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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 06:31

claudiapascual.jpgUne ministre communiste au Chili, une première depuis 40 ans : un symbole fort !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La nouvelle présidente de centre-gauche du Chili vient d'annoncer son nouveau gouvernement. Dans celui-ci, pour la première fois depuis 1973, une ministre communiste. Au-delà de ses conséquences pratiques incertaines, le symbole est fort.

 

Un mois après sa large victoire lors des élections présidentielles, Michelle Bachelet a dévoilé son nouveau gouvernement issu de son alliance « Nueva mayoria » (Nouvelle majorité) – regroupant Parti socialiste, Parti démocrate-chrétien et Parti communiste.

 

Parmi les 23 nouveaux ministres, une sera communiste : Claudia Pascual, anthropologue de formation, ancienne conseillère municipale de Santiago. Elle intègre le gouvernement en tant que Ministre de la Femme.

 

La dernière fois que les communistes ont accédé au gouvernement, c'était lors de l'expérience de l' « Union patriotique » menée par Salvador Allende. Le rêve (les hispanophones disent ilusion) d'un « socialisme démocratique » noyé dans le sang du coup d'Etat de Pinochet du 11 septembre 1973.

 

La nouvelle ministre a annoncé son intention d'avancer vers la légalisation de l'avortement au Chili, mais aussi de faire progresser l'égalité hommes-femmes dans tous les secteurs de la société, notamment dans le monde du travail.

 

Le Parti communiste (PCCh) avait déjà remporté un succès historique lors des élections législatives de novembre, avec 4,2 % des voix, obtenant 6 députés (deux fois plus qu'en 2009) dont les jeunes leaders du mouvement étudiant Karol Cariola et Camila Vallejo.

 

Si le Parti communiste entame son retour dans les institutions, c'est désormais les acteurs du mouvement social qui le questionnent et lui demandent de ne pas perdre sa raison d'être.

 

Grève dans les ports, impatience des étudiants, revendication des mineurs : que le Parti communiste ne perde pas sa raison d'être

 

En effet, les promesses de Michelle Bachelet laissent aussi sceptiques les couches les plus combatives du mouvement ouvrier et étudiant chilien.

 

Que les communistes soient désormais à la tête de la centrale syndicale unitaire (CUT), sous la direction de l'enseignante encartée au PCCh Barbara Figueroa éveille espoirs et doutes.

 

Les dockers chiliens se sont ainsi lancés en ce début d'année dans une grève historique, à partir de deux ports (San Antonio et Mejillones), étendue ensuite à 9 ports, paralysant l'exportation de cuivre et de produits agricoles, suscitant solidarité de la part des mineurs et des étudiants chiliens.

 

La CUT a été d'une discrétion quasi-totale, selon sa secrétaire « parce que les dockers n'ont pas fait appel à la CUT ». Étrange déclaration de la part de la dirigeante de la centrale syndicale unitaire, n'est-ce pas son rôle même, de faire le lien, créer la convergence des luttes ?

 

La dirigeante de la CUT dut elle-même reconnaître qu'elle « ne sait pas si le programme de Michelle Bachelet est réellement une avancée pour le monde du travail ». C'est déjà une réponse.

 

D'autres secteurs attendent avec impatience les premiers actes du gouvernement, comme le mouvement étudiant.

 

Les étudiants se souviennent de la première expérience de Bachelet en 2005 qui avait conduit au renforcement de la privatisation de l'éducation, la hausse des frais de scolarité et à une grève étudiante massive, appelée « Révolution des pingouins » (référence à l'uniforme des étudiants).

 

Les dirigeants des deux principaux syndicats étudiants, la FECh et la FEUC, ont promis qu'ils relanceraient la lutte à la fin des vacances d'été, espérant conquérir par la lutte une éducation 100 % publique et gratuite.

 

Les mineurs promettent également de repartir au combat pour la re-nationalisation du cuivre, une mesure soutenue par 85 % de la population chilienne.

 

Que va faire le Parti communiste dans ce contexte ? Confronté aux questions sans concessions des journalistes, en conférence de presse, Guillermo Tellier, secrétaire-général du PCCh, a répondu, laissant encore une certaine zone d'ombre.

 

Tellier défend la re-nationalisation du cuivre, une éducation 100 % publique, une réforme démocratique de la Constitution héritée de la dictature, une réforme fiscale progressive et promet de le faire « un pied dans les institutions, un pied dans les luttes » :

 

« Les communistes seront dans les mobilisations sociales, les marches syndicales, dans les actes de soutien au programme de gouvernement. Les communistes soutiendront les demandes du mouvement étudiant, des professeurs (…)

 

Mais c'est un processus. Le rapport de forces ne permet pas un changement radical en peu de temps (…) Il n'y a pas de dichotomie entre être au gouvernement et dans le mouvement social, c'est complémentaire, même si il y aura des contradictions.

 

Si il y a le rapport de forces, les conditions réelles, objectives, un chemin pour réaliser les revendications du mouvement étudiant, alors il faut les faire avancer. Nous entrons au gouvernement pour faire passer la réforme de l'éducation, pas pour faire les pompiers de service. »

 

 

Les propos du dirigeant du Parti communiste chilien ne dissipent pas tous les doutes, surtout si Bachelet ne tient pas ses promesses. Seul l'avenir nous dira l'évolution des contradictions, Mais sur le plan symbolique, le retour des communistes à la tête du Chili est à saluer !

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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 07:39

Sindicalistas asesinados ColombiaLibérez Francisco Toloza et tous les prisonniers politiques colombiens, solidarité avec la « Marcha patriotica » victime de la répression !

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

La Colombie est une sorte de miroir du pire du capitalisme mondialisé. Quiconque s'oppose à la privatisation du pays bradé aux intérêts américains ou européens, à la marchandisation de l'éducation et de la santé, se voit réduit au silence : par les balles ou dans les prisons.

 

La Colombie compte au minimum 9 500 prisonniers politiques. Pas un mot dans les médias français qui ont l'indignation sélective. Le dernier en date : Francisco Javier Toloza, 35 ans, professeur d'université, membre de la direction de la « Marcha patriotica ».

 

Francisco Tolosa n'a commis aucun délit si ce n'est celui d'exprimer son opinion, aucun crime si ce n'est celui de résister pacifiquement. Francisco est connu pour son engagement dans les luttes étudiantes, paysannes, contre l'ordre capitaliste, néo-libéral et fascisant, imposé en Colombie.

 

La « Marcha Patriotica », un mouvement de lutte pacifique criminalisé : 25 militants assassinés en 2013 !

 

d5470-cartaz-marcha-763510Qu'est-ce que la « Marcha patriotica » ? Un mouvement qui a choisi la voie pacifique pour résister et proposer une alternative, vers une « seconde indépendance », vis-à-vis de l'impérialisme nord-américain, ouvrant la voie à une société alternative, comme dans d'autres pays d'Amérique latine.

 

Son objectif concret, réaliser un programme de transformation sociale démocratique : la paix, donc la fin du conflit armé, mais avec l'instauration d'une vraie démocratie, reposant sur la justice sociale, en premier lieu une grande réforme agraire, la re-nationalisation des grands secteurs.

 

Ce « mouvement » porté notamment par le Parti communiste, soutenu par plusieurs centaines d'associations, en particulier rurales et paysannes, se veut une alternative au capitalisme sauvage colombien, par une autre voie que celle des guérillas.

 

Pourtant, le pouvoir politique colombien choisit la répression violente. Ce 4 janvier, Francisco Toloza a été arrêté mais on ne doit pas oublier que Hubert Ballesteros et Wilmar Madronero, deux cadres syndicaux nationaux de l'agro-alimentaire ont aussi été raflés ces derniers jours.

 

La prison pour intimider, mais le pouvoir colombien n'hésite pas à déléguer les sales besognes aux groupes para-militaires à la solde des latifundiaires, les gros propriétaires terriens. En 2013, 25 dirigeants de la « Marcha patriotica » ont été assassinés en Colombie.

 

Une politique d'extermination sociale : deux syndicalistes sur trois assassinés dans le monde sont colombiens

 

L'extermination de l'opposition sociale continue, prenant prétexte de la lutte contre la guérilla : en 2013, ce sont plus de 100 syndicalistes qui ont été assassinés en Colombie (64 % des syndicalistes tués dans le monde!), 2 800 dans la dernière décennie.

 

Rappelons que la dernière tentative pour sortir de la guerre civile fut l'intégration des ex-guérilleros des FARC dans l'Union patriotique (UP), en 1986. Celle-ci avait été noyée dans le sang par l'Etat colombien et les para-militaires conduisant à l'assassinat de 6 000 dirigeants politiques communistes, ancien guérilleros ou non, mais aussi syndicaux, associatifs.

 

Pourtant, malgré cette histoire inscrite dans le sang, les Etats-unis continuent de faire de l'Etat colombien, sous la direction de Santos, la tête de pont sur le continent contre les processus révolutionnaires progressistes.

 

Les traités de libre-échange avec les USA et l'UE : quand « la seule liberté de commerce se substitue à toutes les autres libertés ! »

 

Avec le Traité de Libre-échange USA-Colombie adopté en 2012, c'est l'agriculture colombienne qui serait détruite, la population réduite à la dépendance, le chômage, la misère. Le cas du Mexique avec l'ALENA est typique. En vingt ans, le pays compte 41 millions de pauvres … en plus !

 

La position européenne est encore plus hypocrite. L'UE a aussi proposé un traité de libre-échange avec la Colombie, qui vient d'entrer en vigueur, avec les mêmes conséquences sur l'industrie et l'agriculture colombiennes.

 

L'Union européenne prompte à dénoncer les violations des droits de l'Homme dans les pays qui résistent à la puissance « compétitive » de ses produits, se couche généralement là où le commerce florissant étouffe les cris des prisonniers politiques et des paysans dépouillés de leur terre.

 

Plus que jamais, comme le disait Marx, le capital « substitue aux nombreuses libertés, si chèrement conquises, l'unique et impitoyable liberté de commerce ».

 

 

Contre le néo-colonialisme américain, face à l'hypocrisie européenne, nous communistes français affirmons notre solidarité avec Francisco Toloza, Hubert Ballesteros et Wilmar Madronero et les 9 500 autres prisonniers politiques : nous nous battrons en France pour faire connaître la résistance et la lutte des camarades de la Marcha patriotica !

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 06:34

pemex2.jpg« Le vol du siècle » : le Mexique privatise son pétrole sous pression des multi-nationales américaines

 



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Pour apprécier le courage des processus révolutionnaires à Cuba, au Venezuela ou en Bolivie, il faut constater l'ampleur de la faillite dans des États sous domination impérialiste : parmi eux le Mexique, qui vient de privatiser le « joyau national », le pétrole.



Une « réforme énergétique » visant à « moderniser, restructurer la PEMEX (Pétroles du Mexique) » : derrière ce langage euphémique, le Mexique vient de faire passer ce 12 décembre la privatisation de sa ressource principale, le pétrole nationalisé en 1938.



Ce projet a été voté grâce à la collaboration entre le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) centriste du président Pena Nieto, le Parti d'action nationale (PAN), mais aussi de l'opposition officielle, le parti de centre-gauche de la Révolution démocratique (PRD).



Ce dernier a participé au programme « Pacte pour le Mexique » qui prévoit des réformes simultanées – « réforme de l'éducation », « réforme énergétique », « réforme du travail » - qui visent à baisser le coût du travail, précariser les salariés et ouvrir de nouveaux secteurs au profit.



Toutefois, la question du pétrole est la plus sensible à plus d'un titre.



D'abord, pour des raisons économiques, la PEMEX est un monopole public intégral dans le 8 ème producteur de pétrole au monde (devant l'Irak, le Nigeria, le Koweït).



Cette manne est source de toutes les convoitises, de la part des capitalistes mexicains comme des groupes pétroliers américains. Elle est aussi le pilier de l'Etat mexicain : 40 % du budget fédéral dépend des ressources du pétrole.



Ensuite, pour des raisons idéologiques. Pour les libéraux, le symbole est fort :privatiser PEMEX, c'est achever la privatisation de tout le pays, entamé dans les années 1980 sous tutelle du FMI.



Le président Cardenas, héritier de la révolution, a en 1938 nationalisé le pétrole, sous pression des luttes ouvrières, exproprié les entreprises britanniques et américaines et fait inscrire dans la Constitution que « les terres, eaux et ressources naturelles appartiennent à la nation ».



Avec l' « ouverture aux investissements étrangers », l’État concède des licences d'extraction, d'exploitation qui confient les ressources naturelles, en particulier les réserves d'avenir (eaux profondes, pétrole bitumineux), aux multi-nationales qui engrangeront les bénéfices.



L'argument fallacieux de la dette : bientôt la faillite de l'Etat mexicain  ?



Pour brader ce patrimoine national, les arguments les plus fallacieux ont été ressortis. Celui de la dette d'abord.



La PEMEX a une dette de 55 milliards de $. D'où vient cette dette  ? D'abord de l'imposition massive imposée par l'Etat sur la PEMEX, 55 % de ses revenus sont directement pompés par l'Etat.



Les marges de l'entreprise publique financent largement le budget de l'Etat, à hauteur de 40 %, en premier lieu les programmes sociaux, ce qui fait dépendre directement la stabilité de l’État, les aides sociales des dizaines de millions de pauvres que compte le pays, de la manne pétrolière.



La privatisation de la PEMEX menace de faillite l’Etat mexicain, ce qui permettrait l'adoption de thérapies de choc. Dans les années 1980, c'est sous la menace d'une banqueroute que le FMI avait pu imposer ses « plans d'ajustement structurel », dont la privatisation pionnière des télécoms.



La « face sombre » du système PEMEX, c'est la corruption généralisée dont les architectes ont été le PRI (au pouvoir pendant 70 ans) et le Syndicat des pétroliers … les deux forces qui impulsent désormais sa privatisation, contre les intérêts du peuple mexicain !



Face à la perte massive de revenus publics, les responsables gouvernementaux pointent une solution  : augmenter la TVA. L'impôt le plus injuste vient d'être unifié à 16 %, même pour les produits de base. La Banque du Mexique propose de l'augmenter à 17 %, d'autres à 23 %.



Le poids de la PEMEX dans le budget public s'explique aussi par un système fiscal injuste, offrant aux grandes entreprises – en particulier celles américaines qui délocalisent à la frontière, dans les maquiladoras – des avantages fiscaux exorbitants.



Selon la CEPAL (Commission économique pour l'Amérique latine), le montant des exonérations et privilèges fiscaux concernant les plus riches et les entreprises s'élève à 70 milliards de $, soit 6 % du PIB, ou encore un tiers du budget de l’Etat !



« Le vol du siècle »  ; un jackpot convoité par les multi-nationales, une pression américaine



« Le vol du siècle », le terme choisi par le politicien de centre-gauche Lopez Obrador est plutôt juste. Présentée comme moribonde, la PEMEX se porte très bien, elle a engrangé en 2012 128 milliards de $ de revenus, dont 52 milliards de bénéfices.



Présentée comme un géant inefficace, peu compétitif, en réalité la PEMEX est une des entreprises aux coûts de production les plus faibles au monde : 6,12 dollars par baril, contre 6,57 $ pour Total, 10 $ pour BP, 11 $ pour Shell, 14 $ pour Chevron.



Aujourd'hui, la PEMEX est la quatrième entreprise pétrolière au monde pour la production de brut, elle est la 13 ème entreprise du continent Américain, tous secteurs confondus, pour les revenus générés derrière Petrobras et 12 entreprises états-uniennes (Exxon, WalMart, Ford, HP …).



Le projet de privatisation du pétrole n'a pas mobilisé seulement les groupes capitalistes mexicains (dont celui du multi-millardaire Carlos Slim), les majors américaines – Exxon, Chevron – voient dans le Mexique un el dorado, la garantie de profits faciles.



Les Etats-unis ont été les pionniers de la privatisation, poussant à la signature en avril 2012 de l' «  Accord trans-frontalier  » pour l'exploitation des réserves au large du Golfe du Mexique, qui pour la première fois envisageait l'exploitation conjointe du pétrole entre PEMEX et majors américaines.



Un rapport capital rédigé en 2012 pour le Sénat américain insistait, pour la « sécurité énergétique des Etats-unis » sur l'importance de l'ouverture du Mexique aux « capitaux étrangers ».



Le Mexique, vingt ans après l'ALENA  : un pays plongé dans la misère



Trente ans après les premières « réformes structurelles » imposées par le FMI, vingt ans après l'Accord de libre-échange-ALENA avec les Etats-unis, le Mexique est plus que jamais un pays dépendant, colonisé, un pays ravagé par la misère, l'insécurité, les inégalités.



L'industrie mexicaine a été réduite à l'état de sous-traitant de l'économie américaine, de réserve de main d’œuvre bon marché pour les multi-nationales américaines. Les emplois créés dans les maquiladoras délocalisées compensent ceux perdus dans les industries traditionnelles.



Les salaires dans le secteur industriel ont baissé de 20 % entre 1994 et 2001, tandis que les conditions de travail se sont dégradées : hommes mais aussi femmes et enfants travaillent de 10 à 12 h par jour, dans des conditions d'hygiène et de travail dignes du XIX ème siècle.



L'agriculture mexicaine a été ravagée, avec des conséquences dramatiques pour la population des campagnes comme des villes. Depuis 1994, 5 millions d'emplois agricoles ont été perdus, des millions de paysans réduits à la misère.



Le Mexique, en auto-suffisance alimentaire jusqu'en 1994, est désormais dépendant de l'agriculture américaine à hauteur de 40 %. L'inflation endémique des prix alimentaires a conduit à des émeutes de la faim en 2007, après une augmentation de près de 100 % du prix de la « tortilla », aliment de base des Mexicains.



La conséquence directe de cette mutation économique, c'est l'explosion de la pauvreté. Le pays comptait 21 % de pauvres, soit 12 millions. Aujourd'hui ils sont quatre fois plus nombreux : 53 millions, soit 46 % de la population du pays.



Pour beaucoup de Mexicains, réduits à l'extrême misère, la seule alternative est l'exil  : dans les années 2000, on estime que 500 000 Mexicains émigraient chaque année aux États-Unis, clandestinement.



L'autre alternative, c'est la criminalité, le narco-trafic alimenté par la demande américaine. La «  guerre contre le narco-trafic  » a permis d'imposer la militarisation de l’État, et d'installer un climat de terreur  : depuis 2006, les conflits liés au narco-trafic ont fait entre 50 et 100 000 morts.



Pendant ce temps, la première fortune du pays, l'homme le plus riche du monde, Carlos Slim s’engraisse. Il s'était enrichi dans les années 1980 en rachetant les entreprises privatisées à vil prix, comme TelMex (télécoms), maintenant un monopole privé et faisant payer le prix fort aux usagers.



Assis sur 80 milliards de $, Slim empoche chaque jour 17 millions de $, soit autant que … 22 millions de Mexicains qui vivent avec moins de 1 $ par jour.



Une opposition populaire massive à cette politique mais pas d'alternative



La « réforme énergétique », le bradage du patrimoine national ne passent pas dans la population. Selon les enquêtes, entre 70 et 85 % de la population rejette le projet de privatisation du pétrole.



Si des manifestations ont été organisées au Mexique ces dernières semaines – notamment autour du Sénat au moment du vote – sous le mot d'ordre « la PEMEX n'est pas à vendre  ! », aucun mouvement d'ampleur n'a été lancé.



Le principal syndicat, le Syndicat des travailleurs du pétrole mexicain, a collaboré à la «  Réforme énergétique ». Proche du PRI – qui rappelons-le est membre de la sinistre Internationale socialiste – il est gangrené par la corruption, habitué à la co-gestion.



Du côté des partis parlementaires, si le PRD (parti social-démocrate) a exprimé son opposition au Parlement, il a participé au pilotage de la « Réforme énergétique » et ne proteste que pour se doter d'un soutien électoral, face à un projet massivement refusé par la population.



Le peuple mexicain est privé de toute alternative, de toute organisation de classe, révolutionnaire. Le Parti communiste du Mexique, combatif, essaie de reconstruire un mouvement porteur d'alternative. Il a exprimé son opposition ferme à la «  réforme énergétique  »  :



«  Les communistes défendent la souveraineté sur les ressources naturelles du Mexique, nous nous opposons au fait de confier leur exploitation aux monopoles nationaux ou internationaux (…) et nous battons pour une socialisation de l'industrie pétrolière et électrique  ».



Pendant qu'en Bolivie, au Vénézuela, le peuple se réapproprie ses ressources naturelles face à la rapacité des multi-nationales et engage un processus de transition vers le socialisme, le Mexique ou la Colombie s'enfoncent dans un capitalisme dépendant, dans la privatisation des ressources.



 

Les pays qui s'engagent vers le socialisme font reculer la pauvreté, ceux qui choisissent le capitalisme connaissent misère, violences et émigration : quel camp choisissez-vous ?

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 07:18

petro quedaEn Colombie, le pouvoir destitue le maire progressiste de Bogota ... pour avoir « dé-privatisé » le ramassage d'ordures!

 

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Il y a des dictatures dont nos médias aiment parler, et celles qu'elles préfèrent taire. La Colombie en fait partie, un pays où on tue syndicalistes, journalistes, opposants. Où un État corrompu peut destituer le maire de la principale ville du pays sur ordre du procureur.


 

« Un coup d'Etat », le mot a été lancé par le maire de Bogota, Gustavo Petro, élu pourtant par les Bogotanosen 2011, mais destitué et condamné à 15 ans d'inéligibilité ce 9 décembre par le Procureur général de la nation, Alejandro Ordoñez.


 

Un « assassinat politique »

 

 

On peut dire « assassinat politique », car cette décision pilotée par le pouvoir central vise à mettre un coup d'arrêt à la politique modérément progressiste menée à Bogota, et surtout priver l' « opposition » d'un chef de file de plus en plus populaire, en vue des présidentielles de 2018.


 

En Colombie, les assassinats politiques se règlent en général à coups de balle.

 

 

Ce fut le cas pour Jorge Gaitan en 1948, lui qui aurait pu faire basculer la Colombie sur la voie du socialisme, assassiné sans doute sur ordre de la CIA, le point de départ de « La Violencia », une guerre civile meurtrière dont les guérillas actuelles sont les héritières.

 

 

Ce fut aussi le cas pour les 5 000 militants communistes et syndicalistes assassinés en 1986 dans le « génocide » de l'Union patriotique(UP), ce parti fondé après les accords de paix entre les FARC et le gouvernement.

 

 

Désormais, par le pouvoir suprême concentré par le Procureur général – fonction quasi dictatoriale, qui permet la révocation de tout dignitaire élu ou non –, les assassinats se font à coups de mandats.

 

 

On pense à la sénatrice Piedad Cordoba, femme de paix immensément populaire, destituée en 2010 pour avoir servi d'intermédaire avec les FARC. On pense au maire indigène progressiste de Medellin, Alonso Salazar, lui aussi destitué en 2011.

 

 

En tout, le Procureur général Alejandro Ordoñez – connu pour ses positions religieuses fondamentalistes (« lefebvristes ») et anti-communistes – a destitué plus de 800 maires en quatre ans, visant avant tout les édiles de gauche.

 

 

Pourtant, Gustavo Petro n'est pas un révolutionnaire. L'ancien guérillero du mouvement M-19 avait même fait le pari de l'intelligence de l'oligarchie colombienne, misant sur ses supposés « courants démocratiques ».

 

 

Petro participe ainsi à la normalisation politique de la guérilla – devenu parti politique – se fait élire deux fois députés entre 1991 et 2006, avant de rejoindre le « Pôle démocratique alternatif » (PDA), cette alliance de gauche réunissant notamment le Parti communiste.

 

 

Toutefois, en 2010, après un mandat de sénateur, il quitte le PDA, s'en prend aux « radicaux », « orthodoxes », notamment communistes qui ne veulent pas d'une gauche « moderne », « responsable », ouverte au rassemblement avec le centre.

 

 

Il adhère alors au parti centriste « Mouvement progressiste » et parvient à se faire élire en 2011 maire de Bogota, sur un programme social relativement modéré, sous le slogan : « Bogota humaine ». Alors que lui reproche l' « oligarchie » ?

 

Des « réformes » inacceptables pour l'oligarchie

 

 

Dans un pays où toute politique de gauche, progressiste est suspecte, dans une ville touchée par des inégalités énormes – ne serait-ce que dans l'accès aux services fondamentaux – les petites réformes de Petro ont soulevé un grand espoir.


 

D'abord, en facilitant l'accès des services d'utilité publique aux populations modestes : en baissant les tarifs des transports, en élargissant l'accès à l'eau potable pour les quartiers les plus démunis.

 

 

Ensuite, et ce fut un acte de guerre pour l'oligarchie colombienne : en revenant sur la privatisation datant d'il y a une décennie des réseaux de collecte d'ordures, qui avait renforcé les inégalités entre quartiers mais aussi favorisé une gestion anarchique et clientéliste.

 

 

Les entreprises privées engrangeaient des profits maximums, privilégiant les quartiers de classes moyennes et aisées, sous-payant le personnel et sous-traitant la collecte à des garçons des rues.

 

 

C'est à ce trafic malsain que Petro mit fin en retirant les concessions des entreprises privées, et en engageant un processus de « re-municipalisation »de la collecte des déchets, tout en lançant le programme « Basuras cero » pour favoriser le recyclage des ordures.

 

 

La décision mit le feu aux poudres, les entreprises privées sabotant le processus– payant leurs clients sous-traitants habituels pour créer la panique dans le réseau, laissant s’amonceler les poubelles dans la ville pendant plusieurs jours, pour susciter un mécontentement populaire,

 

 

Dans le même temps, Ordoñez lançait la procédure de destitution sous prétexte que la décision du maire « était contraire aux principes de libre concurrence »reconnus par la Constitution.


 

Une « révolution démocratique » face au « coup d'Etat fasciste » : la fin des illusions pour le maire de Bogota

 

 

Gustavo Petro a réagi ce 9 décembre a dénoncé devant près de 30 000 manifestants sur la place de Bolivar, un « coup d'Etat fasciste »et a appelé à « commencer une révolution pacifique et démocratique ».


 

Le maire de Bogota a appelé à continuer les manifestations sur la place de Bolivar, pour en faire « une nouvelle Tahrir »et surtout à continuer dans le processus de paix entre FARC et gouvernement malgré « ce message de guerre contre le processus ».

 

 

Avec résolution, Petro a conclu : « Nous devons être conscients de ce qui commence aujourd'hui sur cette place, c'est le début d'une mobilisation populaire. C'est le premier jour, qui en annonce beaucoup d'autres. Nous sommes nombreux aujourd'hui, nous serons plus nombreux demain ».

 

 

Le ton conciliant de Petro envers l'oligarchie,les espoirs d'une « humanisation » de la gestion de la ville et du pays s'étiolent, pendant que la lutte de classes s'aiguise.

 

 

Ironie de l'histoire, faut-il rappeler qu'en 2008 le sénateur Gustavo Petro avait voté l'investiture du Procureur ultra-conservateur Alejandro Ordonez, voyant en lui « quelqu'un capable d'affronter les mafias et les pouvoirs corrompus ». Que d'illusions réformatrices volent en éclats !

 

 

Du côté du Parti communiste colombien (PCC), les rancœurs passées sont mises de côté, on souligne les « réformes progressistes de déprivatisation, d'intervention face aux excès des promoteurs immobiliers »malgré les « improvisations »du maire.

 

 

On fait remarquer que c'est « un crime de lutter pour la dé-privatisation des services publics » et le PCC appelle donc à « la mobilisation populaire, au rassemblement le plus large pour faire barrage à la décision du Procureur, pour exiger le respect de la légitimité citoyenne ».

 

 

 

« Petro no se va, Petro se queda ! » (Petro ne s'en va, il reste!), le mot d'ordre des manifestants révèlent que le respect de la démocratie, la conquête d'une paix avec justice sociale passe d'abord par la lutte déterminée dans la rue contre un pouvoir corrompu.

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 06:54

0125evo articleCadeau de fin d'année pour les travailleurs boliviens : un 13 ème mois de salaire accordé par le président Evo Morales !



Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Au moment où en Europe les gouvernements « sociaux-démocrates » baissent les salaires, en Amérique latine, les gouvernements progressistes, comme celui d'Evo Morales en Bolivie, choisissent de frapper le capital et d'augmenter les salaires.



Ce sera le cadeau de fin d'année du président bolivien pour les salariés du public et du privé : une prime équivalente à un mois de salaire (un « 13 ème mois ») annoncée mercredi dernier avec le Décret suprême 1802.



On devrait même plutôt parle d'un 14 ème mois, puisque la loi prévoit déjà que les salariés boliviens voient leur salaire doubler au mois de décembre, si la croissance est supérieure à 4,5 %, ce qui sera le cas cette année puisqu'on attend une croissance de 6,7 %.



Une mesure de justice sociale rendue possible par une transformation sociale radicale



Pour le président Evo Morales, leader du Mouvement vers le socialisme (MAS), c'est une mesure de justice sociale : « L'économie se porte bien, la croissance du pays doit revenir aux travailleurs avec cette double prime de Noel », a-t-il dit lors d'une rencontre avec les dirigeants syndicaux.



Cette politique de cadeaux aux salariés est aussi rendue possible par la politique de transformation de l'économie, reposant sur la nationalisation des secteurs-clés – télécoms, réseau électrique – et la renégociation favorable au pays des accords d'extraction du gaz naturel avec les multi-nationales.



C'est cette reprise en main de l'économie par la collectivité qui permet de tirer bénéfice des exportations records en 2012, avec 12 milliards de $ : « Autrefois, les richesses étaient privatisées, la pauvreté socialisée. Notre politique consiste à réduire l'écart entre les riches et les pauvres ».



Cette mesure, naturellement, a ses soutiens et ses détracteurs.



La centrale ouvrière bolivienne derrière Morales



Du côté des soutiens, sans surprise, on retrouve la centrale syndicale de la Centrale ouvrière bolivienne (COB) – pourtant souvent critique envers le gouvernement – qui a salué cette mesure :



« C'est une mesure positive, à saluer. Nous la saluons et la soutenons, on verra les résultats », déclare le secrétaire-général de la COB Juan Carlos Trujillo. « Il n'y a pas de raisons que les patrons licencient les travailleurs, car ils réalisent beaucoup de profits ».



Les dirigeants de la COB, qui ont un moment pensé soutenir une candidature indépendante du dit Parti des travailleurs (PT) aux contours incertains, ont annoncé il y a quelques jours qu'ils soutiendraient finalement le président Evo Morales.



Pour les communistes : « une victoire du travail face au capital »



Le Parti communiste bolivien (PCB) a également soutenu cette mesure soulignant qu'il « s'agit d'une victoire du face au capital » et d'une mesure qui entre « dans l'approfondissement du processus de transformation ».



Mais ce processus doit aussi passer « par un rôle actif des travailleurs des villes et des champs, un approfondissement des mesures sociales et politiques, pour lui donner un cap véritablement socialiste. »



Cette mesure devrait encore renforcer la popularité du président Evo Morales, qui bénéficie du soutien de 60 % de la population, d'après un sondage réalisé en octobre, un an avant les élections présidentielles.



Le patronat furieux contre Morales, derrière l'opposition de droite



Par contre, sans plus de surprise, la mesure a été violemment critiquée par la Confédération des entrepreneurs privés de Bolivie qui y voit un « signal terrible pour les investisseurs » et une augmentation « très grave, qui n'avait pas du tout été budgétée par les entreprises ».



A la tête de la fronde contre cette augmentation de salaire, l'opposant numéro 1 d'Evo Morales, le candidat de la coalition de droite « Union nationale », Samuel Doria Medina, lui-même grand patron de l'industrie du ciment.



 

La lutte de classes est aiguë en Bolivie, mais les travailleurs peuvent compter – avec ses contradictions et les limites d'un processus de transition vers le socialisme loin d'être achevé – sur un président qui prend le parti des travailleurs contre le capital bolivien et international.

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Amérique Latine
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