Popular, journal du PC Vénézuelien: http://www.tribuna-popular.org/

 

Source initiale: Cuba Debate

 

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Amérique Latine
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