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    Le site Solidarité Internationale PCF publie des traductions de déclaration, des communiqués, des articles théoriques et d'actualité provenant de partis communistes du monde entier ainsi que des analyses françaises sur le mouvement communiste international et la politique étrangère de la France. La ligne éditoriale du site suit les positions du Réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (site http://vivelepcf.fr/) qui refuse la dérive réformiste du PCF suivant le PGE. Notre site s'efforce de faire vivre la conception de la solidarité internationale portée historiquement par le PCF.

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 05:23

Brasil-de-Fato-Manifestacao-Professores-7-10-2013.gifDeuxième mois de grève des enseignants à Rio : 50 000 manifestants dans la rue pour défendre une éducation publique ravagée

 

Article AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Les manifestations de juin ont été l'étincelle d'une explosion de colère généralisée contre la gestion loyale et cynique des intérêts du capital par le Parti travailliste de Lula puis Dilma. Désormais, au tour des enseignants de refuser ce système inégalitaire et clientéliste.

 

Les médias français ont préféré retenir de la manifestation massive du 7 octobre, à Rio de Janeiro, les échauffourées entre provocateurs « Black blocks » et forces de police, destinées à effrayer le badaud et à discréditer le mouvement.

 

Pourtant, 50 000 enseignants avaient répondu à l'appel lancé par le seul Syndicat de l’État de Rio des professeurs (SEPE). La manifestation a également reçu le soutien des enseignants d'autres villes et Etats du pays qui ont défilé, notamment à Sao Paulo.

 

Cette démonstration de force marque le point d'orgue de deux mois d'une grève lancée le 8 août dernier contre le « Plan d'emplois et de salaires » proposé par la municipalité et l’État de Rio de Janeiro. A l'heure actuelle, la grève est encore suivie par 80 à 90% des personnels de l’État.

 

Ce plan prévoit une série de mesures présentées de façon cynique comme un progrès pour la condition désastreuse des enseignants au Brésil : une revalorisation salariale de 8 % pour tout enseignant qui s'acquittera de 40 heures par semaine effectives.

 

Or, seuls 7% des professeurs des écoles et collèges publics de l’État effectuent actuellement ce service de 40 h. De deux choses l'une : soit cette revalorisation ne concerne qu'une infime minorité, soit elle suppose l'alignement de tous les profs sur les 40 h par semaine .. en classe.

 

Le but premier est donc de faire travailler plus les enseignants, en classe ou dans l'établissement, avec un salaire toujours modique. Selon les chiffres du Ministère, à Rio, le salaire moyen s’élèverait à 750 € par mois.

 

Selon le syndicat, il est au moins 2 fois inférieur. Pour un professeur sur deux, au niveau fédéral, il est à peine au-dessus du SMIC … lui-même fixé à 200 €. Le SEPE évoque, pour Rio, l'absence d'augmentation du salaire réel depuis 21 ans.

 

En parallèle, cette réforme de l'emploi et de la rémunération prévoit deux mesures de libéralisation : l'introduction de la polyvalence des enseignants et l'ajustement des salaires au « mérite », deux remises en cause supplémentaires de la qualification et de l'égalité dans la profession.

 

Face aux allégations de « corporatisme » rependues dans la presse brésilienne, les professeurs ont tenu à souligner que leurs revendications allaient au-delà du salaire : elles portent sur la défense même de l'éducation publique contre l'achèvement de sa privatisation.

 

La faillite de l'éducation privatisée au Brésil

 

Le système éducatif brésilien, largement défaillant, est un héritage d'une longue histoire construite sur l'absence d'un service public national fort de l'éducation, sur une décentralisation auprès des entités fédérées, des municipalités, de privatisation au profit des Églises et entrepreneurs privés.

 

Cette tradition remonte pour grande partie à la période de la dictature militaire, entre 1964 et 1985. La présidence Lula à partir de 2002 puis Dilma n'a pas inversé ce processus, elle l'a géré et aggravé.

 

Concrètement, l'éducation primaire et secondaire publique au Brésil est largement de la responsabilité des municipalités, et des États fédérés (régions). Dans un système gangrené par la corruption et le clientélisme, l'éducation publique est perçue comme un coût.

 

Sous-financée, sous-équipée, avec des profs sous-formés et sous-payés, de fait, l'éducation publique a cédé face à un système à deux vitesses. La concurrence du privé conduisant mécaniquement à un cercle vicieux de dévalorisation du secteur public.

 

D'un côté, une éducation privée, généralement de qualité, attirant les meilleurs professeurs, bénéficiant des meilleurs équipements, concentrant les élèves des classes supérieures, au prix de frais d'inscription pouvant aller de 200 € (le salaire minimum!) à 800 € par mois !

 

De l'autre, une éducation publique, de qualité inégale mais globalement médiocre, attirant des professeurs démotivés, dépassés, dans des locaux dégradés et concentrant les problèmes sociaux et l'échec scolaire des classes défavorisées, comme celles des « favelas » de Rio.

 

Ce système biaisé grave dans le marbre l'inégalité scolaire qui se perpétue pour l'entrée au supérieur. Seul le privé prépare aux examens ultra-sélectifs (« vestibular ») pour l'entrée dans les meilleures universités … publiques du pays, les prestigieuses universités d’État.

 

Pour ceux que l'éducation publique n'aura pas déjà poussé au décrochage, la seule alternative reste les universités … privées, souvent à but lucratif, promettant ascension sociale contre frais exorbitants mais n'offrant finalement qu'une éducation au rabais sans perspective.

 

Ces universités accueillent actuellement 75% des étudiants du supérieur, elles ont absorbé 3 des 3,5 millions de nouveaux étudiants que compte le Brésil depuis 2000.

 

Le gouvernement Lula a même adopté de façon spécieuse un système de bourses dit Pro-Uni pour permettre aux enfants de milieux pauvres d'accéder aux universités publiques.. Il s'agit de fait d'un financement déguisé des universités privés, un encouragement à leur expansion au Brésil.

 

Les résultats pour le Brésil sont catastrophiques. Selon l'UNESCO, dans son rapport sur l'éducation mondiale de 2010, le Brésil se classe à la 88 ème place sur 128 pays pour son éducation. A titre de comparaison, Cuba socialiste se place au 14 ème rang.

 

Révélateur de la faillite de ce système privatisé, outre le nombre encore élevé d'analphabètes de plus de 15 ans – 14 millions, soit 10% de la population – un quart des Brésiliens sont dans les faits incapables de lire ou écrire. Le Brésil touche le fond dans les tests de science ou de langue.

 

Les taux de redoublement, d'abandon atteignent des records, même pour l'Amérique latine : un élève sur cinq redouble, un élève sur deux ne va pas au bout de sa scolarité obligatoire.

 

Le malaise est profond dans la société brésilienne. Les grandes manifestations de juin dernier en avaient été l'illustration. La grève historique des personnels de l'enseignement supérieur, en août 2012, en était un autre signal alarmant.

 

Pour nous, en France, outre note nécessaire solidarité internationaliste, c'est une mise en garde contre la tentation toujours présente de favoriser la décentralisation, l'autonomie des établissements de l'éducation, la polyvalence et la flexibilisation des personnels : cheval de Troie de la privatisation, remise en cause de l'accès universel à l'éducation.

 

 

 

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21 juillet 2013 7 21 /07 /juillet /2013 06:03

evo.jpgDéclaration de solidarité avec le président Evo Morales et le peuple bolivien

 

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Face aux décisions des gouvernements du Portugal, d'Espagne, de France et d'Italie d'empêcher le survol et l'atterrissage de l'avion de l’État de Bolivie dans lequel se trouvait le président de la Bolivie, Evo Morales, de retour de sa visite en Russie, les partis et organisations sous-signées:

 

1 – Condamnent, dans les termes les plus fermes, les décisions des gouvernements mentionnés précédemment et exigent que des excuses publiques soient faites au président Evo Morales et à l'Etat pluri-national de Bolivie. Il s'agit d'agissements coordonnés allant contre les principes les plus élémentaires du droit et des conventions internationales, constituant une remise en cause de la sécurité et de la vie du président Evo Morales.

 

2 – Estiment que cette action, sans précédent en temps de paix en Europe, est encore plus grave qu'elle est clairement liée à la tentative de la part du gouvernement des États-Unis de poursuivre un ancien agent de la Sécurité nationale des États-Unis, qui a confirmé l'existence d'un réseau international d'espionnage massif, et de violer les droits les plus fondamentaux, les libertés et les garanties des peuples, ainsi que la souveraineté des États.

 

3 – Exigent que les gouvernements du Portugal, d'Espagne, de France et d'Italie s'expliquent publiquement sur les contours de ces décisions, tant elles représentant un acte illégal et que, du point de vue du droit international, on peut même l'intégrer à la définition du terrorisme d’État.

 

4 – Condamnent la complicité de l'Union européenne avec ces actes illégaux, révélant une fois de plus sa véritable nature, ses politiques et sa soumission dans le cadre de l'OTAN.

 

5 – Exigent une condamnation claire et sans équivoque de la part des organes compétents des Nations unies de ces décisions.

 

6 – Saluant les États et les organisations multi-latérales et internationales qui ont déjà condamné de tels agissements, appellent le peuple de Bolivie, les peuples des pays mentionnés précédemment et les autres peuples du monde, particulièrement en Amérique latine, à exprimer, sous diverses formes, leur condamnation et leur rejet de cet affront gravissime fait au président Evo Morales, à la souveraineté de la Bolivie et aux autres peuples touchés par cette décision, ainsi qu'aux droits nationaux, à la démocratie et à la liberté des peuples.

 

7 – Expriment leur solidarité avec les peuples du Portugal, d'Espagne, d'Italie et de France, qui dans leurs pays luttent contre les politiques d'exploitation, d'oppression, de capitulation nationale et de soumission aux intérêts de l'impérialisme.

 

8 – Réaffirment leur engagement à poursuivre et intensifier la solidarité internationale avec toutes les forces qui, dans les parties les plus diverses du monde, continuent de lutter contre la stratégie belliciste, d'ingérence, autoritaire et portant atteinte aux droits sociaux, syndicaux, démocratiques et nationaux des peuples que l'impérialisme intensifie dans un contexte d'approfondissement de la crise du capitalisme.

 

Alternative Nouvelle nation (Guatemala)

Nouveau parti communiste britannique

Nouveau parti communiste de Yougoslavie

Parti algérien pour la démocratie et le socialisme

Parti communiste allemand

Parti communiste brésilien

Parti communiste britannique

Parti communiste d'Afrique du sud

Parti communiste de Bohême-Moravie

Parti communiste de Bolivie

Parti communiste du Danemark

Parti communiste de la Fédération russe

Parti communiste de Grèce

Parti communiste d'Inde

Parti communiste d'Inde (marxiste)

Parti communiste d'Irlande

Parti communiste de Turquie

Parti communiste de Cuba

Parti communiste d'Espagne

Parti communiste du Brésil

Parti communiste du Chili

Parti communiste du Mexique

Parti communiste du Pakistan

Parti communiste des peuples d'Espagne

Parti communiste libanais

Parti communiste au Danemark

Parti communiste portugais

Parti communiste unifié de Géorgie

Parti de la Refondation communiste (Italie)

Parti du peuple (Panama)

Parti du travail de Belgique

Parti des communistes italiens

Parti des travailleurs d'Irlande

Parti ouvrier hongrois

AKEL (Chypre)

Parti Tudeh (Iran)

Réseau des communistes (Italie)

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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 07:38

alba01.jpgLes pays d'Amérique latine membres de l'ALBA condamnent l'attaque européenne contre Evo Morales



Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Les États membres de l'Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique (ALBA) *, ont publié ce mardi un communiqué dans lequel ils expriment leur rejet de la violation des droits internationaux du gouvernement de Bolivie, après que la France, le Portugal, l'Espagne et l'Italie ont empêché le survol et l'atterrissage de l'avion qui transportait le président Evo Morales de retour au pays, après avoir participé au II nd Sommet des pays exportateurs de gaz, en Russie.



Suit le texte intégral du communiqué:

 

 

Nous, pays de l'Alliance bolivarienne pour les peuples de Notre Amérique (ALBA), exprimons notre solidarité avec le Président de l'Etat pluri-national de Bolivie, Evo Morales, face à ce que nous estimons être une flagrante discrimination et menace à l'immunité diplomatique d'un Chef d'Etat, commise par les gouvernements de France, du Portugal, d'Espagne et d'Italie, en ne permettant pas le survol ni l'atterrissage de l'avion qui le transportait depuis Moscou, après avoir participé au II nd Sommet des pays exportateurs de gaz, sur la base de raisons infondées.

 

Cette grave situation, imputable à l'impérialisme américain et ses alliés européens, a mis en péril la vie de notre frère le Président Morales et ceux qui l'accompagnaient, en forçant un atterrissage d'urgence en Autriche de l'avion officiel qui le transportait, sur la seule présomption qu'il y aurait à bord de l'avion, le citoyen états-unien Edward Snowden, qui est actuellement poursuivi par son gouvernement pour avoir dévoilé la plus grande opération d'espionnage connue au monde jusqu'à présent, ce qui s'est révélé être une présomption totalement fausse.

 

En tant qu'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), nous appelons les nations impliquées dans cette situation regrettable de ne pas persévérer dans ces pratiques et de régler quelque différend que ce soit par la voie diplomatique prévue par le Droit international.

 

Nous espérons que notre frère, le président Evo Morales, pourra retourner sans autre contre-temps vers notre bien-aimée Bolivie.

 

* Les Etats-membres de l'ALBA sont :

 

Antigua et Barbuda

Bolivie

Cuba

Dominique

Équateur

Nicaragua

Saint-Vincent-et-les-Grenadines

Venezuela

 

 

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 11:14

pcbUn front anti-capitaliste pour avancer, un front anti-fasciste pour ne pas reculer

Communiqué du Parti communiste brésilien (PCB)



Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/



Le parti-pris des gouvernements du PT de l'institutionnalisme bourgeois et du « néo-développementalisme » capitaliste est le principal responsable de l'explosion d'indignation de couches hétérogènes de la société brésilienne.



Le parti-pris d'alliances avec la droite pour s'assurer de la gouvernance du pays fait du gouvernement l'otage de ces forces conservatrices, conduisant à ce que, en dix ans, pas la moindre mesure ne serait-ce que de nature socialisante ne fût prise. Au contraire, la fraction PT du gouvernement fut à l'avant-garde de mesures de nature anti-populaire, contre les travailleurs.



Les résultats en sont le retour des privatisations à grande échelle, la réforme des retraites et l'obligation d'une retraite complémentaire pour les fonctionnaires (FUNPRESP), la généralisation des partenariats public-privés, la concession de nos réserves de pétrole, le choix de l'agro-business – au détriment de la réforme agraire et de l'agriculture familiale –, pour le système financier et les grandes monopoles, les exonérations fiscales pour le capital et la précarisation du travail (créant plus d'emplois mais de moindre qualité), la politique d'austérité budgétaire conduisant à l'abandon des services publics, l'endettement croissant des familles, l'absence de perspective pour la jeunesse, le discrédit de la politique et des partis politiques.



En dix années de gouvernement, à aucun moment les travailleurs ne furent appelés à agir de façon indépendante et autonome pour changer le rapport de forces en faveur de mesures de nature populaire et pour la défense de leurs droits, pourtant attaqués par l'offensive du capital et par la contre-réforme de l'Etat, sous direction du PT, qui a imposé la cooptation et l'apathie de la majorité des mouvements sociaux.



A un peu plus d'un an de la fin du gouvernement Dilma, et après avoir perdu contact avec la rue en échange de places dans les bureaux, nous voyons l'effort tardif et désespéré des groupes qui le soutiennent, brandissant à la hâte de timides bannières réformistes abandonnées dès le premier mandat de Lula. Cet effort s’effectue désormais dans une conjoncture défavorable pour rompre l'alliance avec la droite modérée et dépasser la politique économique de la continuité néo-libérale.



Le mouvement de rue, qui a commencé sous initiative populaire, est aujourd'hui tiraillé, la droite essayant de récupérer et folkloriser le mouvement, le canalisant vers ses objectifs ; c'est une tactique récurrente des classes dominantes, qui récupèrent les mouvements lancés par la gauche pour les mener vers un pacte entre élites, ce fut le cas des « Diretas Ja ! » [NdT : « des élections maintenant », les grandes manifestations de 1984 contre la dictature militaire] et de « Fora Collor » [NdT : « Collor, dégage », les grandes manifestations de 1992 contre le président de droite Fernando Collor, trempé dans de grands scandales de corruption].



S'appuyant sur la légitime indignation de la population vis-à-vis de ce gouvernement, les partis de leur base de soutien et les autres partis de l'ordre, qui manipulent les demandes populaires et des travailleurs à des fins électorales, pour ensuite tourner le dos à leurs revendications, la droite la plus idéologique et réactionnaire, qui ne fut pas intégrée à la machine gouvernementale PT, se travestissent en mouvement anti-parti et joue avec les masses désorganisées et aliénées par les médias contre la gauche socialiste, attisant le désordre pour, par la suite, exiger l'ordre.



Il s'agit de porter dans la rue la vraie gauche et ses propositions révolutionnaires pour, ainsi, s'emparer de la force des manifestations et ne pas avoir le contre-point organisé et populaire d'aventures déstabilisatrices, qui comptent sur le soutien logistique et la bienveillance de leurs collègues en uniforme pendant leur service.



En ce moment, l'hégémonie du mouvement se trouve dans le camp moraliste, anti-parti et populiste (nacionaleiro) de la classe moyenne, avec des mots d'ordres vagues et sectoriels. S'ajoute à cela la compréhensible explosion des couches de la population rendus jusque-là invisibles par le discours d'auto-glorification chauvine (ufanismo) du gouvernement : des individus qui, dans leur majorité, viennent de quartiers ouvriers, las des accrochages avec la police. Ils se servent du désordre pour prendre possession des biens de consommation qu'ils convoitent dans les publicités, mais qu'ils ne peuvent acheter.



Les forces fascistes, réduites en nombre, mais avec le soutien des grands médias à leur discours chauvin et anti-parti, profitent de cette tendance pour tenter de conduire le mouvement vers une certaine forme de coup d'Etat institutionnel « de masses » et dans le cadre de l'ordre légal, laissé intact par les gouvernements PT. Comme les coups d'Etat avec les tanks dans la rue ne sont plus d'actualité, ils pourront s'essayer soit aux menées putschistes au parlement ou dans les tribunaux, soit d'accumuler des forces pour gagner les élections de 2014.



Ce qui peut interpeller, c'est la facilité avec laquelle les participants aux manifestations, aucun d'entre eux membres d'organisations de gauche, ont attaqué et occupé symboliquement l'Assemblée législatives de Rio de Janeiro et, à Brasilia, le Palais Itamaraty et la coupole du Congrès national. Ces affrontements se produisent, dans la majorité des cas, entre la police en uniforme et la police en civil, y compris les groupes para-militaires et organisations fascistes.



D'ores et déjà, les organisations de droite appellent à se rassembler autour de la lutte contre la corruption et pour la restauration de l'ordre, rompu par le désordre qu'ils ont eux-mêmes provoqué. Il est nécessaire de rappeler que la corruption est inhérente au capitalisme et que, ironiquement, le drapeau de la « lutte contre la corruption » avait déjà servi à la droite pour l'élection de Fernando Collor et à la fausse gauche dans les vieux discours du PT.



Les secteurs de masse qui ont manifesté une hostilité envers les partis de gauche ne perçoivent pas la différence entre ces organisations et les partis sans visage qui les mènent et qui devraient être l'objet de la révolte populaire, ceux qui agressent physiquement les partis de gauche sont les para-militaires, et non les manifestants.



L'hostilité contre les partis de gauche est renforcée également par la profonde dépolitisation et le conservatisme d'un nouveau sens commun qui, tout en se soulevant contre les effets les plus évidents de l'ordre capitaliste en crise, se montre incapable de voir les déterminations les plus profondes de cette crise, liés au fonctionnement même du système. Le sens commun conservateur empêche que l'on perçoive l'actualité et la nécessité d'une lutte anti-capitaliste qui donne le cap d'une alternative socialiste et révolutionnaire, faisant en sorte que les personnes tombent dans le mouvement pour le mouvement, sans horizons définis, ce qui a conduit à une impasse les manifestations similaires des indignés en Europe ou Occupy aux Etats-unis.



L' « œuf du serpent » acquiert de la visibilité. Derrière ce mouvement, se trouvent également des militaires de droite mécontents du cap de la Commission Vérité, l'Opus Dei préoccupée de l'avènement du nouveau pape et un conservatisme religieux qui désire profiter de la situation pour revenir sur les acquis des luttes contre les discriminations.



Cette droite est si conservatrice et pro-impérialiste qu'elle n'accepte ni d'envoyer au gouvernement des forces réformistes qui agissent à leur service, mettant leurs compétences au profit d'agents suscitant l'apathie des travailleurs. Il peut y avoir, par conséquent, des divergences au sein des classes dominantes entre ceux qui, avec lucidité, se sentent à l'aise avec les gouvernements PT et ceux qui veulent prendre le pouvoir, à leur propre compte.



Les forces de droite peuvent tirer profit de la conjoncture défavorable née en Amérique latine après la mort de Chavez, des liens entre Colombie et OTAN, du coup d'Etat au Paraguay, tout comme de la vague de manifestations très différentes qui déferlent sur le monde, pour en finir avec le soutien au réformisme et pour prendre le pouvoir directement, afin de restreindre encore plus la déjà restreinte démocratie bourgeoise et imposer la barbarie d'un capitalisme sans intermédiaires ni politiques compensatoires, intensifiant l'exploitation capitaliste.



Avec l'aggravation de la crise du capitalisme, l'impérialisme peut chercher à se détacher de l'alliance tacite avec les réformistes et en finir avec la co-existence jusqu'alors consentie. Ce n'est pas un hasard si la nouvelle ambassadrice nord-américaine nommée au Brésil est liée au sionisme, à l'USAID et au Pentagone, qu'elle fut ambassadrice au Nicaragua pendant la lutte contre les sandinistes, en Colombie au cœur de l'offensive d'Uribe contre la rébellion et le mouvement populaire, et en Bolivie pendant la tentative séparatiste et de déstabilisation du gouvernement Evo Morales.



Il faut que le mouvement à partir de maintenant sépare les actes convoqués par le camp populaire et ceux convoqués par la droite, de préférence dans des espaces, des dates et des trajets différents. Les fronts avec les forces populaires et de la gauche socialiste devront être forgés dans la lutte et en articulation à partir d'espaces communs de lutte, dans les communes et les régions, comme condition pour de possibles convergences unitaires nationales.



Le PCB réaffirme sa ligne stratégique basée sur la caractère socialiste de la révolution brésilienne et son opposition de gauche au gouvernement PT qui n'est même plus réformiste, mais otage de la droite et au service du capital. Face aux attaques des secteurs putschistes les plus à droite, serrons les rangs au côté des travailleurs contre notre ennemi commun.



Nous n'apporterons aucun soutien à quelque tentative que ce soit de sauver le gouvernement Dilma et réaffirmons qu'il porte une lourde responsabilité dans l'existence des manifestations et leur glissage vers la droite, étant donné que le gouvernement ne s'est penché à aucun moment sur un véritable changement par rapport à sa politique d'alliance avec la bourgeoisie. Au contraire, on voit se renforcer les appels à l' « ordre » et au « calme » et la proposition d' « union nationale » a été lancé, avec la convocation d'une réunion avec les gouverneurs et les préfets, des initiatives gouvernementales qui ne visent qu'à préserver le status quo politique en dégénérescence.



En guise de recul déguisé, l'autre solution avancée pour arrêter le mouvement d'indignation à l'origine de la révolte – le prix des billets de bus – ne fait que proposer de nouveau le même principe qui fait avancer le gouvernement : augmenter les subventions aux entreprises, détournant les fonds publics vers le profit privé. De telles mesures sont annoncées de façon honteuse lors d'apparitions télévisées qui réunissent PT et PSDB afin que, dans le cadre du mono-partisme bi-céphale dominant jusqu'alors au Brésil, tout le monde apparaisse sur la photo en vue des prochaines élections.



Notre éventuelle participation unitaire dans un front anti-fasciste conjoncturel se fera avec notre identité propre, en jetant la responsabilité du gouvernement dans les périls fascistes, en posant nos critiques et nos propositions tactiques et stratégiques. Ceux qui doivent être protégés ne sont pas le gouvernement mais les travailleurs, face au risque de recul suscité par l'impasse politique d'une coalition de forces qui les a désarmé contre leurs réels ennemis, en s'alliant avec eux dans l'illusion d'un développement capitaliste qui devait réaliser l'impossible : répondre aux demandes de tous (bourgeoisie et travailleurs).



En dépit de l'actuelle hégémonie conservatrice sur le mouvement, la question est loin d'être résolue. Mais le fascisme ne sera vaincu et l'orientation du mouvement ne pourra être socialiste que si les travailleurs montent en première ligne de la lutte, de façon organisée, à travers les syndicats les mouvements populaires combatifs et opposés à l'ordre dominant.



La seule façon d'éviter la germination fasciste est de renforcer une réelle alternative à gauche et socialiste pour que le Brésil abandonne les illusions d'un développement concerté avec la bourgeoisie monopoliste et le fétiche d'un ordre démocratique abstrait qui réconcilierait toutes les classes en lutte, réaffirmant la nécessité d'un gouvernement populaire.



Quel que soit le scénario, avancée ou recul, le front de la gauche socialiste et anti-capitaliste doit construire un programme commun, élaborer une convergence unitaire, privilégiant les efforts unitaires dans le mouvement de masse, pour éviter de n'être qu'une simple coalition électorale. Quand nous parlons de front de la gauche socialiste et anti-capitaliste, nous n'avons pas comme critère exclusif le registre électoral, mais nous intégrons les organisations politiques révolutionnaires non-institutionnalisées et les mouvements sociaux contre-hégémoniques.



L'axe central pour instaurer un dialogue avec le mouvement de masse qui exprime de façon chaotique son mécontentement ne peut pas être une défense abstraite de l' « ordre et du calme » et une continuité de la même politique avec « plus de dialogue », mais une affirmation offensive que les demandes en termes d'éducation, de santé, de logement, de transport, contre les gaspillages de la Coupe du monde, les expulsions, la violence policière, les privatisations effrénées, l'endettement des familles, la précarisation des conditions de travail et la remise en cause des droits des travailleurs ne sont pas ne s'expliquent pas avec des affirmations moralistes contre la corruption, mais ce sont les conséquences attendues du parti-pris du développement capitaliste et du mythe selon lequel la croissance de cet ordre pourrait conduire en même temps à alimenter les profits des monopoles et à satisfaire les revendications populaires.



Il est temps d'affirmer que la vie ne peut pas être garantie par le marché : santé, éducation, logement, transport et autres services essentiels ne peuvent pas être des marchandises, ce sont des droits et ils doivent être garantis par les fonds publics qui sont utilisés en ce moment d'abord pour subventionner et soutenir les grands monopoles capitalistes et les grandes banques.



Ce changement exige de dépasser les limites de la démocratie bourgeoise qui désormais apparaît à visage découvert, une simple réforme politique pour maintenir les mêmes qui ont toujours été au pouvoir n'est pas suffisante. Il faut instaurer un véritable gouvernement populaire qui s'appuie sur des formes de démocratie directe et donne la parole à la majorité de la société et, principalement, aux travailleurs.



Le PCB, qui n'est pas intimidé par les menaces de la droite, restera dans la rue, aux côtés des forces de gauche anti-capitalistes et populaires, et portera bien haut ses mots d'ordre :



  • Le fascisme ne passera pas !

 

  • Non à la criminalisation des mouvements populaires !

 

  • Démilitarisation de la police !

 

  • Pour la nationalisation des transports publics, de la santé et de l'éducation, sous contrôle des travailleurs !

 

  • C'est nôtre pétrole !

 

  • Pour un front de la gauche anti-capitaliste !

 

  • Pour un gouvernement populaire !

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22 juin 2013 6 22 /06 /juin /2013 06:42

jc-bresil-manif.jpgOccupons les rues !



La Jeunesse communiste brésilienne soutient les manifestations populaires contre l'augmentation des tarifs !



Traduction du communiqué de la l'Union de la Jeunesse communiste brésilienne pour http://jeunescommunistes-paris15.over-blog.com/  repris par http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Ces dernières semaines, les travailleurs brésiliens, et tout particulièrement la jeunesse, ont organisé une série d'actions contre l'augmentation des tarifs des transports urbains. Ce qui aurait pu être une série de manifestations locales s'est transformée en une vague de manifestations populaires au Brésil. L'Union de la Jeunesse communiste non seulement a soutenu mais participe à toutes les manifestations, aux côtés de la jeunesse, des classes populaires et leurs diverses formes d'organisation.



La réponse des gouvernements et des monopoles médiatiques a été une tentative systématique de criminalisation des mouvements, pour légitimer la répression des manifestations populaires. Cette répression fut si absurde que certains reporters furent même arbitrairement attaqués pendant ces actions. Dans une période d'organisation de grands événements internationaux au Brésil, ce type d'action policière, si commune dans le quotidien des quartiers populaires, n'est qu'un échantillon du traitement politique réservé aux revendications des travailleurs quand elles ne sont pas conformes à l'intérêt des monopoles et de l'accumulation capitaliste.



Les responsables des principaux partis politiques de l'ordre dominant tentent de faire passer l'idée que les manifestations ne marqueraient qu'une opposition à une augmentation dérisoire de 0,20 centimes. Ils disent également que les protestations sont le résultat de l'action de certaines organisations et certains partis qui tentent de perturber l'ordre d'un pays qui ne connaît pas ou peu les effets de la crise mondiale. Or, ces responsables liés au plan bourgeois dessiné pour le pays, qu'ils soient de partis comme le PT, le PSDB, DEM et le PMDB ou de leurs forces auxiliaires, oublient que près de 40% du budget des travailleurs est destiné à payer ces tarifs de transport. Un service de piètre qualité, où les jeunes et les travailleurs sont traités comme du bétail – ou pire encore. Ce service n'a comme objectif que de garantir des profits élevés pour les entreprises de bus, grands bailleurs de fonds des campagnes électorales des partis de l'ordre dominant.



Ainsi, cette lutte contre l'augmentation et pour un transport public de qualité est une exigence ressentie dans la chair de millions de brésiliens et de brésiliennes. Une exigence de meilleures conditions de vie pour la population. Et comment les gouvernements et les partis liés aux intérêts des patrons répondent à cette exigence ? En réprimant, en criminalisant et en minimisant la lutte portée par ce mouvement.



Nous, de l'Union de la Jeunesse communiste, n'avons aucun doute sur le côté de la barrière dans laquelle nous trouvons dans ces luttes. Nous sommes du côté de la jeunesse et des travailleurs en mouvement. Nous devons approfondir non seulement les mobilisations, mais l'organisation permanente des exigences issues de ces manifestations. Dans la conjoncture actuelle, lutter contre l'augmentation des tarifs et pour un meilleur transport public, c'est lutter contre la marchandisation de la vie et contre la nature privatisatrice d'un droit humain fondamental que le capitalisme nous nie : celui d'aller et de venir.



Cette lutte montre aux travailleurs que, en dépit de la « démocratisation » de la consommation via le crédit, les exigences structurelles des travailleurs (comme la santé publique nationale et de qualité éducation publique, réforme agraire et urbaine, transport public de qualité et conquête de droits sociaux fondamentaux) ne seront pas satisfaites par les partis et les gouvernements qui s'inscrivent dans l'ordre actuel du capital. Nous sommes certains que la lutte pour la défense de la vie humaine est plus importante que la préservation des intérêts particuliers de l'accumulation capitaliste. Voilà pourquoi nous occupons les rues ! La vie est plus importante que les profits du grand capital !



  • Réduction des tarifs maintenant ! Pour l'étatisation des entreprises de bus, visant à la création du tarif zéro ! Transport public et de qualité pour les travailleurs ;



  • Contre la criminalisation et la répression des mouvements sociaux ! La question sociale n'est pas une affaire policière !



  • Le pass gratuit maintenant pour les lycéens, étudiants et pour les chômeurs !



  • Pour l'organisation des forums populaires sur le transport public et la mobilité urbaine ! Construisons le pouvoir populaire !



  • A bas les gouvernements du grand capital ! Contre la marchandisation de la vie !

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Publié par Solidarité Internationale PCF - dans Amérique Latine
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